Inspiré de la chanson "Hello/How are you", chantée par Miku Hatsune. Pour trouver une traduction française de celle-ci, je vous recommande celle d'Estrelia sur Youtube.
En anglais, "Hello, how are you?" veut dire littéralement "Bonjour, comment vas-tu/allez-vous?". Formule de politesse lorsque l'on rencontre quelqu'un qui nous est familier.


Biélorussie se fige. Le temps se stoppe une éternité. Elle a tant de question dans sa tête qu'elle n'arrive pas à réfléchir. Lentement, mécaniquement, elle s'avance, s'agenouille à côté de la petite fille (mais en est-elle vraiment une… ?), glisse ses doigts froids dans son cou. Elle est déjà surprise de sentir de la chaleur s'émaner de ce corps inerte et l'est d'avantage quand elle ressent son pouls.

Qu'est-ce que…

Qu'est-ce que ça veut dire ?!

- Est-ce que tu me crois maintenant ?

Biélorussie se tourne brutalement vers son interlocuteur. Son frère exprime une réaction neutre mais il penche la tête sur le côté. Silence maladroit.

- Je… Bredouille alors la blonde mais plus un son ne s'échappe ensuite de sa bouche.

Russie cligne des yeux et baisse son regard sur la petite fille. Aucun doute, c'est bien la petite fille du tableau. Un mélange de curiosité, d'excitation et d'un peu d'appréhension se mêlent en lui mais il reste calme.

Il s'approche, toujours aussi neutre, et soulève délicatement l'enfant dans ses bras.

- Qu'est-ce que tu fais… ? Demande faiblement sa sœur en se relevant avec lui.
- Eh bien, on ne peut pas la laisser par terre, tu ne crois pas ? Susurre-t-il avec un sourire étrangement amer, je vais l'emmener dans l'ancienne chambre des baltiques… Pour qu'elle puisse se reposer un peu… Et après je discuterais avec elle…

Et sans attendre de réponse, il se détourne de sa sœur et s'en va d'un pas déterminé. La jeune femme fixe alors le tableau déchiré, le regard vide.


Mary fait son tout premier rêve. Du moins, il lui semble que s'en est un. C'est doux, vague, confus. Chaud. Et étrangement agréable. Elle aperçoit une silhouette, toujours floue, mais Mary peut affirmer que la personne est dos face à elle.

- Père ! S'écrie-t-elle instinctivement.

Ce n'est pas un rêve ! C'est la réalité, elle en est sûre ! L'ombre se retourne. La fillette s'approche de celui qu'elle pense être son père.

- Père… Répète-t-elle une deuxième fois.

Le visage de son paternel semble s'illuminé d'un sourire. Il se met à sa hauteur et lui caresse gentiment les cheveux. Mary serre son géniteur dans ses bras tout en s'écriant :

- Je suis heureuse de vous avoir retrouvé Père ! Vous m'avez tellement manqué… Tellement…

Des larmes coulent d'un seul coup de ses joues. Toute cette tristesse, accumulée depuis tout ce temps, jaillie de son être tout entier mêlée à la joie. Ils sont enfin réunis ! Après tout ce temps… !

Son père se relève. Malgré ses larmes qui continuent de glisser sur ses joues, la petite blonde le regarde attentivement. Doucement, il se recule et se retire.

- Père… Père, où allez-vous ?!

Elle veut bouger, courir le rejoindre, mais son corps est comme paralysé.

- Père…

Il s'éloigne de plus en plus. Bientôt, il n'est plus qu'un petit point difforme…

- PAPA !

Il s'arrête. Mary crie de plus belle :

- Ne me laissez pas seule ! Je… Je veux être avec vous Papa ! Comme vous me l'avez promis…

Silence.

- Papa… Souffle-t-elle une ultime fois.

Un moment de flottement s'en suit.

Puis, il revient vers elle. La prend dans ses bras. Elle sent son corps chaud contre le sien et elle se laisse faire, apaisée. Il la berce.

- Ça va aller… Ne pleure pas… Tout va bien…

Cette voix… Ce n'est pas celle de Père. Elle est trop douce. Et bien qu'elle comprenne ces mots, ce ne sont pas ceux que père aurait utilisé. C'est…

Ses yeux se sont ouverts sans qu'elle s'en rende compte, mélangeant le fictif et le réel. Elle est dans ce qu'on appelle une « chambre ». Il y a des « couvertures » sur elle. C'est agréable. Et puis, il y a un homme qui la serre dans ses bras. Cet homme… C'est lui.

Confuse, elle continue de se laisser faire, ne sachant que dire ou comment agir dans cette situation.

Au bout de quelques secondes, il s'arrête et lui demande doucement, presque inaudible :

- Tu es réveillée, pas vrai ?

Elle ne répond pas tout de suite mais elle hoche sensiblement la tête de manière à dire « oui ». Les bras de son interlocuteur se desserrent, la laissant lentement libre de bouger. Il se recule et Mary peut à présent voir son visage.

Pas de doute, c'est bien lui.

Elle entend son cœur battre la chamade et sent ses joues se chauffer brutalement.

Son cœur. Ses joues. Ils ont chaud ! Ils ont chaud ! Ils ont chaud ! Comme une vrai petite fille ! Il y a du sang dans ses veines ! Elle est une vraie petite fille ! Elle est humaine ! Elle est… !

En voyant son regard interrogateur, elle ressent de nouveau une gêne et se calme aussitôt. Ah. Comment doit-elle se comporter ? Dois-t-elle tout lui avouer ? Mais son père lui a toujours dit que si elle disait qu'elle est une peinture, les gens auraient peur d'elle et ne voudraient pas être son ami… Mais en même temps, elle sait que lui, il est différent. Elle le sait. Il le lui a dit, quand il lui parlait avant qu'il aille se « coucher ».

