Bonjour à toutes et à tous,

Un grand merci à ceux et celles qui m'honorent de leur fidélité ainsi que de leur reviews, et aux nouveaux qui me lisent. C'est un plaisir que d'échanger avec vous.

Dans ce chapitre, nous verrons Hermione et Ginny suivre le professeur McGonagall jusqu'au bureau de Dumbledore où plusieurs événements se produiront. Le point de vue est celui d'Hermione, sauf à la fin du chapitre, où nous serons en présence de celui de Severus.

Bonne lecture!


Fatiguée, Hermione l'était. Cette soirée avait été trop lourde, trop riche d'événements pour qu'elle puisse l'oublier, la balayer d'un revers de main.

Elle ne se souvenait plus de ce qui s'était passé, alors qu'en temps normal, elle aurait restitué les moindres détails. Elle ne comprenait pas pourquoi sa mémoire avait décidé de lui faire défaut à cet instant-là.

A présent, elle tenait Ginny par l'épaule. La fillette s'était endormie, et elle pouvait apercevoir des traces de larmes sur son visage blanc comme la neige. Une question revenait sans cesse dans son esprit. Qu'allaient-elles faire maintenant?

Le phénix les avait déposées près du gigantesque lavabo des toilettes de Mimi Geignarde, puis il avait disparu.

Hermione était convaincue que ce qui s'était passé lors de cette soirée n'était pas anodin. Elle devait avoir enfreint au moins la moitié des articles du règlement de l'école. La sanction serait à coup sûr inévitable, elle en était certaine. Le professeur Dumbledore ne serait pas aussi clément qu'il l'avait été l'année précédente.

Elle s'attendait à être renvoyée. Pour une telle infraction, le renvoi-même ne constituait pas une punition suffisante. Un frisson de culpabilité la parcourut, alors que cette pensée terrifiante traversait son esprit.

Soudain, elle vit la porte des toilettes de Mimi Geignarde s'ouvrir à la volée. Le professeur McGonagall entra, suivie par son collègue de Potions.

Ce dernier jeta un regard mauvais aux deux fillettes avant de dire d'un ton doucereux où perçait le sarcasme:

"-Tiens, tiens, qui avons-nous là précisément?"

Hermione lui jeta un regard furieux, pendant que Ginny ouvrait des yeux effarés.

"-Où suis-je? Her...Hermione."

Puis elle aperçut la directrice des Gryffondor et le professeur Snape.

"AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHRRRRRRRRRRRRRRRRRRGGGGGGGGGGGGGHHH!"

"-GINNY! Tais-toi, je t'en prie!"

Mais les cris d'Hermione ne parvenaient pas à couvrir sa voix. La fillette était devenue blafarde et ses hurlements incessants rappelaient celui d'un sinistre fantôme.

Le professeur McGonagall leva sa baguette et soudain, Ginny s'arrêta de crier. Elle était devenue aphone.

"Suivez-moi immédiatement.", lança le professeur McGonagall d'une voix sèche. Elle intima du regard à Severus de marcher devant elle, ce que ce dernier fit sans dire un mot.

Les deux filles la suivirent, secouées d'un léger tremblement qu'elles s'efforcèrent de dissimuler, telles deux religieuses suivant la mère supérieure de leur couvent.

Pendant qu'ils marchaient, Hermione continuait à tenir la fillette, si fragile, par l'épaule. Ils formaient à présent une cohorte silencieuse et austère.

La jeune fille se demandait pourquoi Ginny s'était soudainement mise à hurler, sans raison, face à deux professeurs de surcroît. Il y avait anguille sous roche, elle en était sûre.

Le petit groupe arriva devant la gargouille qui bloquait l'entrée du bureau de Dumbledore. En pensant au directeur, Hermione sentit son cœur se serrer. Le directeur n'allait pas se montrer aussi bienveillant qu'à l'ordinaire, elle en était sûre.

"-Chocogrenouilles, lança le professeur McGonagall à la statue, qui s'anima aussitôt.

Puis elle s'avança vers l'escalier dissimulé derrière, laissant le professeur Snape avec les deux fillettes.

