Commentaire d'auteur :
Coucou mes petits niffleurs! J'espère que vous allez bien!
Tout d'abord encore désolée de ne poster un OS que maintenant alors que j'avais dit en faire la semaine dernière, mais j'ai eu un imprévu, j'ai été signer un contrat de service civique lundi dernier et je ne pensais pas qu'ils voudraient que je commence dès le lendemain! XD (ouais je pensais être tranquille jusqu'à la rentrée et continuer à écrire toute la journée...raté) D'autant qu'en plus j'avais prévu de retourner voir le film le mardi, imaginez le désespoir! Bon au final j'y suis allée le mercredi toute seule, et puisque c'était une heure creuse et que les gens devaient davantage aller voir le nouveau Star Wars, j'étais seule dans la salle, imaginez le bonheur! ;3
Bon, assez parlé de moi, parlons de cet OS! Il s'agit encore d'un demi AU, l'idée de base vient de moi et le couple est demandé par Cello-no-Tenchi. Alors oui, ce n'est pas celui qui était prévu, et pareil pour le prochain. Je ne sais plus si j'ai déjà prévenu que je risquais de souvent chambouler l'ordre des sorties selon mon inspiration : je ne veux pas me forcer à faire dans l'ordre prévu et bâcler un OS juste pour écrire le suivant qui me tente davantage. x)
Dans tous les cas ce dernier est encore une fois assez léger, au contraire du suivant de la liste. Ce dernier m'a été proposé il y a quelques jours et j'ai jamais été aussi surexcité à l'idée d'écrire, il sera bien plus sombre et sensuel aussi, bref j'ai vraiment hâte! :3 Il devrait arriver avant Noël, sûrement jeudi, vendredi...dans ces eaux-là! :)
Je pense avoir fait le tour, on se retrouve en bas et bonne lecture! :)
One-Shot 4 : Une vie de chat
Contrairement à ce que l'on pouvait penser au premier abord, ou plutôt après avoir vu Newt et sa valise pleine de créatures magiques, ce dernier était tout aussi soigneux et attentif envers les simples animaux. Il ne pouvait pas se lancer à vouloir tous les sauver de la chasse ou autre chose qui les menaçaient, puisqu'ils étaient bien plus nombreux que les créatures qu'il passait son temps à côtoyer : néanmoins, lorsqu'un animal était en difficulté il faisait toujours de son mieux pour l'aider à aller mieux.
Ce fut ce qui arriva ce jour-là, durant un froid après-midi de janvier. Les fêtes étaient finies depuis prêt de deux semaines et les gens avaient repris le travail, se rendant à leurs bureaux avec difficulté à cause du vent glacial qui soulevait la poudreuse et les tas de neige tant bien que mal écartés sur les côtés des routes pour laisser passer les voitures et les quelques chevaux.
Newt était parfaitement emmitouflé dans son manteau bleu marine, attaché jusqu'en haut, son écharpe usée mais si chère à ses yeux enroulée tant bien que mal autour de son cou pour lui apporter un peu de chaleur. Ses doigts, engourdis à cause du froid étaient crispés sur l'anse de sa valise tandis qu'il arpentait les rues de New York, baissant la tête pour éviter de recevoir les flocons au visage.
Il était venu dans cette gigantesque ville parce qu'il s'agissait du premier port permettant de se rendre en Amérique : son but était de ramener un oiseau-tonnerre qu'il avait aidé et soigné récemment à rentrer chez lui en Arizona. Pour l'instant, il se rendait à un hôtel où il avait déjà réservé une chambre pour quelques jours, le temps de se reposer un peu mais surtout que la vague de froid glacial ne se calme un peu et qu'il puisse quitter la ville.
