Merci à tous pour vos gentils messages. Je vois que plus la fin approche, plus vous doutez...Pas de panique! Le suspense ne va plus durer très longtemps. Si la traduction est de qualité (c'est gentil de nous le dire, ça nous tellement plaisir! Merci vous assurez!) c'est parce que la fic originale l'est également, ne l'oubliez pas ;)
Je vous laisse donc savourer l'avant-dernier chapitre!
The Reason de Hoobastank
Traducteur : Toru no Kou
The Reason
Naruto était en train de se cacher dans le bureau de Tsunade. Ayant délégué toutes ses responsabilités à ses internes, il voulait rester ici à moins qu'il fut absolument nécessaire qu'il s'en aille. Il n'était pas sûr de qui ou de quoi il se cachait, mais il n'avait juste pas envie d'avoir à faire à qui que ce soit aujourd'hui. Il passa son temps à se remémorer sa sortie avec Gaara la veille.
Après avoir passé toute la journée à se promener en ville, ils s'étaient finalement arrêtés au parc d'attraction. Le déguisement de Gaara, qui était composé d'une veste de baseball américain beaucoup trop grande et d'une casquette assortie commençait à énerver le Daimyo. Cela semblait attirer les commentaires plus qu'autre chose. Pour éviter le désastre approchant d'un Gaara perdant son sang-froid, Naruto avait opté pour un tour de grande-roue. Silencieux, apaisant, et offrant une parfaite vue depuis le ciel de Konoha. En tête de file, une fille qui semblait s'ennuyer, collecta leurs tickets, adressa un regard à Gaara et grogna.
- Go Yankees…
« Stupides touristes américains. »
Gaara, de son côté, sortit un stylo et un bloc note.
- Comment vous appelez-vous ?
Naruto le tira rapidement à l'intérieur de la nacelle. Peu après, leur lente ascension commença et Gaara se détendit.
- Tu te vends pour pas grand-chose.
Naruto leva un sourcil.
- À l'Uchiha, j'entends. Tu te vends pour pas grand-chose. Bien que je doive admettre être surpris qu'il accepte cette offre. Je m'attendais à mieux de sa part.
« Ouais, tout comme moi. »
Naruto haussa simplement les épaules.
- Peu importe, j'espère juste que cela l'ennuiera rapidement pour que nous puissions enfin revenir à la normale.
- En te considérant, même s'il accepte ton offre, s'ennuie et quitte ton lit, tu ne seras pas capable de le gérer.
- Gérer quoi ? Il n'y aura rien à « gérer ». J'irais très bien !
- Tu es une de ces personnes bizarres qui assimile le sexe et l'amour…
Naruto fixa l'homme impassible devant lui.
« C'est bizarre ? Je suis étrange ? Quel genre de monde perverti est-ce donc ? »
- … Si tu as une relation sexuelle avec Uchiha, tu te lieras à lui. Et tu crois qu'il n'est pas intéressé par une telle relation. Si tes suppositions sont correctes, soit il s'éloignera complètement, soit il essayera de revenir en arrière. L'un comme l'autre seront impossible pour toi.
- Non. D'ailleurs c'est ce que je veux…
- Ce que tu penses vouloir et ce que tu veux vraiment, sont manifestement deux choses très différentes. Je crois aussi que tu lui donnes bien trop de pouvoir.
Naruto le regarda, dubitatif, et Gaara haussa les épaules.
- C'est un fait : celui qui est le moins intéressé par la poursuite d'une relation est celui qui en fin de compte la contrôle et la domine.
- Bien et où as-tu appris tout cela ?
- En regardant « Animal Planet » (1).
Naruto leva les yeux au ciel.
Pendant que Naruto ruminait, Gaara se leva et traversa la nacelle. Elle tangua pendant qu'il se tenait au dessus de son ami puis il se baissa pour l'embrasser.
Quand Gaara arrêta enfin et retourna sur son siège, Naruto le regardait avec un sourcil levé.
- C'était pour quoi ?
- Compte tenu de la situation dans laquelle tu es, je me suis dit : qui sait quand j'aurais une autre occasion ?
Naruto sourit.
- Quoi, tu veux dire que tu voudrais le refaire ?
- Sans hésiter.
Naruto soupira.
