Commentaire d'auteur :

Coucou mes petits niffleurs! :D J'espère que votre week-en se passe bien et pour ceux qui ont des exams (y'a des partiels apparemment mais vu que je ne suis plus dans le système éducatif depuis l'année dernière je suis paumée! XD) bonne chance à vous :3

On se retrouve pour ce troisième OS, honnêtement je ne pensais pas réussir à le finir aujourd'hui, mais c'est tant mieux! J'ai vu le film il y a trois semaines jour pour jour (et j'y retourne mardi d'ailleurs, enfin c'est pas la question xD) et j'avais envie d'écrire sur ces deux-là depuis, et c'est enfin chose faite!

Il faut savoir que j'adore les AU, et l'un de mes préférés reste celui sur le sujet des âmes soeurs! ;3 Néanmoins je trouvais que cela serait mieux dans l'univers d'origine, disons donc que c'est un demi AU!x)

Cet OS est aussi une demande de Cyrielle13, qui ne m'avait pas donné de détails à part le couple, donc cette idée est venue toute seule :3 Pour les autres n'hésitez pas à demander aussi! :D (surtout que j'ai très envie de réécrire sur Newt et Percival x'D)

Je pense avoir fait le tour donc je vous souhaite bonne lecture! ;)

PS : Je ne prends pas en compte les évènements du film dans cet OS, il n'y a pas eu la moindre histoire concernant Grindelwald :)


One-shot 3 : Les âmes perdues

Percival se demandait encore ce qu'il faisait là en ce froid après-midi de décembre, au milieu de la foule d'illuminés qui écoutait avec attention une non-maj hystérique en ayant après les sorciers. Sérieusement, son travail était de courir après de dangereux mages noirs, pas écouter une folle furieuse qui avait fondé le groupe de Salem pour s'attaquer aux sorciers! Il voyait mal ce que cette non-maj pouvait tenter contre eux. Néanmoins, c'est ce qu'on lui avait ordonné de faire, alors il restait là parmi la foule, le nez froncé et les mains au fond des poches de son manteau pour se protéger du froid mordant et de la neige tourbillonnante.

Le discours de cette femme dura un moment, mais il écouta attentivement : après tout, maintenant qu'il était là, autant faire son travail correctement. Néanmoins pas mal de gens finissaient par s'éloigner, le froid ayant raison d'eux, et la brune avait presque fini de parler. Décidant qu'il en avait assez vu pour faire un rapport, il tourna les talons tout en rentrant un peu la tête dans les épaules en espérant que sa fine écharpe puisse le réchauffer un peu, et c'est à ce moment-là que ça arriva.

Un murmure de voix porté par le vent, à peine audible mais qui le frappa tel un choc électrique, le faisant tomber à genoux. Un courant d'énergie lui parcourut le corps et compressa sa poitrine, lui coupant la respiration sous la violence du choc. Haletant, il porta une main à son coeur qui lui semblait violemment écrasé dans un étau tandis qu'il tentait d'aspirer un minimum d'air, ayant l'horrible sensation d'être en train d'étouffer. Deux personnes se penchèrent vers lui d'un air inquiet, mais il n'avait strictement pas besoin d'eux, il savait précisément ce qu'il se passait et il les poussa avec violence, tentant aussitôt de se remettre sur ses jambes, mais la douleur était encore trop présente et il ne put se mettre debout, restant sur le sol au milieu de la neige fondue, l'air impuissant.

Il chercha des yeux quelqu'un dans la foule à présent en grande partie dissipée dans les gigantesques rues de New York : il cherchait ce quelqu'un, mais rien. Commençant à paniquer, il se força tant bien que mal à se restreindre au calme : il n'était pas quelqu'un à perdre ainsi son sang-froid en temps normal! Bon, il faut dire que la situation était tout sauf habituelle et qu'il ne pensait même pas que cela lui arriverait un jour.

Ayant reprit à peu près sa respiration, Percival se redressa sur ses jambes, époussetant ses vêtements couvert de neige d'un geste mécanique, cherchant automatiquement des yeux un visage, mais rien. Finalement, en désespoir de cause il se racla la gorge et cria un « EH! » attirant l'attention des gens aux alentours qui lui jetèrent un regard perplexe alors que son coeur était de nouveau compressé mais d'une toute autre manière cette fois, comme un soulagement et il devina que peu importe qui c'était, son âme soeur s'était réveillée au son de sa voix.

Les mains tremblantes et un sourire lui mordant le visage il commença à arpenter la rue : il en était presque sûr, la personne qui lui était destinée le cherchait aussi. Néanmoins, la foule de New York était gigantesque, surtout en ce vendredi, quelques jours avant Noël où bon nombre de gens finissaient leurs achats. Il cherchait fébrilement sa moitié des yeux, tentant de ne pas céder à la panique en voyant qu'il ne trouvait personne. Il commença à chercher dans les rues adjacentes, bousculant les gens qui râlaient, certains lui rendant des coups d'épaule en guise de protestation mais il ne s'en rendait même pas compte, alors que son coeur le faisait anormalement souffrir, et il finit par comprendre, alors que son coeur semblait peser au fond de sa poitrine et que le noir de la nuit commençait à recouvrir New York d'un voile sombre, que l'autre personne n'était plus dans les parages, vu l'horrible sensation creusée dans sa cage thoracique.

Peu importe qui était son âme soeur, elle avait abandonné les recherches et cette constatation le fit s'écrouler de nouveau dans la neige, le corps tremblant de peur. Lui aurait été capable de chercher des jours entiers s'il le fallait, alors pourquoi...?

Non, il devait se calmer, peut-être que l'autre personne n'avait pas eu d'autre choix que de partir. Un peu rassuré à cette pensée, il finit par se lever, ignorant le fait qu'il aurait dû rentrer au MACUSA deux heures plus tôt et commencer à écrire son rapport, et préféra rentrer directement chez lui, se trainant d'un air extrêmement las et fatigué.

Il lui fallut près d'une demie-heure pour revenir à pied jusqu'à chez lui, alors que la neige tombait de plus en plus et gênait son avancée, le glaçant de froid. Les lèvres sur le point de craqueler et le bout des doigts commençant à bleuir malgré le fait de les avoir glissées dans les poches, il parvint à ouvrir sa porte après quelques essais et se glissa à l'intérieur pour refermer tout aussi vite, poussant un soupir de soulagement d'une voix abîmée par le froid en sentant la chaleur de l'appartement l'envelopper. Sans plus attendre, il se dirigea vers le salon et s'enroula dans un plaid qui trainait sur son canapé avant d'entasser tout un tas de buches pour allumer un feu dans la cheminée, s'asseyant au bord de ce dernier une fois que les premières flammes s'élevèrent. Fixant ces dernières qui montaient vite, leur lueur rougeoyante se reflétant dans ses yeux, il murmura pour lui-même :

- Pourquoi...?

Pourquoi avait-il fallut que cela se passe comme ça? Qu'il trouve et perde son âme soeur de cette manière sans savoir à quoi il ou elle ressemblait?

Il savait qu'il aurait dû s'estimer chanceux à vrai dire : peu de gens trouvaient leur âme soeur qui pouvait être n'importe qui dans le monde, ou qui pouvait tout simplement être trop jeune ou même pas encore née mais avec sa malchance, il était prêt à parier qu'il était tombé sur un ou une non-maj, alors que les sorciers n'étaient pas sensés les côtoyer.