Alors qu'il avançait à travers les rues avec lenteur, son attention fut rapidement captée par des éclats de voix assez forts qu'il put entendre même avec le sifflement aigu du vent. Intrigué, il stoppa sa route et tendit l'oreille, peu sûr d'avoir bien entendu. En écoutant avec plus d'attention, il reconnut le timbre de voix appartenant à des enfants, sûrement en train de s'amuser dans la neige et il reprit sa route, pas plus intéressé que cela jusqu'à ce qu'il entende un miaulement effrayé parmi eux, le faisant s'arrêter à nouveau. Cette fois-ci, il se tourna complètement vers la rue d'où provenait le son, observant avce plus d'attention. Ne voyant pas grand-chose à cause de la neige tourbillonnante, mis à part des silhouettes qui bougeaient un peu plus loin il décida de s'engouffrer entre les deux bâtiments pour aller voir ce qu'il se passait.
Newt se félicita aussitôt d'être venu voir lorsque la scène plus que navrante s'étala devant ses yeux : une demi-douzaine d'enfants entouraient un chat noir à l'air famélique, recroquevillé contre le mur de pierre grise et froid derrière son dos, incapable de les fuir, acculé comme il était. L'animal saignait, vu le sang qui tâchait la neige devenue rouge sous son corps frêle, et il était roulé en boule, miaulement de manière étouffée et d'un ton presque désespéré. Les enfants riaient, enroulés dans leurs manteaux de fourrure pour leur tenir chaud, jetant des pierres au pauvre animal qui ne faisait pas un geste pour se défendre. A cette vision, le sang de Scamander ne fit qu'un tour et il franchit les derniers mètres qui les séparaient à grandes enjambées, sentant la colère gronder en lui, chose bien inhabituel alors qu'il était d'un naturel si calme et posé.
- Qu'est-ce que vous faites? demanda-t-il en les observant d'un regard perçant, attirant leur attention.
Les enfants se tournèrent vers lui, n'ayant même pas la décence de paraître gênés d'avoir été pris sur le fait, se contentant de leurs sourires méchants tandis que l'un d'entre eux avait encore des pierres pleins les mains.
- Les chats noirs portent malheur, répondit finalement l'un d'entre eux, jetant un regard de ses petits yeux méchants à l'animal en question.
Newt n'était pas du genre à juger les gens mais il n'apprécia pas l'air mauvais du garçonnet, au visage déjà à couper au couteau malgré son jeune âge, son regard semblable à celui d'un enfant gâté, les cheveux blonds aplatis sur son crâne.
- C'est à cause de lui qu'il fait aussi froid, répliqua un second, jetant une nouvelle pierre vers l'animal qui miaula misérablement.
- Ça suffit! tonna aussitôt Newt, hors de lui, avançant encore plus près d'eux.
Lorsqu'on s'attaquait de la sorte à des créatures magiques ou de simples animaux sans véritable raison valable, cela avait tendance à le sortir de ses gonds : c'était d'ailleurs sûrement la seule chose capable de le faire, il détestait qu'on les blesse de manière aussi affreuse.
- Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi ridicule! continua-t-il. Déguerpissez maintenant où vous allez le regretter!
Ces enfants-là était le genre petites terreurs à ne pas avoir peur des adultes mais le regard de Newt les dissuada cette fois-là d'avancer, il semblait presque...dangereux, aussi décidèrent-ils qu'il était plus prudent d'aller trouver autre chose à persécuter et laissèrent le chat dans la neige froide, tournant à l'angle de la rue en riant. Le magizoologue se contenta de soupirer d'un air las puis avança lentement vers l'animal qui avait redressé un peu la tête en entendant les voix des plus jeunes s'éloigner. Newt put voir avec facilité la terreur qui se lisait dans son regard alors qu'il avançait vers lui et cela le fit se figer à plus d'un mètre de l'animal, accroupit à la hauteur de ce dernier.
Le chat était blottit encore plus contre le mur, si tant est que ce fusse possible, feulant misérablement dans sa direction en espérant vainement pouvoir l'intimider.
- Je ne te veux aucun mal, assura le rouquin en tendant avec lenteur une main dans sa direction, comme si l'animal pouvait comprendre ses paroles.