- Est-ce que je dois également commencer à m'inquiéter à ton sujet ?
En fait, Gaara semblait amusé.
- Aurais-tu peur que je commence à te courtiser, et que je double ainsi tes problèmes ? Ne t'inquiètes pas, je ne suis pas du genre romantique.
- Je ne sais pas. Après quelques bouteilles de saké, tu as tendance à devenir un véritable Don Juan/Edgar Allan Poe avec moi.
Gaara sourit, en dépit de lui-même.
- Oui, et bien, même si j'ai la même affliction Narutienne que Uchiha semble avoir, nous sommes différents sur un point essentiel.
- Ah ouais, lequel ?
- Je sais que je peux vivre sans toi.
Naruto soupira et s'avachit un peu plus au fond de son siège de cuir. Pourquoi sa vie était toujours si compliquée ? Il entendit la porte s'ouvrir, et leva les yeux pour voir Sakura entrer.
- Naruto.
- Sakura-chan, je voulais m'excuser pour avoir été si étrange la dernière fois.
Sakura agita sa main avec modestie.
- C'est bon, c'est bon. Tu étais stressé, qui ne le serait pas !
Après une petite discussion entre sourire et raccommodage, tout allait désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin, presque.
- Alors, que s'est-il passé entre vous deux ?
Naruto soupira et posa sa tête contre le bureau. Il aurait dû deviner que Sakura se jetterait immédiatement sur la question. Après quelques autres questions, il finit par lui dire.
- IL A QUOI ? VOUS AVEZ QUOI ?
Naruto agita ses mains, essayant de l'arrêter d'hurler.
- Tu sais ce qui est fait est fait. Je veux juste revenir à la normale.
Sakura était trop occupé à s'hérisser le poil pour lui prêter la moindre attention.
- Bien sûr, il y a eu un malentendu ! Sasuke-kun n'est pas si stupide ! TU es aussi stupide ! Faire une offre aussi idiote que cela ! Mais Sasuke-kun ! Pourquoi diable a-t-il accepté ? Evidemment, tu dois lui parler !
- Quoi ? Pourquoi ? Nous nous sommes déjà mis d'accord ! Nous nous sommes embrassés, ce qui nous lie plus, juridiquement parlant, que la poignée de main habituelle.
- Vous avez besoin d'en parler tous les deux.
Naruto n'était pas du tout d'accord. Il ne voulait plus parler. Il avait certainement atteint sa limite en discutant de cela avec Sakura.
- Je ne pense pas ! L'affaire est entendue. Il n'a pas essayé de s'y opposer.
- Vous devez en parler ! C'est… c'est comme s'il y avait un éléphant dans ta chambre et que tu choisissais juste de l'ignorer.
- Pourquoi y aurait-il un éléphant dans ma chambre ?
Naruto regarda la femme en train de rougir, évidement déconcertée.
- C'est juste une métaphore ou que sais-je encore. L'éléphant n'est pas le sujet.
- Vraiment ? S'il y a un énorme éléphant dans ma chambre, je pense que j'aimerais savoir comment il est arrivé là.
Sakura mis la main sur le visage.
- Naruto, il n'y a pas d'éléphant.
- Tu viens juste de dire qu'il y en avait un !
- C'était une image !
- Avec un éléphant ? Qui fait des images avec des éléphants ? Qui es-tu, une républicaine (2) ?
- Naruto, oublie l'éléphant…
- Mais comment pourrais-je ? Il est assis juste là !
En réponse à cela, Sakura fit des gestes vagues griffant l'air.
- Il n'y a pas vraiment d'éléphant !
- Mais c'est ce que tu as dit !
- Assez avec ce putain d'éléphant !
Naruto semblait vraiment pris de court.
- Sakura-chan, calme-toi ! Si les éléphants te gênent tant, pourquoi avoir commencé à en parler.
Sakura le fixa furieuse, à un poil de passer par-dessus le bureau et d'étrangler ce crétin pour tout ce qu'il méritait. Naruto souriait avec une positivité exaspérante.
« Calme-toi, Sakura. Tu sais ce qu'il est en train de faire. C'est une technique de distraction. Il est très bon à cela. Juste, calme-toi et ne le laisse pas t'atteindre. »
Naruto regarda le plafond un moment, se plongeant visiblement profondément dans ses pensées.
