The harder they fall de LadyExcalibur2010
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... aussi bien que chez soi
Gabriella Ross n'était pas par nature quelqu'un de nerveux. Elle était beaucoup de choses mais l'anxiété n'en faisait pas partie. Elle avait été une bonne pour ne pas dire une brillante étudiante. Elle avait été une fille obéissante la plupart du temps. Etant enfant elle jouait dehors l'été et aidait sa mère à cuisiner l'hiver. Elle avait appris à tricoter mais détestait ça. Elle avait appris à le point de croix et elle aimait ça. Elle aimait lire et passer des heures pelotonnée avec un bon livre et une tasse de chocolat chaud. Elle était heureuse des choses simples de la vie et ne s'inquiétait jamais pour rien.
Elle luttait contre son poids et finalement à son vingt-quatrième anniversaire elle comprit qu'elle ne ferait jamais la taille 2. Et ça lui allait, elle apprit finalement à apprécier l'attrait de ses courbes féminines ce qui ne l'empêchait pas de maudire son cul parfois. Elle pensait que ses yeux étaient son meilleur atout, ils étaient grands, sombres et brillaient d'intelligence.
Elle était enfant unique de parents de classe moyenne qui allaient à l'église. Son père avait été facteur et avait travaillé dur chaque jour de sa vie. Sa mère avait été comptable et elle avait toujours réussi à faire en sorte que Gabriella soit le centre de leur vie. Son père était mort brutalement avant d'avoir quarante-cinq ans. Il était trop jeune pour les abandonner et Gabriella et sa mère avaient vivement ressenti sa perte. Sa mère l'avait suivie un an plus tard, une crise cardiaque avaient dit les médecins. Un cœur brisé pensa Gabriella.
Puis un an après qu'elle ait perdu sa mère elle avait rencontré Bobby. Il était charmant, mielleux et du genre à se vanter. Il parlait bien, était beau, et s'habillait bien, elle n'avait jamais connu personne comme lui auparavant. Elle était sortie avec plusieurs garçons qu'elle avait rencontrés à l'église mais ils ne l'attiraient pas plus que ça. Bobby était excitant et dangereux et comme beaucoup de femmes elle se sentit attirée par lui. Pendant un certain temps.
Il lui disait qu'il allait travailler dur et qu'il arriverait à quelque chose mais Gabriella n'en savait pas plus. Mais elle le trouvait fascinant et aimait cette idée d'être poursuivie par les assiduités d'un homme. Avant de s'en apercevoir elle se retrouva dans son lit et pas très longtemps après, les deux lignes du test confirmèrent ses craintes.
Elle était enceinte.
Elle pleurait lorsqu'elle le dit à Bobby, ses hormones faisaient déjà des ravages sur ses émotions mais elle était sûre qu'il allait la prendre dans ses bras et lui demander si elle voulait se marier à l'église qu'elle aimait tant quand ses parents étaient encore là ou au palais de justice. Elle ne se posait même pas la question ce serait l'église, là où elle avait grandi. C'était inattendu mais ce n'était pas un désastre. Quelquefois la vie n'allait pas comme on le voulait. Gabriella avait appris à encaisser les coups.
Au lieu de cela il avait commencé à crier des bêtises disant que 'ce n'était pas le sien' et puis il lui montra la porte. Elle n'avait pas besoin de ces disputes stupides et elle pensa qu'elle serait mieux seule. Gabriella n'était pas inquiète mais elle resterait fidèle à ses convictions. Une autre femme aurait pris soin de mettre fin à ce problème avant d'être trop en difficulté et Gabriella ne pouvait pas lui en vouloir. Chacun devait vivre avec sa conscience, c'est ce que sa mère le lui avait appris.
Mais elle allait essayer d'avoir ce bébé et elle le ferait seule. Des femmes plus faibles qu'elles avaient réussi mais des femmes plus fortes aussi. Elle avait le sentiment qu'elle pouvait faire la même chose.
Ça n'avait pas toujours été facile. Le travail avait commencé en pleine nuit mais une femme de l'église l'avait accompagnée et lui avait tenu la main et essuyé ses larmes lui donnant de la force quand elle s'épuisait. Sa famille d'église l'avait aidée avec amour et affection, même pendant les mois sombres où elle arrivait difficilement à assumer les changements de sa vie. Elle avait perdu son père et sa mère mais elle avait retrouvé la joie avec sa fille.
Gabriella avait appelé sa fille comme sa mère, elle avait le sentiment que sa mère aurait approuvé et en serait reconnaissante.
Alors Gabriella et la petite Rebecca était une famille. Gabriella travaillait dur et ça lui prit trois ans pour avoir sa première année d'université mais les longues nuits d'étude et les longues journées à rester assise dans le box ne la rebutèrent pas. Si ça lui prenait dix ans pour avoir son diplôme et bien ce serait ainsi. Elle avait un but et quelqu'un pour qui elle voulait une vie meilleure. La même femme qui avait été à ses côtés lorsque Rebecca était née s'était portée volontaire pour garder Rebecca lorsque Gabriella allait en cours ou travaillait. En retour elle lui demandait seulement de l'aider à cuisiner ou à faire le ménage car elle avait de l'arthrite et ça la handicapait plus spécialement en hiver. C'était une dame âgée mais qui avait assez d'énergie pour s'occuper de Rebecca.