Ce dernier semblait le considérer du regard, continuant de cracher vers lui avec le peu de force qu'il lui restait. Voyant qu'il continuait de saigner, Newt finit par avancer tout de même, ignorant les faibles coups de patte que donnait le chat en tentant de le repousser. Le sorcier ignora ces gestes et le prit dans ses bras le plus délicatement qu'il put et caressa sa tête du bout des doigts :
- Je vais m'occuper de toi.
Ce fut sur ces derniers mots que Credence s'endormit dans les bras de cet inconnu.
Lorsque Credence se réveilla, les yeux toujours obstinément clos, la première chose qu'il remarqua fut l'absence de la neige froide dans laquelle il dormait la plupart du temps, puisque tout son corps semblait engourdit par une chaleur agréable, celle semblable aux quelques lits où il avait eu la chance de dormir par le passé. Bougeant légèrement tout en espérant ne pas attirer une quelconque attention sur lui, il remarqua aussitôt qu'il était enveloppé dans quelque chose de doux, et sa curiosité fut la plus forte puisqu'il finit par ouvrir les yeux, découvrant ne premier lieu la couverture épaisse à motifs de Noël dans laquelle il était glissé.
Observant un peu plus l'endroit où il avait atterrit, il découvrit une sorte de cottage aux couleurs des fêtes passées quelques semaines plus tôt, comme si la personne qui vivait ici souhaitait profiter encore un peu de la magie de Noël. Il était dans le lit de quelqu'un sous cette fameuse couverture, non loin d'une cheminée où les flammes d'un feu dansait joyeusement : et ce n'était en aucun une expression, ces dernières dansaient vraiment, semblables à d'étranges personnages fait de langues de feu qui tournoyaient sur les bûches qui craquaient dans l'âtre. Son regard suivit ces derniers avec attention, les observant en comprenant alors qu'il devait sûrement se trouver chez un sorcier. Continuant de regarder, il remarqua vite que le cottage avait d'autres portes. Hésitant, il finit par vouloir se lever et explorer un peu lorsque des bruits de pas dans une pièce adjacente le firent se figer dans le lit, tétanisé : après tout, il ne savait absolument pas à qui il avait affaire.
Credence ne fit pas un bruit lorsqu'il observa l'homme qui l'avait tiré des griffes des enfants entrer dans la pièce. Ce dernier semblait quelqu'un de doux et agréable au premier abord, le regard clair posé sur lui et lui adressant un sourire agréable : le jeune homme, ou plutôt pour l'instant, le chat noir, ne se rappelait même plus la dernière fois ou quelqu'un l'avait regardé de la sorte, sans une lueur mauvaise, et cela lui réchauffa tellement le coeur qu'un miaulement lui échappa. Il se figea de stupeur mais le nouveau se contenta de sourire, poussant un peu la mèche bouclée qui lui tombait devant les yeux et approcha jusqu'à s'asseoir dans le lit à ses côtés.
- Eh bien, on dirait que tu es réveillé, lâcha-t-il, arrangeant un peu la couverture rouge brodée de flocons et de sapins.
Credence ne fit aucun autre bruit et se figea de peur en voyant l'autre avancer une main, mais ce dernier se contenta de le gratter entre les oreilles et de lisser sa fourrure, tant et si bien qu'il se demanda exactement comment il avait put en arriver là.
- Cela fait des jours que je t'ai ramassé dans la rue, encore quelques heures dans ce froid et tu étais mort...continua le rouquin avec un sourire un peu triste.
Le chat renifla de dépit, pensant que cela aurait été sûrement mieux et qu'il n'aurait sûrement pas manqué à qui que ce soit. D'ailleurs, il en comprenait pas pourquoi cet inconnu semblait si gentil avec lui.
- Tu as de la chance, je suis le spécialiste pour soigner les animaux ou les créatures magiques.
A ces mots, Credence comprit qu'il avait bien deviné et se trouvait chez un sorcier. Cette constatation lui tordit l'estomac, se demandant comment l'autre réagirait s'il venait à découvrir qu'il était un Animagus : après tout, ils étaient terriblement détestés et mal vus à cette époque, encore plus pour lui où les simples non-majs le prenaient pour un animal porte malheur.
