Bonjour tout le monde,
Je suis désolée de mon retard, mais j'ai eu une rentrée bien chargée et mouvementée. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.
Je tiens à remercier ceux qui m'écrivent et me laissent des reviews, ainsi que ce qui me lisent régulièrement ou m'ajoutent dans leurs favoris. Cela me fait grand plaisir et me permet d'apprendre énormément avec vous.
Dans ce chapitre, qui est la suite logique du précédent, Albus Dumbledore tentera de forcer Harry Potter à revenir à Gryffondor. Le début du chapitre présente le point de vue, empreint d'amertume et de sarcasme, de Severus Snape sur les événements. Il en faudra beaucoup pour faire reconnaître le mérite d'Hermione Granger dans la société patriarcale sorcière dans laquelle elle vit.
Bonne lecture.
"Maintenant, passons aux choses sérieuses, lança d'un ton mielleux le directeur.
Severus faillit s'étrangler en entendant ces paroles. Aux choses sérieuses, vraiment? Il n'était pas sûr que Dumbledore connaisse les différentes acceptions de cet adjectif et rien que de l'entendre dans la bouche du vieil homme à barbe blanche lui donnait la nausée.
Il vit le regard dessiné par le long nez aquilin diriger ses yeux pétillants de malice en direction du fils de Lily et de James Potter. Décidément, il ne savait plus que faire ni que penser à propos de ce gamin!
Il entendit Albus dire, d'une voix douce:
"-Harry, je tiens à te féliciter pour le courage que tu as eu cette nuit. Vraiment. Tu as sauvé cette jeune fille de graves dangers."
Le professeur de Potions ricana. Le courage de Potter, vraiment? Ses exploits héroïques plutôt, qui consistaient à se trouver au mauvais endroit au moment le moins opportun. Même si son regard restait insondable, il éprouvait au fond de lui un vif écoeurement. Potter n'avait absolument pas fait preuve de courage, ni même de témérité. Il s'était montré lamentable du début à la fin, voilà tout.
Soudain, il vit Granger verser des larmes, et afficher une mine clairement dégoûtée.
Mais ce qui le surprit plus encore fut de voir Potter s'exclamer d'une voix claire et froide:
"-Je ne sais pas de quel courage vous parlez, professeur.
Potter faire preuve d'humilité? Il aurait tout vu à présent.
Il tenta de pénétrer l'esprit du jeune garçon, mais comme les yeux de ce derniers étaient résolument fixés vers le directeur de Poudlard, il ne parvint pas à y entrer. Une moue dédaigneuse apparut sur son visage. Après tout, il n'y avait pas d' hiéroglyphes à déchiffrer dans cette cervelle cicatrisée!
Dumbledore répondit d'une voix mielleuse:
"Mais voyons, mon garçon, tu es trop modeste...
"-Je ne suis pas modeste, le coupa vivement Harry sur le même ton qu'il avait employé auparavant, je n'ai pas fait preuve de courage, c'est tout. J'ai eu de la chance, voilà tout. Si vous devez remercier quelqu'un pour son courage, adressez-vous à Hermione.
Hermione. Il avait bien dit Hermione. Pas Granger, comme l'auraient fait les élèves de Serpentard.
Même s'il ne tenait pas à se l'avouer, Severus Snape devait reconnaître qu'il était impressionné.
Ce garçon n'était pas James Potter. Non. Cette attitude ne pouvait être celle que d'une seule personne au monde.
Et cette personne, il la connaissait, pour son plus grand bonheur et son plus grand malheur à la fois.
Elle.
Il avait parlé de la voix de Lily. Le ton de Lily.
Il ne connaissait personne d'autre qui fît preuve d'autant de clarté et d'intelligence.
Il entendit soudain Dumbledore dire:
"-Mon garçon, tu fais preuve d'un courage et d'une loyauté indéfectible envers tes amis. Tu n'as décidément pas ta place à Serpentard. Non mon garçon, il faut que tu reviennes parmi nous. Gryffondor est ta seule et véritable maison. Je lui décerne 400 points pour le courage exceptionnel que tu as manifesté en sauvant Ginny Weasley et tu iras dès ce soir rejoindre les Rouge et Or."
"-Il n'en est pas question., lança une voix froide derrière lui.
