Outtakes de The bigger they are de différents points de vue.
Ça n'a aucun sens de les lire si vous ne connaissez pas l'histoire principale
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The harder they fall a été écrit par LadyExcalibur2010
Je ne fais que traduire
A lire après le chapitre 4
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DANS CETTE MAISON
Bella
La porte se referma derrière les déménageurs une fois de plus et je laissai échapper un soupir de soulagement. Au moins nous étions seuls dans notre nouvelle maison. En haut je pouvais entendre les garçons se disputer comme ils avaient l'habitude de le faire. Heureusement être des enfants de l'armée les avait habitués à déménager et ça ne les gênait pas. Même cette fois-ci. Ils s'étaient attendus à déménager parce que nous le faisions toujours. Comme moi, ils avaient appris à se faire des amis rapidement dans chaque nouvel endroit où ils arrivaient. Les déménagements constants que nous avait imposés mon père m'avaient obligée à dépasser ma timidité. Maintenant j'en étais reconnaissante. Ça avait été une bonne préparation pour ma vie d'adulte. Comme moi mes fils s'adaptaient rapidement aux nouvelles personnes, aux nouveaux endroits et aux situations nouvelles. Bien sûr, rien n'avait pu nous préparer vraiment à cette nouvelle vie. Une vie sans Mac. C'était encore dur de l'appréhender.
Je m'assis dans le canapé et m'y vautrai comme sur un vieil ami. Je caressai le vieux cuir avec ma main. Il était dans les tons de la terre. Mac et moi aimions les couleurs de la terre, les formes trouvées dans la nature. En même temps il était traité anti-taches et avec quatre garçons c'était le plus important. Pratique était beaucoup mieux quand vous aviez des enfants. Je fermai les yeux me souvenant du jour où nous l'avions choisi.
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"Bon sang Bella," Mac en avait ras le bol. "Nous en avons vu un millier. Vas-tu me dire qu'il n'y en a aucun qui convienne?" Il détestait faire les magasins sauf s'il s'agissait d'un magasin de bricolage. Cet homme pouvait passer des heures à chercher des vis et autres. Une année pour Noël je lui avais fait cadeau d'un énorme assortiment de vis, de boulons, d'écrous dans l'espoir d'éviter d'y aller pendant un bon moment. Mais bon pas de chance.
"Je le reconnaitrais quand je le verrai," lui ai-je promis. Mac roula des yeux et secoua sa tête mais un sourire était coincé sur sa bouche. Il s'ennuyait mais pas trop. Je savais qu'il me pardonnait. Et il m'avait suivi facilement dans une demi-douzaine de magasins. Ensuite nous rentrâmes dans un petit magasin familial appelé Polk — et il était là. Mon canapé. C'était comme si nous avions été faits l'un pour l'autre.
Je m'y assis et tapotai la place à côté de moi. "Viens là soldat, " l'invitai-je. Je battis exagérément des cils en le regardant pour le convaincre.
Il gronda et marmonna mais il s'assit près de moi. "Alors nous avons ... le gagnant?" Il paraissait fatigué et de mauvaise humeur.
Je ris et me penchai vers lui pour l'embrasser. Il regarda autour de nous d'un air coupable. Mon mari était réticent parfois à montrer son affection... en public. Il n'avait pas grandi auprès d'une mère aussi affectueuse que la mienne. En privé c'était tout à fait différent.
"C'est un bon canapé pour se câliner," murmurai-je.
"Ouais?" Puis il me fit un clin d'œil. "Bon si quatre garçons nous laissent du temps pour ça, nous pourrons l'essayer.
Je roulai des yeux. "Je sais, je sais." Nos vies étaient devenues très intenses. Notre plus jeune fils, Jake était sur le point d'avoir deux ans et il était très envahissant. Les bêtises qu'ils n'avaient pas faites, ses frères les lui enseignaient. La plupart du temps j'étais épuisée et Mac faisait beaucoup d'heures aussi.
Nous avions la volonté mais pas l'énergie. Nous trouverions du temps ce soir. Je l'espérai. Même si je devais jouer au monstre . " Je t'aime," lui dis-je me blottissant contre lui pendant un moment.
