The harder they fall de LadyExcalibur2010
Je ne fais que traduire
A lire après le chapitre 5
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TOUT MON AMOUR
Mac
Juillet 2006
"A hundred hearts would be too few
To carry all my love for you."*
Auteur inconnu
Tu me manques, les enfants me manquent, ma chérie. Je t'aime. Je t'aimerai toujours
Avec tout mon amour,
Mac
Je signai la lettre comme que je le faisais toujours me demandant combien de temps ça prendrait pour que Bella la reçoive. J'avais de la chance d'être sur une grosse base. Cela signifiait que nous avions plus de commodités que ceux qui étaient coincés quelque part plus loin, dans des trous de l'enfer. Pourtant rien n'était luxueux mais le courrier semblait arriver régulièrement et j'étais reconnaissant pour cela. Je jetai ma lettre dans la boite, sachant que bientôt Bella et les garçons pourraient voir 'Free Mail' sur l'enveloppe et qu'ils pourraient se regrouper autour d'elle pendant qu'elle lirait les parties qu'ils pouvaient entendre. Quelques-unes n'étaient que pour elle.
Puis je m'assis dans la tente et suffoquai. J'étais tendu et impatient. L'ennui ici est difficilement supportable. Et lorsqu'on ne s'ennuie pas on est habituellement pris par une peur bleue. Il ne semble pas y avoir de juste milieu. Je me sens comme si ma peau était trop tendue au-dessus de ma chair. Merde, ce déploiement m'avait déjà pris toute mon énergie. Je fermai les yeux et essayai de bloquer les sons des hommes se chamaillant sous ma tente. Nous étions tous tendus. Plus tard il était censé y avoir une sorte de grande fête dans la tente du mess. Putain, Joyeux Anniversaire l'Amérique. Quelquefois la maison paraissait être à des millions de kilomètres.
"Hey James!" je me tournai. C'était Murphy.
"Putain fous-moi la paix," grommelai-je. J'étais de mauvaise humeur et je le savais . Il m'avait répondu que j'étais un sale con et avait disparu dans les toilettes pour la prochaine heure.
Je ne m'excuserai pas plus tard mais je lui offrirai une part de mon bœuf séché que j'avais caché. J'avais été un sale con comme Murphy me l'avait fait remarquer. La triste réalité c'était que Bella et nos garçons me manquaient. Et je n'avais personne à blâmer à part moi-même. J'étais un putain d'idiot. J'aurais voulu pouvoir lui envoyer un e-mail et me prosterner à ses pieds. J'aurai dû le lui écrire dans la lettre. N'importe quoi, mais lui dire que j'étais tellement désolé. La seule raison pour laquelle je ne l'avais pas fait plus tôt c'est comme je l'avais déjà mentionné : j'étais un putain d'idiot.
Je ne sentais pas bien ce déploiement... Je me demandai si c'était parce que je l'avais décidé en quelque sorte dans le dos de Bella et m'étais porté volontaire. Ah merde je ne devrais pas me le demander. Je savais que c'était exactement pour cette raison.
"Je comprends que tu veuilles faire ton devoir Mac et je te soutiens à 100 %. Mais tu as déjà donné. Laisse quelqu'un d'autre y aller. Nous avons déjà donné. Nous tous, et tu le sais."
Elle avait raison et j'avais tort. Alors pourquoi putain était-ce si difficile de l'admettre au moins face à elle? Oh c'est vrai j'étais un fameux con.
Je me mis à penser à mon père qui était mort lors d'une bagarre dans un bar quand j'avais quinze ans. Je me rappellerais toujours ma mère en train de pleurer, le suppliant de ne pas sortir pour boire. Ce n'était sûrement pas le souvenir précis de cette soirée mais peu importait. Ça caractérisait assez bien leur mariage car cette scène avait été rejouée maintes et maintes fois au fil des ans. Ma mère était déjà malade lorsque mon père mourut. Elle avait vécu jusqu'à ce que j'ai obtenu mon diplôme de fin d'études secondaires et que je reçoive mon admission dans une université d'état. Elle n'avait pas vécu assez longtemps pour me voir boire et me débattre dans ce qui aurait pu être ma première année. Quelquefois le destin était compatissant.
