CHAPITRE 16
Ma très chère Clarke,
Je ne m'offusque nullement de cette tournure et « Tu me manques » est aussi la première chose que j'aimerais t'écrire. C'est aussi la seule chose que je voulais t'entendre dire.
Je ne pardonne pas …car il n'y a rien à pardonner, rien à excuser. Tu es ce que tu es et c'est pour cela que … je t'aime… Oui j'ai eu du mal à te le dire mais je l'écris volontiers.
Je t'aime Clarke Griffin.
Ton absence m'est très difficile à supporter mais je suis libre alors je ne me plains pas et ne peux qu'imaginer le calvaire que tu dois vivre. Je ne chercherai pas à savoir les détails de ton affaire, je te crois sur parole quand tu me parles d'accident malheureux. Je te connais, je sais que tu n'es pas capable de faire le moindre mal volontairement. Tu serais même prête à aider le pire des salauds, tu serais prête à sauver des vies à n'importe quel prix.
Je t'interdis de penser, ne serait-ce qu'un instant, que je pourrai t'oublier. Comment peux-tu oser penser une telle chose ? Comment peux-tu croire que les mois passés avec toi n'ont pas compter pour moi ?
J'aimerai t'apporter mon soutien, j'aimerai t'apporter mon amour, j'aimerai te prendre dans mes bras, j'aimerai que tout cela soit un mauvais rêve dont je te sortirai avec l'odeur d'un bon café et j'aimerai passer la fin de l'été à tes côtés.
Je pense à toi nuit et jour, j'en délaisse à peu près tout le reste autour. Et s'il y a la moindre chose que je puisse faire pour toi, je la ferai, quoique ce soit. Et s'il y a la moindre chance de te revoir, je la saisirai, à n'importe quel prix
Je ne t'oublie pas, loin de là. Je te porte en moi et attend ton retour. Promets-moi de survivre à ton Enfer et de me retrouver dans notre Paradis.
Lexa.
P.S Je joint une photographie de nous, prise par Octavia le soir d'anniversaire de Lincoln, d'ailleurs, ils t'embrassent tous.
J'espère que ce souvenir te tirera un beau sourire Je t'aime.
CHAPITRE 17
Clarke lit et relit les mots à l'infini. Ses larmes ont fini par cesser de couler mais son cœur est toujours gonflé. Elle est comblée de joie et cela fut si rare ces derniers temps que la sensation en est presque douloureuse. Elle fouille dans l'enveloppe, elle en sort une photographie, de très bonne qualité papier, couleurs impeccables, rendu de l'ambiance feutré de la salle des arts, éclairé de lampes et de bougies, tout est parfait. Les larmes de Clarke resurgissent en un instant. Le sourire attendue à la vue de cette image vint enfin mais les larmes furent les premières.
Sur la photo, on y voit Clarke et Lexa, en tenue de soirée, toutes les deux sublimes, coupe de champagne à la main et sourire aux lèvres. Autour d'elles, des amis dansent, rient et trinquent, tous très élégant, comme pour un bal de promo, comme pour un nouvel an. Elles sont au centre, elles se fichent du décor, elles se regardent dans les yeux. Pour dire vrai, ce soir-là, elles n'avaient absolument pas remarqué Octavia emprunter l'appareil de Lexa et prendre quelques clichés en plus.
Clarke, après l'avoir longuement regardé, tend la photographie à Vause, toujours enlacé avec Chapman sur sa couchette, écouteurs dans les oreilles. Les deux femmes, discrètement observe la photo dans l'ambiance de la fin de journée. Ensemble, après un long moment à détailler les deux femmes qui se regardent amoureusement et « secrètement » sur le papier glacé, elles relèvent la tête et sans un mot mais des regards, elles félicitent Clarke. Elle disait vrai, sa compagne est sublime. D'autant plus cette soirée-là. Clarke lui avait parlé d'une jeune femme un peu sauvage, en tenue de trappeur, jean et pull, vivant avec des grands chiens dans un manoir perdu. Elle ne s'était pas imaginé un charme et une élégance telle. Vause taquine Clarke au passage, elle ne la connait qu'en pyjama orange ou kaki, t-shirt et sweat trop larges, alors elle est presque choquée et un peu séduite par la robe de soirée magnifique qu'elle porte sur la photo. Chapman ne se jalouse pas, au contraire elle en rajoute. Finalement elles rendent la photo à Clarke, qui la glisse précieusement dans la poche près de son cœur.
La nuit qui suit, Clarke s'agite dans ses draps. Elle rêve, elle cauchemarde, elle divague et tout se mélange encore dans son esprit. Elle n'est pas sûr de dormir profondément, car les bruits de la prison résonnent au loin, au milieu de ses songes.
Clarke s'éveille au beau milieu de son rêve, debout au beau milieu de la foule. Au beau milieu d'une citée en ruine où pourtant la vie s'agglutine et se reconstruit.