Je sentis ses lèvres sur mes cheveux. "Je t'aime aussi, Bells."
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"Maman!" C'était Seth qui m'appelait. Je soupirai en sachant que mon moment de tranquillité était fini. Ça avait été bon le peu de temps que ça avait duré. "Emmett ne veut pas me laisser tranquille!"
"S'il faut que je monte, vous allez le regretter!" hurlai-je en réponse. Puis j'entendis Emmett.
"Je te l'avais dit!"
Puis Sam renchérit. "Allez les gars. Essayons de laisser maman un peu tranquille."
"Ouais," ajouta Jake. "Bon sang." Il semblait complètement dégouté et à six ans il avait un talent particulier pour ça. "Essayez au moins, juste essayez!"
Je ris malgré moi. Mes fils essayaient très fort d'être gentils, d'absolument parfaits petits hommes mais je ne voulais pas me mettre la pression à ce sujet. Le seul problème était qu'ils n'étaient pas parfaits et pour être honnête, je ne voulais pas qu'ils le soient. Je voulais juste qu'ils soient ... eux-mêmes. Je voulais qu'ils continuent à être les enfants qu'ils étaient avant la mort de Mac, quelques fous pleurnicheurs, quelquefois gentils et généralement chiants et adorables mais je les aimais ainsi. Même lorsqu'ils me rendaient folle, ils étaient à moi et je les aimais — je les aimais tels qu'ils étaient.
Je devais même l'admettre, ils avaient géré ce déménagement avec plus de facilité que moi. J'avais souvent été aux bords des larmes, prise de crises de panique — toujours lorsque j'étais seule et je me précipitai dans la salle de bain la plus proche — et le plus souvent une épave émotionnellement. Si ça n'avait pas été pour les garçons je me doutais que je me serai repliée sur moi-même. Mais je ne pouvais pas faire ça. J'étais responsable d'eux et je devais essayer de faire en sorte que les choses redeviennent normales. Une certaine sorte de normalité, pas aussi bonne que l'ancienne mais c'est tout ce que nous avions.
Ce qui rendait ce déménagement très difficile c'est que c'était la première fois que je le faisais sans lui. Quelquefois nous avions dû attendre un certain temps avant que Mac nous rejoigne ou alors il partait avant nous mais nous avions toujours su que nous allions nous retrouver bientôt. Mais présent il y avait juste cette conscience douloureuse qu'il ne déferait plus ces cartons ou se disputerait avec moi pour savoir où on rangerait telle ou telle chose dans la cuisine ou me demanderait un millier de fois où il avait rangé sa pelle ou où étaient cachées ses chaussettes.
Mac ne viendrait jamais dans cette maison. Il ne s'assiérait jamais dans ce salon ou ne m'aiderait pas à choisir la couleur pour la peinture. Il ne transpirerait pas ni ne jurerait pas pour arranger la clôture de derrière ou pour changer l'huile du SUV dans l'allée. Ses outils n'envahiraient pas le garage et son livre ne serait plus jamais posé sur la table de nuit dans la chambre, là-haut. Il ne grognerait plus en se retournant dans le lit quand le soleil passerait par la fenêtre de la chambre en suppliant d'avoir cinq minutes de plus. Je ne l'entendrai plus se trainer jusqu'à la salle de bain et se cogner contre le mur pour notre première nuit ici, comme il le faisait toujours. Il n'irait pas dans les chambres où les garçons étaient censés dormir et ne les gronderait pour qu'ils se calment. Il ne gouterait plus ce que j'étais en train de préparer ni n'ouvrirait plus le four pour vérifier la cuisson des brownies. Il n'ouvrirait plus la porte en criant :" Je suis revenu des mines de sel!" Il n'essaierait plus de se calmer quand il me faisait l'amour à l'étage ou ne se moquerait plus de moi quand je jouissais trop fort, comme je le faisais d'habitude. Il ne se faufilerait plus jamais dans cette salle de bain bleu et ivoire pour essayer de prendre sa douche avec moi ou ne partirait plus en claquant la porte lorsque nous nous serions disputés. Il ne râlerait plus au sujet de la pelouse à tondre ou des fleurs à planter au jardin ou au sujet des mangeoires à accrocher dans ces arbres. Il ne serait plus là pour faire de cet endroit notre maison.