Celui-ci, sans mot dire, prit Ginny par l'épaule gauche. Il demanda d'un ton sec à Hermione de lâcher la rouquine, mais celle-ci refusa.

Il lui jeta un regard mauvais avant de monter les marches et de prendre Ginny par le bras gauche, alors qu'Hermione lui prenait le bras droit. Ils montèrent ainsi la fillette, qui était devenue semblable à une poupée de chiffon, martelée par la fatigue et les terribles événements de la soirée qui lui étaient arrivés.


"Pouvez-vous me dire pourquoi vous avez fait cela?", lança le directeur d'un ton furieux.

Ses yeux lançaient des éclairs en direction d'Hermione. Celle-ci se sentait désemparée, mais s'efforçait de conserver toute sa détermination. Pour Ginny. Il fallait qu'ils sachent. Ce crime ne devait pas rester impuni.

Soudain, elle sentit sa voix se bloquer. Elle ne parvenait plus à parler. Avec horreur, elle se rendit compte qu'elle était devenue aphone. Le professeur McGonagall, en faisant taire Ginny, l'avait condamnée à perdre sa voix. Elle se sentait comme une petite sirène à qui l'on aurait pris sa voix, sans pour autant lui accorder les jambes qu'elle demandait.

Tout à coup, elle vit une femme échevelée faire irruption dans le bureau de Dumbledore. Le professeur Snape s'exclama, presque pris au dépourvu:

"-Professeur Trelawney."

"-Sybille, lança le directeur de Poudlard en reconnaissant la nouvelle venue. Puis-je savoir pourquoi vous êtes venue.

Le professeur Trelawney s'approcha du bureau directorial et s'assit, visiblement agitée, sur l'un des fauteuils qui faisaient face à Dumbledore. Elle posa une volumineuse boule de cristal face au vieil homme qui la regardait d'un air de plus en plus inquiet. Puis elle lança d'une voix froide, dure et sèche, qui ne lui était certainement pas coutumière:

"Celle que le Seigneur des Ténèbres a enfantée mourra lorsque son troisième enfant naîtra.

Cet enfant naîtra lorsque mourra le premier mois.

Elle mettra véritablement fin au pouvoir du Seigneur des Ténèbres, à condition que le premier obstacle ait déjà vaincu la puissance du Seigneur des Ténèbres.

Aucun ne peut vivre tant que l'autre survit."

Puis elle s'évanouit. Le visage du directeur arborait une expression horrifiée. Le professeur McGonagall se précipita vers sa collègue et tenta de la ranimer, en vain. L'étrange femme ne se réveillait pas.

"-Vous n'y arriverez pas, Minerva, lança Albus Dumbledore d'une voix douce. Je crois que Sybille vient de faire une vraie prophétie."

"-Vous n'y pensez pas sérieusement, Monsieur le Directeur, objecta Severus Snape d'un ton neutre. Ce serait la première depuis des années."

Hermione put sentir une forme de mépris dans ses paroles.

Soudain, elle vit le professeur Trelawney se réveiller, en proie à une véritable panique et reprendre de la même voix dure et sèche où perçait cette fois-ci un sifflement semblable à celui d'un serpent.

"Le serviteur du Seigneur des Ténèbres vient de délier ses chaînes ce soir.

Il ira rejoindre son maître.

Le Seigneur des Ténèbres renaîtra, plus fort, plus puissant que jamais! Et personne ne pourra le vaincre, pas même son ennemi le plus puissant. Le monde entier sombrera dans le chaos et les ténèbres. Personne ne pourra s'opposer à son pouvoir, personne...

Elle fit une pause, avant de reprendre, sur le même ton sifflant:

"Personne, sauf... cet enfant."

Un silence se fit, puis elle reprit:

"Aucun ne peut vivre tant que l'autre survit."

Quelques secondes se passèrent avant qu'elle ne perdit tout à fait connaissance. Les autres étaient terrifiés ou du moins, stupéfaits.