Depuis qu'il était jeune, on lui avait parlé des âmes soeurs et la manière dont ces dernières se révélaient : il suffisait d'entendre la voix de l'autre, comme cela lui était arrivé avec ce murmure porté par le vent, ou plus rare parfois, que tout autre sens soit en contact. Le plus commun restait la voix ou le visuel, lorsque les deux âmes soeurs croisaient leur regard. Il y avait plus rare aussi, comme un toucher direct, inopiné ou encore l'odorat, bien que ce soit très innabituel, sans parler du sens du goût : il n'avait jamais vu une telle chose se produire, il faut dire qu'on ne mordille que rarement des inconnus dans la rue.

C'est pour ça qu'il avait ainsi crié dans la rue : s'il avait sentit son coeur être automatiquement relié à son autre moitié cela n'avait pas été le cas dans l'autre sens et il avait du faire en sorte que son âme soeur l'entende également où il n'aurait jamais eu la moindre chance de la retrouver.

En parlant de retrouver, se rappelant brusquement d'autre chose il se releva d'un bond et se dirigea vers la salle de bain, abandonnant sa couverture sur le sol et se planta devant le miroir de manière précipitée après avoir allumé la petite lampe qui se touvait sur sa droite. Fébrile, il se pencha vers le miroir et jura presque aussitôt :

- Et merde!

Face à lui, son reflet n'avait pas changé, hormi la mèche argentée qui tranchait avec la teinte sombre du reste de ses cheveux. D'une main légèrement tremblante il attrapa cette dernière entre les doigts, l'observant avec attention. Il aurait espéré que le signe montrant qu'il avait à présent une âme soeur serait moins voyant : certains avait une petite marque sur la peau qu'ils pouvaient cacher sous leurs vêtements et d'autres comme lui avaient moins de chance, avec une mèche de cheveux qui changeait de couleur, et il avait même vu certains avoir les yeux changer radicalement de couleur. Lui qui ne voulait en aucun cas avoir d'âme soeur, car cela pouvait être utilisé contre lui dans son métier où il passait son temps à chasser des êtres mauvais, avait maintenant la preuve bien en évidence sur le crâne. Et même en se coiffant, il n'était pas sûr de pouvoir la cacher, elle était large et bien visible.

Epuisé de tous ces évènements il se prit le visage entre les mains, s'accoudant au lavabo, tentant de reprendre ses esprits et décider ce qu'il allait faire à présent. Dans tous les cas, il devait retrouver cette personne, au moins pour que l'affreux poids qui pesait sur sa poitrine ne disparaisse. Et puis, peu imprte de qui il s'agissait, ce ne pouvait pas être une mauvaise chose en soi, n'est-ce pas? Ce serait forcément quelqu'un qu'il allait aimer...

Ce soir-là, Percival ne chercha même pas à manger, l'appétit coupé, et alla directement se coucher, prenant des heures avant de s'endormir dans un sommeil à peine réparateur, bien plus agité que toutes les nuits qu'il avait déjà passées.


Percival savait ce qu'allaient dire les gens au sein du MACUSA à propos de sa mèche argentée, il ruminait déjà cela alors qu'il se dirigeait vers l'entrée cachée aux non-majs. On allait critiquer, rire peut-être : après tout il était taciturne, n'appréciant que peu la compagnie des autres en général, acharné par le travail...certains iraient même jusqu'à plaindre son âme soeur d'être tombé sur lui, il pouvait le parier. Néanmoins, malgré toutes ces choses négatives il n'arrêtait pas de penser au fait que d'autres seraient dévorés par la jalousie de voir qu'il avait trouvé son autre moitié sans faire le moindre effort tandis que d'autres cherchaient désespéremment.

Il n'avait jamais cherché à trouver son âme soeur, tout d'abord pour les côtés négatifs évoqués la veille, mais également parce qu'il pensait, et qu'importe si cela le faisait passer pour un romantique un peu naïf, que l'amour ne se trouvait pas et qu'il nous tombait dessus sans qu'on ait rien demandé à personne.

Il venait d'entrer, comptant bien filer le plus rapidement possible à son bureau et s'attaquer tranquillement à ce rapport concernant le groupe de Salem, mais il fut pris de court par la vitesse à laquelle les gens virent ce qu'il avait de différent ce matin là, propageant déjà des murmures autour de lui. Serrant les dents, il avança en les ignorant, passant tout de même une main dans ses cheveux par réflexe, comme s'il souhaitait protéger la petite mèche argentée du regard du reste du monde.

- Monsieur Graves! Comment allez-vous? Nous ne vous avons pas vu revenir au bureau hier avec les autres, nous nous sommes inquiétés! s'exclama Tina, jaillissant soudainement dans son champ de vision, l'air d'être apparue de nulle part.

L'Auror baissa un peu les yeux vers elle tout en continuant sa route, devinant avec facilité qu'elle souhaitait très certainement être la première à avoir des infos concernant son âme-soeur.

- Mademoiselle Goldstein, la salua-t-il d'un air faussement poli. Il me semble que si je décide de rester plus longtemps sur les lieux de l'enquête, je n'ai pas à en référer à l'un d'entre vous.

- Oh, oui, évidemment! répondit-elle aussitôt, les joues rouges de s'être faite ainsi remise à sa place.

Graves jeta un regard autour d'eux, remarquant qu'on les observait de loin : les gens étaient avides de savoir, attendant que Tina n'obtienne des informations...dieu qu'il détestait ces imbéciles de sorciers tout juste bon à commérer à son sujet. Grinçant des dents, il se dirigea vers l'un des ascenseurs et de Tina qui, bien malheureusement pour lui, se trouvait au même étage. Un fois à l'intérieur et tandis qu'il montait, il tenta d'ignorer la brune qui se balançait d'un pied sur l'autre, l'air de réfléchir à ses prochaines paroles, sûrement dans le but de ne pas le froisser. Avec un soupir, l'Auror se résigna et fit remarquer d'une voix claire :

- Si vous avez quelque chose à dire mademoiselle Goldstein, ne tournez pas autour du pot pendant cent sept ans.

- Eh bien vous voyez monsieur Graves, beaucoup de gens se posent des questions depuis qu'ils vous ont vu ce matin...fit-elle remarquer d'un air mal à l'aise, mais néanmoins curieux qui ne lui échappa pas.

- Beaucoup de gens, hein? répéta-t-il d'un air las.

- Ils se demandent si...eh bien, si vous avez trouvé votre âme soeur...? termina-t-elle dans un souffle, levant les yeux vers lui.

- Je ne pense pas que connaître les détails de ma vie privée leur soit d'une utilité capitale, aussi je vous demanderai à vous et vos collègues de bien vouloir rester à votre place, répondit-il d'un air froid sans même la fixer.

- Oui, bien sûr monsieur...répondit-elle d'une voix faible.

Honnêtement, il n'aimait pas être aussi glacial avec elle ou les autres Aurors, mais il ne voulait absolument pas parler des derniers évènements qui s'étaient révélés être une catastrophe : son âme soeur pouvait se trouver n'importe où dans New York à présent, loin de lui, et cette constatation lui faisait vraiment mal à la poitrine, d'autant plus qu'il ne savait absolument pas à quoi ressemblait cette personne.

Une fois arrivés à leur étage ils se dirigèrent chacun vers leur bureau et Percival put enfin être tranquille, n'ayant plus le poids du regard des autres sorciers pesant sur ses épaules. Presque par automatisme il attrapa la mèche et joua avec d'un air distrait, ainsi appuyé contre son bureau. Il n'avait aucune idée de comment il allait s'y prendre, mais il était décidé à retrouver son âme soeur.


