Outtakes de The bigger they are de différents points de vue.

Ça n'a aucun sens de les lire si vous ne connaissez pas l'histoire principale

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The harder they fall a été écrit par LadyExcalibur2010

Je ne fais que traduire


Cet outtake se passe après le premier baiser d'Edward et de Bella.

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Ton cœur est assez grand...

Bella

Edward était parti et je me douchais comme un automate. Laver, rincer, sécher. Cette routine était anesthésiante. Je n'avais pas à penser.

Dieu, j'étais fatiguée de penser.

Je soupirais en passant en revue les options dans mon armoire. Des sweats et des tee-shirts? Non pas avec cette chaleur. D'accord, un short et un débardeur alors. Des vêtements plus sexy. Je me demandais brièvement si je devais m'acheter autre chose, des vêtements ... plus femme et moins maman.

J'étais encore trop jeune pour penser aux culottes de grand-mère. C'était un problème en effet. Je me sentais... vieille, comme si ma jeunesse était partie avec Mac. Lorsqu'il m'avait laissée il avait pris un peu de ma vie avec lui. J'étais tellement seule quelquefois que ça me faisait mal physiquement.

J'allais dans mon lit et m'installait en travers puisque je n'avais plus besoin de laisser de la place à quelqu'un d'autre maintenant, si?

Décidément il était vraiment trop grand. Trop froid. Trop vide.

Quand est-ce que mon lit était devenu trop grand pour ma vie?

Je suspectais que c'était à partir du jour où Edward Cullen était entré dans mon monde.

Au début, juste après que Mac soit mort, ce lit était devenu énorme. Puis une fois que j'eus en quelque sorte accepté qu'il soit parti pour toujours, je m'étais habitué à ce lit de nouveau. L'une des veuves, l'une de celles que je rencontrais à ces terribles réunions, m'avait suggéré d'en acheter un neuf. Un nouveau départ, disait-elle. Je n'étais pas bien sûre de savoir si je devais pleurer ou rire à sa suggestion.

Un nouveau départ? Ça n'existait pas pour moi. Peu importe où j'irai à partir de maintenant, Mac ne serait plus jamais avec moi. Il ne rentrerait pas à la maison. Un lit neuf ne changerait rien à ce fait. Mais ce vieux lit ... Et bien c'était Mac ... et moi. Alors je me retournais dans ce lit où nous avions conçu Jake, ce lit où nous avions fait l'amour pour la toute dernière fois.

Etant donné la grande stature de Mac il nous avait fallu un lit king size. J'aimais qu'il soit si grand ; ça me donnait toute la place nécessaire pour échapper à la chaleur de son corps l'été et aussi la possibilité de me blottir tout contre lui, l'hiver lorsqu'il faisait froid. Mac avait toujours aimé s'étaler, prenant toute la place, même la mienne. Peu m'importait parce que je savais que j'étais chanceuse qu'il soit à la maison.

Et j'avais toujours su que les nuits viendraient où je désirerais que son grand corps monopolise le lit. Alors j'avais appris à dormir recroquevillée mais à l'aise en sachant qu'il était là à côté de moi. Même si je savais que j'allais mourir à cause de la chaleur qu'il dégageait je savais que j'avais de la chance de l'avoir avec moi. Je n'avais jamais réellement pensé qu'un jour il ne pourrait plus être là du tout. J'étais habituée à ce jeu qui consistait à l'attendre, mais c'était... tout à fait autre chose. Ça avait toujours été Mac. Ça avait été ça au moment même où je l'avais rencontré. Nous travaillions bien ensemble, supportant nos petites faiblesses et nos excentricités.

Il avait appris à dormir avec le ventilateur en marche, été comme hiver pour que je puisse avoir le bruit blanc. J'avais appris à dormir avec un chauffage dans mon lit — Mac était aussi chaud que le soleil. Compromis. C'est ce qui faisait fonctionner un mariage et le nôtre fonctionnait la plupart du temps. Oui, bien sûr nous avions rencontré des obstacles en chemin. Nous avions lutté et discuté, claqué des portes et malmené nos sentiments.

Mais nous avions aussi été capables de mettre de côté nos différents et de trouver un terrain d'entente. Nous avions appris l'art du compromis. Ça ne nous avait pas séparé jusqu'à la fin. J'espérais que nous aurions trouvé une solution pour dépasser tout ça aussi. Il devait avoir réalisé maintenant comment je me sentais à propos de son déploiement et j'aurais trouvé un moyen de comprendre son point de vue aussi.

C'était comme ça que nous fonctionnions. Et c'est ce qui avait fait que notre mariage était une réussite.

Je ne pouvais pas supporter cette idée que nous n'avions pas pu arranger les choses parce que rien dans notre histoire ne suivait cette logique. Donc je continuais à penser que nous allions poursuivre notre chemin dans ces eaux troubles en négociant.

