The harder they fall de LadyExcalibur2010
Le coup de téléphone de Bella au major Hutchinson au tout début de la fic
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Les six grades de Charlie Swan
J'étais nerveuse. Je pouvais l'admettre. Je me sentais un peu coupable. Ce n'était généralement pas une bonne idée d'appeler un commandant pour quelque raison que ce soit. Je ne connaissais pas Edward Cullen et je ne voulais pas lui causer de problèmes. Mais cet homme allait rester seul avec mon fils et il fallait que je m'assure qu'Emmett soit entre de bonnes mains. Il n'y avait aucune chance que je laisse un étranger même s'il ressemblait à un dieu grec et sentait comme le paradis prendre mon fils toute la journée sans avoir aucune idée de quel genre d'homme il était.
Monsieur Cullen et sa voix douce, sexy et rauque avait été assez aimable pour me donner le numéro de téléphone de son supérieur. Ça rendait les choses plus faciles mais je serai bien arrivée à trouver cette information d'une façon ou d'une autre. Une vie entière à me débrouiller avec les militaires m'avait laissée bien équipée pour trouver les informations que je voulais ainsi que les tenants et les aboutissants. Je savais comment naviguer en eaux troubles.
Il était tard mais j'étais déterminée. Ça ne me prit que trois coups de fil pour avoir l'homme en personne. Ça m'aidait toujours de connaitre des gens dans l'armée. C'était un genre de mafia - on n'en partait jamais vraiment.
"Ici Hutchinson." Je me détendis me sentant à l'aise avec le ton cassant de l'homme à qui je voulais parler.
"Major Hutchinson?" demandai-je poliment.
"C'est moi," il répondit d'une voix plus douce. C'était une autre des choses sur laquelle je comptais - les militaires était très polis avec les femmes la plupart du temps surtout les plus âgés. La galanterie n'était pas morte pour eux et il le montraient. Je n'allais pas en profiter outre mesure.
"Oui monsieur," commençai-je. "Bon ça peut vous paraitre étrange mais mon fils Emmett..." Je soupirai et décidai de jouer franc jeu. " Bon en fait mon mari est mort en Irak il y a deux ans et notre fils aîné a quelques difficultés avec ça."
"Je suis désolé d'entendre ça madame, " dit-il poliment même s'il se demandait encore pourquoi je l'appelais.
"Merci monsieur," répondis-je. "Il a fait quelque chose qu'il n'aurait pas dû - en fait il a cassé le pare-brise du sergent-major Cullen et M. Cullen a été assez gentil pour proposer à Emmett de travailler pour lui pour le rembourser."
"Ah je vois," dit le major Hutchinson. "Oui ça ressemble bien au sergent-major Cullen."
Je poussai un soupir de soulagement. "Alors il est sous vos ordres?" Bon ça devrait marcher comme ça.
"Oui madame il l'est," me rassura-t-il. "C'est un bon soldat. Il travaille avec les jeunes soldats tout le temps, madame, il les entraine et les maintient en forme, il s'occupera bien de votre fils."
"Merci," dis-je. "Mon père est dans l'armée et il m'a dit que je devrais juste vous appeler pour me sentir mieux. Je déteste vraiment vous ennuyer mais c'est mon fils et ..." Il rit un peu.
"Vous vouliez vérifier," dit le major. "Ma femme aurait fait la même chose."
"Oui vous savez comment c'est," lui dis-je.
"Oui madame. Je sais. Ça fait longtemps que je suis dans l'armée et quelquefois les garçons font des bêtises. Ça ne signifie pas qu'ils ne sont pas de bons garçons, il faut juste les reprendre en main."
"Oui monsieur," dis-je. Et j'essaie. Oh mon Dieu. J'essaie vraiment.
"Est-ce que votre père vit dans le coin, madame?" demanda-t-il. "Ne pourrait-il pas s'occuper de votre fils un moment?" Ça se faisait comme ça d'habitude je suppose. Tout le monde voulait aider à arranger le problème. On aurait dit que je parlais à mon père.
"Non pas actuellement," répondis-je. "Après... après que mon mari soit mort nous avons déménagé de Fort Hood à ici. Mes parents sont à la retraite et j'ai voulu avancer et nous nous sommes installés ici..." Avais-je pris la bonne décision? Je commençai à me le demander. A ce moment-là ça m'avait parut plus important de partir loin de tout ce qui me rappelait Mac.