- Comment un éléphant pourrait-il entrer dans ma maison de toute façon, sans parler de ma chambre ? Hé, tu crois qu'il y a des éléphants nains ?
Les yeux de Tsunade s'élargirent quand Sakura sortit d'un air furieux en passant devant elle, pestant un charabia incompréhensible. Elle entra dans son bureau et vit Naruto en train de se serrer la tête.
- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Tsunade, tout en levant les yeux au ciel alors qu'elle chassait Naruto de sa chaise jusqu'au petit canapé.
- Moi ? Rien ! Nous étions en train de parler d'éléphants puis elle s'est mise dans tous ses états sans raison !
- Certainement.
Naruto avait pris son regard innocent avec ses yeux grands ouverts.
- Pourquoi est-ce que tu ne me crois jamais, mamie ?
- Parce que tu n'es qu'un gosse, et arrête de m'appeler mamie !
Naruto sourit à la femme blonde irritée.
- Tu t'es toujours plaint à ce sujet. Tu serais moins susceptible si, au lieu de cela, je commençais à t'appeler maman ?
Tsunade se figea, bouche bée, abasourdie par la question.
- Quoi ?
Naruto haussa les épaules et sourit timidement, en regardant vers la porte.
- J'y ai pensé, tu sais. Qu'il était peut-être temps de réévaluer certaines de mes relations. Pendant tout ce temps j'ai eu des problèmes avec les mères, et je ne pensais plus être jamais capable d'appeler quelqu'un « maman » de nouveau. Quand je pense à cela cependant, tu as été une mère pour moi plus que quoi ou qui que ce soit d'autre. En plus, tu ne ressemble pas à une grand-mère, même si tu es vraiment âgée. Alors qu'en penses-tu ? Supporterais-tu d'être appelée maman ?
Naruto hasarda enfin un regard vers la femme, seulement pour la voir essuyer des larmes à la hâte. Naruto fit la chose logique qu'un homme ferait, il paniqua.
- Nooon, ne pleure pas ! Je continuerai à t'appeler mamie si tu veux !
Tsunade arriva finalement à contrôler ses reniflements. S'approchant de l'homme affolé en train de bafouiller, elle l'attira dans une étreinte d'ours.
- Idiot ! Comment ça pourrait me déranger ? Foutu gosse.
- Maman, tu m'étouffes ! Dit une voix sourde venant de sa poitrine.
Une fois que Naruto put respirer à nouveau, il posa la question suivante à Tsunade.
- Le regrettes-tu parfois?
Tsunade leva les yeux.
- D'être tombée amoureuse de Dan. Si tu ne l'avais pas aimé, tu aurais évité toute cette douleur que tu as subie. Si tu n'aimes pas quelqu'un, si ça ne marche pas entre vous, alors tu peux t'épargner beaucoup de chagrin, non ?
Tsunade soupira il n'y avait pas de réponse facile à cela.
- La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir eu plus de temps avec lui. Ces années avec Dan, je ne les échangerais contre rien au monde, peu importe la douleur que j'ai ressentie quand je l'ai perdu, soupira encore Tsunade, puis elle commença à jouer avec les cheveux de Naruto. Je peux affirmer sans réserve que, quand il s'agit d'amour, ça vaut toujours la peine. Tu ne choisis pas la personne que tu aimes, Naruto… Le cœur veut ce qu'il veut.
- L'ermite pervers dit la même chose à chaque fois qu'il rencontre quelqu'un de 18 ans.
- Ce vieux pervers ne reconnaitrait jamais le grand amour même s'il sautait et lui mordait son derrière ridé ! Et je sais de quoi je parle !
Tsunade toussa avec discrétion et retrouva son calme.
- Tu ne peux pas arrêter les gens, ils suivent leur propre chemin au final. Quelqu'un d'aussi envahissant que toi devrait le savoir mieux que quiconque.
Les ténèbres émanaient de la maison alors que Sakura remontait l'allée de garage. Apparemment, Sasuke était en pleine crise existentielle et était certainement en train de se détruire. Rassemblant son courage, la jeune femme sonna à la porte. Un instant plus tard, Sasuke ouvrit et regarda son amie aux cheveux roses. Elle lui tendit immédiatement un grand pot.