Deux jours étaient passés depuis que Percival avait trouvé son âme soeur, puis l'avait perdue dans la foulée et même si tout cela le préoccupait grandement, il se devait de continuer son travail comme avant et ne pas laisser ses sentiments interférer. C'est pour cette raison qu'une fois son rapport sur le groupe de Salem lut par la présidente Picquery, cette dernière avait décidé de l'envoyer se renseigner directement à la source, trouvant ce rassemblement de non-maj préoccupant. Il était accompagné de Tina ainsi qu'un jeune Auror qui se trouvait parmi eux depuis à peine un mois - ce n'était pas une mission dangereuse de prime abord mais ils n'étaient sûrs de rien, aussi la présidente avait décidé qu'il ne devrait pas y aller seul - ce qui l'avait d'ailleurs passablement irrité.

Ils n'étaient pas loin de la vieille église abritant une certaine Mary Lou Barebone, la fondatrice de cet étrange groupe qui semblait les avoir pris eux, les sorciers, en grippe. Ils marchèrent tous les trois pendant un bon quart d'heure dans la neige sale d'il y a deux jours, puisque le froid était encore trop présent pour lui permettre de fondre.

Une fois arrivé le chef des Aurors observa les lieux, qui ne payaient pas de mine de prime abord. Prenant une rapide décision, il se tourna vers les deux autres et leur demanda d'attendre ici dehors tandis qu'il allait parler avec cette fameuse Mary Lou. En voyant l'air presque horrifié des deux autres, Percival soupira lourdement et les enroba d'un sort de chaleur d'un geste de la main pour les empêcher de geler sur place lorsqu'il serait à l'intérieur. Leur soupir de soulagement lui arracha un sourire amusé : certains jours, il se demandait s'il n'était pas leur père plutôt que leur supérieur.

Une fois ceci fait, il se tourna vers la porte et toqua poliment, jetant un coup d'oeil aux deux autres Aurors qui se glissaient dans une rue adjacente, hors de vue mais prêts à intervenir au moindre problème. Graves reporta son regard devant lui lorsqu'il entendit les gonds de la vieille porte de bois usée grincer à l'ouverture, révélant une femme sur le seuil. Cette dernière était emmitouflée dans un épais manteau en feutre, la main toujours sur la poignée de la porte et le fixant de haut en bas d'un air scrutateur : dieu qu'il détestait cela.

- Bonjour monsieur, je peux vous aider? demanda-t-elle d'un air méfiant, le défiant presque du regard.

Percival devina immédiatement qu'il n'aimait pas cette femme : et pas à cause de ses griefs contre les sorciers, non loin de là, mais bien elle en particulier. Il lui semblait qu'elle transpirait la malice et la méchanceté, sans savoir d'où provenait cet étrange impression.

- J'espère que oui, répondit-il, triturant son écharpe du bout des doigts pour se faire passer pour quelqu'un de peu sûr de lui. Je voudrais en savoir beaucoup plus concernant ce groupe nommé Salem : ça m'intéresse mais je ne sais pas si...

- Vous êtes au bon endroit, si c'est ce que vous voulez savoir, répondit-elle d'un air soudainement bien plus aimable, s'écartant un peu de la porte et l'ouvrant en grand pour lui permettre d'entrer.

Percival se glissa à l'intérieur d'un air faussement hésitant et se tourna vers elle qui était en train de refermer la porte sur son passage.

- Vous nous excuserez du bazard, les enfants n'ont pas encore rangé ici, fit-elle en attrapant un petit chandelier pour le poser sur la table où il venait de s'asseoir.

- Ce n'est rien, répondit-il, observant les lieux.

L'endroit était très austère : il s'agissait d'une pièce aménagée dans une ancienne et toute petite église dont la chapelle à l'arrière devait sûrement être encore disponible. Il pouvait également entendre quelques bruits de pas au-dessus de lui, devinant ainsi qu'il y avait au moins un étage. Quelques enfants semblaient s'affairer en silence à préparer du thé tandis que Mary Lou s'asseyait en face de lui, le dévisageant à nouveau d'un air critique qui ne lui plaisait pas du tout. Percival hésita un instant mais décida de garder son manteau car il faisait très froid à l'intérieur, à cause de la neige tombée il y a deux jours mais également le vent glacial qui soufflait à l'extérieur, s'infiltrant entre les vieilles pierres de la bâtisse.

- Alors, il semblerait que mon organisation vous intéresse? demanda-t-elle au bout d'un certain temps, les mains autour de la tasse de thé qu'une petite blonde aux cheveux sales venait de lui apporter pour se réchauffer.

Graves ignora la tasse qui avait été déposée devant lui et se contenta d'observer son interlocutrice, acquiesçant à sa question. Il la trouvait bien présomptueuse pour appeler son petit groupe de fous furieux une organisation, mais qu'importe, il ne comptait pas la laisser faire longtemps. A la place il lui posa des questions anodines pendant près d'un quart d'heure, faisant mine d'être véritablement intéressé à l'idée de rejoindre Salem, mais néanmoins Mary Lou continuait de le fixer d'un air étrangement méfiant : et c'est à force de la scruter du regard de son côté qu'il comprit alors qu'il s'agissait étrangement de sa mèche argentée qui semblait ainsi l'intéresser. Interloqué, se demandant ce que cela pouvait bien lui faire - il n'était tout de même pas si rare de voir une âme soeur, même parmi les non-maj ! - il plissa un peu les yeux et finit par demander, mettant fin à cette mascarade :

- Pourquoi me fixez-vous de la sorte?

- Pour rien, répondit-elle aussitôt, semblant sur la défensive. C'est juste rare de nos jours de voir une âme soeur.

- Vraiment? demanda l'Auror d'un air peu convaincu. Vous ne devez jamais sortir de chez vous alors.

C'était vrai, après tout lui en croisait tous les jours dans les rues de New York, peu nombreux mais néanmoins là, avec leur mèche colorée au leur regard d'une couleur improbable, ou bien d'autres signes étranges qu'il avait pu voir durant sa vie - une fois, il s'agissait même d'une petite zone couverte d'étranges écailles bleutées.

Percival fut soudainement tiré de ses réflexions par des bruits de pas provenant d'un escalier qui se trouvait dans le coin à droite de la pièce, voyant débarquer une jeune fille qui devait avoir environ dix-huit ans, aux cheveux blonds et courts et habillée de la même manière que sa mère adoptive. Cette dernière ne le remarqua pas de prime abord, à moitié masqué par l'un des poteaux de bois de l'église, et s'exclama d'un ton accusateur :

- Mère! Credence refuse de couper sa mèche!

Mary Lou se tourna brusquement vers la jeune fille et la fusilla d'un regard de glace, lui faisant brusquement refermer la bouche en répondant d'un ton sec :

- Chastity!

Cette dernière avança tout de même un peu, remarquant alors la présence de Graves dans la pièce. Horriblement mal à l'aise, la blonde se dirigea vers lui en tentant d'avoir l'air adulte et lui attrapa la main pour la serrer, s'excusant mécaniquement de son attitude tout en le saluant. La maîtresse des lieux posait sur elle un regard mauvais, comme sur à peu près tous les enfants qu'elle avait apparemment "gracieusement recueillis" mai ce n'était pas ça qui intriguait le plus Percival en cet instant, loin de là : c'était l'étrange coup d'oeil qu'avait posé la jeune fille sur sa mèche argentée, discret mais insistant tout de même.

Fronçant les sourcils, il observa les deux femmes tour à tour et Mary Lou se leva alors, prenant un air décidé. Copiant son geste par automatisme, il regarda cette dernière avancer vers lui et lui serrer la main de nouveau tout en s'exclamant :

- Je pense que vous devriez repasser plus tard pour en discuter, il me semble qu'il va recommencer à neiger et il ne faudrait pas que vous restiez coincé ici.

Elle avait l'air de vouloir le mettre dehors, ce qui l'intriguait de plus en plus, et elle semblait en prime le fixer d'un air mauvais, pire que lorsqu'elle lui avait ouvert la porte.

