Chapitre 26.
Perdus dans des Mers de souffrances.
Sébastian et Angelika furent affublés de vieilles chemises de toile et de pantalons élimés et usés et emmenés dans les profondeurs cachées du manoir Phantomhive. Sébastian avait souvent été dans la cave, qui descendait bien bas, mais il ne se serait jamais douté que la demeure plongeait si bas. Elle dévalait sur des kilomètres d'escaliers en colimaçon de pierres noires. Des torches enflammées suivaient la chute des marches et éclairaient de leurs faibles lueurs les lugubres souterrains. De lourdes chaînes d'un métal noir les longeaient en leur centre sur toute la longueur. Et tout au fond, il y avait un lac noir qui coulait sous les fondations du manoir.
À chaque étage se trouvait différentes sortes de salles. Des salles de cérémonies, des réserves de sang et d'armes, des salles de tortures ou encore des cachots. Ce fut dans deux de ceux-là qu'on enferma le couple. Elles étaient d'aspect miteux et désolant. De la vieille paille nauséabonde couvrait le plancher, des toiles d'araignées couvraient le plafond et les étroites fenêtres à gros barreaux de métal laissaient les courants d'air entrer.
Les portes grillagées se refermèrent sur Undertaker qui les salua d'un signe de la main. Les cellules de la jeune vampire et du jeune démon étaient séparées par une grille de larges barres de métal rongée par la corrosion. Ils se rapprochèrent l'un de l'autre et nouèrent leurs doigts au travers des barreaux.
- Oh Angelika…pardonnes-moi. Je t'ai condamnée…
- Non, l'interrompit-elle doucement. Tu as fait de moi une femme comblée…Je t'aime tant Sébastian. Et sois sûr que je ne te reproche rien. J'ai fait moi-même mes choix.
- Mais à cause de moi, tu as perdu ta liberté.
- Chuuuut, fit-elle en lui caressant le visage du bout des doigts. Tais-toi, tu dis des bêtises.
Sébastian ne put que se cogner légèrement la tête contre la grille, le regard bas.
. . .
Angelika et Sébastian, s'étant endormie, main dans la main, furent brusquement réveillée le lendemain par le tapage tonitruant de quelqu'un tapant à la porte.
Ils se redressèrent rapidement et fixèrent Vincent de l'autre bord du grillage.
- J'ai à présent pris ma décision vous concernant…
Les deux plus jeunes immortels essayèrent de ne rien laisser paraître, mais les légers tremblements de leurs membres les abusèrent.
- Toi Sébastian…comme tu n'es pas directement sous ma responsabilité, mais que tu demeures sous mon toit, je te condamne à quarante coups de fouet.
Angelika ne se domina pas et laissa s'échapper un cri de détresse.
- Quant à toi, petite traîtresse, tu as non seulement trompé ton père, mais tu as aussi trompé ta famille et notre noble race. Alors, Angelika Phantomhive, je n'ai d'autre choix que de te condamné…à mort par le feu.
- Non! Vous n'oseriez pas! C'est votre fille!
- Emmenez-les, l'ignora Vincent.
Tanaka attrapa Angelika et Undertaker fit de même avec Sébastian qui était trop abattu pour se débattre.
Les deux employés les conduisirent dans une des salles des soubassements qu'ils avaient croisées. Il s'agissait d'une grande pièce circulaire ne marbre gris terne dont des colonnes de même matières en faisaient le tour. Un poteau d'environ 2m75 se dressait au centre et deux bracelets de fers étaient attachés à son sommet. Deux autres étaient fixés au sol à 3-4 mètres du poteau par des chaînes. On attacha Angelika au mât et Sébastian fut agenouillé devant elle avec les menottes aux poignets.
Tanaka alla prendre ensuite un long objet souple et alla derrière Sébastian. Quelques secondes plus tard, le fouet claqua et Sébastian poussa une longue plainte douloureuse.
- NON!, s'exclama Angelika. Arrêtez! Laissez-le!
Mais personne ne l'écouta et Tanaka continua sans le vouloir le traitement punitif de Sébastian. Vincent et les deux servantes qu'il avait emmenées, Alma et Sacha, regardaient la scène sans un mot. Les seuls sons étaient le claquement du fouet et les cris de Sébastian.
À quarante, le fouet dégoulinait de sang vermillon et le dos du pauvre Sébastian était tout déchiré. Il s'effondra sur le ventre. Angelika n'avait pu crier encore et les larmes lui coulaient sur les joues.
Vincent fit à peine un signe de tête qu'Undertaker se mit à entasser deux fagots de bois sec autour du mât et fit couler une traînée d'ammoniac sur le sol à une bonne distance des fagots. Le comte ordonna ensuite à Alma d'en allumer le bout.
Cette dernière alla le faire, mais se ravisa à la dernière seconde.
- Pardonnez-moi maître, mais je ne peux.
- Tsss! Sacha, fais-le!
La malheureuse voulu protester, mais le regard blanc du comte la força à s'exécuter. Elle prit le briquet des mains tremblantes d'Alma et s'agenouilla devant la traînée de liquide inflammable.
- Je suis désolée mademoiselle. Ne m'en veuillez pas, par pitié, dit-elle en sanglotant.
- Je ne t'en veux pas Sacha. Tu ne fais qu'exécuter les ordres.
Sacha serra les dents et mit la flammèche contre le liquide qui aussitôt prit feu et commença doucement à ce consumer.
- Venez, tout le monde, ordonna Vincent en se dirigeant vers la sortie, suivi des autres. Undertaker alla vers sa chambre, Tanaka et les deux bonnes vers les cuisines et Vincent dans une autre pièce.
Sébastian se hissa difficilement sur les cuisses tant son dos le gênait et vit avec effroi la flamme se rapprocher de sa bien-aimée, et celle-ci qui la fixait effrayée.
- Non!...Angelika regarde-moi!...REGARDE-MOI! (Elle le fit)…Je t'aime ma chérie.
- Je t'aime aussi mon amour…Je sais bien ce qui va se passer, alors détourne tes yeux. Je ne veux pas que tu vois ça.
La flamme n'était à présent qu'à quatre centimètres du premier fagot.
- Adieu Sébastian…ne m'oublie pas.
Et tout s'enflamma. Le feu lécha d'abord les pieds, puis les jambes, le torse, et la tête et les bras. Sébastian écarquilla les yeux et poussa le plus grand cri de désespoir et de déchirements qu'il n'eut jamais poussé.
- NOOOONNNNNNN!...NOOONNNNNNN! ANGELIKAAAAA!
De la chambre principale, Rachel pleurait tout son soûl de la perte de son unique enfant. Et de celle d'Angelika, Vincent écoutait les hurlements de Sébastian tout en retenant ses larmes accroché à un des piliers du baldaquin du lit.