Elle est Clarke Griffin, elle le sait, elle descend des étoiles, elle est née là-haut, elle le sait. Elle est une aventurière, un leader, elle est une légende, elle le sait aussi mais elle ne sait plus pourquoi. Elle a, sur la poitrine, un poids énorme. Elle ne sait pas pourquoi elle est là.
Au travers des ruelles, on la traine. Elle sent les liens sur ses poignets, elle se débats, elle se libère. Puis un éclair. Une lumière brillante dans la foule, un éclat au milieu des badauds. Ces gens dans la foule qui commencent doucement à la regarder, à l'épier, à la confronter. On l'empêche d'avancer, elle force le passage. Elle remarque des visages qui lui semble familier, elle sent sur elle des regards qu'elle reconnait.
Elle s'en fiche, elle veut suivre la lumière alors que le ciel s'assombrit, comme une lueur qui s'éveillerai à l'aube de la nuit, la lumière s'intensifie. Dans la jungle de béton, de tôle et e bois où la foule se presse et s'empresse, elle progresse. Dans la marée humaine, la lueur, surnaturelle s'évade puis réapparait.
Clarke, de toute ses forces, suit cet éclat dans la mer d'automates qui étreignent la nuit comme on étreint un vieil amant, perdu depuis longtemps.
La lueur guide ses pas au pied d'une tour immense touchant presque les cieux. Semblable aux vestiges miraculeux d'une apocalypse depuis déjà longtemps passée, La Tour semble survivre à tous les périples. Autour on murmure, autour on la dévisage, mais elle brave le courant.
Mais quand enfin elle se rapproche assez, assez pour l'atteindre du bout des doigts, la lueur s'évapore. Clarke referme sa main sur du vide et étrangement le vide s'étend à son cœur. La douleur est telle qu'elle s'évanouie.
Clarke émerge difficilement de son songe. Elle se rappelle de mieux en mieux les tourments de son sommeil. Elle a le temps ici, de ne pas oublier, elle a le temps ici, de ressasser ses pensées. Elle choisit de chasser l'angoisse pour ne garder que l'espoir qui ressort de son rêve. Avant de partir rejoindre les autres à la cantine, elle attrape son petit cahier et griffonne quelques notes entre deux dessins déjà réalisés sur le papier.
Au milieu de l'après-midi, elle profite que les dortoirs soit quasiment vide, pour s'appliquer à écrire une réponse.
CHAPITRE 18
Ma très chère Lexa,
Mes larmes ont coulé et mon cœur à exploser de joie lorsque que j'ai reçu ta lettre et lu tes mots. Ici, les petits bonheurs sont rares et ta réponse fut pour moi, une immense joie. Je me raccroche à tes mots et je sauve ma peau.
Mon adorée, tout ce que tu pouvais faire, tu l'as déjà fait. Me dire que je te manque. Me dire que tu ne m'oubli pas. Me dire que tu m'aimes. C'est tout ce dont j'avais besoin. C'est tout ce qui me fallait pour pouvoir continuer.
Et puis ce doux souvenir sur papier glacé, c'est exactement comme ça que je veux penser à toi. Une trace de nous, dans nos plus beaux atouts. Tu étais si sublime ce soir-là, Lexa. Mon amour pour toi grandissait, je crois que cela était flagrant et tes amis ont été charmants. De plus je dois te remercier, certaines de mes camarades à qui j'ai parlé de toi, ne me crois pas. J'ai décrit ta beauté, elles m'ont dit que j'avais tout inventé. Cette photo souvenir leur prouverons que ton charme et ta beauté sont bien réels.
Il n'y a que les souvenirs de nous qui me font tenir le coup. J'avoue perdre la notion du temps ici, l'impression que le temps est contre moi, l'impression qu'il ralentit ses aiguilles pour que je passe plus de temps loin de toi.
Je vais tenir. Je dois tenir. Je veux te revoir. Je veux vivre avec toi, des milliers de vies, des milliers de nuits. Je veux te sentir de nouveau près de moi. Je veux te retrouver.
Avec ton mon amour, C.G.
CHAPITRE 19
Les jours passent dans la prison de Litchfield mais cette correspondance avec Lexa, avait donné un nouveau souffle, un nouvel élan à la détenue Griffin. Tant qu'elle entretenait de bonnes relations avec Morello elle serait sûr de pouvoir continuer à lui écrire.
Comme si plus rien n'avait d'importance du moment qu'elle recevait des lettres, elle n'avait pas bougé d'un poil quand une bagarre éclata tout près d'elle dans l'enclos de la cour elle n'avait rien dit quand, accidentellement, Boo lui envoya du ragout -ce qui était censé être du ragout- en pleine figure -elle visait en réalité Penntucky- elle n'avait pas bronché quand on lui avait piquer sa place dans la file des douches. Pendant 24 heures après réception, Clarke vivait comme sur un nuage. Un peu de répit dans ce monde de brute. Mais très vite la réalité la rattrape.
