Bonjour à tous et à toutes!
Me revoilà pour un second chapitre de "Don't wake me up", pour vous soulager au milieu du bac! ;)
Pour la suite, il faudra attendre la toute fin de la semaine prochaine :)

Et un grand merci à tous pour vos review, contente que ce début d'histoire vous plaise! :D

Enjoy!


#2

Mycroft prit doucement son frère par l'épaule, mais Sherlock se dégagea sans un mot et s'éloigna de la vitre sans teint, lui tournant le dos. Le médecin de John le regardait, assis à la table, en silence.

« -Depuis combien de temps..., commença le détective.

-Depuis votre prétendue mort, répondit Willigan avec un sourire triste. Il y a un peu plus d'un an. Ça a commencé par un alcoolisme chronique, avant de virer vers une certaine paranoïa et de finir en dépression... Et en tentative de suicide. »

Sherlock ferma les yeux et se pinça entre les deux sourcils plus pour garder son contrôle que pour faire mine de réfléchir. Oh John, pourquoi avais-tu fait cela ? Pourquoi avait-il fallu que tu te mette dans un tel état ? Comme si le médecin l'avait entendu, il murmura :

« Le docteur Watson a des sentiments pour vous. »

Le ton n'était ni moqueur, ni accusateur. Il constatait simplement les faits. Le détective se tourna vers Willigan avec une surprise non dissimulée. Il allait parler, nier lorsque soudain tout se mit en place dans son esprit. L'inquiétudede John pour lui, son regard inquiet le jour de l'affrontement avec Moriarty, sa jalousie envers Adler, sa précipitation à nier une quelconque relation plus qu'amicale entre eux, et la rougeur de ses joues lorsqu'il venait de le faire... John Watson l'aimait. Et cet amour pour lui le détruisait.

Il sentit à peine son frère le prendre par l'épaule, et cette fois, il n'eut pas la force de le repousser. Mycroft le serra un instant, comme pour lui faire passer de son courage, et lorsque le détective le regarda, il comprit que même son frère le savait. Le seul idiot qui ne l'avait pas remarqué, c'était lui.

Le regard bleu du détective se tourna de nouveau vers Willigan et il murmura :

« S'il vous plaît... Aidez-le. »

Le médecin baissa doucement la tête, signe qu'il ferait tout son possible pour. Sans un mot de plus, les frères Holmes sortirent de la petite salle, le cadet s'appuyant sur l'aîné. Devant le centre, la limousine de Mycroft les attendait, et ils montèrent dedans sans un mot. Ce n'est qu'une fois à l'intérieur que Sherlock se rendit compte que pour la première fois de sa vie, il pleurait.

Comment s'en était-t-il sorti, il l'ignorait. De sa chute, il ne gardait qu'un très désagréable souvenir, mais tout ce qu'il savait, c'est que cette chute ne l'avait pas tué. Molly, sa chère amie de la morgue, aidée d'un collègue légiste, l'avait fait passer pour mort, et avait remplacé son corps par celui de Moriarty, qui reposait à présent sous une pièce tombale au nom du détective. Ironie du sort, songeait Sherlock à chaque fois que ses pensées le menaient à son défunt ennemi. Sherlock étant supposé être mort après sa chute, et donc défiguré, seul Mycroft avait été autorisé à voir le corps, et l'avait déclaré comme étant son frère sans poser une seule question. L'enterrement s'était fait dans la plus stricte intimité, et Sherlock y avait discrètement assisté, afin de revoir une dernière fois son ami.

Mais ce jour là, John était effondré et s'appuyait sur Lestrade sans un mot, les larmes lui dévorant le visage. Le cœur serré, Sherlock s'en était allé, désolé de ne pouvoir révéler la vérité au médecin. Il était resté quelques mois à Londres, caché chez Mycroft, à se remettre de ses blessures. De temps en temps, il allait au cimetière où il était enterré et croisait parfois John et Mme Hudson qui déposaient des fleurs.

Le détective se cachait alors et les regardait en silence le pleurer. Il regardait l'air désespéré de John qui restait toujours un peu plus pour pouvoir parler à cette tombe en marbre noir, seul.

Mais la culpabilité qu'il ressentait alors en voyant cela l'avait poussé à fuir Londres pour la France, où il avait vécu quelques mois dans le Sud, profitant du temps clément et des quelques enquêtes qu'on lui offrait, ainsi que de son anonymat préservé. Ce n'est qu'après quatre mois là bas qu'il reçut un coup de fil de son frère, plutôt inquiet, qui lui expliquait l'admission de John dans un centre psychiatrique en bordure de Londres, sans pour autant détailler le comportement du médecin. Sherlock avait fini ses deux enquêtes en cours et était rentré à Londres, un an et trois mois après sa''mort''.

En entrant dans la chambre de John, son cœur s'était mis à battre douloureusement. Son ami avait changé : amaigri, affaibli, il n'était plus que l'ombre de lui même. Des cernes bleuâtres soulignaient ses yeux et une barbe de quelques jours lui mangeait le visage, soulignant ses traits anguleux.

À peine s'était-il penché vers lui que John ouvrit les yeux. Ceux-ci, d'habitude pétillants et vifs, étaient ternes et voilés. Comme dans un demi-délire, le médecin eu un vague sourire et sa main tenta de se lever, mais trop faible retomba aussitôt. Le cœur serré, Sherlock l'attrapa et la serra doucement dans la sienne.

