The harder they fall de LadyExcalibur2010
A lire après le chapitre 76
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Speed démon
Emmett
Son premier mot fut 'plus vite'.
Sa première phrase," Papa, plus vite."
Quand elle eut trois ans, son surnom fut "speed démon" ou alors Speedy Gonzalez. Vous commencez à comprendre n'est-ce pas? Et voyez-vous une ressemblance?
Ce qu'elle aimait le plus, était tout ce qui allait vite et qui était dangereux. Si ça allait vite et que c'était bruyant ça lui plaisait. Lorsqu'elle était malade ou de mauvaise humeur, pour l'apaiser ou la faire dormir il fallait lui faire regarder des shows de monster truck, de dragsters ou des courses du NASCAR. Et ça fonctionnait à la perfection. Certains bébés aiment les berceuses, Dani préféraient les bruits rugissants des moteurs.
Quand elle apprit à se retourner, elle oublia d'apprendre comment s'arrêter. Au moins tout de suite. A moins qu'elle ne l'ait fait exprès. Mais une fois qu'elle roulait, elle continuait à aller de l'avant. C'était dangereux de la laisser où que ce soit. Même par terre. On pouvait la mettre sur une couverture par terre et vous éloigner pour aller pisser elle la quittait tout de suite et vous la retrouviez sous la table basse ou coincée contre le canapé en train de hurler comme si on l'assassinait.
Vous ai-je dit que Dani ne supportait pas du tout d'être frustrée?
OK eh bien ça doit être mentionné. C'est très important de le savoir lorsque vous parlez de Dani. Elle veut ce qu'elle veut quand elle le veut. Et la plupart du temps ce qu'elle veut c'est aller plus vite. Quand Pops conduit, Dani peut commencer à sauter sur son siège. Quand maman conduit, Dani boude. Maman conduit trop lentement. Pops conduit trop vite et c'est ce que Dani apprécie.
Dani est arrivée quelques mois avant que j'aie dix-sept ans. Après que j'aie accepté l'idée de la grossesse de ma mère alors que j'avais presque fini mes études secondaires, je commençai à apprécier cette idée d'avoir un petit enfant dans la maison.
Puis nous découvrîmes que ça allait être une fille et ça nous a complètement déstabilisés.
J'allais avoir une sœur. J'étais habitué à des frères. Je pouvais contrôler mes frères. Je les mettais la tête en bas ou les pinçait ou les menaçait de m'attaquer à leur petite virilité et j'étais le patron de nouveau et l'ordre était rétabli.
Mais par l'enfer qu'allais-je pouvoir faire avec une sœur? Je décidai que je la menacerai comme je le faisais avec eux, sans les menaces physiques bien entendu. Les pincements seraient toujours à l'ordre du jour - sûr. Elle n'allait pas bénéficier d'un traitement spécial juste parce qu'elle était une fille.
Puis Dani est née. Vous savez ce qu'on dit, la route est pavée de bonnes intentions?
Ils nous ont appelés dès que Maman a été prête. Etant le plus âgé c'est moi qui l'ai prise dans mes bras en premier. Jake a fait l'enfant et a commencé à se plaindre mais j'ai réglé ça d'un seul regard. Maman nous a fixés ainsi que Pops et les autres aussi, puis je les ai regardé car je voulais qu'ils sachent qu'il n'y avait aucune dissension dans les rangs.
Mi-temps.
Je m'assis dans le fauteuil car honnêtement je ne me sentais pas très à l'aise et Pops me la remit dans les bras.
Je n'avais jamais rien senti d'aussi petit et d'aussi réel dans ma vie. Je posai une main sur elle et je fus surpris de constater combien son cœur battait fort. Je ne croyais pas cela possible que quelque chose d'aussi petit puisse être aussi vivant.
Puis elle a pris mon doigt dans son incroyablement petite main et c'est tout.
J'étais fait. C'était fini. Bien entendu je ne le dis à personne. Je n'aurais pas fini d'en entendre parler si je l'admettais. Mais Dani le savait. Et Dani s'en servit. Lorsqu'elle était petite et encore dans son berceau elle avait tourné ses grands yeux verts vers moi pour me faire continuer à la bercer. Quand elle voulait monter dans sa poussette elle rampait vers elle et tapait dessus puis elle me regardait par dessous ses longs cils, chose qu'elle avait appris à faire seulement trois heures après sa naissance. "Il faut bouger," semblait-elle dire. Elle ne tolérait pas les fainéants.
