Chapitre 17.

Présent.

Sébastian fut brusquement réveillé par des secousses brutales. Il ouvrit les yeux et tomba sur une masse de cheveux bouclés et des yeux noisette.

- Sébastian! Sébastian! Réveille-toi! C'est Noël! Noël est arrivé! Allez, active!

- Polly! Doucement! Il est trop tôt. Reviens plus tard. Je suis crevé!

- Oublis le plus tard. Habille-toi et grouille! Les maîtres nous ont fait savoir qu'ils nous réservaient une surprise dans la salle à manger. Dépêche!

- D'accord! D'accord! Mais laisse-moi de l'intimité quand même!

La plus jeune des domestiques le laissa donc seul. Grommelant, il se prépara et se rendit à la salle à manger. Il fut complètement réanimé quand il découvrit la table regorgeant de victuailles. Au menu: pancakes, gaufres, œufs en tous genres, saucisses, jambon, porridge, croissants, scones, toasts, sirop, miel, confitures, thé, café, jus, etc…

- Mais…

- Bonjour Sébastian, le salua Rachel. Et joyeux Noël. Tu dois san doute être surpris, non?

- Euh…oui, un peu.

- Eh bien, nous les Phantomhive, avons une petite tradition d'offrir un petit-déjeuner somptueux à nos domestiques à chaque année pour Noël. Es-tu content?

- Oui, vraiment. Merci madame.. Ça me fait très plaisir.

- Alors je te souhaite un bon appétit.

Sébastian sourit et s'attabla au milieu de ses collègues et de ses maîtres…juste à la droite d'Angelika.

Ceux-ci avait commencé à se voir de plus en plus souvent, et pas pour le travail. Souvent, quand tout le manoir dormait, ils sortaient prendre des marches dehors, des fois à cheval, des fois à pieds. Et un jour, Angelika lui avait laissé lui prendre la main. Elle lui avait même donné un baiser sur la joue à la fin. Sébastian avait été aux anges ce soir-là. Il avait commencé à penser que le destin était peut-être enfin en sa faveur.

Le repas se déroula superbement. Tout le monde bavardait, mangeait, buvait. Même Vincent adressa la parole à Sébastian.

Phantomhive partit ensuite en fin d'avant-midi à Londres où ils assistèrent à un opéra au Royal Albert Hall. Le Barbier de Séville. L'histoire racontait que le comte Almaviva était tombé éperdument amoureux de Rosine, la pupille du docteur Bartholo. Mais il ne pouvait l'approcher facilement. Alors il demande l'aide de Figaro, l'homme à tout faire de la ville. Mais le docteur tient Rosine par une promesse et la presse de l'épouser. Almaviva finit par ce faire passer pour un professeur de chant dénommé Lindoro. Avec le soutien de Figaro, il échafaudera un plan pour amener sa belle à lui, malgré l'entêtement de Bartholo. Au final, ils se retrouveront et vivront heureux ensemble.

Cette pièce empoigna grandement Sébastian qui jeta un coup d'œil à Angelika assise deux sièges plus loin. Elle regardait la scène bien droite dans son fauteuil, les mains crispées sur ses jupes et les yeux grands ouverts, clignant un peu trop souvent, comme si l'opéra l'avait tout autant subjuguée que lui.

Toutefois, Sébastian se doutait que le comte le surveillait de loin et il tourna la tête aussitôt. Il savait que le vampire se soupçonnait de quelque chose. Il fit comme si rien n'était.

. . .

Une fois la pièce terminée, le soir était tombé et le groupe retourna au manoir. Ils soupèrent ensuite de bon appétit. Polly s'était écroulée de la table au dessert, trop pleine.

Ayant bien mangé, ils allèrent au grand salon pour les cadeaux et le traditionnel jeu de Noël. Sébastian était bien étonné que des vampires célèbrent aussi pleinement la Nativité, étant donné qu'ils n'étaient pas croyants. Myriam lui expliqua qu'ils ne la fêtaient pas religieusement. Ils le célébraient juste pour le plaisir d'un bon moment en famille avec les employés. Sébastian préféra cette option.

Le jeu débuta: Fais-moi un Dessin. Cela tourna en moyenne farce. Quand ce fut Undertaker qui dût dessiner, il riait tellement qu'il dessina tout croche et Myriam ne devina jamais ce qu'il avait tracé. Au final, ce fut Angelika qui gagna grâce à son adresse au dessin et aux jeux.

- Bon, tout le monde!, s'exclama Rachel. C'est l'heure des cadeaux!

On distribua. Chacun s'émerveilla devant ses présents. Le visage de Sébastian s'illumina quand il découvrit le mouchoir de soie brodé à ses initiales et la montre à gousset au blason des Phantomhive d'Angelika.

- Ça te plaît?

- Oui, beaucoup. Merci mademoiselle…Ouvrez le mien maintenant.

Il lui tendit le paquet et s'impatienta en la voyant l'ouvrit lentement. Les yeux d'Angelika s'agrandir en découvrant le médaillon. Elle le fesait tourné dans ses mains, l'examinant sous tous les angles. Elle se tourna vers Sébastian et le gratifia d'un sourire.

- Merci. Il est superbe.

Sébastian lui rendit en penchant la tête et alla derrière elle pour le lui attacher. Angelika suréleva sa chevelure pour lui donner à sa nuque. Le résultat en était hallucinant. Il allait à la perfection avec sa robe noire gothique victorienne.

Vincent regarda la paire de gants en cuir que Sébastian lui avait donné et sentit la colère monter en lui. Les rapports entre lui et sa fille devenaient de plus en plus énormes. C'était limite s'ils ne se regardaient pas dans le blanc des yeux en ignorant le monde autour. Il devait faire quelque chose pour couper les liens…et vite! Il en était même au bord de perdre son amour pour sa fille! (HOLA, C'EST PAS BON ÇA!)

. . .

Angelika toucha le collier une fois dans sa chambre en pensant à Sébastian et le serra entre ses mains.

- Sébastian…

Un bruit sourd et répété se fit entendre dans la chambre. Angelika en chercha l'origine, mais s'aperçut que c'était son cœur. Il battait à mille à l'heure juste à la pensée du démon.

- Mais qu'est-ce qui m'arrive?

Elle le savait parfaitement. Elle, une vampire de noble naissance, était parvenue à tomber amoureuse d'un démon de la campagne.

Angelika se laissa tomber sur son lit et ferma les yeux. Elle commença par pouffer…et éclata d'un rire sonore.

Il dura durant environ deux minutes, puis se tarit.

- Ha! Ha! Ha!...Ha! Ha!...Je t'aime Sébastian.