Chapitre 28.

Avoir Aimé et Perdu depuis Toujours.

L'éclatante lumière de la surface fit plisser les yeux de Sébastian. Ce dernier venait de remonter des fondements de Phantomhive. Il avait recouvré son apparence humaine, avait enfilé un long manteau de cuir ébène qu'il avait trouvé et avait accroché le collier de corbeau à son propre cou. Même après la mort de Vincent, la maison ne respira pas et semblait sans vie sans Angelika.

L'entrée des fondements donnait sur un des salons. Le bruit de la porte cachée résonna et une personne pénétra dans le salon. Sébastian reconnu Rachel. La mère d'Angelika affichait une mine fatiguée, des cernes profondes marquaient ses yeux et ses joues étaient tirées comme si elle avait beaucoup pleuré.

- Sébastian!? Comment se fait-il que tu…Où est Vincent?

Le seul regard dur du jeune démon suffit à ce que Rachel comprenne. Cependant, elle ne rechuta pas en pleurs et ne fit que baisser les yeux.

- Je m'en doutais un peu, chuchota-t-elle. Je le savais depuis longtemps que mon mari t'avait toujours haït que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne cherche à te faire taire…Je suis sincèrement désolée pour tout ce que tu as enduré Sébastian. Je te demande pardon.

Rachel plaqua immédiatement sa main sur sa bouche pour stopper ses larmes. Sébastian voulu dire quelque chose, mais il n'avait plus de mot. Il la prit alors dans ses bras.

- Moi aussi, je suis à blâmer. C'est de ma faute si Angelika est…morte.

Il eut toutes les peines du monde à prononcer le dernier mot.

Après un moment, Sébastian se sépara de Rachel, la prit par les épaules et lui dit en la regardant dans les yeux…Ses yeux si semblables à ceux d'Angelika.

- Je dois partir, Mme. Rachel. Un travail des plus importants m'attend. Mais je vous promets de revenir dès qu'il sera accompli. Vous avez ma parole.

Sébastian s'éloigna vers la porte, mais avant qu'il n'ait eu la chance de tourner la poignée, Rachel la rappela.

- Sébastian! Attends!

L'interpellé se retourna et vit Rachel lui tendre une enveloppe cachetée à la cire d'un vermeil aussi incarnat que ses yeux.

- Avant que tu ne partes, je veux que tu prennes en considération ceci.

Sébastian fronça les sourcils d'un millimètre et prit l'enveloppe. Elle contenait une lettre sur une feuille blanche de neige écrite à l'encre verte foncée. Sébastian afficha un air pétrifié en la lisant.

Mon très cher Sébastian,

Si tu lis ces lignes aujourd'hui, cela veut dire que je suis passée de l'autre côté – et que mon père doit l'être également.

Je t'adresse ces mots par l'intermédiaire de cette lettre pour que tu saches que tu as été la plus belle chose qui me soit jamais arrivée dans ma trop courte vie. Je n'ai jamais regretté aucun des moments que nous avons passés ensemble, même si je te le fesait croire. Si je t'ai chagriné, je m'en excuse. Mais il y a bien une chose qui me contrarie, c'est de ne pas avoir eu davantage de temps avec toi. Comme j'aurais aimé pouvoir vivre une éternité à tes côtés. Pouvoir te peindre à jamais. Si seulement le destin avait été plus clément à notre égard.

Je n'en avais peut-être pas l'air, mais je veux que tu sois au courant, je suis tombée amoureuse de toi dès que je t'ai vu dans le bureau de mon sot de père il y a quelques mois. J'avais été incroyablement et agréablement surprise de voir quel bel homme fort et grand tu étais devenu après toutes ces années. Tes sourires illuminaient mes sombres journées. Tes gentillesses m'allégeaient d'un lourd fardeau. Crois bien que si j'en avais eu la possibilité, j'aurais tout abandonné pour vivre ma vie avec toi. Hélas, mon père a toujours été de nature bornée et ne m'en aurait jamais laissé le pouvoir.

Tout ça pour te dire que toi, Sébastian Michaelis, je t'ai mais, t'aime et t'aimerai toujours. Toi, mon seul, mon unique, mon grand amour.

Tendresse.

Angelika.

Sébastian éclata en sanglots à genoux sur le tapis. Il serrait si fort la feuille qu'elle s'en chiffonna. Les larmes coulant de ses yeux écarlate dégoulinèrent sur la lettre, humidifiant les mots d'encre chargés de l'amour de sa bien-aimée. Rachel s'accroupit près de lui et lui posa une main réconfortant sur l'épaule.

- Ma fille chérie me la confié juste avant que mon mari n'ordonne qu'on vous emmène dans son bureau. Elle m'avait demandé de te la remettre si tu revenais vivant des soubassements. Elle tenait tant à te le dire.

Flash-Back.

Et Vincent claqua la porte derrière lui, tremblant sur ses gonds. La malheureuse Angelika était restée parfaitement immobile durant la tirade de son père. Elle ne bougea pas plus une fois ce dernier quitta la pièce, trop choquée pour.

Après avoir récupéré sa mobilité, Angelika se précipita sur son bureau, attrapa une plume et une feuille de papier et commença à écrire. Connaissant son père, elle était sûre qu'il préparait quelque chose qui allait les séparer à jamais, elle et Sébastian.

Elle coucha sur papier tous ce qu'elle ressentait pour son bien-aimé. Elle s'appliqua à tout décrire au mieux.

Quand elle eut finit de sceller l'enveloppe, sa mère se précipita dans sa chambre et courut la serrer dans ses bras.

- Angelika! Oh ma chérie! Si tu savais ce que ton père prépare. Il a ordonné à ce qu'on arrête Sébastian et…Oh non! Il t'a mordue!

- Ça ne fait rien. Je m'angoisse principalement pour Sébastian…J'aurais besoin d'un service.

- Oui bien sûr! Demande-moi ce que tu veux.

Elle lui mit alors la lettre dans les mains.

- Je sais parfaitement que père va nous châtier et qu'un seul de nous deux pourras s'en sortir vivant…et je sais que c'est moi qui périrai pour mes fautes…Ne pleurez pas, mère. Mais je vous en prie, faîtes en sorte que cette missive parvienne à Sébastian si je meurs. C'est tout ce que je vous demande. Promettez-moi.

- Je te le promets, Angelika. Je lui transmettrai.

Angelika se jeta alors dans les bras de sa mère si chère à son cœur.

- Merci, mère. Merci mille fois. Je vous aime.

- Moi aussi.

Fin Flash-Back.

- Voilà, conclut Rachel. Tu sais tout à présent. Fais ce que tu veux à présent.

Sébastian ne dit rien et resta impassible comme il l'avait été durant tout le récit de Rachel. Finalement, il planta ses yeux dans le siens et n'ajouta que.

- J'ai à faire…Je veux venger ceux qui m'ont tout ravit.