Plus tard, je lui tins les mains pour apprendre à marcher. Partout, dans toute la maison, le sol du salon, le couloir, la cuisine, partout où Miss Dani décidait que nos aventures se dérouleraient ce jour-là. J'étais tellement courbé que j'étais presque sûr que ce serait permanent. Non contente de vouloir apprendre à marcher, Dani voulait apprendre à marcher plus vite. Et elle me l'a dit.
"Plus vite, plus vite," disait-elle et alors nous avancions aussi vite que ses petites jambes le pouvaient. Puis elle tomba face contre terre et resta là une minute, une expression choquée sur son petit visage. Après une courte pause elle reprit mes mains et se releva toute seule et nous repartîmes. Elle n'a pas pleuré, elle s'est relevée et a recommencé.
Heure après heure après heure.
Puis Pops lui a acheté l'un de ces jouets que les bébés poussent devant eux pour avancer. Elle décida que Pops pouvaient bien passer toute le temps disponible avec elle à tourner autour de la maison en poussant cette chose. Lorsqu'il fallait aller dehors nous le remplacions.
Quatre garçons pouvaient être bruyants mais une petite fille pouvait créer un véritable chaos pire que les enfants à Disneyland lorsqu'ils ont bu de cette boisson énergisante...
"Papa, fais aller plus vite!" lui ordonnait-elle.
C'était sa phrase préférée.
"Em, fais aller plus vite," était sa deuxième phrase préférée.
Pops et moi étions comme ses serviteurs, employés, esclaves et jouets favoris et c'était bien commode. Nous n'avions pas eu la moindre chance.
Finalement bien que j'essayais de le cacher tout le monde l'avait bien compris. Il savaient que je lui appartenais. Rose me taquinait en disant que je devrais me le faire tatouer parce cette relation ne finirait jamais. Même si je voulais contester ce point, je ne pouvais pas alors je fermais ma gueule. Un mec a quand même un peu de fierté pourtant ce n'est pas ce que Dani me laissait le plus, la fierté... Elle m'épuisait surtout mais toujours avec les meilleurs intentions du monde bien sûr.
Mais bon c'était vrai que bien qu'on aime Dani elle était un peu épuisante.
A partir du moment où elle ouvrait les yeux jusqu'au moment où elle s'écroulait le soir il fallait qu'elle bouge. Elle apprit à marcher avant ses un an et pas très longtemps après cela elle courait déjà partout. Nous avions des protections pour les bébés partout et la première était au bout de l'escalier en haut et en bas. Honnêtement j'avais pensé que maman aurait eu une crise cardiaque la première fois qu'elle verrait Dani essayer d'escalader celle d'en haut et de descendre toute seule. Nous n'avons pas eu le coeur de lui dire que ce n'était pas la première fois qu'elle essayait. Nous avons sauvé Dani de la mort plus d'une fois. Et ce ne fut juste qu'un échauffement comparé à la fois où elle avait trois ans et qu'elle essaya de "conduire" un grand morceau de carton dans l'escalier. Nous n'avons plus besoin d'en parler. Je pense qu'aucun d'entre nous n'a encore récupéré.
Nous avions posé des loquets anti-bébé sur toutes les portes extérieures. Malheureusement elle n'étaient pas à l'épreuve de Dani et un système d'alarme fut bientôt une nécessité. Pops installa des alarmes indépendantes sur la clôture autour de la piscine qui se déclencheraient lorsque que quelque chose plus lourd qu'une feuille toucherait l'eau. Il l'avait fait lorsque Dani avait un mois. C'était comme s'il pouvait prévoir l'avenir.
Ce n'était pas que Dani soit mauvaise, c'était seulement qu'elle ne s'arrêtait jamais. Quand elle eut deux ans, grand-mère lui acheta un tricycle. Pops et moi nous regardâmes en soupirant sachant exactement ce qui nous attendait dans l'avenir.
C'est sûr nous avons passé plus de temps à courir derrière ce tricycle rouge, tellement que j'aie perdu quelques kilos. J'étais simplement fatigué. Même les voisins apprirent à s'écarter du passage lorsqu'il nous voyaient arriver. Ils voyaient Dani pédaler comme une folle sur le trottoir et puis sauter dans l'herbe. Elle n'auraient pas fait exprès de les heurter mais elle était tellement concentrée. Elle était, comme le disait Pops avec fierté et frustration, bornée lorsqu'elle avait un but. Apparemment son but était de nous conduire à la folie. Et elle réussissait.