- Puisque je ne suis pas autorisée à intervenir dans votre relation, je suis venue pour t'emprunter un peu de sucre.
Sasuke roula des yeux et s'adossa paresseusement contre le cadre de porte.
- Sakura, il y a encore du sucre dans ce pot.
Sakura observa le pot presque plein, et commença à rire nerveusement.
- Ah, oui ! Un moment, s'il te plaît.
Elle descendit un peu les marches et versa le contenu du pot sur la pelouse de Sasuke.
- Maintenant, je n'ai plus de sucre ! Aide-moi.
Sasuke se débattit avec lui-même de lui fermer la porte au visage pour retourner à ses affaires. Après quelques minutes fatigantes, il céda et prit le pot. Sakura entra et commença à le suivre comme son ombre. Sasuke n'était pas d'humeur patiente.
- Quoi ?
- Que s'est-il passé entre vous deux ? Naruto a dit que tu avais accepté un marché, dans lequel il se prostitue pour toi. C'est faux, non ? Tu ne l'as pas fait, hein ?
« Pour l'amour de… Elle sait tout ? Vous faites équipe avec quelqu'un pendant un an, strictement au nom du Taijutsu, et soudain il pense qu'il a le droit de décider à votre place. »
- Il y a eu un malentendu… admit enfin Sasuke.
Sakura poussa un long soupir de soulagement.
- Oh, alors tu vas le lui dire ? Il est complètement bouché et n'en parlera pas. Donc, tu vas arranger toute cette histoire et tout rentrera dans l'ordre.
Sakura croisa les bras et hocha la tête avec confiance.
Lui redonnant le pot de sucre, Sasuke passa devant Sakura et s'avachit dans son fauteuil.
- On a fini de parler.
-Quoi ?
- J'en ai assez. Laisse-le croire ce qu'il veut bien croire. Ca me rend malade. Il pense que je ne sais pas ni ce que je veux ni ce que je ressens. Que je suis simplement en train de confondre le sexe et une amitié foutue en l'air avec de l'amour. Tu sais quoi ? Peut-être que cet abruti à raison, des choses bien plus étranges se sont produites.
- Sasuke, ne dis pas ça !
- Naruto et moi avons eu une relation étrange, et les choses peuvent devenir confuses.
- Mais tu sais ce que tu ressens !
Sasuke ouvrit la bouche pour répliquer, mais il s'arrêta.
- Oublie ça, tu ne comprends pas.
Il y eut un long silence, puis Sasuke fut violemment frappé avec un coussin.
- Mais que… (paf), arrête de frapper… (smack), TU VAS ARRÊTER… (paf) SAKURA !
Sasuke réussit à arracher le coussin pour calmer Sakura.
- POURQUOI est-ce que tu me frappes ?
- Parce que tu le refais !
Même si Sasuke semblait ne pas comprendre et avait une certaine dose d'intention meurtrière, Sakura ne cilla pas.
- Tous ces « personne ne comprend, personne ne pige, personne n'a aimé comme j'aime, ou a été blessé comme je le suis » ! Tu sais quoi ? Non seulement, c'est fatiguant mais, maintenant, ca devient même contre-productif !
Les gens disent souvent que, juste avant de mourir, votre vie défile devant vos yeux. Ce ne fut pas vraiment le cas pour Sakura. Ce qu'elle ressentit, c'était la certitude d'une mort imminente. Puis vint l'apaisement, la tranquillité de savoir qu'elle allait mourir pour l'une des meilleures raisons pour laquelle une personne pouvait mourir : l'Amour Véritable.
Cependant, la mort n'arriva pas véritablement des mains du bel ange sombre vengeur. Au lieu de cela, les yeux du dit ange sombre devinrent froids et il serra les dents. Et alors, n'utilisant pas un langage approprié aux êtres divins (même vengeur), Sasuke demanda à Sakura qu'elle prenne son putain de sucre et qu'elle bouge son cul loin de sa maison.
Bien que sa vie fût épargnée, ce développement miséricordieux ne réconforta pas Sakura pour autant. Sasuke n'était pas la personne la plus simple avec qui négocier, même dans ses meilleurs jours. Prenant son expression la plus désolée et apaisante, Sakura se hasarda à parler une fois de plus.
