The harder they fall appartient à LadyExcalibur2010
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Flotter
Je jetais un coup d'œil à mon sac pour m'assurer une fois de plus que j'avais bien la liste des choses dont j'avais besoin pour l'anniversaire de Jake. J'aurais dû y aller plus tôt dans la journée mais le lave-linge n'avait pas voulu coopérer et si je ne lavai pas les affaires des garçons je serai vite été dépassée. Et personne ne voulait être témoin de ça.
Une partie de moi admettait que je voulais être jolie quand nous irions chez Edward ce soir. Bon sang la partie féminine en moi voulait sautiller partout et danser le tango pour lui. Avec lui. Au-dessus de lui. Sous lui. Je ferais même du trapèze au point où j'en étais si je pensais que ça me ferait du bien. C'était de plus en plus frustrant. Correction. J'étais de plus en plus frustrée..
J'avais la volonté. J'avais le désir. J'avais même la jolie lingerie, merci à Alice pour sa session de shopping. Victoria Street avait fait des affaires et j'avais un stock de quelques tenues provocantes. Des trucs en dentelles extra fin qu'aucune maman n'admettrait jamais posséder.
Par contre nous n'avions aucune intimité. Et même si nous en avions, Edward se comportait froidement, il allait à la vitesse du glacier tandis que moi je pensais qu'une avalanche pourrait être la bonne solution.
Et pour être honnête même si j'appréciais qu'Edward soit un parfait gentleman pour tout ce qui concernait le sexe, je commençais à faire des complexes. Il me traitait comme si j'étais en verre et franchement j'en avais assez. Je voulais savoir quelle sensation sa magnifique queue provoquerait en moi, je voulais l'entendre gémir mon prénom. Putain je le voulais, c'est tout. Ça faisait deux ans. Deux très longues années et finalement mes besoins étaient de retour, ils étaient revenus pour se venger.
Je me sentais comme si j'allais tirer sur Godzilla et l'écraser comme s'il était mon propre Tokyo. Je voulais poliment demander aux garçons de nous laisser seuls pendant quelques jours et le jeter par terre et faire de vilaines, vilaines choses avec lui. Je voulais être avec lui de toutes les façons possibles et ne nous interrompre que pour reprendre des forces. Ce qui était étrange c'est que je ne m'étais jamais sentie coupable de le désirer autant. J'avais enfin accepté d'être une jeune femme avec des besoins et des désirs normaux et j'étais assez chanceuse d'avoir un mec génial qui semblait s'intéresser à moi. Mais pas assez pour participer activement.
Oh les baisers sont merveilleux ne me comprenez pas mal. Ses mains lorsqu'il les autorise à me toucher tracent des chemins de feu sur ma peau. Cet homme est du sexe en barre ce qui évidemment est difficile pour moi à chaque minute que nous passons ensemble et lui qui semble toujours capable d'arrêter les choses sans le moindre effort. Il s'arrête c'est tout, se réajuste, me fait un petit sourire embarrassé et continue ce qu'il faisait.
Durant ces deux mois je suis allée acheter vingt-huit piles. Ça commence à me revenir cher.
Demain je vais laisser tomber et je me commanderai quelque chose qui puisse se recharger. Je vais avoir des ennuis s'il faut que j'explique à mes fils pourquoi j'achète autant de piles tout le temps. Ils commencent à être assez grands maintenant pour comprendre tout ça et la dernière chose dont j'ai besoin c'est qu'ils devinent ce que maman fait lorsqu'elle prend de 'longs bains' pour se détendre. C'est sûr je devrais l'être, détendue.
Je devrai trouver quelque chose d'étanche mais ça ne règlera pas le problème des piles. Peut-être qu'il me faut les deux en même temps .
Je soupire, la voiture devant moi qui est conduite par une mamie avec les cheveux bleutés, hésite un long moment au stop. Ouais, ouais, c'est bon tu peux y aller, je pense impatiemment. Ensuite elle se décide et avance. J'arrive moi aussi au stop et le fait. On m'a toujours dit qu'il fallait respecter la loi après tout.
Je vérifie. Gauche, droite, gauche. Personne. Je m'engage dans l'intersection.
J'entends le bruit du moteur avant de le voir. Un énorme pick-up, vieux... qui me fonce droit dessus.
Je n'arrive à penser qu'à mes fils tandis que je me prépare à l'impact. Je vous en prie faites qu'ils ne restent pas seuls... mes fils.. mes garçons... Emmett... Seth... Sam... Jake... je ne peux pas les laisser... ils ont besoin de moi.
C'est comme si j'avais percuté un mur en brique sauf que là c'est le mur de briques qui est venu à moi. J'entends une petite explosion et quelque chose qui sent le plastique brûlé me saute à la figure.
L'airbag.
