Salut tout le monde !
Désolée pour l'attente, mais ma Bêta et moi étions en vacances ^^
Et bonne nouvelle, j'ai trouvé un chargeur pour mon ordi, qui remarche à peu près à merveille ! :D
Et je profite de ce nouveau chapitre pour répondre un peu à vos reviews :3
Yuya Selena: Merci beaucoup pour ton avis ! Oui, c'est vrai que les personnages ont cet aspect un peu étrange tout en collant à la série, mais je pense que c'est principalement parce qu'on ne les a pas encore vu dans cet état émotionnel dans la série, donc je ne considère pas mes perso comme des OOC... Contente en tout cas que tu aime l'histoire, si tu savais à quel point je me suis creusé la tête xD
lalala1995 , Lie-Angel , Tillie231 , Belle pimprenelle , MairiKeltia , Yukina21 , Electre1964 : Merci énormément, et désolée d'avoir laissé si longtemps le suspens !
Misty : Tu me touche énormément aussi, j'ai la larme à l'oeil :') Promis, j'essaierai de poster plus souvent ! :D
Kerydan: Bien joué, c'est une pure inspiration Calderon, mais je n'ai jamais lu le livre, haha! Et voilà la fin du suspens, enjoy !
nikitta68: Une fois encore, merci, et tu vas voir, toutes tes interrogations ou presque sont dans ce chapitre ^^
Sur ce, ENJOY !
#5
La première chose dont John eut conscience fut un goût douceâtre dans sa bouche. Il gémit et bougea légèrement la tête, mais ce simple geste lui demandait un effort énorme, aussi se laissa-t-il emporter par l'effet des calmants et se rendormit-il.
Lorsqu'il se réveilla, il se sentait un peu mieux, assez pour ouvrir les yeux et se redresser doucement. Il aperçut une perfusion à son bras et se demanda un instant pourquoi, mis avant qu'il n'ait pu approfondir la question, la voix du docteur Willigan le fit sursauter.
« -Ah, vous êtes réveillé, John.
-Que... s'est-il... passé ? » articula péniblement le blond.
Le psychiatre eut une moue gênée et tout à coup, tout lui revint en mémoire. Le rêve étrange, Sherlock, Willigan, la réalité. Le choc le plia en deux avec un grognement de souffrance mais il arrêta d'un geste le médecin qui s'était à demi-levé comme pour lui administrer une nouvelle dose de calmants -ce que John voulait à tout prixéviter.
« -Oh mon dieu, souffla-t-il après un moment. Comment est-ce possible..?
-Je pense qu'il faudrait que vous en parliez avec lui... Dois-je le faire venir ? »
John hocha doucement la tête et remarqua à peine le départ de Willigan. Les yeux fixés sur son couvre-lit, il réfléchissait à toute vitesse. Peut-être que tout ceci n'était qu'un rêve, peut-être était-t-il encore dans cet état comateux d'avant... Mais non, le simple fait de ressentir tout avec une telle précision excluait toutes ces alternatives. Il était bel et bien dans la réalité.
La porte de sa chambre s'ouvrit avec douceur et il releva vivement la tête. Le visage de Sherlock lui apparût avec netteté, et John sentit son cœur se serrer. Plus aucun doute n'était possible: il était en vie. Son souffle devint court, et il dût s'agripper à son lit pour ne pas se mettre à hurler. Le détective vint s'asseoir sur le fauteuil que Marcus venait de quitter, le visage triste et fermé.