- Je suis désolée, Sasuke-kun. Je n'aurais pas du dire ça. Ou bien, je n'aurais pas du dire ça de cette manière. C'est juste frustrant pour moi de vous voir, Naruto et toi, tout foutre en l'air comme ça. Je ne peux pas imaginer combien cela doit être frustrant pour vous deux, en ressentant ce que vous ressentez, et sans pouvoir aller nulle part.
Sasuke resta impassible et froid. Le regard qu'il envoya à Sakura lui fit sentir comme s'il envisageait de la jeter dehors physiquement. Elle avala compulsivement et continua, s'aventurant sur un terrain glissant.
- Tu te rappelles quand nous étions enfants et que Naruto avait le béguin pour moi ?
« Vaguement » pensa Sasuke de manière sarcastique et râleuse, même pour lui.
N'allait-elle jamais lâcher ça ?
- … et que j'étais si affreuse avec lui je lui ai dit et fait les pires choses qui soient pour qu'il me laisse tranquille.
- Il y a quelque chose d'important là dedans ? Grinça Sasuke sur un ton irrité. Rappeler par inadvertance à Sasuke qu'il n'était pas, ni n'est, la personne la plus agréable envers Naruto, n'arrangeait pas son humeur.
- Oui, l'important c'est que, malgré tout ce que nous avons pu lui dire et lui faire pour le blesser, il nous a toujours suivis. Naruto a passé la moitié de sa vie à nous suivre, Sasuke. S'il avait abandonné à mi-chemin, nous serions probablement de parfaits étrangers l'un pour l'autre, à s'adresser des sourires maladroits pendant les retrouvailles ou en se rencontrant dans la rue.
Sasuke concéda ce point. Naruto lui avait couru après pendant une bonne partie de son enfance et de son adolescence. Il ne voulait pas penser à ce qu'il serait arrivé si Naruto avait renoncé à le suivre. Il lui fallut un moment pour comprendre que Sakura parlait encore.
- … C'est pourquoi je pense que vous devriez faire un jeu de rôle !
Sasuke leva les yeux avec surprise.
- Un jeu de rôle ?
- Ouais, un jeu de rôle. Mets-toi à la place de Naruto. Ne l'abandonne pas, suit le jusqu'à ce qu'il comprenne. Naruto mérite qu'on le poursuive, pour une fois, Sasuke-kun. Et toi, tu mérites de l'attraper. Juste, penses-y avant de laisser tomber.
Sakura envoya un sourire encourageant à l'homme silencieux avant de prendre son sucre et de se diriger vers la porte.
- Merci pour le sucre !
Sakura ferma la porte derrière elle, certaine que Sasuke était en train de repenser à ce qu'elle avait dit. En même temps, elle était fatiguée. Ces deux idiots étaient si compliqués. « S'ils ont une relation sexuelle épanouie, ils ont intérêt à me remercier. »
Sasuke était assis dans sa voiture, sur le parking de l'hôpital, tambourinant nerveusement avec ses doigts sur le volant. Pour la millionième fois, il vérifia son apparence dans le rétroviseur. Comme attendu de la part de ses cheveux, à part sa frange, ils continuaient à défier la gravité. Et ce n'était ni pour l'amour, ni pour l'argent que cela changerait. Il soupira, il contempla l'idée d'ouvrir la porte de sa voiture et de se diriger vers l'hôpital. Il se rappela qu'il était un Uchiha, que les Uchiha n'étaient pas des mollusques et sortit de la voiture.
Il était heureux que le temps agréable lui permette ce choix vestimentaire. Une chemise blanche à col américain, un pantalon noir, et son trench de cuir favoris. S'il devait se ridiculiser, au moins, il saurait qu'il le faisait en étant bien habillé.
Les portes automatiques de l'hôpital s'ouvrirent, lui permettant d'entrer. Il entra à grand pas, une rafale de fleurs de cerisier volant vers lui. Pendant un moment, il resta dans l'entrée, cherchant une chevelure blonde.
- Wow, quelle entrée théâtrale et sexy, remarqua un interne avec éloge.
- Chut, silence ! Il est toujours en train de la faire, souffla en réponse un autre jeune docteur.