Un jour, l'entretien avec les avocats se passa mal. Une nouvelle bande de trois véreux avocats, employé par l'ex-conseil-général qui commandait la centrale, était arrivé, très confiant et avait pris Clarke de haut.
Très vite les insinuations sur la totale culpabilité de Mr Griffin dans l'explosion de la Centrale, mirent Clarke dans une rage folle. Elle se contient du mieux qu'elle peut et pendant de longues minutes mais quand l'avocat en chef, petit, malingre et chauve hausa la voix pour lui faire dire ce qu'elle ne tenait pas à dire -car cela aurait été un mensonge- elle craque. Elle saute de sa chaise, d'un bond elle passe par-dessus la table et chope l'avocat par le col pour le plaquer au mur derrière eux. Tout s'est passé si vite que l'avocat ne réagit pas et tremble de trouille, les deux autres, au lieu de l'aider, affiche tout leur courage et se reculent lentement de quelques pas.
« Ecoute moi, Maitre Je-ne-sais-plus-quoi, tu ne me feras pas dire que mon père à préméditer tout ça pendant des mois. Il a informé le comité de ses découvertes, il leur a demandé de tout arrêter, de diminuer le rythme des machines et ils n'ont rien fait. Mon père craignait que de plus gros dégâts encore ne se produisent. Et en aucun cas, il n'a collaboré avec la ligue des défenseurs de l'environnement. Il n'y ait pour rien dans le sabotage de la salle des machin… »
Elle ne finit pas sa phrase, les gardiens l'entrainent hors de la pièce, elle se débat. Ils avaient eu du mal à lui faire lâcher prise. L'animosité en elle s'était réveillé et l'avocat aura écopé de quelques bleues et d'une grosse peur -dont il ne se vantera surement pas.
Elle est emmenée avec force dans le bureau de son administrateur. Il est à l'autre bout de la prison alors on l'enferme dans cette pièce le temps qu'il arrive. Quand elle est sûr qu'on ne la regarde pas par les fentes des rideaux, elle jette un coup d'œil à la photo qu'elle garde, cachée contre sa peau. Elle se force à se calmer. Elle sait que si elle n'est pas calme avant que Montgomery arrive, il y a une chance pour qu'elle finisse au block et elle ne veut en aucun cas y retourner. Elle fait les cents pas dans le petit bureau pour évacuer la pression de son corps. Elle serre la photo contre elle. Elle la range vite au moindre bruit suspect dans le couloir.
Enfin Montgomery arrive, elle s'assoit quand il lui fait signe. Il la regarde et reste silencieux. Elle gigote sur son siège mais elle affiche un visage serein en ravalant sa colère. Elle joue la comédie, elle enrage encore contre ce petit avocat chauve, elle aurait aimé avoir un peu plus de temps avec lui et l'amocher un peu plus. Parfois elle ne se reconnait pas.
L'agent administratif-conseiller-psychologue – il a de nombreuses casquettes et beaucoup de travail, la fatigue se lit sur son visage – est tenté de faire la morale à la détenue Griffin, comme il le fait à toute ses détenues, mais il sait que Clarke est plus intelligente que ça. Elle est loin d'être comme la plupart des prisonnières, pauvres, malchanceuses, paumées, avec un gros manque d'éducation et souvent droguées ou abusées. L'agent Montgomery a, depuis plusieurs semaines déjà, jeté un coup d'approfondi au dossier de la détenue n°139. Clarke a des parents brillants, chirurgien et ingénieur elle a eu une enfance sans soucis, elle a fait de brillantes études secondaires et de nombreuses activité extra-scolaire, principalement en matière d'Art, puis Médecine à l'université. Elle a disparu avant sa troisième année, juste au moment des faits pour lesquels un Mr Collins à porter plainte, raisons de sa détention au sein de ses murs. Il y a quelque chose qui le chiffonne dans ce dossier mais il ne sait pas quoi.
Il sait qu'elle est quelqu'un de raisonnée mais que les conditions de détentions et l'affaire de la Centrale électrique – dont il a lu les détails, comme tout le monde, dans les journaux -, la bouleverse beaucoup. Il avait d'ailleurs été étonné qu'elle soit mêlée à la mort de la détenue Nia. Mais il avait compris ce jour-là, que la rage de vaincre et la capacité de survie de Griffin étaient immense et qu'il faudra avoir un œil sur elle. Intelligente, réfléchit, raisonnée et maligne. Influencé par ses sentiments premiers, influencée par son cœur qui lui dicte ses bonnes actions mais aussi soumis aux dures lois de la prison qui peuvent tout changer.
Il n'ose donc pas lui rappeler que ses gestes de violences ne résoudront rien. Les mots sortent de la bouche de la détenue elle-même. Il ne lui parle pas des conséquences terribles que pourraient avoir ces gestes, sur sa situation en prison ou encore sur l'affaire et la défense de son père. Les mots encore sortent de sa bouche. Clarke fait son repentir avec beaucoup de talent.