Il y eut un moment de silence, que le murmure de John coupa:
« Comment ? »
Il n'avait pas besoin d'en dire plus, Sherlock comprit. Avec un soupir, le détective joint ses mains sous son menton et commença d'une voix douce:
« Il y a plusieurs façons de survivre à une chute de toit, John... J'ai pris l'une des plus simple. Lorsque je suis arrivé en bas, je n'étais pas mort... Bon certes, pas en bon état non plus, mais pas mort... La suite était simple, ils m'ont fait entrer dans l'hôpital où m'attendait Molly Hooper. Elle a échangé mon corps avec celui de Moriarty, et mon frère l'a identifié comme étant le mien. Et voilà, j'étais mort... Puis mon frère m'a transporté jusqu'à chez lui où des médecins privés m'ont soigné... Et une fois guéri, j'ai fui vers la France... Je voulais sincèrement que tu retournes à une vie normale, une vie où tu puisse être heureux sans risquer ta vie chaque jour, une vie où tu pourrais te marier avec une fille banale et avoir des enfants blonds... Mais quelques mois après mon départ, Mycroft est venu me chercher. Tu n'y arrivais pas, tu n'arrivais pas à passer à autre chose... Et tu avais besoin de mon aide pour ne pas mourir. »
Un nouveau silence suivit sa déclaration, durant lequel John triait toutes les informations qu'il venait d'entendre. Une question s'échappa de ses lèvres:
« -Mais Moriarty est...
-Mort. Il s'est suicidé pour ne me laisser aucune option de replis. John, il... Il avait prévu de te tuer, toi, mais aussi Mme Hudson, et Lestrade... De tuer tout ceux qui croyaient en moi. Je... Je devais le faire pour vous protéger... Pur te protéger...
-Et tu n'as pas pensé que je voudrais être au courant ? Que peut-être que moi, je n'avais pas envie de vivre un petite vie normale, comme tu dis ?
-Je ne savais rien de tes sentiments... » souffla Sherlock en baissant la tête.
A ces mots, John rougit violemment. Il avait oublié ce détail, Sherlock savait. Une brusque angoissel'envahit, le faisant chanceler sous sa force. Pendant tout ce temps au centre, il avait été ridicule. Il n'avait plus rien à cacher à Sherlock, plus rien à déclarer non plus. Il était mis à nu, faible et impuissant. Ridicule. Sherlock l'avait vu au plus bas de son existence, sous son pire jour, que pouvait-il encore espérer ? Que voulait-il espérer ? Le détective l'avait sûrement pris en pitié maintenant, et il ferait certainement tout pour racheter la culpabilité qu'il avait ressenti durant tout ce temps... Jusqu'à faire croire à John qu'il l'aimait lui aussi...
L'ancien soldat se mit à haleter, et se retint une fois de plus à son lit. Sherlock, inquiet, se redressa vivement, mais le docteur Willigan venait justement d'entrer.
« -John, dit-il en s'approchant du patient toujours muet. John, est-ce que ça va ?
-Je veux... Qu'il parte. »
Il y avait tant de rage, tant de colère dans cette simple requête que Sherlock en frémit. Son regard surpris croisa celui de Willigan qui baissa la tête. Se levant avec lenteur, le brun fit quelques pas vers John, une main tendue, comme pour le retenir.
« -John, souffla-t-il.
-VAS-T'EN ! » hurla son ami avant de se cacher le visage dans ses mains et de se mettre à pleurer.
John n'arrivait pas à regarder ce visage, il n'y arrivait plus. Pendant une seconde, il avait aperçu la douleur sincère du détective et n'avait pas pu le tolérer. Il se sentait faible, méprisable, il voulait disparaître. La honte le dévorait, traçant un chemin sanglant à travers ses entrailles. Mécaniquement, il porta une main à son cœur, le serrant à travers sa peau, laissant au passage des griffures rouges sur son torse. Il avait mal, si mal... Il n'entendit pas le détective sortir de la pièce, il ne le vit pas cacher ses larmes. La seule chose qu'il ressentait à présent, c'était sa douleur, immense.
Willigan resta à ses côtés jusqu'à ce que la fatigue l'emporte et qu'il s'endorme, à lui murmurer des paroles réconfortantes que John n'entendait pas. Il resta longtemps après que son patient se soit endormi, assis sur le fauteuil à réfléchir.
Lorsque John se réveilla, la première chose qu'il demanda fut l'horaire de sa prochaine séance de kiné. Étonné, Willigan lui expliqua qu'il l'avait annulée, pensant que pour aujourd'hui, John préférerait se reposer. Mais à sa grande surprise, son patient lui assura que cela ne le gênait pas, et demanda à ce que la séance ait bel et bien lieu. Il se leva avec l'aide du psychiatre, et une fois préparé, alors qu'il allait sortir de la chambre, le médecin l'arrêta:
« -John, je sais que vous êtes en colère, mais Sherlock a demandé à vous voir ce matin...