Mon SUV tourne sur lui-même. Mon pied me fait vraiment très mal. Mon pare-brise explose sous l'impact. Au moins cette fois Emmett n'y est pour rien...
La voiture s'arrête et j'entends des voix. Je réalise que mes yeux sont fermés. Je les ouvre et me concentre sur le visage qui me fixe. "Madame? Vous allez bien?"
Je cligne des yeux. Est-ce que je vais bien? A part des nausées à cause de cette odeur de brûlé, mon pied qui me fait mal comme une dent pourrie et une légère douleur au front je suis sûre que je vais aussi bien que possible. Je suis en un seul morceau et je suis vraiment très soulagée que mes garçons ne restent pas seuls.
Je suis vivante. Mes fils vont aller bien. Ils m'ont encore.
"L'autre conducteur?" demandai-je en posant ma main sur mon front. Aïe! Note à moi-même - ne pas toucher.
"Ça va," dit-il. "Ivre mort."
Je hoche la tête, ça me fait mal aussi. Je sens quelque chose couler de mon nez et dans ma bouche. J'essuie. Du sang. Beurk. Je regarde la gars, un jeune sûrement pas beaucoup plus vieux qu'Emmett. "Aurais-je encore un visage," je lui demande. Pour une raison quelconque, le film Volte-face me vient à l'esprit. Je commence à flipper un peu.
Il me regarde ne comprenant pas. "Je veux dire est-ce que mon visage est abimé? C'est pour ça que je saigne?" Il faut que je sache.
Il rit en secouant la tête. "Non c'est juste le nez qui saigne." Bon à savoir. Je doute qu'Edward voudrait avoir une relation avec une femme sans visage.
Et vraiment, vraiment je veux avoir des rapports sexuels au moins une autre fois avant de mourir. S'il vous plait mon Dieu je sais que c'est probablement de mauvais goût à cet instant. Mais je veux vraiment, vraiment baiser.
Une fois que je réalisais que je n'étais ni morte ni défigurée, je fus étonnamment patiente pendant que les pompiers me libéraient du métal tordu qui avait été autrefois mon SUV. Je ne pus pas voir tous les dégâts d'où j'étais mais je pouvais dire qu'ils étaient importants. Une fois qu'ils m'eurent sortie, ils me mirent sur une civière ignorant mes protestations. L'officier de police vint avec moi vers le véhicule de secours. "Pouvez-vous appeler mes enfants s'il vous plait? Ou mieux est-ce que quelqu'un pourrait y aller?" demandai-je. "Ils sont seuls à la maison. J'allais à l'épicerie. Mon fils Emmett a presque quinze ans. Il surveille ses frères."
Le policier hocha la tête et me fit un sourire rassurant. Ensuite ils me chargèrent et les portes se refermèrent avant que je puisse lui parler d'Edward. Merde. Emmett allait avoir très peur quand il verrait les policiers arriver. J'aurai dû leur dire d'appeler Edward en premier. Stupide, stupide, stupide.
Le trajet pour arriver jusqu'à l'hôpital ne prit pas longtemps mais à chaque vibration mon pied me faisait sacrément mal. Je mordis ma langue pour m'empêcher de crier Mais ils ne voulaient me laisser tranquille. Piquer ou m'ausculter sans arrêt et toujours me poser les mêmes questions stupides, encore et encore.
Ensuite tout ce que je pus faire était de penser à comment aller se sentir mes garçons quand les policiers allaient frapper à la porte.
Deux hommes à la porte...
Putain.
Deux hommes en uniforme à la porte annonçaient toujours de mauvaises nouvelles et ils le savaient. Ils étaient déjà passés par là une fois. Je pouvais seulement espérer qu'Emmett penserait à appeler quelqu'un, Edward de préférence. Ou Alice. L'un ou l'autre était un bon choix pour les amener à l'hôpital mais je devais bien admettre que je voulais vraiment, que ce soit Edward.
Je commençai à pleurer un peu alors qu'ils m'emmenaient aux urgences me sentant complètement pathétique parce que tout ce que je voulais c'était qu'Edward me serre dans ses bras pour que je puisse sangloter et soulager ma tension et ma peur. Je ne pouvais pas. Je n'avais pas ce luxe.
Et Edward n'était pas ici.
Ils me firent des radios et me piquèrent encore pour faire bonne mesure. Ils me demandaient si je savais où j'étais, qui j'étais et quel jour on était. Un médecin arriva dans la petite pièce pour m'examiner, je me sentais bien et désolé pour moi-même. Mon corps tremblait à cause de l'adrénaline qui avait fini de faire son effet, mon pied me faisait très mal, j'avais mal à la tête et je souffrais d'un cas terminal de putain de tension sexuelle non soulagée.
Entre tout, je ne passai pas une bonne journée.