Tout resta figé jusqu'à ce que la dernière fleur de cerisier aille se poser sensuellement sur le sol, puis, Sasuke fit enfin un pas en avant dans le hall. Alors, tout le monde retourna à ce qu'il avait à faire. C'était simplement malpoli de déranger l'entrée spectaculairement sensuelle d'un héros poursuivant une noble quête.
Avant que Sasuke ne puisse se diriger vers le repaire habituel de Naruto, il repéra sa proie. Ses yeux bleus brillaient comme un phare malgré que son visage soit caché par un masque chirurgical et une coiffe. Les yeux le regardaient avec méfiance, avant de s'élargir quand ils s'accrochèrent à ceux de Sasuke. Le médecin bâtit rapidement en retraite. Sans se décourager, Sasuke le suivit. Il l'avait décidé, et même les caprices de Naruto ne l'arrêteraient pas.
Evitant les patients et les docteurs, Sasuke attrapa l'homme en fuite et le fit trébucher. L'homme tomba dans ses bras et resta là. C'était comme si Sasuke l'inclinait à la fin d'une danse. Sasuke ne serait pas capable de tenir cette pose romantique trop longtemps Naruto était bien trop lourd.
- Inutile de courir. Je t'ai attrapé et je ne vais pas te laisser partir !
- Sasuke, qu'est-ce que tu fais ?
Sasuke leva les yeux pour voir d'où provenait la voix, et il vit Naruto debout en face de lui. Le regard dans ses yeux disait clairement qu'il pensait que Sasuke avait perdu le peu d'esprit qui lui restait.
- Attends, Naruto ? Si tu es là… Qui diable êtes-vous ?
Sasuke tira le masque chirurgical vers le bas pour révéler le visage d'un interne en chirurgie totalement dérouté, qui n'était pas du tout Naruto.
- Que… Pourquoi diable avez-vous couru ? demanda Sasuke avec indignation à l'homme surpris.
- Qu'attendiez-vous que je fasse ? Le costume, le trench, l'entrée sensuelle et spectaculaire ! Evidemment, je pensais que vous étiez Yakuza(3) !
La curiosité pris Naruto.
- Pourquoi fuiriez-vous devant un Yakuza ?
- Eh bien, j'ai contracté quelques dettes de jeu et (pouf).
La réponse du chirurgien finit par un grognement de douleur, parce que Sasuke l'avait laissé tombé sans ménagement sur le sol et l'avait enjambé pour rejoindre Naruto.
- Ecoute, idiot, nous devons parler. Et, si je ne le fais pas maintenant, je suis certain de ne jamais pouvoir le refaire.
Naruto commença à vouloir répondre mais Sasuke le coupa avant même qu'un mot ne puisse sortir de sa bouche.
- Je sais que tu penses que je ne sais pas ce que je ressens, mais c'est faux. Je n'ai jamais eu les idées aussi claires que maintenant. Je t'aime, je le sais, et j'ai besoin que tu le saches. Pas le genre d'amour que tu peux commander, et que tu peux imputer au fait que nous soyons meilleurs amis ou même comme des frères…
Une femme avec un problème d'audition essaya de comprendre la conversation.
- A-t-il dit qu'ils étaient frères ? C'est honteux ! Et pourtant si fascinant et érotique. Peut-être parce que c'est si tabou et interdit. Vous savez j'ai eu un cousin…
Son infirmière fit monter la dose de sédatif de sa perfusion, et elle tomba dans les vapes en quelques secondes. La bavarde la distrayait de ce soap opéra grandeur nature.
Sasuke continua à parler, agité, n'ayant heureusement pas entendu le débordement de la femme.
- Mes sentiments sont fous et intenses, et franchement je commence un peu à paniquer. Ca n'a aucun sens. C'est pur et grossier en même temps et ca me fait ressentir les choses les plus incroyables que je ne pense pas avoir le droit de sentir. Parce que je sais qui je suis.
Je ne suis pas une personne parfaite il y a des nombreuses choses que je regrette d'avoir faites.
- Nous avons tous les deux de graves problèmes de confiance, et j'ai fait plus de choses qu'il n'en fallait de mon côté pour que tu aies peur de me faire confiance. Parfois, je ne peux pas m'empêcher d'être moi-même…
Mais je continue d'apprendre, je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses.
- Mais, je suis prêt à essayer, pour nous, pour toi, parce que je sais que tu le vaux bien. Et ce que nous pourrions avoir deviendrait réel.