Rebecca était un gentil bébé, toujours contente et d'un tempérament agréable. Elle pleurait rarement et dormit toute la nuit dès le début. Gabriella aimait à penser que sa mère veillait sur elles, en essayant de lui rendre les choses plus faciles.
Ainsi leurs vies continuèrent. Gabriella pensait qu'elle avait passé le plus difficile et elle savait exactement comment sa vie aller se dérouler.
Et puis tout changea.
Le jour de l'accident de voiture alors qu'elles étaient transportées à l'hôpital, Gabriella avait été sûre que ça serait l'un des pires jours de sa vie. Elle avait toujours eu peur des routes glacées et glissantes et maintenant elle savait pourquoi. Voir son bébé saigner et pleurer dans l'épave de sa voiture lui avait pris dix ans de sa vie, elle en était sûre. Peu importe que les cris de sa fille soient le signe qu'elle était vivante et respirait bien. Non la peur de la mère était profonde et instinctive. Même la logique n'arriverait pas à la réduire au silence.
Puis elles arrivèrent à l'hôpital et furent installées dans la même chambre mais ils essayèrent de les séparer par un rideau. Les cris plaintifs de Rebecca brisèrent le cœur de Gabriella lui causant encore plus de peine que les quelques coupures et bleus qu'elle avait.
Mais en un instant sa peur fut chassée au loin. Une grande et chaude main se referma sur les siennes et elle l'entendit dire. "Ouvrez ce rideau. La fillette a besoin de voir sa mère. Ça la calmera plus rapidement que n'importe quoi d'autre."
Elle avait levé les yeux et elle avait vu un ange. D'accord, pas vraiment un ange mais cet éclairage vif avait mis une sorte de halo autour de ses cheveux noirs soyeux et il était plus grand que la vie, comme ça, debout devant elle. Il fallut un bon moment et quelques clignements d'yeux pour la ramener sur terre. Sa première impression était celle d'un ange et rien n'allait se passer plus tard pour la faire changer d'avis, même si bien sûr, elle ne dirait jamais cela. Il y avait des secrets que les femmes devaient savoir garder ou leurs hommes deviendraient trop imbus d'eux-mêmes.
Un homme si grand et si bien bâti, comme s'il était l'archange Michaël en personne était à ses côtés. Elle se serait à moitié attendue à le voir brandir une épée ou déployer ses ailes dans son large dos. Ses dents étaient blanches et parfaites sur son visage bronzé. Des os de joue saillants, de longs cheveux noirs le faisaient ressembler à un héros d'une époque révolue.
"Laissez-moi aller jeter un coup d'œil à votre fille, d'accord," dit-il doucement, ses doigts faisaient une chaude et douce pression sur les siens. "Et je reviens tout de suite pour tout vous dire."
Elle avait hoché la tête.
Et ça avait été à ce moment que leurs vies avaient changé. Il était arrivé et avait fait sa place dans leur petite famille. Rebecca l'adorait, Gabriella avait commencé à apprécier sa solide fiabilité, son sens de l'humour, son cœur chaud et sa nature douce.
Aujourd'hui, six mois plus tard, elle était à deux minutes de rencontrer sa famille. Sa très grande famille. Sa main alla dans ses cheveux une fois de plus et elle l'entendit rire. "Calme-toi, veux-tu?" la gronda-t-il. "Ils t'aimeront. Je te le promets."
Gabriella soupira et elle entendit Rebecca depuis son siège à l'arrière dire. "Oui Mam' relax."
Jake lui donna un coup de coude. "Ecoute ta fille, elle est incroyablement intelligente, tout juste comme sa mère."
"La flatterie ne te mènera nulle part, tu sais," le taquina-t-elle.
Il se lécha les lèvres. Il savait ce que ça lui faisait et c'était un coup bas. "Arrête ça," le réprimanda-t-elle, "je suis déjà assez bien nerveuse."
Il tourna pour se garer dans l'allée et arrêta le moteur. "Pourquoi es-tu si nerveuse?" demanda-t-il.
"Oui, maman pourquoi es-tu si nerveuse?" Rebecca imitait Jake. C'était à la fois adorable et ennuyeux. Et à cet instant précis c'était tout simplement ennuyeux.
"Et s'ils ne m'aiment pas?" murmura Gabriella.
"Tu es formidable, comment pourraient-ils ne pas t'aimer?" Jake toucha sa joue et puis sa lèvre inférieure. L'homme était fasciné par sa bouche, décida-t-elle, ce qui provoqua un rougissement lorsqu'elle se rappela pourquoi sa bouche le fascinait.
"Savent-ils..." Ses yeux se tournèrent vers la banquette arrière.