Le professeur McGonagall fut la première à reprendre la parole:

"-Qu'allons-nous faire, Albus. Cette prédiction n'est pas semblable aux autres, c'est sûr. Je ne sais pas pourquoi, mais je crains qu'elle n'ait vu juste... Et pourtant...

Elle afficha une grimace qui montrait qu'elle ne trouvait aucun intérêt à la divination.

"-Je pense que pour ce soir, nous avons des choses plus importantes à faire., s'exclama d'un ton mielleux Dumbledore. Severus, allez me chercher Harry Potter et ramenez-le moi, s'il vous plaît."

Le professeur Snape s'exécuta aussitôt. Dumbledore se tourna aussitôt vers Hermione et lança d'une voix qui n'avait plus rien d'amical:

"-Miss Granger, ce n'était pas votre rôle de vous trouver là où vous êtes allée. Vous auriez dû laisser faire des personnes plus compétentes que vous. Vous avez volé la place de la personne qui devait s'y trouver et à cause de vous, le monde sorcier sera en danger. Je pense que vous feriez mieux de ne plus jouer à ce genre de jeu, à l'avenir."

Il regarda l'épée de Gryffondor qui avait repris sa place habituelle, dans sa vitrine et lança d'un ton sec:

"-Cette épée n'avait rien à faire dans vos mains."

Hermione était écœurée. Elle venait de courir un danger très grave et de sauver Ginny, et voilà comment on la remerciait? Elle sentit une larme de rage couler, et tenta de l'enlever, mais sans succès. Quelque chose était en train de se rompre en elle. De la rage, de la colère et du dégoût envers cet homme. De quel droit se permettait-il de la juger, lui qui restait assis bien confortablement dans son bureau?

Il n'avait pas le droit de la juger. Pas le droit, elle en était certaine.

Tout à coup, elle sentit la main de sa directrice de maison se poser sur son épaule. Elle entendit le professeur McGonagall dire, d'un ton où perçaient la fureur et la détermination:

"-Je pense que vous vous trompez, Albus. Miss Granger a fait preuve d'un rare courage cette nuit."

Hermione croisa le regard de l'austère professeur, si semblable à celui de Minerve.

"-Il ne servirait à rien de nier qu'elle s'est trouvée là où elle ne devait pas se trouver. Cependant, nous devons reconnaître qu'elle a sauvé la vie d'une autre élève en danger de mort. De plus, si cette épée s'est trouvée dans ses mains, c'est parce qu'elle est digne de la maison Gryffondor. Un seul, un vrai Gryffondor peut saisir cette épée. Tous les élèves de ma maison ne le peuvent pas, Albus. Je me souviens que James Potter par exemple, avait tenté de la prendre dans votre bureau et qu'elle a refusé de se laisser saisir par lui.", ajouta Minerva McGonagall, l'ombre d'un sourire sur les lèvres.

Hermione aperçut tout à coup le professeur Snape, précédé par Harry et Ron, qui affichaient une mine effrayée. Il arborait un sourire narquois qui n'annonçait rien de bon.

"-Hermione!, crièrent les deux garçons.

La fillette courut à eux et les serra dans ses bras. Enfin, ils étaient tous les trois, réunis après tous ces dangers. Elle aurait voulu que cette étreinte si chaleureuse, si cordiale, ne se finisse jamais.

Elle n'avait pas vu la fillette argentée qui accompagnait le sombre directeur des Serpentard. Celui-ci avait perdu son sourire sarcastique et regardait à présent les trois enfants s'enlacer avec une mine dédaigneuse.

"-Un seul, un vrai Gryffondor, vraiment?, interrogea-t-il d'un ton de toute évidence chargé d'ironie.

Puis il jeta un regard en direction du jeune garçon aux cheveux gras et aux yeux verts, qui lui rendit son regard, d'un air étonné. Les deux autres l'imitèrent, mus par une sorte d'instinct grégaire que provoquait sans doute leur...amitié.

Il ne parvenait pas à graver ce mot dans sa tête. Encore moins avec elle, à ses côtés.


Alors, qu'en avez-vous pensé?