- Pourquoi serait-ce si grave que je sois coincé ici? demanda-t-il d'un air soupçonneux.

- Oh non, je dis ça pour vous! contra-t-elle en le poussant vers la porte. Il ne faudrait pas que votre âme soeur ne vous voit pas rentrer, il pourrait s'inquiéter...

Percival se figea à ces mots, se plantant au milieu de la pièce, bien décidé à ne pas quitter les lieux. La fixant d'un regard froid, il répéta alors d'une voix faible, mais terriblement dangereuse :

- « Il? ». Comment savez vous qu'il s'agit d'un homme?

Après tout, il ne savait pas plus qu'elle s'il s'agissait d'un homme ou une femme, mais la situation devenait de plus en plus étrange pour que cela ne soit qu'une simple coïncidence. Cela eut pour effet de faire se figer à son tour Mary Lou qui jeta un regard presque craintif et supposa, d'une voix qu'elle ne semblait même pas croire elle-même :

- Je l'ai supposé, voilà tout...

Cette fois-ci, Percival sembla définitivement perdre patience : quelque chose ne tournait par rond ici, et il était persuadé sans trop savoir pourquoi que cet endroit, cette femme avait un lien direct avec son âme soeur, son regard et celui de la jeune blonde vers sa mèche n'avaient fait que le confirmer. Oubliant les règles, celles qu'il passait son temps à faire respecter, il plongea une main dans sa poche et récupéra sa baguette magique, la dressant en direction de Mary Lou qui recula d'un pas, lui jetant un regard mi-effrayé, mi-dégoûté.

- Je savais que vous étiez l'un de ces immondices de sorciers! Allez au diable! rugit-elle, empoignant le chandelier qui trainait à portée de sa main pour le brandir entre eux deux.

Si Percival n'avait pas été aussi furieux, il aurait probablement rit au nez de cette femme détestable qui pensait pouvoir se défendre d'un sorcier aussi puissant que lui avec un vieux chandelier usé. A la place il lui jeta un regard mauvais, ignorant les quelques enfants dans la pièce qui fuyaient à l'étage où dans les pièces d'à côté tandis qu'en haut, des pas précipités se faisaient entendre.

- Chastity, empêche Credence de descendre ici! ordonna Mary Lou envers la jeune blonde d'un air dur.

Graves les observa toutes les deux, et encore une fois ce petit coup d'oeil de la part de la jeune femme sur sa mèche, et il comprit enfin. Bien involontairement, il sentit son coeur gonfler dans sa poitrine et il demanda :

- Il est ici, n'est-ce pas?

Son âme soeur était là, il était prêt à parier n'importe quoi en cet instant. Le coeur battant, il fixa comme dans un brouillard flou Chastity courir vers les escaliers, sûrement pour empêcher quiconque de descendre mais c'était trop tard car quelqu'un débarqua à toute vitesse pour voir ce qui provoquait ainsi les cris enragés de sa mère adoptive, et son coeur fit une violente embardée dans sa poitrine, coupant net sa respiration sous le choc.

Etonnament, la première pensée qui lui traversa l'esprit fut « Merci mon dieu, c'est un adulte! » et cela libéra son coeur d'un poids supplémentaire. Il se fichait bien de tomber sur un non-maj à vrai dire, tant qu'il n'avait pas la malchance d'être tombé sur un enfant : or, ce jeune homme là devait avoir un peu plus de dix huit ans tout au plus. Certes, Graves devait avoir le double de son âge, mais la situation était déjà bien mieux abordable.

Percival avait dû mal à respirer, presque haletant face à la révélation qui venait de lui arriver en pleine figure tandis qu'il observait le garçon, qui devait bien être aussi grand que lui, aux cheveux aussi sombres que les siens bien que la coupe ne gâche un peu la finesse et la beauté naturelle de ses traits - et leurs regards s'accrochèrent enfin.

Aussitôt, la sensation de son coeur s'envolant hors de sa poitrine l'étouffa et il manqua à nouveau de perdre son souffle, totalement déstabilisé. Ce n'était pas comme lorsque leurs âmes avaient été reliées deux jours plus tôt dans la rue, processus qui s'était avéré au final terriblement douloureux : cette fois-ci, cette douleur était presque légère, salvatrice même, tentant de se reprendre alors qu'il tenait à peine sur ses jambes. Le jeune à quelques mètres de là ne semblait pas dans un meilleur état, vu ses épaules tremblant sous le choc et son regard écarquillé. Leurs deux regards sombres ne semblaient vouloir se détacher l'un de l'autre, comme reliés de manière invisible, et Percival pouvait sentir, légèrement apeuré de cet afflux soudain d'émotions, la manière dont tout son corps semblait le pousser vers le brun, en quête de sa présence, sa chaleur. A l'intérieur de lui, son coeur était terriblement malmené, écrasé dans un étau mais en même temps incroyablement léger. Il sentait sans comprendre quelque chose au fond de sa poitrine qui semblait gronder et racler les parois de sa cage thoracique avec vigueur, comme un animal cherchant à s'échapper d'une cage pour se jeter sur Mary Lou qui avait voulut lui cacher le garçon. Tremblant aussi, il ouvrit la bouche avec difficulté, et le nom s'envola d'entre ses lèvres :

- Tu es Credence?

Percival observa avec fascination le frisson que sa voix provoqua sur son âme soeur - plus jeune, avant qu'elle ne décède, sa mère lui avait longuement parlé de tout ça, et des sentiments que pouvait provoquer sa moitié sur soi-même, mais il était loin de penser que c'était aussi fort, que rien qu'avec sa voix il pouvait ainsi lui faire perdre son sang-froid.

- Oui...répondit finalement le jeune homme, la voix à moitié coincée dans la gorge.

Nouvelle surprise pour Percival qui sentit un frisson le parcourir de part en part lorsque la voix du plus jeune tomba dans ses oreilles, réchauffant tout son corps par la même occasion. Bon sang, comment avait-il put vivre sans cela pendant tant d'années au juste? Les sentiments le submergeaient tellement qu'il avait l'impression qu'il allait être emporté, dévasté par l'affection sans bornes qui semblait vouloir s'échapper de son coeur.

Graves amorça finalement un pas en direction de Credence - il aimait ce prénom - mais n'eut pas le temps de faire grand-chose d'autre car au même instant, Mary Lou profita de leur attention totalement détournée par leurs sentiments pour le frapper à l'arrière du crâne avec son chandelier et il s'écroula lourdement sur le sol à cause du choc, plongeant immédiatement dans l'inconscience, voilant la scène de noir.


La première chose que remarqua Percival en se réveillant, c'est qu'il avait affreusement mal à l'arrière de la tête. Les voix autour de lui résonnaient sous son crâne, le faisant grimacer davantage encore, tout cela ne faisant qu'augmenter la douleur déjà bien présente. Clignant des yeux pour chasser les lumières inexistantes qui semblaient l'aveugler, il tenta de se concentrer tant bien que mal sur son environnement et reconnut Tina, ainsi penchée sur lui, les sourcils froncés et l'air très inquiète.

- Monsieur Graves? Est-ce que ça va?

Il la fixa un instant sans mot dire, tentant de se remémorer ce qui avait bien pu lui arriver et pourquoi il se trouvait affalé sur le sol d'une pièce à l'allure miteuse en compagnie de Tina et du nouvel Auror, lorsque tout lui revint brutalement en mémoire. Se redressant d'un bond, la brune dut le retenir tant bien que mal en le voyant vaciller à cause de la douleur.

- Doucement! s'exclama-t-elle. Vous avez reçu un violent coup sur la tête.

