The harder they fall de LadyExcalibur2010
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Juste au cas où
Mac
"Hey Charlie?" Je savais qu'il devait attendre mon appel. Il savait ce qui allait se passer après-demain. C'était devenu comme une tradition entre nous. Si j'avais été maudit par l'homme qui avait été responsable de ma naissance, j'avais été béni par le père de la femme que j'aimais. Charlie était le père que j'aurais voulu être pour mes fils. Il m'avait montré comment être un père depuis qu'Emmett avait donné son premier coup de pied dans le ventre de Bella jusqu'à aujourd'hui alors que je m'apprêtais à les quitter.
"Hey Mac," répondit Charlie Swan. "Je me demandais quand tu allais appeler." Sa voix était calme et douce comme toujours. Charlie croyait beaucoup en cet adage : "Avance doucement mais garde une massue à portée de main.*" Je ne voudrais pas avoir affaire à lui c'est sûr.
"Ouais j'ai été très occupé à préparer toutes ces choses," répondis-je. "Tu sais comment c'est avant un déploiement.
"Ouais, "dit-il. "Je sais." Il soupira. "Comment va Bella?"
"Enervée," répondis-je sans réfléchir et nous rîmes. "Mais elle essaie de ne pas le montrer devant les garçons. "
"Ça c'est ma Bells," fit observer Charlie railleur. "Quand les portes sont fermées elle te mène la vie dure n'est-ce pas?"
Je soupirai. "Ouais, bon je dois le mériter, je suppose que je dois encaisser et écouter ce qu'elle a à me dire." Je ris. "Malgré tout il faut bien que je te le dise, Charlie, ta fille est la tête de cochon la plus têtue que la terre ait portée."
"Rien que je ne sache déjà fiston," me rassura-t-il. "Je l'ai élevée. Je sais tout de ce côté têtu. Ça me rendait fou, elle restait plantée là déterminée, me regardant avec ses yeux bruns et me disant : "Mais papa..." Il gronda. "Elle écoutait mes conseils puis elle n'en faisait qu'à sa tête."
Ça me fit rire. "Jake fait exactement pareil," dis-je. "Il tient ça d'elle donc je suppose que tout ça est normal."
Charlie rigola. "Les garçons me manquent," dit-il. Peut-être que Renée et moi irons au Texas pour une petite visite dans quelques mois. Il faut que je voie mes petits-fils." Charlie est un grand-père exceptionnel et chacun des garçons l'idolâtre. Ils aiment leur grand-mère mais ils adorent leur grand-père. Charlie est toujours partant pour les distraire, ramper sur le sol quand ils étaient petits, leur apprendre à pêcher ou à apprécier n'importe quel sport.
"Ce serait bien," dis-je. "J'ai l'impression que ce déploiement va être très dur." Peut-être parce que tu n'aurais certainement pas dû y aller, imbécile. Charlie connaissait toute l'histoire et il soupira.
"Tu as fait ce que tu devais faire, Mac," dit-il d'une voix grave. "Je ne peux pas te blâmer pour ça. Mais je ne vais pas te dire que je ne comprends pas le point de vue de Bella non plus. Je vous aime tous les deux. Je déteste te voir souffrir mais ça ne peut pas être autrement à présent."
Charlie m'a toujours traité de façon juste. Même au début quand il a menacé ma virilité et ma vie - dans cet ordre - si je faisais du mal à Bella, il n'avait pas jugé a priori. J'étais un gars qui était du mauvais côté des choses, avec rien à offrir à sa fille à part mon cœur et ma paie de l'armée. Pourtant il m'a accueilli tout en me faisant comprendre que si je lui faisais du mal, je le regretterai. Beaucoup. J'avais tenu ma part du marché - jusqu'à maintenant, je suppose. J'avais blessé Bella en me portant volontaire mais j'avais fait la promesse - à Charlie et à moi-même - d'arranger tout ça dès mon retour. Plus qu'un an et nous pourrions vivre la vie dont nous rêvions tous les deux.
Un an de plus. Il fallait que je m'y fasse. Un an en enfer et puis... le paradis.
"Bon tu sais pourquoi je t'appelle, Charlie," dis-je.
Il soupira et je l'entendis se racler la gorge. "Oui, je devine," convint-il. "Bien que je déteste penser à cette possibilité."
"Ça ne plait pas plus," dis-je. "Mais ce serait stupide de penser que ça ne puisse pas arriver. J'ai été chanceux deux fois, j'espère avoir de la chance pour la troisième. Mais je veux pas y compter."
"Je sais, fiston, je sais," dit-il doucement.
"Je t'ai envoyé les copies de mes assurances," dis-je. "Bella a tout aussi mais si quelque chose venait à arriver..." Je m'éclaircis la voix. "Bon je m'attends à... je suppose qu'elle sera en colère et qu'elle ne pourra pas penser clairement pendant un moment."
"J'ai rangé tout ça en sécurité," me rassura-t-il. "Je les ai mises dans un endroit où même Renée pourrait les trouver." Ça me fit rire. Si Bella était énervée à cause de mon déploiement et bien Renée était désespérée. Elle avait rendu tout le monde fou tellement elle se faisait du souci. Je le savais parce que Bella m'avait parlé des lettres qu'elle lui envoyait. Renée regarderait religieusement les informations pour essayer de savoir si nous étions en zone dangereuse ou pas. Bella au contraire essayait de ne pas s'occuper de ça - elle disait que ça l'inquiétait plus encore et qu'il n'y aurait plus moyen qu'elle fasse autre chose tellement elle s'inquiéterait. Finalement c'est l'approche de Bella que je préférais. Je n'enviais pas du tout Charlie pour la vie qu'il allait avoir auprès de Renée dans l'année à venir.