A chaque fois qu'une telle chose arrivait et qu'un sorcier le prenait en pitié pour le recueillir, il ne fallait pas longtemps avant que ce dernier ne découvre sa véritable identité et le jette violemment dehors : certains n'avaient pas été tendres, loin de là, et il avait faillit ne pas réchapper des coups violents qu'il avait subit la dernière fois. Depuis, il avait décidé que ce serait terminé, qu'il ne se laisserait plus emmener chez quiconque : mais voilà, il s'était retrouvé acculé par des enfants cruels avec les animaux et quelqu'un avait une fois de plus eut pitié de lui...il ne savait plus s'il devait s'en réjouir ou se sentir dégoûté et honteux de se retrouver à chaque fois dans une telle situation.
Avec tout cela, au moins était-il encore en vie, et les blessures presque entièrement disparues : même s'il ne considérait pas sa vie comme véritablement importante, comme chaque être humain il s'en souciait un tant soit peu, et mourir dans le froid sous une pluie de pierres aurait été plus que misérable, encore plus qu'il n'était déjà.
Avant que Credence n'ait le temps de continuer à se morfondre de la sorte, un rugissement à l'extérieur du cottage le fit violemment sursauter et lui hérissa le poil, tant et si bien qu'un feulement involontaire lui échappa. Il se figea lorsque le rouquin caressa sa fourrure pour le calmer et murmura :
- Tout va bien, ce sont juste mes autres créatures, tu n'as pas à avoir peur.
Le jeune Animagus ne souhaitait même pas savoir ce qu'il sous-entendait par créatures : tout ce qu'il pouvait deviner, c'est que ces dernières étaient sûrement du genre à dévorer un chat famélique tel que lui d'une simple bouchée. Aplatissant ses oreilles sur son crâne, il tenta d'ignorer la caresse de l'autre être humain qui cherchait à le rassurer avant de finalement le prendre dans ses bras.
- Je m'appelle Newt, continua ce dernier, comme s'il pensait qu'un simple chat pouvait le comprendre.
Le déposant sur la petite table en bois usée et marquée de noeuds, il partit ensuite fouiller dans les placards à la recherche de quelque chose à lui donner à manger. Il revint vite auprès de lui avec un sachet de croquettes qui ne devait pas être de première jeunesse et Credence lâcha un miaulement outragé. Il avait toujours eut du mal à affirmer son opinion mais c'était plus simple lorsqu'il était sous cette forme, rare étaient ceux qui frappaient un chat pour un miaulement, au contraire d'un jeune homme en désaccord. Il avait donc moins de scrupules à donner son avis à grand renfort de cris félins. Newt ne put s'empêcher de sourire en l'entendant ainsi protester et fit remarquer :
- On a des goûts de luxe?
Credence se contenta de miauler en guise de réponse : après tout, c'était normal que les croquettes ne soient pas sa tasse de thé, il restait humain en fin de compte, même si son sauveur du jour n'en n'avait pas la moindre idée. Ce dernier finit d'ailleurs par reposer le paquet sur un meuble non loin de l'étagère et chercha quelque chose de plus intéressant, revenant quelques instants plus tard avec une boîte de sardines toute neuve. Après avoir galéré avec l'ouverture pendant quelques minutes, le rouquin déposa cette dernière devant lui et le laissa se nourrir tranquillement.
Une fois son repas terminé, le chat repoussa la boite un peu plus loin et resta assis sur la table, observant avec davantage d'attention Newt, qui était accoudé sur la table à le fixer. C'était encore l'un de ces humains affectueux de prime abord, adorable avec les chats comme il semblait être mais qui devenaient violents et furieux lorsqu'ils apprenaient avoir au final hébergé un autre être humain, un Animagus durant parfois des mois sans même le savoir. Credence le savait, le rouquin, bien que comptant parmi les plus adorables qui aient pu le prendre sous leur aile, n'était en rien différent des autres et lorsqu'il saurait, sa vendetta serait terrible.