J'avais un talent pour la boisson et la bagarre. C'était dans mon sang après tout. J'avais toujours souhaité ne pas ressembler à mon père et voilà... j'avais fait à peu près la même chose. J'avais passé un an à fréquenter les bars grâce à de faux papiers d'identité. La plupart des videurs ne dépassent pas mon mètre quatre-vingt-dix-huit et je ne réussissait pas bien à trouver la bagarre parce que dans ce domaine ma stature travaillait contre moi. Je faisais peur aux gens. Ils n'avaient aucun moyen de savoir que je voulais me faire tabasser autant que je voulais tabasser les autres. Mais finalement ma grande gueule réussissait à obtenir ce que je souhaitais d'habitude. J'étais sacrément désagréable et capable de pousser les gars au-delà de leurs limites.
J'étais en train de me tuer moi-même lentement - tel père tel fils comme dit le proverbe - et j'y serais sûrement parvenu si cette nuit-là je n'étais pas tombé sur un ex-sergent de l'armée, maigre comme un fil de fer. Après qu'il m'est mis KO d'un rapide coup de poing impressionnant dans ma mâchoire, il me tira de ma petite sieste et me demanda qu'est-ce que je faisais de ma vie. Je levai mes yeux bouffis vers lui et lui fis la réponse la plus honnête que je pouvais avec mes 19 ans.
"Putain, je n'en ai pas la moindre idée."
Trois mois plus tard, j'étais redevenu sobre, effrayé par un sergent instructeur de l'armée qui hurlait à mon visage que je n'étais qu'une merde sans valeur. Je l'avais toujours su mais à un moment donné pendant mon instruction je compris que je n'étais pas obligé de le rester. Et à ma grande surprise l'armée était bonne pour moi. Ce besoin de taper sur quelqu'un était encadré et structuré. A la caserne personne ne se souciait de savoir qui était mon père et si j'étais allé à l'université. Personne dans mon peloton n'y était vraiment allé. Nous n'étions pas comme la majorité et nous nous en foutions. Mais nous savions tous que nous voulions quelque chose de plus. Chacun d'entre nous avait ses propres raisons de vouloir entrer dans l'armée.
Enfin les sergents arrêtèrent de nous crier que nous n'étions rien et nous dirent que nous commencions à ressembler à de vrais soldats. Pour certains d'entre nous c'était la première fois que nous éprouvions un peu de fierté et c'était un sentiment merveilleux. Nous étions soldats et nous voulions être les meilleurs. Ensuite nous avons avancé et j'obtins mon premier poste. J'étais parfaitement à l'aise. J'avais, depuis longtemps, perdu tout contact avec mes copains de beuverie mais ça m'était égal, j'avais trouvé des frères à la place.
J'aimais toujours la bagarre mais mes potes étaient avec moi et c'était contre d'autres soldats. Par l'enfer nous étions tous un peu bagarreurs, nous étions comme ça. Personne ne prenait ça au sérieux et la plupart du temps nous finissions par acheter des bières pour l'autre avant que tout soit fini. Quelques contusions ou un nez cassé était un petit prix à payer. Nous nous défoulions, parlions de sport ou de femmes, de nos différents officiers qui finissaient presque habituellement par être des cons.
J'étais heureux, ou du moins je n'étais plus malheureux. Je n'avais pas encore fait la différence jusqu'à ce que je la rencontre.
J'étais à Fort Lewis. C'était l'été et la nuit précédente j'avais été content de trouver une jolie petite blonde prénommée Lola ou Lisa ou quelque chose dans ce genre. J'avais un peu la gueule de bois mais pas trop, je considérais ça comme une bonne journée. J'allais prendre un café, je me suis retourné et je l'ai vue.
Une brunette, le visage clair, elle portait un innocent chemisier blanc avec un col en dentelle et une jupe légère qui lui arrivait aux genoux. Elle incarnait la fraicheur par cette journée d'été. Elle aurait dû faire attention dans cet endroit envahi par les uniformes mais ce n'était pas le cas. Elle paraissait parfaitement à l'aise et tout à fait ... parfaite. Je jure que j'aurais pu me laisser tomber à genoux et lui demander de m'épouser là, tout de suite.
J'aurais pu si elle n'avait pas roulé des yeux vers moi dès qu'elle vit que je regardais ses seins, ce qui après tout n'était qu'un réflexe. "Connard," l'entendis-je murmurer. Ça me parut étrange qu'un tel ange puisse prononcer ce vilain mot alors j'étais presque certain que j'avais mal entendu.
