The harder they fall de LadyExcalibur2010

A lire après le chapitre 38

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Suis ton cœur

Bella

J'entends les enfants se précipiter au téléphone. Jake gagne la course sûrement parce Emmett est sous la douche. Je peux l'entendre triompher et dire à ses frères qu'ils sont nuls. Je soupire. Il semblerait que ce soit sa phrase préférée et je ne l'aime pas particulièrement. Mais chaque fois qu'il le dit je lui lance un regard affligé et il me regarde avec ses grands yeux bruns me promettant solennellement de ne plus le dire.

Jusqu'à la prochaine fois.

Puis quand je lui rappellerai sa promesse, il aura l'air de vouloir s'excuser et sera pitoyable en me disant qu'il a oublié. Ce gamin m'embobine et il le sait. Je ressentis un moment de pitié pour la femme qui allait tomber amoureuse de lui. J'espérai qu'elle soit faite d'une autre trempe que moi sinon il en ferait ce qu'il voudrait.

Jake bavarda quelques minutes. Je savais qu'il me donnerait le téléphone une fois qu'il aurait dit ce qu'il avait à dire. C'était soit mon frère ou l'un de mes parents. Ça ne pouvait pas être quelqu'un d'autre car sinon Jake n'aurait pas bavardé autant. Sauf si c'était Rosalie et même si c'était ça je supposai que c'était plus pour embêter Emmett qu'autre chose. Quoique Rosalie paraissait être contente de parler avec Jake.

Enfin il vint vers moi le téléphone dans la main. "Hé c'est grand-père."

"Merci chéri," dis-je, en portant le téléphone à mon oreille. "Bonjour papa." Je ne pus m'empêcher de sourire mon père me posait toujours les mêmes questions et je savais ce qu'il allait demander en premier.

"Comment vont les garçons?" Question #1.

"Ils vont bien, papa," le rassurai-je. "Jake te l'a déjà dit j'en suis sûre."

Il grommela et c'était la réponse que j'attendais.

"Et toi, ma petite fille?" Peu importe mon âge je soupçonnais qu'il m'appellerait toujours ainsi. Question #2

"Je vais bien aussi, papa," dis-je et c'était beaucoup plus honnête que ça l'avait été depuis ces deux dernières années. "Vraiment bien."

Un autre grognement. Je suppose que le comportement homme des cavernes fonctionne avec le chromosome Y. Dieu sait que c'est comme ça avec les garçons. Grognements, reniflements et roulements des yeux est la forme de communication la plus courante entre eux. Et pourtant ils semblent toujours savoir ce que les autres veulent leur dire. Les hommes sont bizarres.

"Alors..." Oh oh, je pouvais sentir papa travailler sur la toute nouvelle question, la #3, qui avait envahi sa vilaine tête depuis la fin juin.

Je ris. "Papa vas-y continue et pose la ta troisième question."

"Quelle troisième question?" Il semblait complètement perdu.

"Tu as des habitudes, papa. D'habitude c'est seulement deux questions mais à présent il y en a une troisième." Je me souvins avec moins de tristesse que je l'aurai cru possible la façon dont il me posait cette troisième question légèrement différente. Quand Mac était mort il ne l'avait plus jamais posée.

Il soupira et je pouvais pratiquement le voir tortiller sa moustache qu'il avait décidé de laissé pousser quand il était parti de l'armée. "Comment va ce jeune homme qui est dans ta vie?"

Je ne pus m'empêcher de rire à nouveau. "Ce jeune homme papa, à presque quarante ans."

"C'est encore un jeune homme pour moi," rétorqua-t-il.

"Il va bien papa," le rassurai-je. "Son frère et sa famille sont ici alors je les ai tous rencontrés."

Il grogna mais il n'avait pas l'air mécontent.

"Mais oui papa, ils m'ont prêté leurs crayons et ont même partagé leur dessert avec moi," plaisantai-je.

"Toujours cette langue..." marmonna-t-il.

"Tu devrais le savoir c'est toi qui me l'a donnée," répliquai-je.

Il rit et je l'imaginai secouant la tête. Ensuite il tortillerait sa moustache à nouveau. C'était toujours étrange de la voir sur son visage alors qu'il n'en avait pas eu pendant toute sa vie. Ça plaisait à maman et je suppose que c'était suffisant pour lui.

"Ton frère n'a jamais eu autant d'audace," me rappela-t-il.

"C'est parce que Will est plus gentil que moi," dis-je. "Je pensais que c'était un fait établi."

"Bon je ne vais pas discuter de ça avec toi, c'est sûr," ronchonna-t-il. "Pourquoi ne peux-tu pas être gentille avec moi? Je suis un vieil homme, tu sais?" Il plaisantait.

"Papa pour un vieil homme tu fais beaucoup de choses," lui rappelai-je. "Maman m'a raconté que tu es allé à la pêche et n'est pas rentré avant dix heures du soir, trempé et misérable et tout froid." Je soupirai. "Tu vas attraper une pneumonie et être hospitalisé et je sais que tu seras le plus mauvais patient du monde, alors je préfèrerai que tu restes en bonne santé en faisant attention à toi, d'accord?"

"Quoi? Tu crois vraiment qu'une petite pluie va me rendre malade, petite fille?" Il semblait froissé et il venait juste de s'appeler lui-même vieil homme. Vieil homme! C'est ça!

"Je pense que tu devrais faire attention à toi," dis-je. "C'est tout. Je m'inquiète c'est tout."