Dans l'incertitude, elle se tait et le fixe, Russie ou Ivan Braginsky. Elle n'a pas très bien compris comment il s'appelle. Peut-être a-t-il plusieurs noms ?

Il la fixe en retour. Mary se sent trembler. Elle tremble ! Elle – non il faut qu'elle reste calme.

Il est beaucoup plus impressionnant que derrière le tableau. Est-ce pour cela qu'elle ressent une certaine « angoisse » ? Elle n'a jamais ressentie cette émotion auparavant… Ah ! Elle est angoissée ! C'est formidable –non non, elle doit demeurer neutre. Ne pas se laisser aller par toutes ces nouvelles émotions… Mais en même temps, c'est tellement génial ! Elle est enfin vivante !

- Tu es Mary, n'est-ce pas ? Finit-il par lui demander, toujours avec une voix douce.

Elle hoche vigoureusement la tête.

- Mary… Pardon de te poser la question mais qui es-tu ? Qu'est-ce que tu es exactement ?

La petite fille prend un temps d'inspiration, essayant de formuler quelque chose clairement. Elle sait maintenant quoi répondre :

- Mon nom est Mary Guertena. Je suis la dernière œuvre de Weiss Guertena ainsi que sa fille. C'est… C'est tout ce que je sais.

Elle détourne ensuite subitement le regard, gênée. Elle devine que mentir à ce stade ne la mènera à rien, autant dire la vérité.

Ivan est surpris. Bien qu'il lui ait parlé en russe, cette petite lui a répondu en japonais ! Encore heureux, après toutes ces années et par son statut de nation, il n'a aucun mal à la comprendre.

- Mary, tu comprends ce que je te dis ?
- Oui, bien sûr.
- Mais tu ne sais pas parler russe ?

La petite blonde cligne des yeux et le regarde avec un air interrogateur tout en fronçant les sourcils.

- Je ne sais pas ce qu'est le « russe » alors je ne peux pas en parler.
- Ce n'est pas ce que je veux dire, reprend-t-il patiemment. Le russe est une langue. C'est comme ça que je m'exprime actuellement. Toi, tu me réponds en « japonais », une autre langue. Est-ce que tu sais parler russe ?

Mary reste un moment silencieuse. Puis elle répond avec un regard inquisiteur :

- Comme ça ?

Russie a un petit sourire en entendant ce russe approximatif et maladroit.

- Oui. Ce n'est pas grave si tu n'arrives pas à me répondre comme ça à chaque fois, tu peux continuer à me parler dans la langue que tu veux d'accord ?
- Oui.

Le russe devient alors songeur. Comment un tel miracle était-ce possible ? Ce Guertena ne devait être qu'un simple peintre pour avoir créé une petite fille de toile et de peinture. Est-ce que Mary savait-elle elle-même que son créateur n'était pas des plus ordinaires ? Qu'elle n'est pas ordinaire ?

- Est-ce que j'ai le droit de te poser des questions moi aussi ? Interroge alors la petite fille, arrachant Ivan de ses pensées.
- Hein ? Euh, ça dépend quelles questions…
- Est-ce que tu es toi aussi une peinture ?

Ivan se met alors à rire, tant il ne s'attendait pas à cette demande.

- J'ai bien peur que non ! Pourquoi cette question ?
- Parce que… Bredouille Mary perturbée, parce que tu semblais comme moi… Tu vis longtemps et tu as un nom d'un lieu, comme certains tableaux de mon père et… Et tu as l'air différent. Tu n'es pas comme père… Est-ce que tu es vraiment un humain ?

Le sang de la nation se glace en entendant cette réplique. Ainsi, elle avait tout entendu ? Et dire qu'il pensait parler à un simple tableau… Du moins dans un premier temps.

- Je ne sais pas si je suis censé répondre à cette question… Lâche-t-il finalement.
- Je veux une réponse ! S'exclame alors violement la fillette, j'ai été honnête avec toi alors sois-le aussi avec moi !

Un peu choqué par le changement d'attitude de la petite, Ivan ne répond pas tout de suite. Puis il sourit gentiment à l'enfant :

- Bon, je vais te répondre. Mais c'est un secret d'accord ? Tu dois le dire à personne !
- Un secret…Répète la fillette fascinée, les amis se partagent des secrets, c'est écrit dans mon livre.
- Hum, je suppose… Répond le russe en fronçant un peu les sourcils d'incompréhension.
- Est-ce que cela signifie que nous sommes amis ?

Russie reste silencieux un moment. Ce n'est pas qu'il ne serait pas ravi d'avoir un nouvel ami de plus mais… Il n'a pas l'habitude que cette question la lui soit posé directement. D'habitude, c'est plutôt lui qui vient demander – et il n'a pas toujours la réponse attendu…

- Je suppose que oui, nous le sommes… Susurre-t-il prudemment.

L'enfant pousse alors un petit cri de joie et pour la première fois elle lui sourit. Puis elle redevient brusquement sérieuse et le fixe de ses grands yeux bleus.

- Cela veut dire que tu es mon tout premier ami…

Cette phrase sonne étrangement juste dans l'esprit de la nation. Ils se fixent une nouvelle fois en silence. Il y a… Il y a quelque chose de particulier qui… Qui les lie… Mais quoi ?

- Et donc, qu'est-ce que tu es exactement ? Redemande-t-elle, impassible.