Il ne lui avoue pas qu'elle risque le block. Elle le sait, ça se lit dans son regard. Il va lui épargner ça, il ne sait pas trop pourquoi mais il n'a pas envie de la remettre au trou. Il avait vu l'état dans lequel elle en était sorti et la déco refaite de ses talents de dessinatrice sur les murs.
Au final il ne dit pas grand-chose, c'est Clarke qui trouve les mots pour s'expliquer et s'excuser. Elle fait semblant mais elle le fait bien. Sur elle a déteint les attitudes des condamnées et maintenant elle ment comme elle respire. Elle sent la dualité en elle, elle ne se reconnait pas dans ses nouvelles attitudes mais en même temps, elle sent l'adrénaline dans ses veines et elle aime ça. Elle ne voulait pas céder à ces instincts primitifs, la violence elle n'aimait pas ça, mais elle n'avait rien contrôlé et sa colère avait pris le dessus.
Montgomery laisse finalement sortir Clarke de son bureau. Elle croise une autre détenue, la tête basse qui rentre dans le bureau avec un gardien qui la tient fermement. Décidément Montgomery aura une dure journée.
Clarke s'échappe vite du couloir des bureaux des administrateurs, elle traverse pratiquement toute la prison et part se réfugier aux douches. Elle a besoin de se passer de l'eau fraiche sur le visage, elle a besoin de se calmer, l'altercation avec l'avocat et ce petit jeu avec Montgomery l'ont carrément mis sur les nerfs.
Une fois le visage rafraichit et les idées aussi, elle essuie les gouttes sur son menton avec son t-shirt blanc. Elle tente de se recoiffer mais c'est peine perdu. Elle enfile la capuche de son sweat gris et se garde dans le miroir flou en plexiglass. Elle entend des bruits, elle tend l'oreille et enlève sa capuche. Des gémissements ? Quelqu'un est là ? Quelqu'un a mal ?
Les sens de Clarke s'affolent, son passé d'étudiante en médecine, de stagiaire en ambulance et son âme de bon samaritain refont surface en une seconde. Elle s'approche et contourne le mur des lavabos. Les gémissements s'intensifient. Deux voix se mêlent. Clarke se fige. Elle rougit tout d'un coup. S'était-elle trompé ? Il n'y avait aucune douleur dans ses gémissements, plutôt du plaisir et de la passion. Elle ose avancer de quelques pas, poussée par la curiosité, elle passe de l'ombre à la lumière et elle les voit.
Le rideau de douche mal tiré, en plein milieu de la journée, Clarke aperçoit deux silhouettes enlacées dans une cabine de douche. Elle les reconnait. Nicky Nichols et Lorna Morello. Clarke détourne aussi tôt le regard et s'enfuit mais c'est trop tard. Cette scène très intime dont elle est témoin, réveille son instinct. Elle avait surpris Nichols agenouillé sur le carrelage des douches, seul sa chevelure était visible -mais reconnaissable- qui plaquait Morello contre la paroi et lui offrait tant de plaisir que celle-ci fermait les yeux et étouffait ses cris. Malgré elle, Clarke se sent excitée. Le manque se réveille comme une vague de chaleur.
Elle file dehors par la première sortie qu'elle trouve, elle contourne un bâtiment et rejoint le milieu de la cour pour respirer à l'air libre. Elle pense à Lexa. Elle lui manque à tel point que s'en ai douloureux. Son cœur se serre, sa gorge se noue mais la chaleur et l'envie reste figés en elle, figés au creux de ses reins. Elle s'efforce de chasser tous ses souvenirs charnels qui s'emmêlent dans sa tête. Plus elle essaie, plus elle échoue.
Elle les envie presque. Elle sent le manque en elle. Elle respire, elle se calme, elle retient certains souvenirs des nuits passées avec Lexa et chasse tout le reste.
Une main sur son épaule la sort de ses rêveries et lui coupe le souffle.
Une détenue -qu'elle avait remarqué deux-trois fois déjà, toujours discrète, semblant regarder le monde défilé autour d'elle s'en y prendre part – venait s'inquiéter de l'apparent état de panique de Clarke.
? : Hey Griffin ça va ? t'es toute rouge ?
GRIFFIN : Oh putain, tu m'as fait peur ! Oui ça va t'inquiètes !
? : Ok d'accord ! … Sûr ? parce que tu avais l'air paniqué en sortant.
GRIFFIN : Hm ouais… j'ai juste vu un truc que j'aurais préférée pas voir !
? : Il s'en passe pleins des choses qu'on veut pas voir, ici !
GRIFFIN : Oui c'est clair ! C'est quoi ton nom déjà ?
? : Détenue 185SM Mavy Stone, Stone. Enchanté.
Elle lui tend la main, Clarke hésite puis saisit sa main quand même. Elle l'observe quelques instants : jeune, apparence très jeune mais regard mature, jolie, très jolie même, cheveux court châtain, nuque rasé, yeux noisette légèrement dorés avec le soleil, uniforme brun et sweat gris, manches retroussées et tatouages apparents.