C'était à moi de le faire à présent.
Je soupirai. J'avais les garçons et eux m'avaient moi — et c'est ce que nous allions faire car nous n'avions pas d'autre choix. Nos choix avaient été emportés par un seul morceau de shrapnel au milieu du désert, de l'autre côté de la planète. Nous avions travaillé là-dessus comme nous avions fait tout le reste, tous ensemble. Je fermai les yeux et laissai les bruits normaux des garçons envahir mes sens. C'était la musique de ma vie sauf que maintenant il manquait une note. Mac. Ça ne faisait que deux mois et je savais que c'était encore beaucoup trop tôt pour que ma douleur commence à s'estomper. Mais je me demandais si un jour cette sensation terriblement douloureuse et qui menaçait de me submerger tout au long de la journée, disparaitrait. Pour le moment on dirait que c'était quelque chose qui allait rester là pour toujours.
Je décidai que pour l'instant j'avais plus besoin de dormir que de surveiller les garçon. J'étais presque absolument sûre qu'ils n'allaient pas s'entretuer dans la prochaine heure. Je me couchai sur le divan et fermai les yeux et m'abandonnai au sommeil. Ce fut terriblement facile étant donné que j'avais vraiment très peu dormi ces derniers temps. Ou alors c'est pour cela que j'ai sombré aussi vite.
Je me trouvai dans cet endroit étrange, juste entre le sommeil et l'éveil. Les lèvres de Mac traçaient des taquineries sur ma gorge. "Mac..." murmurai-je en protestant à moitié mais pas trop. Il y avait si longtemps... J'étais fatiguée mais peut-être pas autant que ça.
"Ma chérie," murmura-t-il. "Tu ferais mieux de t'occuper de toi un peu mieux que ça."
"Quoi?" Je frémis à la sensation de son souffle chaud contre mon oreille. Dieu que j'aimais quand il faisait ça — et il le savait.
"Je m'inquiète pour toi, Bells," dit Mac. "Tu ne manges pas autant que tu devrais. Et je n'arrive plus à me souvenir de la nuit où tu as correctement dormi."
Je ronchonnai et me blottis contre lui. Il était costaud et chaud derrière moi et en quelque sorte nous étions parfaitement ajustés sur le canapé. Accrochés l'un à l'autre comme lorsque nous étions jeunes mariés et que nous regardions de vieux films ensemble. "J'essaie," lui dis-je. "C'est tellement dur. Et je me sens si seule."
Notre conversation n'avait aucun sens, mais ça allait. Pourquoi je me sentais seule? Mac était près de moi. Je me sentais trop bien pour m'en inquiéter.
"Essaie plus fort... pour moi Bella," murmura-t-il. " je t'aime tellement et je ne veux pas te voir dans cet état."
"Le chemin est large et long, Mac." Je n'avais aucune idée de pourquoi je lui disais ça mais mon corps se sentait bien et content d'être contre le sien. Je ne voulais pas penser, je voulais juste ressentir. Le sentir près de moi.
"Promets-moi quelque chose?" Sa voix était plus douce, comme s'il s'éloignait, ce qui n'avait pas du tout de sens parce que je pouvais le sentir derrière moi.
"Tout ce que tu veux Mac..." je m'endormais de nouveau. Je savais que dans quelque secondes je dormirai à nouveau profondément. Mais j'avais une promesse à faire. Quoi encore?
"Promets-moi que tu t'autoriseras à être heureuse à nouveau," dit Mac d'une voix toujours plus faible. "Tomber amoureuse... être heureuse de nouveau... s'il te plait... trouver ce que je ne peux plus te donner... Je ne pourrai pas supporter que tu sois triste ... pour toujours..."
"Mac?"
Rien, mis à part le silence.
"Mac?"
Je me réveillai, effrayée et haletante. Il avait été si réel, ça avait été si réel. J'avais même senti ses bras autour de moi, son souffle contre moi, le poids de son corps appuyé contre le mien. Mais ça n'avait été rien d'autre qu'une illusion cruelle. Rien de plus.
J'étais toujours seule et c'était la chose la plus cruelle de toutes.
Merci d'avoir lu!