Severus aurait bien aimé prononcer ces paroles.
Or, ce n'était pas lui qui s'en était chargé, cette fois-ci.
Non, celui qui avait prononcé ces paroles était le Choixpeau magique:
"-Harry Potter n'a rien à faire à Gryffondor. Rien."
L'expression du directeur n'était plus aimable ni courtoise. A la place, on y voyait une grimace de fureur:
"-Comment oses-tu dire cela, vilain cache-tête? Tu sais que si nous te gardons, c'est par charité!"
Severus ressentit une vive stupeur. Comment Dumbledore osait-il s'adresser ainsi à l'héritage qui leur restait des quatre Fondateurs de Poudlard. Il se tourna et vit que Minerva McGonagall et Sibylle Trelawney arboraient une expression vivement indignée.
Le directeur n'avait pas le droit de dire cela.
Minerva prit la parole, d'un ton glacial:
"-Je n'aurais jamais pensé cela de vous, Albus. Votre comportement est une honte! Vous faites honte à Poudlard!
"-Allons, calmez-vous, Minerva, répondit d'un ton faussement insouciant Albus.
"-Je ne me calmerai pas, Albus, hurla la directrice de Gryffondor. Vous avez osé dire à Harry Potter qu'il avait sauvé Ginny Weasley, alors que c'est Hermione Granger qui l'a sauvée et qui a combattu l'horrible créature de l'endroit où elles se sont trouvées. DE plus, oser insulter le Choixpeau magique de la sorte. Aucun directeur de Poudlard n'a agi ainsi."
"-Je vous remercie, Minerva, intervint le Choixpeau d'une voix douce, mais je tiens à régler ce différend avec le directeur moi-même. Potter n'a rien à faire à Gryffondor. Il n'est pas son père ni sa mère, et il a une grande ambition, une sorte de ruse qui fait qu'il a pleinement sa place dans la maison des Serpents."
Severus sentit un pincement au cœur en entendant "sa mère". Le Choixpeau disait vrai. Potter n'était ni l'un ni l'autre.
Il aurait beaucoup de chemin à faire avant de se trouver lui-même.
"-C'est pourquoi il est hors de question que je l'envoie à Gryffondor."
Furieux, Dumbledore prit une poignée de bonbons au citron et se mit à les sucer avec agitation.
Il n'avait plus rien de l'honorable et respectable directeur à présent. A la place, on pouvait voir plutôt un vieillard frustré.
"-C'est pour cela qu'il appartient à Severus Snape de décider du sort du jeune Potter."
Les yeux noirs de Severus regardèrent les fentes du vieux chapeau de sorcier, usé et rapiécé par les siècles.
Tout le monde le regardait à présent. Il n'en pouvait plus de voir toutes ces paires d'yeux braquées sur lui. Notamment celle de l'Enfant-Qui-Avait-Survécu. Il n'en pouvait plus de voir ces yeux si verts le regarder avec un air de défi.
Soudain, il croisa le regard de l'enfant fantôme qui se tenait à présent à sa droite.
La courbe de ses yeux fait le tour de mon cœur.
Lily l'observait fixement, tel un juge qui observe un accusé lors de son procès.
"-Je pense, dit-il d'une voix doucereuse, que Potter et ses amis se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Je ne retirerai pas de points à votre maison, Potter, et estimez-vous heureux de ne pas avoir de retenue ni de points de pénalité pour cette fois."
Cela ne ressemblait pas au professeur de Potions de faire preuve d'une telle mansuétude, les autres professeurs ne le savaient que trop bien.
Il fut surpris d'entendre Potter dire:
"-Je vous remercie professeur.
Et d'ajouter:
"Je tâcherai de ne pas me mettre en danger."
Severus Snape éprouva une joie sinistre en voyant le visage d'Albus Dumbledore s'empourprer de fureur.
"-Je pense en effet que c'est une bonne résolution, Potter. Toutefois, la tenir s'avère souvent plus difficile que prévu. Nous aurons loisir d'en discuter dans mon bureau ce soir et je vous ramènerai dans votre salle commune, où il me semble que vous ayez votre place pour ce soir, lança-t-il d'une voix douce, son regard sévère posé sur celui de l'enfant, où il pouvait lire une farouche détermination."