-Je ne veux plus le voir. Dites lui de partir, s'il vous plaît, et de ne pas revenir.
-Comme vous voudrez... » murmura Marcus en baissant la tête.
Sherlock fourra rageusement une de ses chemises dans son sac. Willigan venait de lui annoncer la décision de John, et celle-ci était sans appel: il devait quitter le centre et le laisser tranquille. Une colère sourde obstruait la gorge du détective tandis qu'il s'affairait à ranger la chambre qu'on lui avait allouée le temps du traitement de son ami. Assis sur l'unique chaise de la pièce, Mycroft le regardait faire d'un air peiné, son sempiternel parapluie sous le coude.
« -Sherlock, ne te met pas dans cet état, voyons... Il faut le comprendre, il...
-La ferme, My'. »
L'aîné Holmes soupira en secouant tristement la tête. Dans l'état actuel de son frère, mieux valait garder le silence, en effet. Aussi contempla-t-il silencieusement son frère cadet se démener avec ses sentiments.
Depuis la prétendue mort de Sherlock, le lien entre les deux frères s'était nettement amélioré, et même s'ils n'en étaient pas encore à la franche camaraderie fraternelle, la situation actuelle de politesse et de soutien mutuel entre eux mettait du baume au cœur de Mycroft. Lorsque Molly Hooper l'avait contacté pour lui faire part des événements et de la supercherie de Sherlock, Mycroft y avait tout d'abord vu l'occasion de se racheter pour tout ce qu'il avait pu raconter à Moriarty. Mais plus tard, alors que son frère gisait encore alité dans son appartement, il avait peu à peu oublié cette histoire de culpabilité pour se rendre compte que tout ce qu'il voulait, en fin de compte, c'était bien s'entendre avec Sherlock.
Aussi avait-il aussitôt accouru en recevant l'appel de ce dernier lui annonçant qu'il quittait le centre sur le champs. En quelques mots secs, Sherlock l'avait informé de la situation, et il ne fallut que quelques secondes à Mycroft pour comprendre que son frère avait des sentiments pour le docteur Watson.
En le regardant s'affairer dans la pièce, le cœur de l'homme politique se serra, car il savait bien qu'en s'agitant ainsi, Sherlock cherchait tout simplement à ne pas céder à la tempête qui le ravageait de l'intérieur. En fin de compte, ils se ressemblaient bien plus qu'on ne pouvait croire...
« -Je ne comprends pas, marmonna Sherlock en fermant son sac. Je ne comprends pas pourquoi il a changé d'avis si subitement !
-Sherlock... John est un homme. Tu ne pense pas qu'avoir été si faible devant toi lui fait honte ? »
Son frère cadet resta un moment immobile, clignant des yeux avant de pousser un soupir et de se diriger vers la porte. Mycroft le suivit avec un petit sourire en coin. Décidément, sa cohabitation avec son frère promettait d'être riche en émotions.
Pendant plus d'un mois, John se remit peu à peu de son long alitement. Aidé par Andy, il reprit peu à peu du muscle et gagna en autonomie. Rapidement, il fut capable de s'alimenter et de se doucher seul, ce qui le soulagea énormément car il se sentait gêné vis à vis de l'infirmier qui devait se charger de ces tâches, et pire encore, honteux du fait que ce soit Sherlock qui ait occupé cet emploi un temps.
Il n'avait pas recontacté Sherlock, et le détective n'avait pas cherché à le faire non plus, aussi cela permettait-il à John de prendre du temps pour penser à lui et à son rétablissement. Mais malgré tout ce qui pouvait le tenir occupé pendant la journée, il venait inévitablement un moment où les pensées de l'ancien soldat ne pouvaient s'empêcher de se fixer sur Sherlock: la nuit. Que ce soit avant ou pendant son sommeil, John pensait chaque soir au détective, même si il lui était difficile de démêler ce qui avait réellement existé des rêves qu'il avait pu faire.
