Chapitre 21.

Haine de la Campagne.

Depuis deux jours, Angelika arpentait la campagne à la rechercher d'une quelconque habitation afin de lui demander son chemin. Rien dans ce qu'elle voyait ne lui évoquait des souvenirs. Mais à chaque fois qu'elle croisait des gens, ceux-ci la traitait d'abomination en voyant ses crocs et la chassait en lui jetant des pierres. (Faut bin qu'elle ouvre la bouche pour parler.)

Flash-Back.

Le jour suivant son évasion, Angelika tomba sur un petit village rustique où des croix avaient été plantées un peu partout. Angelika trouva cela de très mauvais goût (Il y a quand même certaines mesures qu'elle peut endurer). Entrant dedans, les villageois la toisèrent avec méfiance comme s'ils croyaient qu'elle allait leur sauter dessus pour les agresser.

Essayant de les ignorer, elle arriva devant une auberge, «Le Methuselah». Angelika trouvait le nom bizarre, mais n'en fit pas cas et tendit sa main vers la porte, toutefois une personne tenant une bouteille de vin dans sa main l'interpella dans son dos de manière ferme et rude.

- Hé, vous! Qu'est-ce que vous voulez?

Angelika se retourna, cachant son mépris pour sa grossièreté et dit.

- Je cherche simplement une chambre pour la nuit et un peu d'avoine pour mon cheval.

Cependant, dès qu'elle avait ouvert la bouche, toutes les personnes aux alentours se figèrent de stupeur. Ils avaient tous vus les crocs acérées dans sa bouche. Celui qui avait la bouteille la fracassa contre un mur et menaça Angelika avec.

- Va-t'en vampire! Ceux de ta race ne sont pas la bienvenue chez nous! Fiche le camp!

- Mais j'ai de quoi payer!, s'exclama Angelika. Je ne vous veux aucun mal!

- C'est ce qu'ils disent tous pour finalement, mieux nous sauter à la gorge! Va-t'en!

Et il lui balança le tesson de bouteille par la tête. Angelika l'évita et enfourcha son cheval sans demander son reste tandis que les villageois lui lançaient des cailloux, de la nourriture avariées et des bouts de bois.

Angelika se sentait déshonorée. Jamais te toute sa vie elle n'avait été traitée de la sorte. Elle avait toujours l'habitude de regarder les gens de haut. Ça la rendait malade d'être considérée comme une monstruosité. On voyait bien que ces pauvres paysans minables ne savaient pas qu'ils ne devraient même pas avoir la permission de lui adresser la parole. Elle, une noble vampire.

Fin Flash-Back.

Finalement, à la suite de toutes ces mésaventures au sein de la basse classe, Angelika avait remonté le col de son manteau sur son visage afin de dissimuler sa bouche et avait rabaissé le bord de son chapeau pour se faire plus discrète.

C'est ainsi qu'en début d'après-midi du troisième jour, alors que ses provisions diminuaient considérablement, elle déboucha sur un village dans lequel sa stratégie ne fut même pas nécessaire. Il s'agissait d'un village qui avait l'habitude de voir des unions inter-espèces. Elle put donc avoir une chambre d'auberge et se payer l'entretient de son cheval.

. . .

Sébastian ne s'en était pas rendu compte, il était revenu dans le village tout près de son vignoble. Il était resté un bon vingt minutes devant l'entrée sans bouger. La seule vue de l'entrée lui avait fait monter les larmes aux yeux.

Il se souvenait encore des jours où sa mère l'emmenait au village pour acheter la levure et le sucre en alcool. Cela le rendit nostalgique.

Lord, s'il avait eu le don de penser intelligemment, il se serait sûrement dit: «Mais qu'est-ce qui fout celui-là?! Il attend que je prenne racine ou quoi?!»

Revenant à la réalité et à sa mission première, il éperonna Lord et entra. Il ne reconnut quasiment rien, tellement il y avait longtemps qu'il n'était venu. Il sentait les regards des gens sur lui, mais n'y fit pas attention et continua son chemin. Il s'arrêta devant une auberge, y laissant son cheval, et en y demandant une chambre et s'en alla interroger des gens en leur montrant la photo d'Angelika.

. . .

Angelika se sentait bizarre et pas dans sa peau. Payer pour habiter quelque part, faire son marché comme les gens du peuple…mais qu'est-ce qu'elle foutait là?! Voilà une semaine qu'elle était là qu'elle devait aider à la cuisine pour conserver la chambre étant donné qu'elle n'avait plus d'argent. Elle avait tout flambé en loyer et en nourriture. Ses mains, d'ordinaire si blanches et soignées étaient à présent rougies par l'effort et abîmées. Ses cheveux aussi d'avaient plus l'air de rien.

- Rapporte des herbes et de la farine!, lui lança la patronne de l'auberge, agressive avec le sac et la monnaie.

Angelika avait été mainte fois tentée de la ramener à sa place, elle et sa pimbêche de fille. Une espèce de gourde blondâce avec des balcons de la grandeur de ceux du Palais de Buckingham et dont le cerveau n'était pas assez consistant pour boucher une dent creuse…mais pour quoi faire? Perdre son seul logis du moment. Elle se retenait à grande peine, son orgueil et sa fierté blessés.

Elle partit donc pour le marché, la frustration jusqu'aux oreilles rougies.

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Sébastian déambulait dans le marché grouillant de personnes en traînant Lord par la bride et abordait certaines personnes pour des renseignements.

- Excusez-moi monsieur. Auriez-vous cette jeune femme dans les environs?

- Non, désolé.

La même rengaine pour une quarantaine de personnes. Sébastian commençait à démoraliser. Il avait traversé une demi-dizaine de villages et villes, et toujours aucunes nouvelles d'Angelika.

Le soleil déclinant à l'horizon, il allait rentrer à son auberge quand il entendit la voix qu'il chérissait le plus au monde.

- 3 kilos de farines et 10 livres de fines herbes, je vous prie.

Sébastian pivota instantanément la tête et l'objet de ses recherches à 9h (à sa gauche).

Angelika! Dans une pauvre robe rurale élimée qui attendait ses commandes pendant que le vendeur les mesurait en fonction du poids pour fixer le prix.

Sébastian se leva d'un bond de son mur et au moment où il s'apprêtait à l'appeler, une voix rauque et forte couvrit la sienne.

- HÉ! TOI!

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Angelika, devenue très prudente, perçut l'appel. Elle crut encore avoir ces fichus Fils de l'Étoile du Seigneur sur les talons et se mis à courir pour s'en éloigner, délaissant ses achats.

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Mais au final, il ne s'agissait que d'un gamin des rues qui s'était fait prendre en train de voler une miche de pain par le boulanger.