Je lui souris certain que le vieux charme des James allait fonctionner. Elle soupira et posa sa main sur sa hanche. "Excusez-moi?" Et elle essaya de me contourner pour se mettre dans la file d'attente pour obtenir son café, son thé ou autre chose. Tout ce que je savais c'est qu'elle avait l'intention de m'ignorer.
Et cette merde n'était pas près d'arriver. J'étais prêt à être désagréable ou charmeur je ferai tout pour arriver à attirer son attention.
"Quelqu'un vous a-t-il déjà dit que vous étiez très belle?" lui demandai-je.
Elle se retourna brusquement et ses longs cheveux bougèrent et caressèrent mon bras. Erection instantanée. Ses magnifiques yeux marron se plissèrent. "Vraiment c'est tout ce que vous avez trouvé?" Elle parut vraiment déçue comme si je l'avais laissée tomber.
"Bon, que dirais-tu si je te sortais ce soir?" Je pensai que cette proposition était vraiment gentille. Je lui ferai passer un bon moment.
Elle avança d'un pas et pour la première vois je réalisai combien elle était minuscule. L'ange mesurait au moins trente centimètres de moins que moi. Je voulais juste la prendre contre moi pour la garder en sécurité, là. Pour toujours.
Puis son doigt se leva devant mon visage. "Ecoute mec, je ne sais pas pourquoi tu penses que ton sale discours va marcher avec moi mais je te fais une proposition. Je connais les mecs comme toi. J'en ai vu des centaines de fois dans une douzaine de bases. Tu as été occupé, je suppose, à passer la nuit dernière à coucher et à te bagarrer... sans te soucier vraiment de qui tu baisais ou avec qui tu te battais." Je clignai des paupières sous le choc et me demandai qui était son père parce que c'était sûr, elle était trop jeune pour être mariée à un soldat et avoir déjà connu douze bases différentes. "Garde ta bite dans ton pantalon pendant deux mois et ne baise personne sauf si tu le fais avec ta main, puis si tu me retrouves alors nous pourrons parler."
Ces mots sortants de cette bouche angélique suffirent à me rendre muet. Elle s'était déjà éloignée lorsque je réalisai que je n'avais aucune putain d'idée de comment la retrouver. "Hein! Comment puis-je vous retrouver?"
Elle tourna sur elle-même et rit. "Tu n'en auras pas besoin mais mon père est officier supérieur. Son nom est Swan." Puis elle me fit un doigt d'honneur. "Bonne continuation!"
Et c'est là que je compris que j'étais amoureux.
Je ne connaissais pas son nom mais je savais qu'elle était forte, qu'elle avait des idées bien arrêtées et qu'elle saurait me remettre en place si je le méritais. Je savais que je ne pourrais pas tout me permettre. Elle m'avait mis en colère et poussé dans mes retranchements. Nous aimerions nous hurler dessus, nous battre et nous peloter. Elle me rendrait absolument fou. Qu'est-ce qu'un homme pouvait demander de plus? Je me suis abstenu pendant deux très longs mois et même mes copains pensaient que j'étais devenu fou. Quelque part je savais qu'elle le saurait. De toute façon je ne la laisserai pas m'échapper sans me battre. Alors je laissai ma bite dans mon pantalon comme elle me l'avait demandé. Ce fut plus facile que ce que je croyais parce que ma queue ne voulait plus qu'elle. Un de mes copains découvrit que Bella était rentrée à la maison pour l'été. Il ne lui restait plus que deux semaines de vacances avant que ma peine se soit écoulée mais je la trouvai et lui demandai de tenir sa promesse.
C'est ce qu'elle fit.
Nous avons passé deux semaines magnifiques durant lesquelles je ne suis jamais allé plus loin que de caresser ses seins par dessus ses vêtements. Nous avons parlé presque tous les soirs pendant les trois mois suivants et ensuite elle est rentrée pour Noël. Nous étions allés plus loin mais n'avions pas encore concrétisé. Pendant les six mois suivants nous avons eu une relation longue distance. Je conduisis aussi souvent que je pouvais pour la voir ou elle rentrait à la maison. Son père n'avait eu à m'avertir qu'une seule fois que si je lui faisais du mal je ne vivrais pas pour le regretter. Et je l'ai cru. Charlie Swan était un homme de parole.