Mais malgré tout cela, malgré le risque d'être découvert, Credence ne pouvait tout simplement fuir loin d'ici et ignorer cet homme qui lui avait sauvé la vie : non pas à cause de ce dernier point, mais parce que ce dernier semblait vouloir lui donner un minimum d'affection, celle qu'il recherchait si désespérément auprès des autres. La seule manière d'obtenir de tels gestes à son encontre était de rester sous cette forme alors tant pis, il restait un chat et gardait contre son coeur chaque miette d'affection qui pouvait lui être adressé de ses maîtres provisoires. Même si c'était une simple caresse aérienne contre sa fourrure, il s'en contentait, se retenant à tout prix d'en demander plus, d'en vouloir toujours plus parce qu'il savait parfaitement que les gens se trouvaient vite ennuyés d'être collés par un animal, et il ne voulait retourner le plus tard possible dans les rues de New York, priant au moins pour ne pas être découvert trop tôt et pouvoir passer le reste de l'hiver ici.
- Les non-majs sont décidément très étranges...fit Newt, les sourcils légèrement froncés, caressant le pelage ébène d'un air distrait. Pourquoi les chats noirs porteraient malheur?
Credence se contenta de miauler en guise de réponse, comme pour signifier qu'il n'en avait pas la moindre idée - c'était précisément ce qu'il disait, en réalité - et un doux sourire prit place sur le visage de son interlocuteur qui fit soudainement remarquer :
- Tu as l'air très intelligent pour un chat.
Même s'il savait que ce genre de compliment ne lui était qu'indirectement adressé, cela lui faisait toujours plaisir, bien qu'il essaya de l'ignorer. Malgré tout, pour l'instant il était davantage concentré sur Newt lui-même. Ce dernier ne ressemblait en aucun cas à ses anciens maîtres :il était plus petit que la plupart d'entre eux, avait un physique qui pouvait sembler frêle au premier abord, puisqu'il nageait à moitié dans des vêtements trops grands pour lui, mais c'était avant que le chat ne remarque la manière dont ses muscles se contractait sous l'effort : c'était un geste anodin mais qui n'en restait pas moins presque hypnotisant.
En parlant des gestes, les chats avaient beau être dotés de très bons réflexes, Newt semblait en avoir d'admirables pour un humain ordinaire, et alors que Credence, sous cette forme animale avait tendance à voir les gens bouger un peu plus lentement que lui, ce n'était pas le cas du magizoologue.
Pour parfaire ce tableau, ce dernier avait un sourire incroyablement saisissant : pas de ceux du genre qui dévoile toutes les dents et qui rayonne à dix kilomètres à la ronde, non. C'était un sourire qui semblait continuellement coincé aux bords des lèvres de Newt, gêné, comme s'il n'osait pas mais tout aussi lumineux que son regard était clair. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, Credence adora ce nouveau propriétaire, sa gentillesse, son physique aussi, il devait l'avouer, la manière dont il le prenait dans ses bras mais aussi comme les rondeurs des traits de son visage faisaient écho à sa propre enfance aujourd'hui partie en fumée.
Voilà près d'une semaine que Credence était en compagnie de Newt et appréciait grandement le temps qu'ils passaient ensembles. Comme il l'avait deviné, ce dernier n'était pas comme les sorciers ordinaires qui l'avaient déjà recueillit : il possédait, ou plutôt protégeait toute sorte de créatures magiques auxquelles il semblait tenir plus qu'à sa propre vie. L'Animagus était touché par la manière dont Newt semblait si désespérément accroché à eux, comme s'il s'agissait de sa propre famille.
Il avait aussi apprit qu'ils se trouvaient ici dans une valise - lui pensant au premier abord qu'ils avaient quitté New York pour arriver dans un endroit totalement inconnu - où Newt cachait chacun d'entre eux et s'en occupait avec une affection sans bornes.