Percival se contenta de cracher un juron envers Mary Lou, outré qu'il ait pu ainsi se faire avoir par une minable non-maj hystérique.

- Lorsque nous avons vu cette femme partir en courant de l'église en trainant ce garçon et que nous ne vous avons pas vu sortir nous avons commencé à nous inquiéter...avoua-t-elle.

- Attendez, quoi?! releva-t-il, paniqué.

Prenant une grande inspiration pour se calmer, il s'appuya à la table où il était encore assis quelque minutes plus tôt, se frottant les yeux.

- Elle est partie avec le petit? demanda-t-il, tentant d'oublier les trémolos dans sa voix. Et aucun de vous deux n'a eut l'idée de la suivre?

Il venait de cracher ces derniers mots d'un air mauvais, les fixant du regard, puis soupira face à leur air penaud qui signifiait bien que non.

- Le petit...? releva finalement l'Auror, un jeune blond d'environ vingt-cinq ans d'un air terriblement intrigué.

Graves ne répondit pas, se contentant de lui jeter un regard torve, puis tourna la tête vers Tina qui l'observa avec attention. Elle semblait inquiète de son état, il faut dire qu'il ne devait pas avoir l'air au mieux de sa forme en cet instant, avec toutes les émotions qui l'avaient secoué de parts en parts en si peu de temps.

- Où sont les autres enfants? demanda-t-il finalement.

- Ils se sont tous enfuis par la porte de derrière lorsqu'il nous ont vu arriver, expliqua la jeune femme.

Graves soupira à ces mots, se demandant de quelle manière il allait bien pouvoir retrouver Credence, tout en tentant d'oublier le mauvais pressentiment qui lui écrasait la poitrine.

- On devrait retourner au bureau, fit finalement la brune, quittant les lieux, suivie du nouveau et de Percival qui semblait, à leur sens, totalement ailleurs.


Encore un rapport à écrire avec les évènements survenus ce matin même : Percival trouvait ça absolument éreintant et totalement inutile, lui pourtant si à cheval sur les procédures en temps normal. Mais en cet instant, il avait bien autre chose en tête : Credence occupait tout son esprit, et il était terrifié à l'idée que Mary Lou puisse lui faire le moindre mal. En vérité, une fois qu'il eut réussit à rassurer Tina et le nouveau qu'il allait bien et pouvait rester seul, il s'était assis à son bureau pour écrire ce foutu rapport mais rien ne venait et il ne faisait que jouer avec son stylo d'un air distrait. Il n'arrivait pas à s'ôter le regard si sombre, vide de son âme soeur qui avait semblé s'illuminer en le voyant, comme s'il était un phare en pleine tempête pour un marin ou une bouée de sauvetage pour un naufragé dans ce monde si dur et froid.

Un soupir de dépit lui échappa et il reposa le stylo brutalement sur la surface en bois, prenant son visage entre ses mains, ne pouvant contenir les tremblements qui se glissèrent sur sa peau. Tous ces sentiments étaient beaucoup trop à encaisser et il ne savait plus où donner de la tête : il avait dû mal à faire le tri entre sa haine pour Mary Lou qui venait d'il ne savait où, peut-être de Credence lui-même s'ils étaient liés à ce point, la peur qu'il arrive quelque chose à ce dernier, et l'amour inconditionnel que son coeur semblait lui porter après l'avoir eu sous les yeux quelques minutes à peine. Lui n'avait pas voulu de tout ça à la base, il souhaitait juste continuer sa routine au MACUSA, faire son job, la seule chose à laquelle il avait toujours excellé. Mais à présent, il se retrouvait avec une âme soeur, et qui avait accessoirement la moitié de son âge et en danger à l'heure actuelle. Parce que Percival ne se leurrait pas, cette femme était tout à fait capable de lui faire du mal.

Bien malheureusement pour lui elle lui donna raison près d'une demie-heure plus tard : alors qu'il s'était finalement assoupit sur son bureau, vidé de ses émotions, une violente douleur au creux des mains le fit se redresser brusquement, lâchant un cri de douleur par la même occasion. Totalement paniqué, il leva ces dernières, n'ayant pas le temps de récupérer sa baguette magique et prêt à utiliser sa magie sans elle : mais il n'y avait personne dans son bureau. Sans comprendre, il fronça les sourcils mais du retenir un nouveau cri lorsque la même douleur le frappa, plus forte cette fois, le faisant se plier en deux, les mains brûlantes. Totalement perdu et haletant, il fixa ces dernières sans comprendre ce qui lui arrivait, puisque ses mains semblaient tout à fait normales. Sans un mot il attendit près d'une minute, avant que cette fois, la douleur ne le frappe sans prévenir dans le dos, le faisant étouffer un gémissement de douleur en se mordant la langue, sentant le goût du sang envahir sa bouche. Glissant de sa chaise de bureau il termina sa course lourdement sur le sol, sentant la douleur dans son dos reprendre à plusieurs reprises et il encaissa, pensant tout d'abord qu'on lui avait jeté un violent sort, avant que quelque chose, d'encore plus affreux si cela eut été possible, ne lui traverse l'esprit.

Cette douleur n'était pas la sienne, puisqu'il n'avait aucune marque notable et pas de sang mis à part sa propre morsure à la langue. C'était celle de Credence qu'il ressentait, il pouvait le jurer à présent, et cette constatation sembla lui écraser le coeur dans un étau de glace, sentant les larmes lui venir aux yeux.

Percival n'était pas ce genre de personne qui pleure de douleur, de tristesse ou quoi que ce soit d'autre : mais là, c'était tout simplement trop. Son âme soeur, le petit brun au regard vide était en train de subir quelque chose d'horrible, se répercutant dans chacun de ses os telle une vibration, et il ne pouvait rien faire du tout. Alors il attendit que cela cesse, mais les coups étaient toujours là, ils continuaient de pleuvoir comme de funestes gouttes, et il dû attendre un bon quart d'heure avant que la douleur ne cesse, le laissant exsangue sur le sol, l'esprit plus tout à fait clair. La seule chose qui lui parvenait à l'esprit, c'est que si lui avait été terriblement affecté par ces coups, qu'en était-il de Credence qui devait être lacéré de parts en parts, et était si chétif comparé à lui...?

Comme dans un rêve et sans trop savoir ce qu'il faisait il quita son bureau, s'appuyant sur les murs et ouvrit celui de Tina sans même frapper, s'écroulant sur le sol une fois la porte refermée : actuellement, il voyait en elle la seule personne capable de l'aider dans sa détresse.

- Tina...appela-t-il d'une voix enrouée à force d'avoir crié en se mordant le poing pour étouffer les sons.

La jeune femme, qui jusque là se trouvait sur son bureau à rédiger quelque chose et l'avait regarder entrer en se demandant si quelque chose clochait se leva d'un bond et se rua jusqu'à lui.

- Monsieur Graves?! Que se passe-t-il? On vous a fait quelque chose?!

La brune semblait paniquée, agitant les mains autour de son supérieur sans savoir quoi faire, l'air perdue.

- Elle va le tuer...elle va le tuer...fit-il d'une voix tremblante en s'accrochant désespéremment à son chemisier, les yeux écarquillés par la peur et l'inquiétude.

Tina n'avait jamais vu son supérieur dans un tel état de peur et de détresse, jamais il n'aurait osé se montrer ainsi à qui que ce soit, et elle comprit que c'était forcément à propos de quelque chose de terriblement important.

- Calmez-vous monsieur, respirez, tout va bien...expliquez-moi calmement, je vais vous aider, fit elle en posant une main qu'elle voulait réconfortante dans son dos.