Son attitude est simple et détaché. Son regard est franc mais paradoxalement distant. Pendant une seconde Clarke se perd dans ce regard étrange mais elle se reprend très vite.
GRIFFIN : Tu n'imagines pas ce que j'ai vu ?
STONE : Vas y raconte !
GRIFFIN : Nichols et Morello, la junkie et la princesse, dans les douches…
STONE : non ?
GRIFFIN : siii !
STONE : Alors je ne te conseil pas d'aller dans la buanderie de la laverie.
GRIFFIN : Pourquoi ?
STONE : Vause et Chapman !
GRIFFIN : ok ! On peut aller où en toute sécurité dans cette prison ?
Elle rit mais très vite se tait. La jeune Mavy Stone la regarde soudain avec insistance, entre étonnement et attirance. Elle se rend compte que ses paroles portaient à confusions. Le « on » prêtait à confusion. Le regard de Stone n'est plus aussi distant qu'avant, il est même soudain perçant. Clarke secoue la tête pour échapper à ce regard. Toutes deux, étrangement un peu gêné, se séparent sans plus un mot et poursuivent leur balade dans la cour, chacune de leur côté, au milieu des autres détenues.
CHAPITRE 20
Si seulement le calvaire de Clarke pouvait s'arrêter là mais il va lui falloir encore un peu de courage. Le lendemain de l'altercation avec l'avocat, elle se réveille difficilement, elle loupe le passage des détenues préposées au linge sale, alors après le petit déjeuner, elle descend au sous-sol pour leur apporter, dans un baluchon, uniforme orange, t-shirts blancs, sous-vêtement et chaussettes en coton. Les premières machines du matin sont lancées, et il ne reste plus personne dans les locaux, les machines résonnent et le bruit est étourdissant. Clarke avance entre les énormes engins qui tremblent, elle aperçoit de la lumière dans un recoin.
Elle aurait dû s'annoncer mais elle ne le fit pas, elle crut trouver une détenue en train de repasser les draps mais non. Dans un recoin sombre, elle surprend Vause et Chapman, couchées dans un tas de draps au sol, enlacées et pratiquement nue.
Clarke se planque, elle colle le dos à une grande machine et sens sa puissance qui fait trembler son corps. Elle hésite un instant, encore une fois, elle est témoin d'une scène qui réveille en elle ses bas instincts. Elle va pour faire demi-tour puis finalement repasse la tête discrètement vers le recoin, repaire secret des rendez-vous charnel. Elle ne sait pas pourquoi mais c'est plus fort qu'elle, elle les regarde quelques instants. Elle distingue Vause en soutien-gorge allongé sur Chapman. Elle lui tient les poignets relevés au-dessus de la tête, elle l'embrasse dans le cou, elle glisse sa main dans le pantalon brun, tellement grand que s'en est presque trop facile. Piper se cambre, Piper se libère et enfoui ses mains dans les cheveux noirs d'Alex pour l'embrasser à pleine bouche. Clarke s'enfuit enfin.
Elle court hors de la laverie, elle croise la compère évangéliste de Penntucky qui bosse au sous-sol et lui balance son baluchon de linge. La jeune fille le récupère sans poser de questions. Cela aurait pu se passer plus mal mais Griffin avait éliminé Nia et Ontari de la prison ouverte et pour cela, on lui passait certaine chose, comme ce baluchon balancé sans plus d'attention dans la précipitation et l'indifférence.
Elle prend les escaliers deux à deux, elle file dans un couloir, elle n'a aucun but précis, elle veut juste s'enlever ces images de la tête. Elle pense qu'en marchant, elles s'atténuerons mais rien n'y fait. Et puis, à l'angle d'un couloir désert, elle heurte quelqu'un.
Navy Stone.
Le choc est violent car Clarke courrait presque. Stone et elle échoue dans les bras l'une de l'autre contre un mur. Clarke la reconnait et s'excuse immédiatement.
GRIFFIN : Wow désolé, je ne regardais pas où…
STONE : Pas grave.
Malgré ses excuses, Stone ne se pousse pas et reste collé à Clarke, elle-même collé au mur. Stone garde ses mains sur les hanches de la jolie blonde et plonge son regard dans le sien.
STONE : Qu'est-ce que tu fuis encore comme ça ?
GRIFFIN : tu m'avais dit d'éviter la laverie, je confirme, j'aurais dû éviter.
STONE : Quoi ? Ta copine de chambre avec la grande blonde encore ?
GRIFFIN : oui.
Même pendant la conversation, Stone ne bouge pas d'un centimètre, ou du moins pas un centimètre de recul. Elle s'appuie un peu plus contre Clarke et passe ses mains dans le bas de son dos. Facilement le t-shirt se soulève et elle sent le contact de sa peau. Clarke a un léger mouvement de recul, et un léger frisson qui lui atteint le haut de la nuque, mais elle ne peut rien faire et ses yeux ne la quitte pas. Les sentiments se mêlent, la proximité de cet autre être humain contre elle est enivrante. Leurs visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre, Stone humidifie ses lèvres et ne la lâche pas du regard. Pendant une seconde, Clarke s'absente, elle ne sait plus qui elle est ni ce qu'elle fait.
