Inspiré de "Matryochka" chanter par Gumi Megpoid et Miku Hatsune.
Divers traduction existent en vostfr, vous devriez en trouver une facilement en rajoutant "vostfr" dans votre recherche ;)
Une matryochka est aussi le nom original donné aux "poupées russes", jouets en bois qui ont la particularité de s'emboiter les uns dans les autres.
Quelques jours plus tard, quelqu'un vient sonner chez Russie. Etonné, il ouvre la porte d'entrée.
- Oh, Natalia… Comment vas-tu ? Tu veux rentrer ?
- Je vais bien ! Répond celle-ci toute guillerette en entrant dans le hall, en fait je m'inquiétais plutôt pour toi… Tu as l'air un peu triste ces derniers temps…
- Oh ! Ne t'en fais pas ! Je suis juste… Un peu inquiet pour mon économie. C'est tout.
La personnification de la Biélorussie fronce les sourcils. Elle ne croit qu'à moitié se qu'il vient de dire. Mais elle sent bien que son frère n'a pas envie d'en parler maintenant. Et puis, elle est venue avec une idée précise en tête…
- Au fait, tu as réfléchis à ma proposition ?
- La proposition… ?
- La proposition de mariage ! Déclare-t-elle comme si c'était une évidence.
- Natalia, je t'ai déjà expliqué que je n'étais pas intéressé… Bredouille celui-ci en regardant ailleurs.
- Mais pourquoi grand-frère ? Moi je t'aime… Dit-elle en se rapprochant dangereusement d'Ivan.
- Moi aussi… Mais pas comme ça…
Silence.
- Grand-frèèère, gronde alors Natalia.
- Lai-laisse-moi tranquille! Crie de désespoir la grande nation avant de s'enfuir à toutes jambes dans sa chambre.
- Reviens ici! Nous devons nous marier! TOUT DE SUITE! Hurle alors sa cadette à ses trousses.
Il faut attendre que Biélorussie se calme et que Russie reprenne confiance en sa sœur pour que tout rentre à la normale. La journée étant déjà bien avancée, la biélorusse restera ici cette nuit - à la seule condition qu'elle ne tente pas de rentrer dans la chambre de son frère sans permission.
Natalia rêvassait quand Ivan est venu lui annoncer que le repas sera bientôt prêt. Revenir dans cette vieille maison rend la jeune femme mélancolique. Elle se demande alors si sa sœur ainée ressentirait la même chose si elle revenait dans ce lieu. Malheureusement pour elle, elle a beaucoup moins de liberté que Natalia et il fort peu probable qu'elle revienne ici. Pour l'instant du moins.
- Ta soupe est délicieuse Ivan.
- Ah! Merci! Sourit-il niaisement, j'y ai mis tout mon cœur dedans!
Natalia regarde gravement le jeune homme, choquée.
- ... Ce n'était pas au sens propre du terme Natalia.
- Tu me rassures, souffle Natalia en prenant un regard plus doux.
Après le dîner, la personnification de la Biélorussie allait monter dans sa chambre quand elle aperçoit son frère, assis sur une chaise, contemplant un tableau en haut des escaliers. Sans faire de bruit, elle monte le rejoindre.
Ivan ne prête même pas attention à sa présence lorsqu'elle arrive à sa hauteur. Ses yeux restent fixes, comme hypnotisé.
- Je n'avais jamais vu ce tableau avant, lance alors Natalia ce qui a pour effet de le faire sursauter son interlocuteur, tu l'as acheté récemment?
- Ah! Euh oui! Il est beau, pas vrai? Lui répond-t-il avec une certaine fierté.
- Hm...
De loin, elle croyait que ce tableau représentait une plaque d'argent, à cause de la surface grise et brillante. Mais de près, c'est le portrait d'une petite fille qui apparait. Elle n'est pas vilaine, plutôt réaliste mais sans plus. Le fond est, lui, plus intriguant.
- Oui, il est pas mal. Tu as dépensé combien pour ce truc ?
- Rien du tout. Je l'ai eu gratuitement! ~
Natalia est naturellement surprise. Qui pourrait se débarrasser d'un tableau de la sorte ?
- Qui te l'a donné ?
- Un homme qui travaille dans un cirque.
Voilà qui n'est pas banal ! Un amuseur de foire qui donne des tableaux de petites filles !
- Les humains sont décidément bien étranges… Murmure la biélorusse.
- Oui.
Silence.
- Allons-nous coucher grand-frère. Il est tard.
- Oui… Répond-t-il docilement.
-…
Biélorussie se réveille. Il est trois heures du matin. Elle a trop chaud, elle a soif. Au début, elle tente de se rendormir, ignorant ses sens. Mais bientôt elle n'en peut plus. Il faut qu'elle sorte prendre un peu l'air et boire un verre.
Silencieusement, elle descend de son lit à baldaquin. Elle tente de se faire légère pour éviter de faire craquer le parquet et prend une lampe de torche pour ne pas inonder le couloir de lumière. Elle ne veut pas réveiller son frère après tout ! (Même si elle doit bien avouer qu'elle aurait aimé se glisser dans le lit de son aîné et dormir un peu avec lui pour partager sa douce chaleur…). Pourtant, malgré les précautions de Natalia, le bois couine et elle doit faire attention où elle marche. Mais elle ne s'en fait pas. Elle a déjà dépassé la chambre d'Ivan et arrive presque au escalier. Elle s'approche de la rampe d'escalier et…
- AAAAAAAAHHHH ! Hurle la jeune femme en manquant de peu de lâcher sa lampe torche.