Tout cela, Credence le savait, simplement parce que le magizoologue le lui avait clairement expliqué, comme s'il parlait à un humain plus à même de le comprendre. Au début, cela l'avait terriblement inquiété et il s'était demandé si Newt avait déjà deviné son identité, mais il avait finit par comprendre que le sorcier ne faisait que parler ainsi avec chacun de ses protégés : cela aussi, ça avait surpris Credence, après tout, c'était la première fois que l'un de ses possesseurs lui parlait d'égal à égal, encore plus lorsqu'il se trouvait sous cette forme. Les personnes précédentes avaient plus été du genre à lui parler comme on parle à un bébé, sans oublier les jouets comme une cordelette qu'on lui agitait sous le nez en espérant qu'il s'amuse avec. Même si ces gens ne pouvaient pas savoir qu'il était humain cela restait terriblement vexant.
Mais Newt était différent, ou plus que les autres en tout cas : la manière dont il s'occupait des créatures magiques qu'il avait dans sa valise et même de lui qui restait un simple chat était admirable.
Près d'un mois passa ainsi, rythmé des allées et venues du magizoologue dans sa valise, et Credence se demanda alors si ce dernier devinerait un jour son identité : il voyait déjà tellement ses créatures ainsi que lui comme des êtres intelligents et à part entière que le jeune homme doutait d'être un jour démasqué. Cette simple idée, même s'il tentait de ne pas s'y accrocher restait une source d'espoir continu.
Mais comme toujours, il avait fallut que Credence ne chamboule tout et ne détruise cette vie qu'il aurait pu avoir de la manière la plus stupide qui soit.
C'était une nuit comme les autres que ça arriva. Comme à son habitude, il était blottit contre Newt qui dormait souvent dans la valise. Ce dernier l'avait rapidement laissé dormir avec lui en voyant qu'il était un chat plutôt affectueux, au contraire de ses congénères. Quoiqu'il en soit, le jeune homme avait été réveillé en plein milieu de la nuit par une faim dévorante ainsi qu'une terrible envie de lait.
Bien qu'il n'en soit pas très fier cela arrivait souvent que les envies de sa forme animale, s'il restait trop longtemps sous cette dernière, ne prennent le dessus sur son côté humain et il avait finit par s'extirper du lit, avançant avec lenteur vers un petit réfrigérateur coincé dans un coin du cottage, à quelques mètres du lit tout au plus.
Le chat noir était à présent assis à même le sol de bois clair de la pièce et fixait la poignée du réfrigérateur d'un air particulièrement contrarié : il ne pourrait jamais l'ouvrir en chat et il ne pouvait décemment pas déranger le sommeil de Newt pour quelque chose d'aussi futile qu'une bouteille de lait.
Jetant un regard par-dessus son épaule, il remarqua que le rouquin dormait profondément, la tête tournée vers le mur si bien que même s'il ouvrait les yeux il ne le verrait pas avant de s'être retourné, lui laissant le temps de se retransformer dans le pire des cas. Ce n'était peut-être pas si grave s'il changeait, juste quelques secondes le temps d'ouvrir la porte et récupérer la bouteille...
Décidé, Credence reprit une forme humaine, se redressant tant bien que mal sur ses jambes, peu habitué à ces dernières puisqu'il n'avait pas reprit son véritable corps depuis plusieurs mois. Il portait toujours les mêmes vêtements usés que la dernière fois mais ignora cela, se concentrant davantage sur lui-même : il savait que lorsqu'on restait trop longtemps dans sa forme animale on avait tendance à en garder quelques caractéristiques. Au fil de ses transformations répétées, il avait pu voir ses cheveux devenir plus foncés jusqu'à ce qu'ils soient aussi noirs que sa fourrure et il était un peu plus résistant au froid ambiant. Vérifiant que Newt dormait toujours, il ouvrit la porte du réfrigérateur et récupéra la bouteille avant de la dévisser et la porter à ses lèvres.
Un léger bruit de satisfaction lui échappa lorsqu'il sentit le lait glisser dans sa bouche et essuya cette dernière avec sa manche, toussant un peu à cause de la précipitation avec laquelle il avait déjà avalé les trois quarts de la bouteille.
- Credence...?