Actuellement j'étais content de ma vie avec Bella, en colère ou pas. Alors pourquoi n'es-tu pas resté chez toi, James?
"Ecoute Charlie, si quelque chose arrive..."
"Est-ce que tu veux bien arrêter de parler de ça?" m'interrompit-il.
"C'est pour ça que j'aie appelé, Charlie alors laisse-moi juste te dire ce que j'aie sur le cœur et ensuite ce sera fini d'accord?"
Charlie soupira de résignation. "Bon d'accord."
"D'accord alors les polices d'assurances sont toutes ensemble," dis-je. "J'ai écrit ce que je voulais pour l'enterrement juste au cas où tu sais..."
"Mais enfin tu trouves pas que tu vas un peu loin?" cracha Charlie.
"Non si je ne veux pas que Bella soit ennuyée par toutes ces choses si le pire venait à se produire," signalai-je. "Elle a suffisamment de choses à gérer avec les garçons." Mes fils... mon Dieu laissez-moi rentrer à la maison et continuer à être leur père.. Ne m'arrachez pas à eux. C'est tout ce que je demande. Je sais que j'ai fait quelque chose de stupide mais j'aime Bella et j'aime nos fils. Je veux être ici avec eux. Donnez-moi juste cette chance et je jure de ne pas refaire quelque chose d'aussi stupide.
Je ne suis pas sûr que Dieu m'entende. Il n'a jamais entendu ma mère quand elle priait pour que mon père arrête de boire. Mais je devais lui laisser une chance.
"Je pense que c'est tout pour ça," dis-je. "C'est tout simple il y a l'assurance de l'armée qui va directement revenir à Bella et une autre plus petite qui l'aidera pour les choses à court terme. J'ai déjà payé pas mal de choses en avance. D'habitude c'est Bella qui le fait, elle n'a pas voulu entendre parler de pourquoi c'est moi qui le faisait cette fois-ci, mais elle le sait." Payer toute ces choses d'avance laisserait du temps à Bella pour se retourner si je venais à mourir. Elle essayait de rester à jour de tous les paiements lorsque je n'étais pas là. Nous avions procédé ainsi les deux fois précédentes sans discuter entre nous le pourquoi de la chose. Il y a des choses dont nous ne parlions pas et celle-là en faisait partie.
"Tu es un homme bon, Mac James," dit Charlie après une minute. " Et je veux que tu saches que tu as pris grand soin de ma Bella. Vraiment bien." Il s'éclaircit la voix. Charlie n'aimait pas parler de ses sentiments ou de ce genre de merde. "Alors maintenant fais attention à toi là-bas et nous n'aurons pas besoin d'avoir recours à tout ça, tu m'entends?"
"Je t'entends Charlie." Je me sentis mieux maintenant que pendant les dernières semaines. Bella ne serait pas seule si quelque chose arrivait. Elle aurait ses parents, son frère et Josh. Tous ensemble ils feraient attention à elle et aux garçons. " Encore une chose Charlie."
"Ah l'enfer," marmonna-t-il.
Je ris. "Rien de sérieux," dis-je. "Si quelque chose..."
"Mac, ça suffit là," siffla-t-il.
"Ecoute-moi vieil homme."
"Je te montrerai quel vieil homme je suis quand tu rentreras," me promit-il. "Je peux encore te fiche une raclée et tu le sais."
"Je n'en doute pas le moins du monde, vieil homme," plaisantai-je. "Mais écoute, si... bon, si ça arrive et si je ne rentre pas, promets-moi de ne pas laisser Bella se lamenter trop longtemps. Cette idée d'elle voulant rester seule pour le restant de ses jours m'est absolument insupportable."
"Qu'est-ce que c'est que ce genre de conversation?" me demanda Charlie.
"C'est une conversation sérieuse, répondis-je. "Juste au cas où, tu sais.. si ce jour arrive. Sois là pour elle. Fais lui juste comprendre que c'est bien pour elle qu'elle continue à avancer. Pas tout de suite, parce qu'elle serait capable de te botter les fesses mais tu sais... au bon moment... si... eh bien, tu sauras quoi lui dire quand ce temps viendra.
"Bon sang Mac, je déteste être d'accord avec toute cette merde," dit Charlie.
"Je le sais, mais tu le fais parce que tu sais que ce sera la bonne chose à faire," dis-je.
Il y eut un silence assez long et puis finalement Charlie soupira longuement. "D'accord, Mac. D'accord, mais s'il te plait... fais en sorte que ce ne soit pas nécessaire."
"D'accord Charlie, je ferai de mon mieux."
"C'est bon alors," dit-il. "Transmets tout notre amour à Bella et aux garçons. Je les appellerai lorsque tu seras parti."
"Merci Charlie," murmurai-je. "Pour tout."
"Fais attention à toi Mac."
"Je le fais toujours," répondis-je avec un sourire.
"Je prendrai soin de notre fille, Mac."
"Tu le fais toujours Charlie."
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*"walk softly and carry a big stick": c'est la vision de la diplomatie selon T. Roosevelt...
La prochaine fois on retrouvera Emmett... et avec Rosalie
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