Il prit l'enfant par l'épaule, et tous deux quittèrent le bureau directorial sous les yeux ébahis des professeurs.
Je tiens à te faire remarquer, Cher Lecteur, que l'enfant fantôme, ou pour mieux la nommer, Lily Evans, ne les suivait pas.
Elle restait au contraire à sa place, les yeux chargés de haine dirigés vers Albus Dumbledore.
Celui-ci, ébahi par le départ de son collègue et de son élève, ne semblait pas s'être aperçu de sa présence.
Elle s'avança vers lui et s'exclama, d'une voix étrange et gutturale:
"-Monsieur le directeur, je suis une nouvelle recrue fantôme embauchée par le Baron Sanglant."
Elle vit avec joie les yeux du directeur s'écarquiller de terreur.
Albus Dumbledore craignait le Baron Sanglant.
De mieux en mieux. Elle allait en profiter pour aller jusqu'au bout.
"-Voulez-vous que je vous l'envoie?"
Visiblement paniqué, Dumbledore répondit:
"-Je pense que ce n'est pas le moment le plus opportun pour..."
"-Professeur, votre attitude en tant que directeur est purement honteuse. Je vous laisse un choix. Ou bien vous dédommagez Arthur et Molly Weasley pour ce qui est arrivé à leur fille, ou bien je vous envoie le Baron Sanglant..."
-Vous ne pouvez pas faire cela, pâlit le directeur, et puis les finances de l'école sont déficitaires. "
"-Pas si déficitaires que cela, lança Lily, maintenant sûre d'elle, puisque vous avez prêté la somme d'un million de Gallions au Ministère pour qu'il ne se mêle pas des affaires de l'école. Je pense que vous pouvez bien verser un dédommagement à hauteur de, disons quatre cent Gallions par mois.
"-C'est trop, éructa le directeur, visiblement hors de lui."
"-Si vous préférez, le Baron Sanglant sera très heureux d'avoir une conversation avec vous., répliqua Lily.
"-Non, non, finalement... je vais...y réfléchir..., répondit d'un ton hésitant Dumbledore.
"-Quatre cent Gallions par mois versés en espèces à la famille Weasley par Gringotts. Et si par malheur cet argent s'avère être de l'or de Farfadet, je vous envoie le Baron Sanglant et vous vous arrangerez avec vous."
"-D'a...D'a...ccord...allez.. vous-en!, cria Dumbledore en proie à un vif dégoût.
"-Avec plaisir, Monsieur le Directeur, répondit d'un ton théâtral Lily.
Et elle tourna sur ses talons, pendant que plusieurs paires d'yeux la suivaient, étonnées.
Le professeur McGonagall se tourna vers Albus Dumbledore:
"-Je pense que nous allons nous coucher à présent. Je vous raccompagne Weasley à votre salle commune. Miss Weasley, vous rentrerez avec Filius, le voilà qui vient d'arriver, dit-elle en adressant un signe de tête à son minuscule collègue, et quant à vous, Miss Granger, vous rentrerez avec moi à la salle Commune de Gryffondor."
Elle ajouta, d'un ton solennel où perçait l'admiration:
"-Je suis très fière de vous, Miss Granger.
Cette phrase eut pour effet de faire pleurer l'intéressée. Cette fois-ci, ce n'étaient plus des larmes de colère ou de rage, mais bien des larmes de joie et de bonheur.
"-Vous...vous me faites trop d'honneur, professeur. Je... je ne mérite pas tout ça."
"-Bien sûr, Miss Granger. Vous méritez nettement les honneurs que l'on vous accorde.
Cette fois-ci, ce n'était plus le professeur McGonagall qui venait de parler, mais le Choixpeau magique.
"-Je ne me suis pas trompé en vous envoyant à Gryffondor. Vous avez fait preuve d'un véritable courage et d'une grande loyauté. Je ne doute pas que vous ferez un beau chemin, Miss Granger."
Il vit les enfants et leurs directeurs de maison quitter le bureau directorial, Hermione continuant à pleurer dans les bras de sa directrice de maison, qui semblait autoriser ce mouvement d'émotion d'un regard austère, pendant qu'Albus Dumbledore regardait le cortège s'éloigner de lui, avec une moue où l'on pouvait lire le dégoût et l'effroi.
Alors, qu'en avez-vous pensé?