Je voulais savoir ce que faisaient mes fils. Je voulais les voir et les tenir dans mes bras pour qu'ils sachent que j'allais bien. Je voulais sentir la chaleur d'Edward, son odeur masculine et savoir qu'il surveillerait mes garçons et les rassurerait en leur disant que ça irait. Puis l'infirmier, un jeune trop zélé pas beaucoup plus vieux qu'Emmett - ce qui me fit sentir très, mais très vieille - me dit qu'il allait me donner quelque chose contre la douleur.
Je ne voulais plus entendre parler d'aiguilles, vous pouvez bien avoir accouché quatre fois et avoir toujours une mauvaise opinion des aiguilles. Mais honnêtement est-ce que c'était vraiment trop leur demander de me laisser seule au moins jusqu'à ce que mes fils arrivent? Je ne trouvais pas mon sac pour me servir de mon téléphone et pour les appeler. Tout ce que je savais c'est qu'il avait dû rester dans l'épave.
Je sentais les larmes arriver de nouveau et je détestais ça.
Le médecin racontait des bêtises au sujet d'un plâtre pour mon pied, voilà une nouvelle qui allait rendre ma journée plus joyeuse. Et ensuite il me laissa entre les mains de l'infirmier. Il prit mon bras - un peu impatiemment - "Laissez-moi juste une minute!" me plaignis-je. Puis il me fit une piqûre. "Et vous visez l'os avec cette aiguille. Si oui et bien vous avez gagné le gros lot!"
Putain, ça faisait mal.
Je pris mon air renfrogné en lui faisant mon meilleur regard breveté de l'enseignant, voulant lui faire savoir que je gardai un œil sur lui et ses mains manieuses d'aiguilles.
"Ce médicament contre la douleur va faire effet presque tout de suite. Le docteur sera bientôt là pour vous plâtrer." Il me parlait comme si j'étais une idiote. Je voulais lui mettre mon poing dans la figure mais je n'avais pas besoin d'avoir à faire plus de paperasse. Mac m'avait appris à frapper et j'étais vraiment bonne. Il ferait bien de se méfier.
"Laissez-moi voir ma famille avant de commencer à me torturer avec un plâtre. D'accord?"
"Maintenant, Madame." Il essayait de me calmer mais ça n'allait pas le faire. Je voulais mes fils et je voulais mon Edward, maintenant. Je ferais ma Veruca Salt* si je devais le faire.
"Pas de Madame avec moi. Mon pied me fait un mal de chien et vous me parlez comme si j'étais une grand-mère." Je voulais lui rire au visage mais je croisais mes bras sur ma poitrine et soufflait un peu. Il n'avait pas la moindre de putain d'idée d'avec quoi il était en train de jouer. Et je commençai à me sentir ... flotter.
C'était un joli mot.
Je clignai des yeux et vis le rideau bouger autour de mon lit.
Ils étaient là... ces cinq visages qui rendaient ma vie complète. Emmett inquiet mais qui sourit un peu quand il me vit. Seth qui tenait Jake par la main. Sam, qui recensait mes blessures et qui calculait combien de temps il me faudrait pour me remettre. Et le visage de Jake qui s'illumina d'un sourire.
Et Edward. Mon Edward.
"Je reviens," dit l'infirmier. Je voulais lui faire un doigt d'honneur mais mes mains n'étaient pas très coopératives. Elles semblaient flotter elles aussi.
Edward avait ce petit sourire sexy et je me demandai à quoi il ressemblerait, son visage plongé entre mes cuisses. Je pensai que je ferai mieux de ne pas poser cette question à voix haute. "Tu te fais des amis, je vois?" dit-il.
Mes fils souriaient mais leurs visages étaient un peu bizarres. Je me demandais s'ils flottaient eux aussi. J'aimais la sonorité de ce mot.
Flotter.
C'était un joli mot.
"Tu savais que ça pue les airbags quand ils explosent?" Ça me semblait très important de lui dire ça. Il fallait qu'il le sache. Quelqu'un devrait avertir les médias aussi. "Une puanteur qui te donne envie de vomir."
"Vraiment?" demanda Edward et il sembla amusé pendant une minute. Pas amusé comme quelqu'un qui flotte, juste différent. Je pris une profonde inspiration et me souvins de ce que j'avais voulu avant - mes garçons, tous mes garçons.
"Mes garçons," soufflai-je.
Et j'ai su que tout allait bien. Parce que je flottais là et que rien ne pouvait plus me faire du mal.
J'aimais flotter. Flotter était bien.
Edward était bon.
Je voulais lécher Edward.
Il avait un beau cou. Et des mamelons. Les siens étaient très jolis. Et ses oreilles, jolis lobes.
J'avais besoin d'autres piles.
...
Veruca Saltest l'enfant gâtée dede Charlie et la chocolaterie.
J'espère que ça vous a plu!
Le prochain outtake sera un point de vue de Mac, qui s'intitule "Compte à rebours"
A bientôt!