Et, donc, je dois te dire avant de partir, je veux juste que tu saches je me suis trouvé une raison de changer celui que j'aie été.
Une raison de recommencer depuis zéro. Et, cette raison, c'est toi.
- Tout ce qui est arrivé par le passé, je ne peux pas l'effacer, j'aimerais pourtant. Je n'étais pas toujours là pour toi mais, à partir de maintenant, je veux avoir cette chance.
Je suis désolé si je t'ai blessé, c'est quelque chose avec laquelle je dois vivre chaque jour.
Et toute la peine que je te cause, j'espère pouvoir la faire disparaître, et être celui qui sèche tes larmes,
C'est pourquoi j'ai besoin que tu saches que…
- Et je sais que tu ressens la même chose que moi, ou je ne me serais pas exposé ainsi.
Je me suis trouvé une raison de montrer une partie de moi que tu ne connaissais pas.
Une raison pour tout ce que je fais, et cette raison c'est toi…
- Et je jure devant Dieu que s'il n'arrête pas de chanter, je vais lui briser les jambes !
- CETTE RAISON, C'EST TOI ! ET CETTE RAISON C'EST TO-…
D'ici là, l'aspirant chanteur était à genoux en train de montrer toute sa valeur. Ca pouvait être sa chance. Etait-ce souvent que les propriétaires de maisons de disques se rendaient aussi accessibles ?
Il se calma soudainement quand il entendit Sasuke hurler. Il s'arrêta de dénuder son torse et ouvrit les yeux sur un propriétaire de label le regardant avec furie. Il se leva timidement.
- J'étais juste… en train d'offrir une petite musique d'ambiance pour votre confession gay, hein. Hum, j'ai un CD de démo de mon groupe et moi jouant…
Sasuke fit un pas menaçant vers l'homme qui lui fit dévaler le couloir en hurlant. Faisant une pause pour vérifier si personne d'autre n'avait envie de percer dans le milieu, Sasuke en vint à s'apercevoir que tout le personnel hospitalier, tous les patients valides et les visiteurs s'étaient rassemblés pour assister au show. C'était officiel il s'était ridiculisé.
Pour l'insulter encore plus après cette blessure, Naruto le regardait, incrédule, comme s'il lui avait poussé une deuxième tête. Sasuke se sentit gêné et perdu.
- Ca ne fait aucune différence, n'est-ce pas ? Tu as déjà fait ton choix.
Et sur ce, il se tourna soudainement et quitta rapidement l'hôpital, laissant un Naruto stupéfait et un public en attente derrière lui. A part une personne en fait.
- INCROYABLE ! Quelle merveilleuse scène.
Chiyo, une patiente âgée avec une fâcheuse tendance à faire la morte pour effrayer les internes, s'avança d'un pas désinvolte en face de Naruto.
- Tout bonnement incroyable ! De tous les hôpitaux dans lesquels j'ai été, je n'ai jamais pu voir de théâtre vivant ! Oooh, est-ce le moment où vous lui courez après et que vous lui déclarez votre amour éternel ?
Elle le regarda en battant des paupières.
Naruto leva alors la main et retira l'intraveineuse, qui maintenait grand-mère Chiyo en vie, de son bras, se laissant aller à un rire démoniaque pendant qu'elle s'effondrait sur le sol. Au moins, c'était ce qu'il aurait voulu faire. Naruto réprima l'envie.
Sasuke retourna à la maison en un temps record. Il lui fallait trouver un moyen rapide, propre et efficace de se suicider. Il avait besoin de le trouver avant que la douleur et le chagrin du traumatisme qu'il avait enduré ne le frappe. Non, il n'était pas mélodramatique, et oui, il était sérieux.
« Bien sur que tu l'es, tu en fais des tonnes. »
Un spectre de Naruto se moqua de lui, pendant qu'il regardait autour de la maison s'il y avait quelque chose pour assouvir ses tendances suicidaires.
- Tais-toi ! Tu n'as pas la permission de parler !
Bien, il se disputait avec son imagination. Le spectre de Naruto roula tout simplement des yeux et disparut.
Quelques minutes plus tard, Sasuke n'avait toujours pas trouvé quoi que ce soit d'assez digne pour être utilisé lors de son suicide. Il s'assit pour angoisser et mangea une tomate. Il se tuerait plus tard.