Mais il n'y avait plus rien que je puisse faire pour ça maintenant. Mac était mort. Et moi non. Et pour la première fois je me demandais si j'allais avoir le courage, à présent, de vivre cette vie plutôt que de simplement exister. N'exister que pour mes enfants c'était noble et désintéressé mais la vie d'un martyr se passait en solitaire. En outre mettre toute la pression sur eux concernant mon bonheur n'était juste pour aucun d'entre nous.

Donc cette question restait sans réponse... essaierai-je de me reconstruire une vie après Mac?

Est-ce que c'était insupportablement égoïste de vouloir ça? Et je le voulais. Je pouvais finalement admettre ça, ici dans le noir, dans ce lit trop grand et trop froid. Je voulais entendre le murmure d'une voix masculine au milieu de la nuit, des bras enroulés autour de moi. J'avais envie de sentir la force d'un homme contre lequel je pourrai me blottir. Je désirais la chaleur dure de cet homme entre mes jambes.

Non. Non pas juste n'importe quel homme. Lui.

Edward.

Deux ans étaient passés depuis que j'avais tenu un homme dans mes bras ou l'avais accueilli dans mon lit. Ce que Mac et moi avions partagé était gratifiant et excitant ; ça avait été chaleureux et confortable aussi. Comme tous les mariages notre vie sexuelle avait connu toute la gamme. Quelquefois romantique et nous avions dû chercher à renouveler cette connexion. Le mariage a des cycles, des collines et des vallées qui peuvent affaiblir ou renforcer une relation.

Nous avions résisté aux tempêtes et nous étions réjoui des journées ensoleillées et faciles que notre amour nous avait procuré.

Je voulais tout ça à nouveau. Est-ce que c'était déloyal envers Mac d'admettre tout ça? De le vouloir?

La sensation des lèvres d'Edward sur les miennes avaient ramené une vie inconnue. Cette étincelle sauvage que je pensais morte avec Mac, ce besoin irrésistible de donner et de recevoir, d'aimer et d'être aimé.

Et que voulait Edward?

Il me voulait moi. Cette preuve s'était pressée contre mon ventre. Mais le désir n'était pas suffisant. Pas pour moi, pas avec la vie que j'avais. Je n'échangerai mes fils contre rien au monde et je savais que c'était ma loyauté première. Ma responsabilité était avant tout pour eux. Est-ce qu'Edward pourrait comprendre ça et l'accepter?

Aurait-il cette patience dont qu'il aurait besoin, je le savais, pour faire tomber les murs que j'avais bâti autour de moi pendant les deux dernières années? Aurait-il seulement envie de s'en préoccuper?

"Mac," chuchotai-je. "Je suis perdue."

Je fermais les yeux et me recroquevillais comme je le faisais contre lui et fis comme s'il allait monter dans le lit, enroulant ses grands bras chauds autour de moi. Ça ne me paraissait pas étrange de rechercher son réconfort et ses conseils même pour ce genre de question. M'avait-il laissé tombé avant? Même à notre dernier au revoir j'avais pu voir la douleur dans ses yeux. J'avais été trop contrariée pour la reconnaître et ça avait été ma perte.

Je pouvais presque entendre la voix de Mac susurrer à mon oreille. "Qu'est-ce qui te rend confuse, mon cœur?" Le grondement faible et bas de sa voix était réconfortant.

Je soupirai et me détendis reposant contre cette poitrine, qui je le savais, n'était pas là.

"Il me fait vouloir des choses," admis-je. "Des choses que je ne pensais plus vouloir."

"L'amour n'est jamais fini, Bella," me dit Mac. "L'amour est toujours là. C'est la seule chose qui dure."

"Ça ne veut pas dire que je ne t'aime plus," murmurai-je.

"Je le sais ça ma douce," m'assura-t-il. "Je sais que j'aurais toujours ma place dans ton cœur." Puis j'ai senti l'air par la fenêtre ouverte et c'était comme une caresse sur moi. Je faisais semblant en tous cas. "Mais tu sais les cœurs sont merveilleux... ils s'agrandissent pour en inclure d'autres. Il y a toujours davantage de place pour l'amour." Je le sentis bouger contre moi. "Aimer quelqu'un d'autre ne prend pas l'amour que tu portes aux autres."

"Et si ce n'est pas ce qu'il veut?" C'était ma plus grosse crainte, celle que je ne pourrais jamais admettre devant Edward.

"Tu le sauras bien assez tôt, Bells." Les arbres dehors bougeaient dans le vent et ça ressemblait au rire de Mac. "Tu as toujours été intelligente, mon cœur. Tu le sauras, Bells. Tu prendras la bonne décision."

Doucement, doucement le vent souffla dans ma chambre et j'imaginai que c'était les lèvres de Mac sur mes cheveux. "Je veux essayer Mac..." et je m'endormis.

"Alors essaie mon cœur," murmura-t-il et je le sentis s'éloigner. Une fois de plus il me laissait seule avec mes pensées, mes craintes... et mes espoirs. "Essaie..." je l'entendis murmurer encore. "Parce que ton cœur est assez grand..."