Russie est là, devant elle, encore assit à cheval sur sa chaise, encore assit devant ce tableau.
- Pardon petite sœur, je ne voulais pas te faire peur… S'excuse-t-il en bredouillant.
- C'est-c'est pas grave, c'est moi qui n'aurait pas dû crier comme ça… Mais bon sang Ivan, qu'est-ce que tu fais ici en pleine nuit ?!
Son interlocuteur regarde ailleurs, prenant un air de coupable.
- Je voulais regarder mon tableau… Souffle-t-il en tripotant son écharpe.
- Mais tu l'as déjà fait tout à l'heure ! Qu'est-ce que tu lui trouve de si extraordinaire à ce tableau ?
Il reste un moment silencieux, jouant encore avec son écharpe rose. Son regard se perd dans sa réflexion.
- Elle a l'air vivante.
- Qui ?
- La petite fille. "Mary".
Natalia reste un moment perplexe.
- Excuse-moi te remettre en question grand-frère, mais ce n'est qu'un tableau – un joli tableau certes mais un tableau quand même. Comment voudrais-tu qu'il soit vivant ?
- Je parlais de la petite fille.
- Soit, "elle" ne peut pas être vivante, reprend la jeune femme.
- Mais tu crois bien pourtant aux esprits…
- Ce n'est pas pareil ! Et puis d'abord je crois aux fantômes parce que je les vois. Je les entends. Je les vois faire des choses et je peux le prouver. Qu'est-ce que ta "Mary" fait ? Rien.
- … Elle change d'expression.
- Quoi ?!
- Quand je viens la voir, elle a le sourire aux lèvres. Quand je l'ignore, elle semble triste… Si triste… Parfois elle est neutre. Et aussi, le décor il change… Il y a des objets qui bougent… Et ce n'est pas une simple question de perspective. Ils changent vraiment ! Ils changent vraiment !
Il se retourne vers sa sœur. Elle a un visage neutre, ne laissant rien deviner de ses émotions ou de ses pensées.
- Tu me crois…. Tu me crois n'est-ce pas ?
- Bien sûr…
- Tu ne penses pas que je suis fou… Pas vrai ? Enchaîne-t-il, pas vrai que tu ne le pense pas ?
- Bien sûr…
Silence.
- Grand-frère, tu devrais aller te coucher. Je vais te faire un peu de lait, d'accord ? On va parler un petit peu…
- Je vais très bien Natalia !
- Bien sûr. Va dans ta chambre, j'arrive.
A pas lourd, le grand homme blond se lève et se dirige vers sa chambre tandis que la jeune femme descend les escaliers. Il s'est tourné néanmoins une dernière fois vers Mary.
Elle semble triste.
Les deux pays de l'Est ont ainsi parlé toute la nuit. Ivan lui a tout dit, le poids de la solitude, comment il est avenu à posséder ce tableau et à cette obsession (même s'il ne la qualifie pas ainsi) pour celui-ci. Il a un peu pleuré aussi. En tant que sœur (et future femme), elle l'a réconforté du mieux qu'elle pouvait.
Mais elle demeure frustrée. Elle veut l'aider ! Elle veut vraiment l'aider ! Mais à chaque fois qu'elle tente de le protéger, elle a l'impression qu'il souffre encore plus… Pourquoi tout ne pouvait pas être plus simple ? Pourquoi Ivan ne peut-il pas se contenter que de sa présence… ?
Il est plus de midi. La jeune femme blonde s'ennuie. Son frère dort à point fermé – il est tellement mignon quand il dort ! Il ressemble à un ange ! – et elle n'a rien à faire. Peut-être devrait-elle partir… ? Non, elle ne peut pas laisser son frère dans cet état…
Elle pousse un soupir. Peut-être qu'elle devrait aller lire ? Ou regarder un vieux film dans le salon ? Hum… De toute façon, elle n'y perd rien.
Natalia quitte sa chambre. Elle jette un coup d'œil celle de son frère –toujours endormi, avec un peu de bave qui coule sur une de ses joues. A cette vision, Biélorussie sourit tendrement. Elle referme doucement la porte et s'en va.
En sortant, son regard se pose sur le cadre de la peinture. Quelque chose attire alors son regard. Elle s'approche.
Ses yeux s'écarquillent de surprise.
La toile est déchirée.
Natalia passe ses doigts sur les lambeaux centraux, tentant de reconstituer le modèle original. En vain. Qu'est ce qui a pu provoquer ça? Et pourquoi? Ce n'est pas normal...
Par réflexe, elle saisit son couteau dissimulée sous sa robe. Elle fait demi-tour sur elle-même, aux aguets. Elle fait un pas.
Et le retire aussitôt.
Elle est trop choquée pour crier, pas assez intimidée pour s'enfuir. Elle reste là, paralysée.
Par terre, devant elle, il y a une petite fille blonde en robe verte, la face contre terre, visiblement inconsciente.
« Mary »
