Chapitre 1.

La Chute d'une Innocence.

L'herbe et les petites fleurs blanches ondulaient doucement dans le pré. Un jeune garçon de 6 ans y était allongé et contemplait les nuages clairs en s'imaginant être sur l'un d'eux. Il avait des cheveux courts d'un noir d'encre avec des mèches plus longues encadrant son visage d'un blanc de lait et possédait des yeux d'un rouge de sang hérités de sa mère. Ce garçon se nommait Sébastian Michaelis.

Soudainement une voix se fit entendre.

- Sébastian. Rentre, j'ai besoin de toi.

C'était sa mère. Sébastian se hâta donc de se relever, épousseta sa veste et son pantalon et courut vers sa maison. Il habitait dans un vignoble. Sa famille était l'une des rares à vivre tranquillement et paisiblement avec les autres races. Son père, Edward, un humain et un homme simple avait pris pour épouse une démone honorable et honnête du nom de Gaëlle. Cet homme s'en fichait bien de la race de Gaëlle, il l'aimait et avait voulu l'épouser. Il s'en suivit de la naissance de Sébastian. Un garçon toujours souriant, charmant, beau et talentueux aux cheveux de son père, mais aux yeux de sa mère.

Quand Sébastian eut rejoint Gaëlle, il l'aida à la récolte de raisins, enleva les rafles (grappe) et les mit dans des barils pour les faire écraser demain.

Il passa ensuite le reste de la journée avec son père à étudier et à s'amuser avec lui.

Quand la lune fut haute dans le ciel, Gaëlle envoya son fils se coucher. Mais dans son lit, il lui demanda.

- Mère, pourrais-tu me parler encore des nobles vampires?

- Ils t'intéressent vraiment, hein?

- Pas spécialement, je suis curieux.

Mais en fait, Sébastian était fasciné par toutes les races d'intelligents au monde. Sûrement dû à sa curiosité d'enfant-démon.

- Eh bien…ils vivent dans de grands manoirs sombres, mais éclairés par des bougies. Ils sont très distingués et cultivés. Ils ont tous un titre de noblesse. Ils portent presque toujours des couleurs sombres et ils excellent dans tous les domaines. Que ce soit en politique, en commerce, en littérature, en art, en connaissances, n'importe quoi.

- Pourquoi les démons ne peuvent pas aussi être comme les vampires? Nous sommes pourtant tout aussi intelligents et capables qu'eux.

- Disons que…les démons ne sont tout aussi bien vus que les vampires. Les humains nous considèrent plutôt comme des mangeurs d'âmes pernicieux et dangereux.

- Pourquoi, je ne suis pas comme ça et tu n'es pas comme ça. Et nous n'en consommons pas.

- Nous comparons en fait les âmes comme du gâteau pour les hommes. Pas trop, car se n'est pas bon pour la ligue, répondit Gaëlle en lui brassant affectueusement le ventre. Il en ria.

Sébastian voulut encore questionner sa mère sur les vampires, mais celle-ci décréta.

- Désolée petit diablotin, mais c'est l'heure du dodo. (Son petit surnom de sa mère. Ou alors le petit corbillat*.)

Sébastian n'argumenta pas et se blotti dans ses draps en serrant une peluche de chat. Gaëlle lui donna un baiser sur le front, souffla la bougie et se leva.

- Bonne nuit mon chéri.

Et elle sortit de la petite chambre. Oui, Sébastian était heureux de sa vie. Il avait une maison confortable, des parents gentils et une mignonne peluche de chat qu'il affectionnait. Il s'endormit donc le sourire aux lèvres, mais sans savoir quand dans peu de temps, tout dégringolerait.

. . .

Plus tard dans la nuit, il fut réveillé par un bruit de fracas. Il trouva ça bien étrange. D'ordinaire, à cette heure, son père dormait et sa mère lisait au coin du feu étant donné qu'elle n'avait pas besoin de sommeil.

Un bruit plus fort que le précédent le fit sursauter. Comme du verre que l'on brise. Il allait se lever pour aller voir quand son père entra en trombe dans sa chambre. Il avait une vilaine coupure au front, au bras et au mollet et il semblait effrayé. Edward commença alors à ramassé telle et telle affaire et à les ranger dans un petit sac à dos déjà arrondi. Il mit finalement une veste par-dessus le pyjama de son fils et s'accroupie devant lui en lui donnant le sac.

- Mon fils, ce soir, il va falloir que tu t'en ailles.

- Quoi?! Mais pourquoi?!, s'écria Sébastian en sentant les larmes dans ses yeux.

- Il le faut Sébastian. Tu n'es plus en sûreté ici.

Edward serra Sébastian contre lui…

- Mais saches que ton papa et ta maman t'aiment profondément.

…et il le jeta aussitôt par la fenêtre. Sébastian roula dans l'herbe. Il se redressa et vit son père lui crier.

- Cours! Va-t'en! Vite!

Il lui obéit sans savoir quel était le danger. Quand il eut atteint la forêt près du vignoble, il se retourna et grâce à sa vision de démon, il peut voir quel était la raison de l'inquiétude de son père: une douzaine d'humains, dont 2 ou 3 prêtres, tous armés de torches et de faux et arborant tous le même symbole: l'étoile du pentacle dans son cercle, mais à l'envers sur une croix gothique.

Sébastian eut envie d'y retourner, mais quand il vit sa maison en feu, il se ravisa. Et à la base du braisier au toit, une grande forme sombre et fumante en forme de corneille s'élever dans le ciel bleu nuit parsemé d'étoiles. Il reconnut l'avatar de Gaëlle. Mais elle s'estompa rapidement. Sébastian commençait à s'inquiéter. Il lâcha un hoquet de sanglot quand il vit le groupe d'humain sortir de l'incendie. Il les entendait ricaner et se féliciter mutuellement. Il comprit aussitôt et il éclata en pleurs pour de bon.

Ces horribles humains avaient eu vent de l'existence d'un démon et s'étaient tout de suite précipiter pour l'anéantir. Son père l'avait balancé par la fenêtre pour lui donner une chance de survivre. Ses parents avaient sacrifié leurs vies pour sauver la sienne.

Il aurait tant voulu se précipiter sur ces meurtriers, mais ses jambes refusaient d'avancer. Et avec raison. Si sa mère, une démone puissante et son père, un homme vigoureux et fort avaient trépassé face à eux, qu'est-ce qu'un petit démon-humain pourrait bien contre eux? D'autant plus qu'ils étaient armés.

- Mère…père…sanglota Sébastian.

Toutefois, il se ressaisi, sécha ses larmes et se releva. Il se dit que ce n'était pas digne d'un démon de pleurer.

Sébastian ramassa son sac en se jurant qu'un jour prochain, quand il sera devenu plus fort, il prendra sa revanche sur ces monstres.

Un éclair traversa soudainement le ciel et le tonnerre gronda.

Sébastian passa la courroie du sac sur son épaule, resserra son manteau et se mit en marche là où la route le mènera.