« John ? » murmura-t-il d'une voix brisée.

Son ami secoua la tête et un faible sourire éclaira son visage tandis que ses yeux se refermaient.

« -Non, souffla le blond, non ne te réveille pas, John, c'est un si beau rêve... Si beau rêve...

-John ! John, ne te rendors pas, John, je suis là ! » l'appela le détective en serrant un peu plus sa main.

Mais son ami, sourd à ses appels, se rendormit, et sa tête tomba doucement sur le côté. Le détective resta un moment éberlué. John n'avait pas comprit qu'il était là, il le prenait pour un rêve ! Ses mains tremblantes reposèrent celle du médecin et il sortit mécaniquement de la chambre. Dans le couloir, son frère l'attendait, le visage fermé. Ils échangèrent un regard et sans un mot, Mycroft le guida jusqu'à l'extérieur où il sortit un paquet de cigarette de la poche de son costume. Sherlock en prit une et l'alluma. Ils fumèrent en silence deux cigarettes chacun avant que Mycroft brise le silence

« -Tu ne t'attendais pas à ça, n'est-ce pas ?

-Non... Il... Il m'a pris pour un de ses rêves, My' !

-Je sais... Cela fait trois mois qu'il est empêtré dans ses songes, et qu'il n'arrive plus à en discerner la réalité... Il t'appelle souvent la nuit, tu sais ? Et quand il se réveille, il ne parle que de sommeil éternel. Cela fait deux semaines qu'il refuse de s'alimenter... Le docteur Willigan est obligé de le perfuser pour le garder en vie... Je pensais qu'en te voyant, il comprendrait mais...

-Mais il croit encore rêver... » compléta son frère en écrasant sa cigarette.

Mycroft hocha la tête, la gorge nouée, et suivit son frère à l'intérieur. Ils se rendirent dans la pièce qu'ils venaient de quitter, où ils observèrent le docteur Willigan tenter de calmer John. D'ici, ils n'entendaient pas ce qu'ils disaient, mais John avait l'air affolé. Le regard hagard, il se débattait comme un beau diable entre deux infirmiers. Lorsqu'il se calma enfin, se fut pour éclater en sanglots. Le médecin le prit alors contre lui et le consola. Lorsque les larmes de John furent taries, il lui présenta un plateau repas, mais John le repoussa et se rallongea. Le médecin sortit alors et les rejoignit une poignée de seconde après. Mais Sherlock ne pouvait quitter son regard du corps amaigri de John dans son lit.

Arrivé chez Mycroft, Sherlock se servit un verre de whisky qu'il avala d'un trait malgré l'heure matinale. Son frère haussa un sourcil mais ne dit rien, allant même jusqu'à s'en servir un aussi. Il s'assirent dans le salon design de l'aîné et burent en silence leur boisson .

« -Comment allons-nous faire ? Murmura soudain Sherlock.

-Le docteur Willigan propose de le mettre en contact avec toi quelques minutes chaque jour, et de lui faire peu à peu accepter que tu appartiens à la réalité...

-Comment cela ?

-Je ne sais pas, lui parler, le faire manger, lui redonner le goût à la vie... Ta présence est pour lui un rêve, il faut le convaincre que tu es réel. Mais il est encore trop faible pour cela. Willigan propose donc que dans un premier temps tu l'aide à se nourrir, puis que peu à peu tu lui fasse comprendre... »

Sherlock hocha vaguement la tête et reposa son verre pour prendre son visage entre sesmains.

« -Depuis quand ? Murmura-t-il.

-Depuis le début, Sherlock, répondit doucement son frère. Mais tu étais trop aveugle pour t'en rendre compte par toi-même, et lui trop timide pour se l'avouer à lui-même... »

Et sur ces mots, il se leva, tapota légèrement l'épaule de son cadet avant de sortir du salon. Une fois seul, Sherlock sentit à nouveau la culpabilité monter. Pourquoi n'avait-il pas tout avoué à John ? S'il l'avait fait, ils auraient pu partir en France ensemble, peut-être même y rester... John ne serait pas dans cet état, John serait heureux, John serait John...

Mais la peur que lui avait fait ressentir Moriarty, la peur qu'il avait eu de perdre son ami, cette peur viscérale... Et ce doute que son ennemi avait immiscé dans son esprit : était-il la meilleure option pour le médecin ? Ne lui apportait-il pas qu'ennuis et problèmes ? Et si John rêvait tout simplement d'une petite vie normale, avec une femme, où rien ni personne ne viendrait menacer sa vie.. ? Et ce doute avait grandi en Sherlock, jusqu'à ce que, n'y tenant plus, il prenne la fuite.

Il voulait libérer John, il pensait réellement que c'était pour le mieux... Mais il s'était trompé, lourdement trompé. Moriarty, même dans sa tombe, avait réussi à atteindre John, et l'instrument de cette vengeance n'était autre que lui, Sherlock Holmes.

Le détective se plia en deux, soudain pris de maux de ventre. Il s'allongea en position fœtale sur le canapé et ferma les yeux, s'imprégnant de sa douleur.

« Je vais te sauver, John, murmura-t-il. Je te le promets, je vais tout arranger. »


Voilà donc. Chapitre un petit peu plus court, qui reprend grosso modo le premier, avec plus d'info :)
J'espère qu'il vous aura plu, n'hésitez pas à laisser une review pour me faire partager vos impressions! ^^
Kyllia.