Jake ricana. "Vraiment? Tu ne peux pas mieux faire?" Il roula des yeux et se tourna pour voir Rebecca. "Ta maman est très idiote, princesse."
Rebecca roula des yeux aussi. "C'est vrai, quelquefois."
"Je sais," convint-il.
Gabriella croisa ses bras sur sa poitrine et soupira. Puis elle remarqua qu'un rideau bougeait à l'une des fenêtres et elle sentit son cœur accélérer.
"Et si..." elle attrapa l'ourlet de sa jupe se demandant si elle était trop bien habillée. Ou pas assez.
Mais elle savait ce qui l'inquiétait vraiment.
"Et s'ils ne sont pas contents parce que je suis..." Elle le regarda. "Pas blanche." Nous y étions. Le problème était là. La question de la race n'avait jamais été un problème entre eux, mais ça ne voulait pas dire que ce serait la même chose dans sa famille.
Elle s'était attendue à ce que Jake la prenne au sérieux mais au lieu de ça il fit un soupir dramatique et il posa sa main sur son cœur en lui disant. "Quoi? Tu n'es pas blanche! Oh mon Dieu! Mais pourquoi ne me l'as-tu pas dit?"
Rebecca rigola. "Maman est marron comme moi," proposa-t-elle.
"Et moi je suis..." Il observa sa main avec attention. "Je suis pêche avec des tons sous-jacents de roux."
"Je ne peux pas te dire combien ça me fait peur que sais, toutes ces couleurs," dit Gabriella.
Jake prit son visage dans ses mains. "Chérie j'ai une nièce qui est née en Chine, un neveu qui est un mélange, un oncle gay, une tante qui est d'origine raciale multiple et j'ai été élevé par un homme que j'aime et que je respecte bien que je n'aie aucun lien génétique avec lui. Je pense que nous recouvrons tous les cas possibles dans notre famille. En fait nous sommes comme les Etats-Unis. Crois-tu vraiment qu'il y ait quelqu'un dans cette maison pour se préoccuper de la couleur de ta peau?"
Gabriella aurait voulu pleurer. Elle aurait voulu enlacer Jake et juste sangloter de soulagement et de joie. Alors elle le fit. Mais pas longtemps parce qu'elle n'était pas femme à pleurer alors elle essuya les larmes sur son visage et rassura sa fille et l'homme qui pour des raisons inconnues semblait s'inquiéter beaucoup d'elles deux.
"Bon ça va aller maintenant," dit-elle. "La crise est passée."
Jake sortit et fit le tour pour lui ouvrir la portière. Ensuite il fit de même pour Rebecca qui savait qu'il fallait qu'elle attende. Elle devenait une petite princesse sage. Elle fit un signe de tête à Jake pour l'autoriser à baiser sa main. Ils faisaient ça et Gabriella avait essayé de dissuader Jake. Il lui avait simplement répondu que c'était entre eux et de ne pas s'en mêler. Quand Rebecca fit de même elle avait eu droit au regard et Jake avait étouffé son rire. Gabriella avait fait semblant de se fâcher contre eux.
Alors la porte s'ouvrit et une jeune femme mince avec des cheveux rouge vif se lança sur Jake. "Jakey!" cria-t-elle enroulant ses jambes autour de lui, s'attachant à lui comme une liane. Puis elle vit Rebecca par dessus son épaule et le relâcha immédiatement glissant sur lui comme si c'était une barre de pompier et atterrissant sur ses pieds avec un bruit sourd. Jake grogna mais il semblait s'y attendre.
Elle prit la main de Rebecca et l'attira dans une étreinte rapide. "Je suis Dani, " dit-elle. "Et j'ai quelques histoires absolument merveilleuses à raconter sur Jake quand il était un petit garçon très très méchant."
Rebecca rigola, ce qui choqua Gabriella parce qu'habituellement sa fille était plutôt timide près des gens qu'elle ne connaissait pas. Et Dani était comme une pile.
Dani sourit à Gabriella. "Votre petite fille est aussi belle que vous." Elle pencha la tête. "Et vous me semblez fort intelligente aussi." Elle se rapprocha et éteignit Gabriella. "Comment pouvez vous sortir avec ce raté?" Et elle donna un coup de poing dans l'épaule de Jake.
Puis le reste du clan James /Cullen se répandit par la porte et ils étaient si nombreux que leurs visages et leurs noms tournoyaient dans sa tête. Elle se retrouva attirée dans leur sillage et incapable de faire autrement. Il y eut des étreintes et des baisers et des plaisanteries anodines de tous les côtés. Rebecca se mit rapidement à jouer avec les neveux et les nièces de Jake et Gabriella ne la vit plus trop du reste de la journée.
Plus tard elle fut incapable de se rappeler de quoi ils avaient parlé en particulier. Tout ce dont elle se souvenait c'était un sentiment écrasant de chaleur et de bienvenue. C'était le sentiment d'appartenir à une famille... d'être aussi bien que chez soi.
La prochaine fois nous retrouverons ... Seth pour plusieurs bonus...