Bien sûr elle se reprend, elle échappe à l'étreinte de Stone qui ne la retient pas et poursuit son chemin. Elle chasse vite l'idée de ce qui aurait pu se passer, les intentions de Stone était visibles et elle s'y prenait bien. Alors Clarke se réfugie dans le dortoir. Elle fait le tour des boxes, il n'y a personne. Elle a le cœur qui bat encore à un rythme effréné, elle sent son pouls qui ne s'apaise pas. Elle ne s'apaise pas. Elle respire lentement mais là aussi, très vite sa respiration empire, elle est rongée de colère, elle est seule, elle est peinée mais elle est encore sous le coup des scènes érotiques dont elle a été témoin. Elle s'allonge dans son lit, elle se plie en deux puis s'étend. Elle tente de reprendre ses esprits mais elle craque, elle se sent plus perdu que jamais car elle lutte depuis le premier jour sans un seul vrai moment de répit.
Et puis ce sont les images de ces femmes qui s'aiment qui la hantent, elle pense immédiatement à Lexa. C'est elle qui lui manque, c'est elle qui lui faut mais elle est loin. Elle ferme les yeux et pose une main sur son regard pour se cacher du jour. Elle se mord la lèvre. Elle glisse son autre main sur son ventre, elle hésite puis elle poursuit. Elle glisse sa main dans son large pantalon brun de prisonnier, elle passe la barrière de son sous-vêtement, elle atteint son intimité. Elle hésite encore. Sa respiration se cadence, son pouls s'accélère et tout son corps lui ordonne de poursuivre. Mais dans sa tête tout défile, elle ne sait plus quelle pensée suivre, elle s'égare, mais elle se rattrape toujours aux yeux verts de sa compagne. A chaque fois, ce sont ces souvenirs d'elle qui la guide. Elle étouffe un gémissement. Elle s'agite. Elle ne pense plus à rien, juste à se satisfaire un minimum pour atténuer la souffrance. Même l'idée de se faire surprendre ne la gêne plus. Puis elle se fige, elle se recroqueville sur elle-même, elle a honte et pourtant tout son corps semble soulagé. Des larmes coulent sur sa joue. Elle ferme les yeux et reste là un temps indéfini jusqu'au repas du soir.
Elle part se coucher tôt alors que les autres sont encore en train de jouer, bavarder, ou comploter. Elle ne trouve pourtant pas le sommeil avant que toutes les lumières ne soient éteintes et que toutes les prisonnières ou presque ne soient endormis. Encore une fois, elle va faire un étrange rêve.
Clarke est plongé dans le noir, après un instant de panique, elle aperçoit des rais de lumières. Elle est dans une cage, une cage d'ascenseur en panne. Elle fait le point, elle se souvient de la ville en ruine, de la Tour survivante au beau milieu. Elle se souvient de la lueur qu'elle pourchassait. Elle se souvient de son incompréhensible envie de la suivre.
Clarke passe ses doigts dans les fentes de lumières et de toute ses forces oblige les portes à s'ouvrir. Elle sort de sa cage. Elle est dans un grand couloir aux murs tapissés et aux torches brulantes. Elle avance un peu au hasard. Les murs se prolonge, elle avance et pourtant n'en a pas l'impression.
Un instant, elle aperçoit la lueur au bout du couloir, elle court. La lueur s'enfuis par une lourde porte en bois sculptée. Elle l'ouvre et franchit le pas.
Elle pénètre dans une chambre au style sauvage post-apocalyptique mais royal, illuminé de milles et une chandelles. Elle avance dans la pénombre des flammes qui dansent, elle sursaute et hésite quand la porte derrière elle, se referme toute seule.
Et puis dans le reste de rayons de soleil qui apparait encore au travers des façades en arabesque, une silhouette s'avance...
Clarke ne bouge pas, Clarke semble ne plus être là. Elle comprend : La lueur est une femme. La Femme Commandant qu'elle avait vu sur la colline. La Femme aux larmes de sang noir. Mais elle ne ressemble en rien à une guerrière à cet instant.
Devant Clarke se dresse une jeune femme sublime, cheveux lâchés et tombant sur une épaule, visage sans peinture de guerre, corps dénudé d'armes et de bouclier.
Clarke la regarde, elle le sent dans sa chaire, elle le sens au fond de son âme, elle aime cette femme. Elle l'aime mais elle sent comme un frein, comme un obstacle qui pourrait se mettre entre elles à tout instant.
« Quoi dois tu partir ? »
Clarke sursaute au son de sa voix. Elle connait cette voix. Elle ne sait pas quoi répondre.