Il sursauta de surprise quand la porte s'ouvrit soudainement en grand. C'était Naruto, plié en deux et haletant. Le blond se débattait pour retrouver son souffle.
- Naruto !
L'autre homme leva la main, demanda à Sasuke de lui donner une minute pour retrouver de l'oxygène.
- La voiture… en panne… ai… du… courir… jusque… ici…
Quelques respirations plus tard, Naruto se redressa, ayant retrouvé la forme.
- Gama-chan s'est arrêtée à environ 5 kilomètres d'ici, j'ai couru à pleine vitesse de là-bas.
- Pourquoi ? demanda Sasuke avec suspicion, essayant de ne pas trop espérer.
- J'ai pensé que tu essaierais de trouver un moyen rapide, propre et efficace de te tuer. C'est du sang ou du jus de tomate ?
Sasuke s'essuya rapidement le visage.
- Je vais bien, crétin. Et je ne suis pas suicidaire, dit Sasuke avec humeur.
- Non, mais tu en fais toujours des tonnes.
Sasuke lui envoya un regard noir qui en disait long.
- Qu'est-ce que tu as, bon sang ?
- Excuse-moi ?
Sasuke fut surpris du ton de Naruto. Qu'avait-il fait ? Lui, Uchiha Sasuke, était celui qui s'était horriblement humilié lui-même en public !
- Tu ne peux pas faire un choc à un type, comme ça, puis pleurer en t'enfuyant vers le coucher de soleil ! Ta déclaration était comme une grenade balancée par-dessus la portière.
- Je ne me suis pas enfuis en pleurant ! Je…
- J'étais à l'hôpital ! J'étais en train de travailler ! J'avais un échantillon d'urine de l'un de mes patients dans les mains. Tu ne pouvais t'attendre à ce que je me remette si vite et que je te cours après ! Juste parce que maintenant tu as décidé de prouver ta sincérité !
- Eh bien, je…
- Ce n'est pas l'une de ces séries médicales où il y a plus de liaisons amoureuses que de personnes malades ! Tu as une idée de ce que j'ai du faire pour venir ici ? J'ai du déposer l'échantillon, demander les tests, remettre mes patients à mes stagiaires et à Sakura, et puis m'expliquer avec Maman, afin que je puisse quitter l'hôpital.
- J'ai juste pensé que…
- Oh, je sais à quoi tu pensais ! Tu pensais que tu devais juste arriver d'un pas désinvolte, beau et attirant. Tu m'aurais baratiné, je me serais évanoui, tombant dans tes bras comme une beauté du Sud emprise sous ton charme, puis nous aurions consommer notre amour dans un placard !
- J-Je ne pensais pas à te faire t'évanouir…
- C'est la vrai vie ! Pas un show télévisé, pas un mauvais roman à l'eau de rose, et certainement pas une fanfiction yaoi avec des caricatures et une intrigue avec un humour raté, écrit par une folle de sexe avec une perception idéalisée des gays écrit pour d'autres fans fous de sexe, avec une perception idéalisée des gays ! Dans la vraie vie, Sasuke, tu fais des trucs comme ça quand j'ai du temps de libre !
Sasuke resta silencieux, effrayé à l'idée de dire quoi que soit de peur que Naruto ne lui envoie d'autres remarques cinglantes.
Maintenant que Naruto semblait s'être essoufflé, Sasuke s'hasarda à placer quelques mots :
- Alors… Tu es venu me parler de quoi ?
Naruto soupira et pinça l'arrête de son nez.
- Non, je ne n'ai plus rien à te dire, Sasuke. J'ai assez parlé.
Le cœur de Sasuke commença à battre de manière irrégulière pendant qu'il essayait de comprendre où Naruto voulait en venir. Il sentit son estomac s'alourdir aux mots de celui-ci :
- J'ai pris une décision.
(1) «Animal Planet » est une chaîne animalière du câble américain.
(2) L'éléphant est le symbole du parti républicain aux USA (et l'âne est celui du parti démocrate).
(3) Les « Yakuza » représentent les groupes du crime organisé dans le Japon traditionnel et désignent aussi les membres qui en font partie.
A dans deux semaines pour le dernier chapitre... Snif! Eh oui déjà...