John se sentait blessé dans sa fierté, honteux, mais une partie de lui n'aspirait qu'à une chose: retourner auprès de Sherlock, perspective qui l'effrayait autant qu'elle l'envoûtait. Chaque matin, en se réveillant, il se promettait mentalement d'arrêter de penser à tout cela, et chaque soir il brisait cette promesse. Sherlock l'obsédait mas il ne pouvait pas revenir vers lui avant d'être prêt.
Le docteur Willigan était ravi des progrès de son patient, et même si il s'inquiétait sur l'issu de sa relation avec Sherlock, il ne pouvait qu'admirer le courage et la volonté que John mettait dans sa guérison. Il ne lui fallut pas plus d'un mois et demi pour revenir à un niveau physique satisfaisant et obtenir ainsi sa permission de quitter l'établissement, avec l'obligation de continuer à voir un psychologue une à deux fois par semaine, condition que John accepta sans rechigner. Il avait appris avec surprise que son ancienne psychologue n'était nul autre que Mme Willigan, aussi la réclama-t-il comme psy attitrée.
Le jour de sa sortie, le cœur de John battait fort. Devant le portail du centre l'attendait Mme Hudson , Sarah et Lestrade en belles tenues, le sourire aux lèvres. En voyant Sarah, John eut un petit sourire triste. Après la ''mort'' de Sherlock, leur relation s'était peu à peu pourrie, jusqu'à ce qu'ils finissent par se séparer pour de bon, mais il était arrivé plusieurs fois que la jeune femme rende visite à John pendant son internement, geste dont il lui était très reconnaissant à présent.
Lors d'une visite, madame Hudson lui avait appris que Sherlock ne venait plus à Baker Street depuis un moment, et que John était donc libre de revenir y vivre sans se soucier de ce point là, mais pour l'ancien soldat, leur petit appartement était trop plein de souvenir pour qu'il s'y risque pour le moment. Aussi avait-il accepté la généreuse proposition de Greg de vivre avec lui le temps de se remettre dans la chambre d'ami de l'appartement de célibataire qu'il occupait.
Le docteur Willigan l'accompagna jusqu'à eux et observa avec un sourire leurs retrouvailles.
John commença par prendre sa logeuse dans ses bras longuement, puis fit la bise à Sarah avec un grand sourire avant de se tourner vers Lestrade, les yeux brillants.
« -Merci de... De m'avoir empêcher de faire n'importe quoi, Greg..., balbutia-t-il.
-Oh tu m'as manqué toi ! » s'exclama Lestrade en attrapant le blond par les épaules pour le serrer à son tour contre lui avec un grand rire.
A la fin de leur étreinte, il prit le sac de John et se dirigea vers sa voiture, suivi de Mme Hudson. John profita de ce petit instant pour se tourner vers Marcus et lui serrer la main avec gratitude.
« -Merci pour tout, docteur.
-J'ai bien peur de ne pas avoir fait grand chose. Vous avez une volonté de fer, John, et beaucoup de courage. Tâchez d'en trouver assez pour accepter de le faire revenir dans votre vie. »
John hocha doucement la tête en clignant des yeux pour cacher ses larmes, puis rejoint ses amis dans la voiture de fonction que Greg avait empruntée pour venir le chercher.
Assis à l'avant, il regarda une dernière fois le centre qui l'avait maintenu en vie si longtemps et poussa un petit soupir. Oui, il avait trouvé la force d'en sortir, et pas de la manière dont il avait imaginé le faire tout d'abord... Et cette force, il ne la tenait que d'une seul chose: la certitude que Sherlock était en vie. Il ne lui restait donc plus qu'à rassembler son courage pour terminer ce qui lui restait à faire...
Allez, pour une fois, je ne fais pas une fin trop frustrante, non? Non?
N'hésitez pas à donner votre avis, j'aime tellement lire vos impressions ! *o*
Et à très bientôt pour la suite (si ma Bêta se bouge un peu pour la correction xD )
Love,
Kyllia.