« Tout de suite » sont les mots qui sortent malgré elle de sa bouche. Elle lit le regret dans ses yeux. Elles se rapprochent, elles se parlent. Clarke n'entend pas tous les mots, elle ne peut que fixer les yeux extraordinaires de cette femme.
« C'est ton Peuple, tu dois y aller, je le comprends. C'est pour cela que je … c'est pour cela que tu es qui tu es »
« Peut-être qu'un jour, toi et moi, nous ne devrons plus rien à nos peuples » réponds Clarke sans vraiment savoir comment ni pourquoi les mots lui sont dictés.
« Peut-être, je l'espère… Puissions-nous nous retrouver ».
La guerrière, Heda, laisse place à la femme Lexa. Elle lui tend le bras, Clarke l'empoigne. La dernière de ses phrases résonne encore dans sa tête, elle sent une boule dans sa gorge, elle sent sa respiration se couper, elle sent ce regard torturé sur elle.
Elle n'hésite pas plus longtemps avant de de s'emparer de ses lèvres. Elle l'enlace, elle la rapproche d'elle le plus qu'elle peut. Elle sent Lexa répondre à son baiser et l'accentuer. Elle sent la passion s'exprimer. Clarke ressent soudain le poids de toute l'affection, de tout l'amour qu'elle porte à cette jeune femme. Elle sent enfin le vide se combler. Elle sent enfin le but approcher. Elle se sent investie d'une mission, elle se sent investie d'un amour infini qu'il faut à tout prix partager.
Leur baiser est sauvage, leur étreinte est violente. Les tissus craquent, la peau se dénude. Le poids du temps qu'il leur a fallu pour enfin s'avouer que l'une ne respire pas sans l'autre, s'abat ce soir. Et comme pour les récompenser, le temps ralentit son court.
Dans des étreintes passionnées, leurs lèvres et leurs corps se découvrent totalement.
Leur amour s'enflamme à la lueur des bougies et sous les draps les rêves les plus intimes se réalisent.
Le poids sur leur cœur s'envole alors qu'elles s'étendent, épuisées, l'une contre l'autre.
La nuit est tombée et le temps ne semble plus s'écouler.
Clarke s'endors ou s'évanouie.
Clarke se réveille un peu confuse, elle est en sueur mais ce rêve-là n'était pas un cauchemar, loin de là. Elle s'en souvient dans les moindres détails. Elle rougit presque.
Au petit-déjeuner, elle reste le regard et la cuillère planté dans son bol de céréales ramollis. Ses amies la laissent tranquille, toutes savent qu'ici, il y a des jours avec et des jours sans. Clarke a la délicatesse de ne pas leur faire remarquer qu'elle les a toutes surprises en position compromettante et que de ce fait, elle va éviter de les regarder dans les yeux pendant quelques temps.
Et puis le pas lourd d'un gardien et son petit sifflement malsain, arrive jusque dans la cantine. Il sourit et balaye la salle du regard. Il repère Clarke et s'approche. Il lui balance sous le nez une enveloppe sous pli. Elle panique pendant quelques secondes. Auraient-ils intercepté ses lettres d'amour ? Elle la prend et regarde le cachet. « Cabinet d'avocats. West. Roland & Clint. Détroit. »
Soudain la panique se lit sur son visage. Elle ouvre l'enveloppe et lit. L'avocat qu'elle a agressé il y a deux jours, veut ajouter son refus de coopérer et son comportement violent à son dossier. Il veut en référé au Juge Avocat Général de l'Affaire de la Centrale Electrolia. Il veut alourdir sa peine de prison - Bien sur Clarke, à cet instant, ignore que cette requête sera rejetée et qu'elle aura même les effets inverse de ceux souhaités.
A cet instant tout s'effondre, elle est train de compromettre son témoignage, elle est train d'aggraver son cas. Elle voudrait laisser ses émotions s'échapper mais elle ne peut pas. Les regards inquiets de ses amies sur elle, l'insupporte d'un seul coup. Elle se perd, elle froisse le papier et le jette. Elle quitte la table, elle quitte la cantine.
Elle enrage contre elle-même. Elle enrage comme un lion en cage. Elle marche au hasard entre les grilles et les barreaux. Elle se sent totalement perdue, elle suffoque. Sa colère et son angoisse ne passent pas, elle file à l'extérieur pour prendre l'air.
Parfois avec le vent elle a l'impression de capturer les nuances humides des grands lacs. Son enfance à Skyfalls près de Bay City lui revient en vague d'effluve. Mais elle sait bien que c'est ridicule car Litchfield se situe entre Jackson et Ann Harbor près de Détroit. Elle est trop loin des grands lacs du Michigan, et son cœur est resté encore plus loin, dans la vallée de Targhee Forest, Idaho. Elle se sent vide. Elle ferait n'importe quoi pour combler ce vide. Elle sent les larmes monter, elle se réfugie à l'abri des regards entre deux bâtiments servant aux formations professionnelles.