- Credence...cette folle l'a frappé à répétition, je ne pouvais rien faire...Je pouvais juste sentir, je...

Graves se tut, incapable de prononcer davantage de mots, l'air d'être à court de ces derniers, sans trop savoir où il en était. Tina ne mit pas longtemps à comprendre, éclaircissant toute la situation.

- Credence, c'était ce garçon que cette femme a emmené de force ce matin, n'est-ce pas?

Elle n'attendit même pas que son supérieur ne réponde à la question, sachant déjà qu'elle avait raison et n'aurait droit qu'à un hochement affirmatif de la tête, et préféra enchaîner d'un ton néanmoins plus doux :

- C'est lui votre âme soeur, n'est-ce pas?

Semblant presque ému à ces mots, l'Auror se contenta de faire oui de la tête, l'air draîné de toute énergie. Cette fois-ci la jeune femme l'aida à se lever puis le posa sur la chaise face à son bureau, posant une main réconfortante sur son épaule tandis qu'elle disait avec fermeté :

- On ne peut pas laisser cette situation s'éterniser. Dès que vous serez remis de vos émotions, nous irons directement voir la présidente Picquery et lui demander de nous aider à récupérer ce jeune homme.

Aussitôt, le brun attrapa son bras qu'il serra avec force, la faisant grimacer tandis qu'il répondait, l'air enfiévré :

- C'est hors de question! C'est un non-maj, et peu importe qu'il soit ou non ma moitié, vous savez très bien ce que dira la présidente! Elle me forcera à l'ignorer où ils finiront par l'oublietter ou le tuer! Je refuse qu'ils apprennent son existence!

Il relâcha un peu sa poigne et termina d'une voix faible :

- Ne leur parlez pas de Credence mademoiselle Goldstein, je vous en prie...

Tina lui jeta un regard un peu ennuyé, sachant très bien qu'à mentir là-dessus, elle pouvait perdre son emploi d'Auror. Néanmoins, elle ne pouvait pas laisser son supérieur ainsi, d'autant plus que ce n'était pas la première fois qu'elle voyait une telle situation. Sa soeur Queenie vivait dans la même peur, amoureuse comme elle était d'un non-maj du nom de Jacob et qui s'était révélé être son âme soeur alors qu'elle se contentait d'aller acheter du pain un dimanche matin à cette nouvelle boulangerie dont elle avait tant entendu parler. La brune voyait comme cette loi qui séparait sorciers et non-majs pouvait faire d'horribles dégâts et briser les coeurs de certains, et Percival était, tout comme sa soeur, une énième victime de ce texte proclamé des centaines d'années auparavant et qui n'avait jamais été remis au goût du jour.

- Très bien, dans ce cas nous allons nous en occuper sans que personne ne soit au courant, fit-elle d'un air réconfortant, posant ses deux mains sur ses épaules.

- Vous êtes sûre de vous...? Je ne veux pas vous impliquer...fit Graves en faisant une grimace inquiète.

La brune ne put s'empêcher de rire à ces mots et répliqua :

- Vous m'avez déjà impliquée en vous effondrant dans mon bureau!

Elle reprit un air plus sérieux et termina :

- Nous retrouverons Credence dès demain, mais pour l'instant il vaut mieux que vous vous fassiez porter malade et rentrer chez vous pour vous reposer.

- Je ne peux pas attendre plus longtemps, imaginez ce qu'elle pourrait lui faire! s'exclama-t-il brusquement.

- Je sais, mais nous ne savons absolument pas où elle se trouve, vous devez accepter ça. J'ai quelques contacts dans d'autres départements du MACUSA, je pense connaître quelqu'un qui me doit un service et la localisera pour nous, mais je dois m'occuper de cela cet après-midi si nous voulons la trouver demain. Le mieux c'est donc que vous rentriez pour dormir un peu, expliqua-t-elle, reprenant à peine son souffle.

- Je n'arriverait jamais à me reposer avec ce qu'il se passe...murmura-t-il.

- Vous devez essayer, vous devez être en forme pour le sauver demain.

L'aidant à se lever, elle le poussa en direction de la sortie, terminant :

- Je vais m'occuper d'aller annoncer que vous êtes malade et rentrez chez vous, dépêchez-vous de filer.


Percival avait vu toute la nuit défiler sans réussir à dormir, se retournant sans cesse dans son lit avec appréhension, priant pour qu'il n'arrive rien de plus à Credence tant qu'ils seraient ainsi séparés, mais dieu merci aucune douleur ne vint le reprendre. Néanmoins, les dernières étaient toujours présentes, pesant sur ses muscles, le courbaturant un peu partout. Il s'était finalement à moitié assoupi lorsque l'on frappa à la porte de chez lui tôt le matin, le faisant se redresser d'un bond, surpris. Avisant l'heure, il poussa un juron en voyant qu'il devrait déjà être en train de se préparer pour se rendre au MACUSA et voir ce que Tina avait décidé et quitta son lit, enfilant tout de même un haut et un pantalon pour se rendre à sa porte, ayant la surprise d'y trouver la brune.

- Tina? fit-il, les sourcils haussés, l'air surpris.

- Bonjour monsieur Graves, fit-elle avec un sourire qu'elle voulait rassurant.

Voyant qu'il na fixait d'un air un peu perdu elle finit par gentiment l'écarter du passage pour se faufiler chez lui, n'osant cependant pas aller plus loin que le vestibule. Ignorant la tenue un peu débraillée de son supérieur - elle ne pouvait lui en tenir rigueur avec tout ce qui lui arrivait depusi trois jours - elle le fixa du regard et avoua :

- Je sais où est Credence ainsi que sa mère.

Percival se redressa brusquement, se retenant tout de même de tiquer en voyant qu'on pouvait oser considérer cette tortionnaire de Mary Lou comme la mère de sa moitié.

- Très bien, on y va! s'exclama-t-il finalement avant de se diriger vers sa porte.

Tina le stoppa d'un geste, posant une main sur son épaule tout en s'exclamant :

- Oh, où comptez-vous aller dans cette tenue? Je vous rappelle qu'il doit faire moins dix dehors!

Cela fit hésiter l'Auror, qui finalement retourna dans sa chambre, laissant la jeune femme l'attendre sur le palier. Il al rejoignit quelques minutes plus tard, parfaitement habillé et coiffé, sa mèche argentée parfaitement visible parmi tous ses cheveux noirs : il semblait à Tina qu'il acceptait bien plus cette situation que deux jours plus tôt, c'était une bonne chose. Finalement ils quittèrent les lieux, se rendant dans les rues de New York. Il avait recommencé à neiger durant la nuit et c'était toujours le cas ce matin-là où de ptits flocons tombaient du ciel sans un bruit, rendant les rues étrangement plus silencieuses.

- Si vous êtes ici avec moi et non pas au MACUSA, que leur avez-vous dit? demanda soudain Percival, secouant un peu la tête pour se débarasser des flocons qui le recouvraient.

- Que j'avais attrapé froid tout comme vous la veille, fit-elle avec un petit sourire.

Un instant de silence s'installa entre eux deux, bien vite brisé lorsque le brun posa enfin la question qui lui brûlait les lèvres :

- Comment avez-vous retrouvé sa trace?

- Eh bien, j'avais un ami qui me devait un service : il est plutôt bon pour retrouver les gens, il ne dira rien à personne concernant Credence.

Graves acquiesça d'un air satisfait, faisant confiance à Tina sur le reste du chemin. Il leur fallut un bon moment de marche pour finalement arriver sur les lieux, alors que les rues qu'ils traversaient étaient de plus en plus miteuses et insalubres, si bien qu'il semblaient tous les deux faire tâche dans un tel décor. Tina les amena finalement jusqu'à une bâtisse délabrée et qui semblait totalement innabitée.

