Inspiré de "You're not alone" - Miku Hatsune (pour voir la traduction en français, regardez celle de Estrelia sur Youtube)
Après avoir remercié le petit-fils de l'artiste (et lui avoir promis qu'il sera toujours le bienvenu en Russie), la personnification est rentré chez lui, le tableau sous le bras. Trop fatigué à son retour, il a posé la peinture contre un mur et partit se coucher.
Le lendemain, sa première préoccupation est de trouver un endroit où il peut installer son cadeau. Il pense tout d'abord à sa chambre avant de se rendre compte qu'il regardera plus sa paperasse que le tableau en lui-même - ou à l'inverse sera déconcentré par la peinture et accumulera du retard. Et il n'a pas vraiment du temps à perdre vu tout le travail qu'il doit accomplir...
Donc, sa chambre est éliminée des zones potentielles.
Il songe alors à la salle à manger -mais il ne passe pas beaucoup de temps là-bas- à la cuisine - cependant il craint que la peinture s'écaille à cause de la vapeur, et à force, finisse par se dégrader- et le hall. Le hall retient particulièrement son attention. Il passe régulièrement devant une fois son travail terminé et ce n'est pas un endroit où la peinture risque d'être abimée.
Cependant, il n'y a pas de mur qui est réellement en face de lui. Il risque de passer devant sans le regarder et remet donc en question son résonnement.
Ivan pousse un soupir de fatigue en s'asseyant sur une chaise.
- Qu'est-ce que je vais faire de toi? Dit-il à l'intention du tableau, je ne sais même pas où te mettre.
- ...
Il soupire de nouveau, sachant pertinemment que la fillette ne lui répondra pas.
Et puis, il se rend compte que le tableau est déjà à sa place. Le couloir en face des escaliers principaux. Pourquoi il n'y a pas pensé plutôt? Il enfonce un clou dans le mur er y accroche (enfin!) l'objet.
Ivan se recule, contemplant son travail. Le tableau n'est ni trop haut ni trop bas. Peut-être qu'il l'a mis un peu trop sur le côté gauche mais qu'importe. Il est satisfait du résultat.
Il prend la chaise, se met à cheval dessus et fixe une nouvelle fois la petite fille blonde.
- Tu es vraiment mignonne, tu sais.
Il pense vraiment ce qu'il vient de dire - et ce sous aucun sous-entendu.
Il reste un moment sans rien dire. Puis il jette un coup d'œil à sa montre.
11h34
Il fait une petite moue d'ennuie. Il doit aller prend l'avion pour le "meeting world" - qui se déroulera à Washington cette fois-ci. Joie.
- Une semaine... annonce-t-il dans le vide, c'est long...
Et il partit chercher ses affaires.
Après la semaine aux Etats-Unis (où le meeting world a été un véritable fiasco, comme d'habitude), Russie est rentré comme promis. Tout semble avoir repris son cours normal.
Enfin, presque.
Lorsque la nation rentre chez lui, il va devant le tableau, s'assis et reste ainsi pendant environ une heure. Au début, il se contente juste de d'admirer l'œuvre d'art. Puis, il a commencé a lui parler. Juste un petit peu. Et ensuite beaucoup. Il lui parle de tout et de rien. De lui-même, des autres pays, de la (maudite) neige qui est tombé, des tournesols et des endroits chauds.
- J'aime beaucoup les tournesols ! Ce sont mes fleurs favorites! Un jour je t'en montrerai si tu veux!
Sa chaise couine alors qu'il se décale un peu pour mieux la regarder.
- A propos... C'est censé être un secret mais... Mon plus grand rêve serait de vivre dans un immense champ de tournesols avec les gens que j'aime!
Il rougit un peu à la fin de cette réplique.
- Il y aura mes sœurs bien sûr! Et Lituanie, Estonie, Lettonie... Chine aussi! Peut-être Amérique... Mais je ne sais pas s'il voudra vraiment...
- Mais ça ne serait peut-être pas juste... Après tout, j'ai beaucoup d'autres amis! Il y a aussi France, Allemagne, Prusse, Italie, Romano...
Sa voix s'est brusquement éteinte. Son regard fixe le vide, son sourire se suspend.
- Oui… J'ai beaucoup… D'amis… Articule-t-il avec peine, ce n'est pas de leurs fautes s'ils m'ont tous laisser ici… Ce n'était pas leur faute… Ce n'est pas leur faute… S'ils ne viennent pas me voir… Ils n'ont pas le temps c'est tout… J'ai…
Le reste de sa phrase est inaudible. Russie ramène ses pieds sur la chaise et pose sa tête sur ses genoux. Une larme discrète coule sur sa joue.
- J'ai… Beaucoup…D'amis… Tente-t-il de se convaincre encore.
- ...
Il reste un moment comme ça. Puis il sourit. Un sourire tordu. Et rit. Un rire brisé.
- Je suis complétement fou… N'est-ce pas ?
Seul le silence lui répond.
- Parler à un tableau… Il faudrait être fou pour ça, pas vrai ? Continue-t-il de rire.
- ...
Russie cesse alors de sourire. Ce silence le rend malade.
- … Je me sens tellement seul… Avoue-t-il en cachant sa tête sous ses bras.
- ...
Il sent sa manche devenir humide. Il respire lourdement, tentant de lutter contre la boule qui l'étrangle. Il déteste ça. Il déteste se sentir faible. Il déteste se sentir seul. Il déteste les autres pour ne pas venir vers lui. Il déteste les voir courir loin de lui tout en demeurant impuissant.
Il déteste. Il déteste tout ça.
- Je devrais arrêter de faire ça. Ça ne mène à rien… Conclut-il à voix haute.
- ...
Il se lève alors, et quitte la pièce, demeurant seul avec ses pensées.