"Il me semble que je devrais être le seul à m'inquiéter ici," me gronda-t-il. "Tu as assez de choses à penser pour toi-même."

"Les garçons vont bien," dis-je. "Tu sais bien que je deviens folle s'ils ne sont pas près de moi."

"Et comment c'est d'avoir ce gars... Cullen près de toi?" Il lâcha la question en un éclair. Bon sang. C'était une bonne question. Maintenant il jouait au bon policier et au vilain policier.

Je pris un air renfrogné au téléphone. "Ça va papa. Je l'apprécie." Et tout à coup j'avais seize ans à nouveau.

"Je pense qu'il t'apprécie beaucoup aussi, chérie."

Je restai silencieuse un instant. "Je n'aurais jamais cru pouvoir ressentir ça de nouveau. Je ... Je ne m'y attendais pas... Je ne l'attendais pas lui."

"Tu n'attendais pas Mac non plus mais ça s'est bien passé non?"

Je soupirai. "Oui, oui." C'était vrai. Mac et moi avions eu un bon mariage, pas parfait car les mariages ne le sont jamais - mais c'était réel et les émotions qui nous liaient étaient profondes et durables. J'aimerai toujours Mac. Mais cela n'empêchait pas mes sentiments de grandir pour Edward.

"Alors je pense que tu peux faire confiance à ton jugement, petite fille," dit-il doucement. "Tu as toujours eu la tête sur les épaules. Toujours. Même quand tu étais petite tu savais ce que tu voulais et tu essayais de l'obtenir. Tu n'as jamais laissé personne s'interposer et je suppose que tu ne vas pas commencer à présent.

"Il n'y a personne sur mon chemin, papa," lui rappelai-je.

"Juste toi," répondit-il. "Mais si tu le veux... si tu le veux lui, alors il faut que tu te lances." C'était tellement rare d'entendre mon père parler comme ça que j'en restais sans voix.

"Je suppose... Je suppose que je devrais me sentir coupable, papa. Et quelquefois c'est le cas." Je soupirai. "Mais ça n'a pas de sens."

"Si bien sûr," m'assura-t-il. "Laisse-moi juste de dire quelques choses. " Oh oh le slogan de Charlie Swan. "Premièrement tu as aimé Mac et tu as été une bonne épouse autant que lui a été un bon époux pour toi. Tu l'as suivi partout dans tout le pays sans te plaindre, tu lui as donné une grande famille et tu l'aimais de tout ton cœur."

"Il faisait la même chose pour moi papa."

"Je sais qu'il le faisait et toute la question est là, petite fille."

"Je ne comprends pas où tu veux en venir papa."

"Crois-tu vraiment que Mac aurait voulu que tu restes misérable et seule pour le restant des jours? Ne crois-tu pas qu'il t'aimait plus que ça?"

Je déglutis difficilement.

"Il m'aimait papa." Je balayai la larme qui m'avait échappée. "Je le sais. Il voulait que je sois heureuse. Je le sais aussi. Et je veux être heureuse à nouveau. Je le veux plus que tout, depuis très longtemps. Mais je ne veux pas l'oublier papa. Je ne veux pas que les garçons l'oublient."

"Est-ce que ce jeune homme a dit ou fait quelque chose qui aurait pu te montrer qu'il était mal à l'aise concernant Mac?" demanda-t-il. Ça aurait dû me faire rire la façon dont il persistait à appeler Edward un jeune homme. Je savais qu'il l'avait appelé mon garçon aussi. Ouais probablement et face à lui en plus.

"Non papa, il est beaucoup plus compréhensif que ce à quoi je suis en droit de m'attendre." Et c'était vrai, incroyablement et indéniablement vrai.

"Bon, petite fille, il semblerait que tu aies mis la main sur un homme qui veuille faire partie de ta vie ainsi que de celle des garçons, et qu'il t'aime assez pour vous accepter tous - ainsi que Mac."

"Oui c'est vrai, il le fait papa."

Il soupira. "Ta mère et moi viendrons bientôt et je veux m'assoir pour discuter avec toi, chérie. Je voudrais te rapporter la conversation que j'aie eue avec Mac... avant qu'il parte."

"Papa?"

"Je veux juste m'assoir et te parler de vive voix, chérie. Laisse-moi faire ça. Je suis ton père et je vais me servir de mes droits pour reporter cette conversation quand nous serons ensemble. D'accord?"

Je soupirai. Je tenais mon entêtement de mon père alors je savais que je ne le ferai pas changer d'avis. "D'accord papa."

"Mais je t'aime, Bells, et je te fais confiance. Tu ne me décevras jamais. Pas une seule fois. Tu es plus forte et plus intelligente que nous étions en droit de l'attendre. Alors écoute juste ton cœur petite fille."

"Je t'aime papa."

"Je t'aime aussi," il fit une pause. "Beaucoup."

"On se voit bientôt alors, d'accord?"

"Dis aux garçons que nous les aimons aussi." Long silence. "Et dis à ce jeune homme que nous serons heureux de lui parler."

Je ris. "D'accord, je dirai à ce jeune homme que tu as été ravi de lui faire peur."

"Je lui ai fait peur, hein?" Il paraissait un peu trop content de lui même.

"Je vais raccrocher maintenant, papa."

"D'accord," dit-il en riant. "Mais c'est vraiment bon de savoir que j'ai réussi ce que je voulais faire."


La prochaine fois ce sera une conversation entre Charlie et Renée...

Bonne journée!