J'étais à l'université à ce moment-là mais je vivais encore à la maison. J'avais toujours prévu de quitter la maison à cette époque. Mais il n'y avait pas moyen que je quitte la maison maintenant.
C'était avant Dani. J'avais fait un compromis. Je resterai à la maison les deux premières années.
Dani modifiait nos projets. Sa façon d'être changeait les gens. Elle m'a changé. Elle a changé Pops - même si je suis sûr qu'il aurait eu des cheveux gris de toute façon. Quoi qu'il en soit elle complétait notre famille.
Même si nous étions complètement épuisés à la fin de la journée.
Comme la nuit dernière où elle était dans une forme rare. Elle a essayé de comprendre comment enlever ses petites roues du tricycle. Jake avait commis l'erreur de lui laisser regarder du vélo tout terrain à la télévision. Et Dani fut presque sûre et certaine qu'elle aussi pouvait le faire. Tout. J'étais sûr que nous allions avoir des mois difficiles.
J'avais espéré qu'elle allait oublier ça... Puis dès que le soleil fut levé je sentis de petits doigts sur mes paupières. Si je n'ouvrais pas les yeux elle allait les ouvrir à ma place.
"Em?" La voix de Dani était impatiente et j'ouvris les yeux.
"Ouais?"
Elle récompensa mon obéissance par un sourire éblouissant et posa un petit baiser mouillé sur mes lèvres. "Tu as mangé de la gelée de raisin, ma puce?" lui demandai-je.
"Ouaip."
Je fronçai les sourcils. "Et tu l'as prise sur l'étagère?"
Elle secoua la tête et rigola. "C'est Jake qui me l'a donnée."
Je regardai par la petite fenêtre de ma chambre dans le garage. "C'est très tôt princesse."
Elle secoua la tête ce qui fit s'envoler ses boucles rousses. Elle fronça le nez, ce qui fit s'aligner les taches de rousseur sur son petit nez. "Je veux faire du vélo," me dit-elle.
Elle voulait faire du vélo, ce qui signifiait que je devrai courir derrière elle comme un chien de traineau mais à l'envers.
"Dani... Em est fatigué," essayai-je de lui expliquer.
Sa lèvre inférieure fit la moue et ses petites épaules s'effondrèrent. "Si te plait?" demanda-t-elle en baissant la tête. Sa lèvre tremblait. Bon sang, elle était vraiment bonne pour ça.
Je soupirai et sortis les pieds du lit. "Bon laisse-moi m'habiller." Et où était mes chaussures de sport? "Pourquoi tu n'as pas demandé à Papa?"
Dani rigola. "Il m'a dit de venir te voir, Em."
Oh, il allait payer pour ça.
"Allez viens gamine," dis-je en prenant sa main. Elle a sauté à côté de moi. Le tricycle rouge nous attendait là. Apparemment elle avait été confiante... Je cédais toujours.
Nous étions dehors, moi courant et haletant derrière la petite fille aux boucles rousses qui s'envolaient. Elle riait et prenait de la vitesse, le vent dans ses cheveux. Avant Dani je ne me serai jamais douté qu'un tricycle était conçu pour aller aussi vite.
Puis elle me fit une peur bleue lorsqu'elle se tourna pour me voir tandis qu'elle continuait à pédaler comme une folle. "Dani! Regarde où tu vas!"
Elle rit et continua à aller tout droit. Puis elle fit demi-tour dans l'allée et fonça sur moi. J'évitai la collision de justesse mais elle ne ralentit pas. Pas du tout.
M. Hoyt s'écarta sur son passage lorsque nous revenions en sens inverse, il posa sa main sur son cœur quand elle tourna brusquement dans notre allée faisant décoller une roue du sol. Il était un peu pâle. "Elle ne ralentit jamais, pas vrai?"
Je me penchai , essoufflé et secouai ma tête. "Jamais," admis-je. "J'espère que je vivrai en Alaska lorsqu'elle aura son permis de conduire."
"Je suis d'accord," dit-il avec ferveur.
L'auteur dit qu'elle n'a pas pu s'empêcher de nous présenter Dani
pour nous faire comprendre qu'elle n'avait rien à craindre
de ses frères...
Il y a deux autres bonus avant le chapitre 77
Bonne fin de semaine à tout le monde!