- C'est ici? demanda Percival, interloqué.

- Oui. Il semblerait que cette femme avait de nombreux endroits où se cacher, ou encore des gens faisant partie de son groupe qui pouvaient l'héberger.

- Je vois...

Néanmoins, cette fois-ci elle semblait s'être cachée ici, persuadée que les sorciers qu'ils étaient ne pourraient jamais la retrouver dans l'immensité de New York : bien mal lui en avait pris de les sous-estimer. Peut-être pensait-elle pouvoir faire terriblement souffrir l'Auror par le biais de Credence, sans même penser que la vengeance de l'Auror allait s'annoncer retentissante.

- Que faisons nous? On entre de front? lui demanda Tina d'un air intrigué.

Percival secoua la tête, désignant une rue sur le côté. sans un mot, la jeune femme le suivit, se faisant tous les deux les plus discrets possible, bien aidés par la neige tombée durant la nuit qui étouffait leur bruits de pas. Ils arrivèrent finalement derrière la maison qui tenait à peines sur ses fondations, avisant une porte à l'arrière. Le brun observa l'endroit et fit remarquer à Tina :

- Ils sont sûrement en haut, il y a de la lumière à cette fenêtre, expliqua-t-il en montrant cette dernière. On devrait pouvoir entrer sans se faire repérer.

Il avança jusqu'à la porte, ouvrant le loquet de la porte à l'aide d'un Alohomora qu'il effectua d'un simple geste de la main sans même s'embarrasser de sa baguette, puis poussa le battant en bois, priant pour que ce dernier ne grince pas - et heureusement ce ne fut pas le cas. La jeune femme le regardait faire, impressionnée par sa maîtrise de la magie, bien qu'elle ne lui en souffla pas mot. Se faufilant après lui, elle referma la porte pour empêcher le froid glacial d'entrer et de faire remarquer à Mary Lou que quelqu'un était entré.

Une fois à l'intérieur, ils observèrent les lieux, qui étaient loin d'être en bon état. L'endroit était mangé aux mites et sentait le renfermé. La poussière recouvrait le peu de meubles encore présent, cassés pour la plupart ou en tout cas, particulièrement fragile. Le vent froid de l'extérieur semblait s'engouffrer de tous les côtés et sifflait entre les pierres et les battants de bois, faisant même craquer l'escalier alors que personne ne se trouvait encore dessus. Avançant à pas de loup ils se dirigèrent vers ce dernier et d'un murmure, Tina rendit les marches silencieuses et ils purent monter sans faire craquer le vieux bois sec sous leurs pas. D'un geste, Percival lui indiqua la pièce au fond du couloir qui était allumé et s'y dirigea, la jeune femme non loin derrière lui. Il était prêt à jeter le moindre sort d'un geste de la main si Mary Lou se trouvait à l'intérieur ou jaillissait de nulle part, mais même lorsqu'il poussa la porte de la pièce qui grinça dans un affreux bruit, il n'y avait que Credence dans un coin de la pièce qu'il remarqua après seulement quelques secondes, assis à même le sol.

Sentant son coeur se gonfler dans sa poitrine, il finit de faire irruption et après un rapide coup d'oeil pour être sûr que l'autre femme n'était pas là, il se dirigea à grands pas vers le jeune homme recroquevillé contre le sol, qui le fixait d'un regard écarquillé.

- Vous...mumura-t-il d'une voix terriblement faible, ne semblant pas croire à ce qu'il avait sous les yeux.

- Je suis venu te chercher, Credence, fit Percival en guise de réponse.

Tina resta en retrait, ne voulant pas s'immiscer entre eux tandis que l'Auror s'accroupissait auprès du plus jeune, gardant néanmoins un mètre de distance pour ne pas l'effrayer davantage : il avait beau être son âme soeur toute désignée, il restait un inconnu à ses yeux, même si leurs coeurs criaient le contraire.

La main légèrement tremblante, Percival l'avança vers le brun, qui n'osait pas esquisser le moindre geste, comme paralysé sous le regard du plus vieux. Lorsqu'il déposa finalement ses doigts sur le visage de Credence, un frisson leur parcourut la peau et l'Auror retint son souffle, fixant avec fascination la mèche argentée du plus jeune et qu'il n'avait qu'à peine put voir la veille. Malheureusement, un cri de stupeur les fit se tourner d'un seul geste, et le plus vieux retint un juron en voyant qu'une fois encore, totalement accaparé par la présence de son âme soeur, il avait oublié le reste et qu'à présent Tina se trouvait à la merci de Mary Lou, cette dernière ayant jeté la baguette de la jeune femme dans un coin tandis qu'elle avait placé un couteau sous sa gorge.

- Ne bougez pas où je la saigne comme un porc! s'écria la femme, jetant un regard fou furieux à l'Auror.

Ce dernier se figea, serrant les dents en se demandant comme il allait pouvoir se sortir de cette situation.

- Je savais que vous alliez finir par venir, continua la femme avec une petite moue dégoûtée. Les liens entre des âmes soeurs sont trop puissants pour être ignorés.

Elle fit une pause et termina :

- Bien que je ne comprenne pas comment on peut s'éprendre d'un être aussi vulnérable et pathétique que lui.

Percival entendit clairement le sanglot brisé dans la voix du plus jeune dans son dos, puisqu'il se répercuta jusque dans son coeur, le faisant grimacer d'un air mauvais vers la femme qui osait ainsi le critiquer. C'était-elle seulement regardée dans un miroir, avait-elle vu toute la malveillance qui semblait suer par tout les pores de sa peau?!

- Jetez votre baguette par ici, où je l'éventre, fit-elle en agitant son couteau vers la gorge de Tina.

La jeune femme semblait terrifiée, mais également complètement abattue d'avoir ainsi été prise de court par une non-maj, qui s'était contentée de rentrer dans la pièce et se faufiler derrière elle sans un mot.

Lentement, Percival récupéra la baguette dans sa poche, ne faisant pas le moindre geste brusque, et laissa le morceau de bois rouler jusqu'aux pieds de la fanatique de Salem. Cette dernière eut un sourire mauvais et s'exclama soudainement :

- Bien, nous n'avons donc plus besoin d'elle à présent!

Alors qu'elle amorçait un geste fatal envers Tina, l'Auror réagit au quart de tour et leva sa main, projetant une gerbe d'étincelles aveuglantes aux yeux de la femme qui poussa un cri de stupeur, ne s'attendant pas à ce que le plus vieux puisse se servir de la magie sans sa baguette. Tina, qui avait deviné la suite et fermé les yeux, se tourna brusquement vers celle qui avait tenté de la tuer et la poussa violemment, avant de plonger pour récupérer sa baguette tandis que Percival faisait de même, se redressant de toute sa hauteur vers celle qui avait tant blessé sa moitié.

Cette dernière commençait à reprendre ses esprits, se frottant l'endroit où son crâne s'était cogné au mur lorsque elle se figea en voyant Graves debout devant elle, brandissant sa baguette vers elle, un regard glacial et déterminé posé sur sa personne.

- Je devrais vous tuer, fit-il d'un air meurtrier, son regard s'assombrissant par la même occasion.

- Alors qu'attendez-vous, espèce de suppôt de Satan? demanda-t-elle dans un rire hystérique, le défiant du regard.

Percival lâcha un grondement de colère, sentant cette dernière lui ronger les veines, incapable à contenir. Tina l'observait sans oser intervenir, terrifiée par la froideur dont il faisait preuve : elle ne l'avait jamais vu ainsi de toute sa vie. Finalement, l'Auror leva sa baguette, prêt à abattre cette femme d'un Avada Kedavra lorsque Credence s'exclama brusquement dans son dos :

- Ne la tuez pas!