"Ah oui je comprends." Et ensuite il y eut un petit rire de l'autre côté de la ligne. "Je sais, c'est assez improbable mais je me demandais si j'avais rencontré votre père. Nous avons été à beaucoup d'endroits et on ne sait jamais."
Je ris parce que c'était un jeu que je connaissais bien. Je l'avais appelé les six grades de Charlie Swan. Nous aussi avions été partout dans le pays et c'était toujours curieux de se rendre compte que toujours quelqu'un connaissait quelqu'un qui connaissait mon père. "Son nom est Charles Swan, monsieur. Il était dans la police militaire."
Il y eut un long moment de silence de l'autre côté. "Sans blague?" Le major semblait choqué. "Ça c'est une excellente surprise." J'entendis un rire. "Votre père ne reconnaitrait pas mon nom mais si vous lui demandez s'il se souvient d'un incident à Fort Riley, il avait raccompagné un lieutenant chez lui. Il peut s'en souvenir parce que ma femme lui avait offert le café et le meilleur quatre-quarts qui soit.
Je ris. "Je lui demanderai monsieur. Je le ferai. Et merci pour m'avoir accordé de votre temps. Je me sens mieux maintenant au sujet du sergent-major Cullen et d'Emmett pour demain."
"Il fera attention à votre fils je peux vous l'assurer. Il est solide et on peut s'y fier. Je lui ferai confiance si je devais le laisser avec mes petits enfants et ça c'est la meilleure recommandation que je puisse faire."
J'ignorai le battement de mon cœur en entendant le compliment. Je me dis que j'étais heureuse de ne plus avoir à me soucier de ça. Ce n'est pas le fait d'apprendre que le sergent-major pourrait en fait être un homme bon... Non... Ce n'était pas ça du tout.
"Je vous remercie monsieur et je vous souhaite une bonne soirée."
OOO
Lorsque le major Barty Hutchinson raccrocha, il fixa le téléphone pendant un moment. Il était toujours étonné de voir une fois de plus que le monde était petit et que tous les actes qu'ils soient bons ou mauvais avaient une répercussion sur votre vie. Sa femme était à la porte de son bureau. "Tout va bien?" demanda Carolyn. Comme d'habitude elle pouvait deviner son humeur d'un seul coup d'œil.
"Ouais," répondit-il en frottant son visage. "Des souvenirs."
Elle s'approcha et s'assit sur ses genoux. Ça faisait un long moment qu'ils étaient mariés mais il aimait toujours sa chaleur près de lui. Il était tranquille comme d'habitude, Carolyn s'assit là et ils partagèrent son silence. Il parlerait quand il serait prêt.
"A quoi penses-tu?" dit-elle enfin, lorsqu'il soupira bruyamment.
Il répondit honnêtement. "Je pensai à John."
Carolyn sourit tristement. John avait été leur seul fils. L'aîné. Clarissa était née quand John avait cinq ans. Andrea était arrivée deux ans plus tard. Ils avaient été la parfaite famille américaine sans aucune raison de penser que ça changerait un jour. Il ne savaient pas que John était allergique aux abeilles. C'était au mois d'août et à la tombée de la nuit John qui avait douze ans était parti. Ils avaient eu leurs enfants tôt et rien ne les avait préparés à la douleur de perdre un enfant.
Repoussant ces souvenirs, Carolyn remit les cheveux, rares, de Barty en place. "Et qu'est-ce qui t'a rappelé ça?" Ils n'en parlaient pas souvent. Deux décennies avaient estompé leur douleur mais pas leur perte.
Barty soupira et secoua la tête. "Tu ne le croiras même pas si je te le disais."
"Essaie toujours!"
Il la regarda. "Est-ce que tu te souviens de l'hiver après la mort de John?" Bien sûr qu'elle se souvenait. Comment aurait-elle pu oublier? Elle hocha la tête. "Souviens-toi la fois où j'avais tellement bu que la police militaire m'avait ramené à la maison? Et au lieu de m'enfermer il m'avait juste dit d'aller dormir? Même si j'avais fait n'importe quoi dans ce bar et avait même commencé à me bagarrer..." Barty secoua la tête à nouveau. C'était une époque très sombre de sa vie. Pas à cause de John mais parce qu'il avait presque perdu Carolyn et ses filles tandis qu'il culpabilisait. Cette nuit là il avait appris à gérer la mort de John. Ils avaient tous passé un étape ce soir là.