Mais elle n'est pas seule. Stone est adossé à la tôle et fume - ce que Clarke prend d'abord pour une cigarette – et relève la tête quand elle déboule dans son petit coin tranquille.
STONE : Salut Griffin.
GRIFFIN : Oh, je pensais être seule, pardon, je te laisse.
STONE : Attend !
Stone la rattrape par le bras, mais devant l'air redoutable que Clarke affiche soudain par-dessus sa détresse, elle la lâche immédiatement.
STONE : Reste il y a assez de place pour se planquer à deux.
Clarke sourit et revient dans l'ombre entre les deux murs. Elle est dans un état qu'elle ne saurait décrire. Elle s'adosse aussi au mur et garde le silence.
STONE : Ecoute Griffin pour hier… je … je suis désolé, je n'aurais pas dû tenter quoique ce soit…
Clarke ne répond rien, elle garde toujours la tête baissée alors Mavy continue.
STONE : Je suis comme ça, je vis ma vie à pile ou face, des fois ça passe des fois ça casse… Ne m'en veux pas d'avoir essayé, tu sais, tu es vraiment une très jolie fi…
Clarke relève cette fois la tête, les yeux totalement étonnée par ses révélations.
STONE : Après si tu ne veux pas, je respecte. Mais restons en bon termes, la vie ici est déjà assez dur à supporter sans se faire des ennemis pour rien…
Clarke la regarde parler, elle la dévisage presque. Ces mots et cette attitude la déroute. La tentative de baiser avorté d'hier lui a laissé un gout amer mais à cet instant elle se perds entre ses désirs et la réalité.
Stone tire une grosse bouffée et cache le joint entre ses doigts. Clarke reconnait la Marie-Jeanne comme une senteur d'adolescence un peu oublié. Stone lui tend. Clarke le prend, elle hésite puis tire une taffe. Elle grimace mais ne tousse pas. Elle recrache la fumée qui s'envole vite dans les airs.
Clarke bascule la tête en arrière jusqu'à sentir la tôle sur son crâne. Elle laisse les vapeurs s'emparer d'elle. Elle reprend une bouffée, regarde toujours le ciel et rend l'objet illicite à Stone. Leurs mains se frôlent quand le joint passe de l'une à l'autre. Le cœur de Stone s'emballe malgré elle et Clarke le sent. Elles se regardent un instant. Stone croit déceler une once d'hésitation dans son regard mais elle n'insiste pas, elle vient de lui jurer qu'elle n'insisterait pas.
Mais Clarke est prête à craquer. Cette Navy est charmante, elle est plus âgée qu'elle n'y parait, elle a l'air sur d'elle, elle a l'air d'être hors du temps, elle a l'air de gérer ses sentiments, elle a l'air d'en savoir plus qu'elle ne veut bien le dire. Alors que la vie pour Clarke devient insupportable, elle aimerait aussi pouvoir gérer ses émotions, pouvoir agir, contrôler et ne rien regretter. Elle sait pourtant que le remord s'emparera d'elle à tout jamais si elle franchit cette limite. Elle n'en a pas envie et pourtant, presqu'inconsciemment, presque perdu dans ses pensées, elle se tourne vers Stone et se colle à elle. Elle inverse les rôles, c'est elle qui la plaque dos au mur. Elle garde ses yeux dans les siens, elle la défie presque, elle navigue entre ses lèvres et son regard. Stone sait que les baisers sont intimes, elle sait que ses lèvres sont avides de gouter celles de la belle blonde mais elle préfère garder une distance sous le soudain renversement de situation. Elle se penche, évite les lèvres de Clarke et s'engouffre dans son cou.
Clarke sent les lèvres de Stone s'approcher, elle sent son souffle puis le contact de ses lèvres sur sa peau. Elle ferme les yeux et c'est Lexa qu'elle voit. Elle ne voit qu'elle, elle n'aime qu'elle et déjà elle regrette la position dans laquelle elle s'est mise.
Et pour la première fois, la malchance de Clarke tourne - appelez ça un petit coup de pouce de dieu ou du narrateur comme vous voudrez – et la lourde voix des hauts parleurs résonne jusque dans la cour. « DETENUE GRIFFIN. EST ATTENDU AU POSTE 35 POUR UNE VISITE. » on l'appelle aux parloirs avant que quoi que soit de malheureux n'arrive. Elle sursaute, elle regarde Stone. Dans ce regard on y lit facilement le remord. Stone sourit timidement, forcément un peu déçut mais compréhensive. Elle sait que la belle blonde est complètement perdue, elle aussi aurait culpabilisé si plus c'était passé, elle aussi aurait eu des remords d'avoir abusé d'un moment de faiblesse. Elle lui dit de filer en vitesse.
On ne saura jamais si Clarke aurait succombé à cette tentation s'il n'y avait eu cet appel micro. On ne le saura jamais et Clarke, pleine de regrets d'avoir songé quelques secondes à commettre l'irréparable, rejoint les locaux de la prison et fonce au travers des couloirs jusqu'au parloir.