Plus que surpris, Graves suspendit son geste, surveillant leur ennemi d'un oeil tandis qu'il se tournait à demi vers le plus jeune, demandant :

- Pourquoi? Tu voudrais qu'elle vive après tout ce qu'elle t'a fait endurer?!

- Je...commença le brun, hésitant. Je me fiche de ce qui peut lui arriver, mais je pense que si vous la tuez, vous aurez des problèmes, n'est-ce pas...?

Tina retint son souffle, sachant que le petit avait totalement raison : si la non-maj mourrait, le MACUSA ouvrirait une enquête et elle serait obligée d'avouer la vérité, qui ne serait pas si difficile à comprendre et là, Percival serait privé de sa baguette et finirait derrière les barreaux pour le reste de sa vie.

A son plus grand soulagement, elle vit finalement son supérieur baisser sa baguette et se tourner légèrement vers elle :

- Tina, emmenez-là au MACUSA s'il vous plait, et faites-là oublietter. Trouvez une histoire à raconter qui n'inclue pas Credence, je ne veux pas qu'ils connaissent son existence ou vous savez ce que fera la présidente.

Il hésita un instant et termina :

- Enfin, si vous acceptez de leur cacher cela...

La jeune femme lui adressa un sourire rassurant, s'avançant vers Mary Lou qu'elle ligota dans des cordes d'un simple geste de baguette. Forçant cette dernière à se relever, elle demanda ensuite à l'Auror :

- Et concernant Credence?

- Je vis m'en occuper, répondit simplement le plus vieux.

La brune n'insista pas plus longtemps, se contentant d'acquiescer en lui faisant remarquer de ne pas rester trop longtemps ici car des enquêteurs viendraient sûrement jeter un oeil, et attrapa avec fermeté l'épaule de Mary Lou pour transplaner hors de la bâtisse en ruines.

Une fois tout ceci fait, Percival relâcha enfin le soupir de soulagement coincé dans sa gorge depuis la veille : ça y est, c'était finit et personne n'était mort. Lentement, il se tourna vers le jeune homme et l'approcha, ce dernier le regardant avancer sans faire un geste, un air tout de même inquiet au fond des prunelles.

- Ne t'inquiète pas, je ne compte pas te faire le moindre mal, lui assura le sorcier d'un air doux.

- Alors, que va-t-il m'arriver...? demanda-t-il d'une voix tremblante. Vous avez dit à la demoiselle que vous alliez "vous en occuper"...

Percival ne répondit pas immédiatement, le dévisageant du regard, jetant un coup d'oeil à ses mains couvertes de marques encore fraiches, et son dos ne devait pas être ne meilleur état vu les douleurs qu'il avait lui-même ressenties la veille. Lentement, pour ne pas lui faire peur il avança jusqu'à se retrouver accroupit juste devant lui, prenant ses mains dans les siennes. Avec leur lien, Credence, quoique méfiant semblait lui faire une confiance aveugle et ne se retira pas, se contentant de fixer avec stupéfaction ses mains tandis que le sorcier les soignait d'un geste, ne laissant que de fines cicatrices qui allaient disparaître avec le temps, quelques mois tout au plus.

Face à cela, le plus jeune resta bouche bée, observant ses mains avec stupéfaction, se tendant légèrement lorsqu'il vit l'adulte se pencher vers lui, l'attirant dans un étreinte un peu bancale à cause de leur position sur le sol.

- N'ai pas peur, je vais seulement soigner celles de ton dos, lui expliqua l'Auror, glissant avec lenteur les mains sous le haut que portait Credence.

Ce dernier n'osait pas bouger, semblant ne pas croire la situation alors qu'il sentait distinctement les mains du plus vieux se poser ses ses blessures qui le brûlaient, le faisant terriblement souffrir depuis la veille, et dont il sentait la douleur refluer avec lenteur. Un sanglot brisé lui échappa lorsqu'il se rendit compte que la douleur avait totalement disparut et que la seule sensation qui restait était les mains fraîches du plus vieux posées sur ses omoplates et l'odeur enivrante de ce dernier alors qu'il le tenait toujours dans son étreinte.

- Je...je ne connais pas votre nom, fit soudainement remarquer le plus jeune.

- Je m'appelle Percival Graves, lui répondit ce dernier, mais tu peux m'appeler par mon prénom.

Il sentit le plus jeune acquiescer, la tête à moitié dans son cou et il lui demanda alors, pris d'un doute :

- Credence, sais-tu ce que sont des âmes soeurs?

Le jeune homme releva les yeux jusqu'à lui, acquiesçant faiblement en guise de réponse. Graves ne put s'empêcher de sourire un peu : cela facilitait pas mal de choses, plutôt que d'avoir à lui expliquer concrètement ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Malgré cela, il savait qu'il allait avoir beaucoup de travail, parce que sa moitié lui semblait tellement fragile, ainsi blottie au creux de ses bras, et il avait l'impression que n'importe qui pouvait briser le plus jeune d'un simple geste, tel une brindille par le vent, et que l'aider à reprendre confiance en lui prendrait des mois, des années peut-être, et lui avait tellement à faire, au MACUSA et contre Grindelwald et ses sbires de plus en plus nombreux...Mais il préférait ne pas y penser, se dire qu'il pourrait concilier ces deux vies-là, et préféra prendre le visage du plus jeune entre ses mains, quittant son dos.

Ce dernier scrutait ses traits comme s'il souhaitait les graver dans sa mémoire, comme s'il avait peur que Percival ne soit qu'un mirage qui disparaisse brusquement, le laissant seul comme il avait été toute sa vie. Le plus vieux voyait cela, mais il voulait lui assurer que jamais une telle chose n'arriverait, qu'il ne le laisserait pas tout seul, alors il se pencha légèrement et captura ses lèvres dans un geste d'une infinie douceur.

Il sentit Credence se raidir un peu face à ce geste avant de s'accrocher désespérément à lui, sentant ses larmes glisser entre ses doigts posés sur son visage, et son sanglot étouffé contre ses lèvres mais il se contenta de rester là, déplaçant légèrement l'une de ses mains pour caresser sa nuque d'un geste rassurant. S'éloignant un peu, toujours inquiet de ne pas le brusquer, il lui murmura un chut d'une voix douce, essuyant son visage baigné de larmes avec son pouce, la magie les faisant scintiller puis disparaître dans un éclat de lumière argentée.

- Je vais t'emmener chez moi, d'accord? Tu y seras toujours ne sécurité.

Credence osa enfin le fixer droit dans les yeux : à présent, il avait les joues écarlates, les mains toujours agrippées à son manteau comme s'il souhaitait l'empêcher de transplaner ailleurs en le laissant ici, et il murmura du bout des lèvres :

- Merci Percival...

Il blottit son visage au creux du cou de ce dernier, se concentrant sur leurs deux coeurs battant à la même fréquence et le lien qui semblait désespérément les rapprocher l'un de l'autre.

- Merci...


Commentaire d'auteur :

Et voilà, j'espère que vous l'avez aimé! :D Pour ma part il était vraiment super à écrire, j'adore ces deux-là, n'hésitez pas à me faire des demandes les concernant! :3 Je ne pensait pas que cet OS serait aussi long, je le voyais plus court et je me suis laissée emporter, mais on ne va pas s'en plaindre! x)

Le prochain OS est normalement un demi AU à Ilvermorny concernant Newt et Tina, à part si je suis vraiment tentée d'écrire autre chose avant mais je verrai :) Pas grand chose de plus à dire j'ai du faire le tour, donc à très vite les petits niffleurs et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ou faire des commissions au passage ;3