"Swan," chuchota Carolyn. "Je me rappelle du nom parce que ça me paraissait si ... féminin," elle sourit. " Et il ne l'était pas vraiment, féminin."
"Charlie Swan," murmura Barty. Il se souvenait. Il l'avait remercié quelques jours plus tard, redevenu sobre et désolé pour les problèmes qu'il avait provoqués. Charlie Swan lui avait dit combien il était triste pour la perte de leur fils. Il n'avait plus reparlé à Charlie depuis mais il le voyait sur la base. Ils se saluaient de temps en temps. Ils n'avaient pas besoin d'en dire davantage.
"Oui, c'était ça, Charlie Swan,"
"Eh bien ce coup de fil, c'était sa fille," dit-il à sa femme.
"J'espère que tout va bien," dit-elle sans sembler surprise de cette coïncidence. Elle devait être habituée à ce genre de choses.
"Non ça va, enfin à peu près je pense." Carolyn le regarda pour qu'il s'explique mieux. "Son fils a cassé un pare-brise et on lui a donné une chance de réparer les dommages. Ce pare-brise appartenait à l'un de mes hommes, le sergent-major Cullen et elle voulait s'assurer qu'on pouvait lui faire assez confiance pour lui laisser son fils."
"On n'est jamais trop prudent c'est vrai," convint -elle. Ensuite elle fronça les sourcils. "Est-ce que ce garçon est un fauteur de troubles?"
"Non je ne pense pas," dit-il. "Son père est mort à la guerre. Et ça doit être difficile pour lui." Ils étaient silencieux tous les deux, habitués au chemin sinueux qu'il fallait emprunter à cause du chagrin. "Je pense que Cullen sera une bonne chose pour lui. C'est un homme bon... un bon soldat. Il est juste tout ce que le garçon a besoin en ce moment. Il va le remettre dans le droit chemin." Pour Barty rien n'était plus satisfaisant que d'aider un jeune garçon...
Carolyn sourit. "Tu ne penses pas que...?"
"Que quoi?"
Un jour qu'elle rendait visite à son mari, Carolyn avait aperçu le sergent-major. Elle était mariée mais pas aveugle. Edward Cullen était un très bel homme. Si ses deux filles n'étaient pas heureusement mariées elle aurait bien essayé de les lui présenter mais Barty n'aurait sûrement pas apprécié. "Tu ne penses pas que quelque chose pourrait se passer entre ton Cullen et la fille de Charlie Swan?"
Il ricana. "Difficilement," dit-il. Cullen est un célibataire endurci. "Des rendez-vous mais c'est tout. Il est un héros pour les jeunes hommes en quelque sorte; ils pensent qu'il a une sorte de secret pour attirer les femmes." Barty roula des yeux. Bien sûr il l'admettait il n'avait jamais eu aucune indication que Cullen voyait quelqu'un, même pas un coup de téléphone au travail. En vieillissant les hommes réfléchissaient et peut-être que Cullen avait décidé de se calmer un peu. Ça arrivait même aux plus impétueux. N'en avait-il pas été lui-même le parfait exemple?
Elle sourit et l'embrassa sur le front. Elle le faisait souvent quand elle pensait avoir raison et lui tort. "Nous verrons," murmura-t-elle.
Barty secoua la tête et l'embrassa sur la joue. "Tu es si romantique Carolyn Hutchinson."
Elle pinça les lèvres et acquiesça. "Je parie sur la vie - et l'amour - tout le temps."
"Tu te trompes," lui dit-il catégoriquement. "Il va aider le garçon pour qu'il lui rembourse la réparation et c'est tout."
Carolyn sourit et quitta les genoux de Barty. Elle fredonna un petit air en retournant à la cuisine pour sortir les assiettes. Elle avait juste ce pressentiment...
Nous retrouverons Carolyn et Barty dans la fic principale...
Le prochain outtake sera juste une petite histoire concernant Carlisle et Esmée...