Nous nous sommes mariés presqu'un an après notre première rencontre. Sa mère pleura et son père prétendit que non. Son frère me souhaita la bienvenue dans la famille. J'aimais Will même si je ne le comprendrais jamais.
Un an plus tard, Emmett était né et il semblait que tous les deux ans nous courions à la maternité de n'importe quel hôpital, près de la base où nous nous trouvions. Ils arrivèrent tous tranquillement à l'exception de Jake. Mais ça c'est une autre histoire.
A présent en pensant à ma femme et à ma famille et sachant que je donnerais n'importe quoi pour rentrer à la maison je réalisais un fait important. L'armée m'avait sauvé la vie mais Bella avait sauvé mon âme. J'étais celui qui nous avait fait échouer. J'avais laissé mes idées fausses sur mon devoir interférer avec mon objectif principal dans la vie : rendre Bella heureuse. Toutes ces raisons qui m'avaient convaincu de venir ici s'étaient maintenant évaporées. Et avaient disparu. Ça avait été arrogant de penser que personne d'autre ne pouvait faire mon travail. J'étais bon mais pas irremplaçable. L'armée avait des centaines de gars comme moi, capable de faire ce que je faisais. Mais Bella et les garçons n'avaient que moi.
Dieu, il allait falloir que je fasse amende honorable. J'étais un homme chanceux parce qu'au moins Bella m'avait dit qu'elle m'attendrait et nous devrions travailler sur tout ça lorsque je serai de retour. Je ne l'avais pas trop mérité mais elle me l'avait dit sans contrainte. C'était Bella. Et c'était moi. Un putain de con. Il semblerait que toute ma vie j'essayais de réparer ce que j'avais fait de travers. Avec Bella cependant je me sentais comme si j'avais la chance de devenir l'homme que je voulais être, l'homme qu'elle méritait. Donc il fallait que je résolve ce problème parce que c'était la bonne chose à faire. Pour elle.
Plus qu'une année et nous pourrions commencer à vivre la vie que je lui avais promis. Je voulais tenir cette promesse. Nous vivrions là où elle voulait vivre. Et nous aurions d'autres bébés si c'est ce qu'elle voulait. Je travaillerai de 9 à 17 heures et rentrerait tous les soirs. Ce soir je m'assiérais et lui dirai tout ça. Peut-être j'aurais même la chance de trouver un ordinateur avec une web cam bien que ceux là soient aussi rares que des glaçons ici.
"James!" une voix m'interpelle. "Nous en sommes cette fois!"
C'était à nous de patrouiller et je n'avais juste pas le cœur à ça. J'avais merdé et je voulais arranger les choses. Je voulais arranger les choses parce que Bella le méritait.
C'est vraiment bizarre comment tout tourne mal en quelques secondes. Nous roulions. La routine. Rien de spectaculaire ni de bien excitant. Murphy était à l'avant baillant paresseusement. Il était encore furieux que je l'ai fait sortir pour aller patrouiller. J'étais à l'arrière surveillant tout ce qui se passait. Nous devions avoir les yeux partout, devant, derrière, sur les côtés. Nous devions être comme des putain de fous. Nous continuâmes à rouler et je vis la carcasse d'un chien mort. Et c'est là que le frisson a commencé.
Le conducteur ralentit et j'ai compris qu'il avait senti la même chose que moi. C'était mauvais. C'est très mauvais. Vous avez le pressentiment de ce genre de choses après un moment. Tu apprends à écouter cette petite voix dans ta tête parce qu'habituellement c'est elle qui te sauve la vie.
Puis il y eut une violente secousse et je vis Murphy disparaitre dans un nuage de poussière rouge. Murphy n'était plus. Je sentis une douleur vive et cuisante dans mon côté mais je l'ignorai. Le Hummer s'envola de la façon la plus effrayante qui soit et je me sentis en apesanteur. Ce fut le visage de Bella que je vis et cela prit tout son sens parce qu'elle était ma vie. Je savais que je n'aurais pas la chance de pouvoir arranger les choses.
"Bella... Je suis tellement dés..."
* "Une centaine de cœurs ne seraient pas suffisants, Pour t'amener tout mon amour." (mais ce n'est pas aussi bien dit en français...)
L'outtake pour faire la connaissance de Mac,
vous aurez d'autres explications avec Bella
dans l'histoire principale dans 3 ou 4 chapitres...
Je sais ça n'est toujours pas très gai
A bientôt!