La voix de Newt, provenant juste derrière son dos le surpris tellement qu'il eut un brusque sursaut et la bouteille de lait presque vide lui échappa des mains, se brisant sur le sol en répendant le reste sur le parquet. Avec lenteur, il se tourna vers le magizoologue et le fixa d'un air terrifié, incapable de faire le moindre geste. Le rouquin l'observait avec attention, n'ayant même pas bougé d'un cil en voyant la bouteille s'écraser sur le sol, et finit par dire :
- Je me demandais lorsque tu allais enfin décider à reprendre forme humaine, mais je ne pensais pas que tu le ferais lorsque je dormirai, avoua-t-il d'un air légèrement contrarié.
Credence le fixa sans mot dire, incapable de savoir quoi répondre à ces mots. Finalement, il finit par ouvrir la bouche et demanda avec hésitation :
- Comment...vous êtes réveillé? bredouilla-t-il sans parvenir à formuler correctement sa phrase.
Newt sembla le comprendre malgré tout car il répondit :
- J'ai le sommeil léger avec tous ceux qui vivent ici, je dois être prêt à me lever le plus rapidement possible s'ils ont un problème ou font des bêtises. J'ai simplement entendu le bruit du frigo ainsi que la bouteille de lait qui a cogné dans les autres lorsque tu l'as sortie.
Le brun se contenta d'acquiescer distraitement, avec en tête la seule pensée que le magizoologue aller le jeter dehors comme les autres. Il n'avait pas l'air du genre à frapper les gens, il l'avait deviné depuis le mois où il vivait ici, mais il serait ferme tout de même.
C'est seulement à cet instant que Credence ne réalisa les premières paroles de son hôte et le fixa d'un air choqué, demandant finalement d'une voix faible :
- Comment vous savez que...ma forme...enfin...
Il fronça les sourcils, exaspéré par sa propre incapacité à formuler ce qu'il souhaitait dire. Avec lenteur, Newt dégagea ses jambes du lit et les posa sur le sol, restant assis sur la couverture défaite. Il le regardait un peu en biais, comme s'il avait quelques difficultés à croiser son regard, reposant souvent ce dernier sur ses doigts avec lesquels il jouait sans véritablement le voir.
- Pour quelqu'un qui côtoie des créatures et des animaux si souvent comme moi, j'ai vite comprit que tu agissais de façon un peu trop humaine, expliqua-t-il. Au début, je pensais que c'était parce que justement, à force de leur parler comme s'il s'agissait d'êtres humains je me faisais des idées mais...
Il fit une légère pause et Credence fut surprit de voir le léger sourire qui s'étala sur son visage à la pensée d'un souvenir qu'il s'empressa de lui rappeler :
- Lorsque tu m'as donné ton nom en l'écrivant dans le sable avec tes pattes, j'ai compris que peu importe combien un chat pouvait être intelligent, il ne l'était pas à ce point.
Le brun ne put empêcher la grimace involontaire qui s'étala sur son visage en comprenant qu'il s'était lui-même vendu comme l'idiot qu'il était. Serrant les lèvres pour empêcher les larmes de dévaler sur ses joues à la pensée qu'il allait terminer l'hiver dans le froid, il finit par avoir un pauvre sourire et murmura :
- Je voudrais juste que vous me montriez la sortie, je préfère partir de moi-même plutôt qu'être jeté dehors comme à chaque fois, s'il vous plait...
Newt l'observa un instant, un air de totale incompréhension sur le visage, les sourcils légèrement froncés.
- Pourquoi tu veux partir? demanda-t-il finalement, peu sûr de sa question.
Credence parut un instant interloqué à son tour et il finit par répondre, avec un peu trop de véhémence peut-être :
- Eh bien...mais je suis un Animagus! Je ne peux pas rester ici!
- Et pourquoi tu ne pourrais pas? demanda très sérieusement le magizoologue, l'air perdu.
- Je ne sais pas d'où vous venez mais ici à New York, nous sommes extrêmement mal vus vous savez, on nous considère comme des voleurs et des mendiants.
Voyant que Newt ne semblait pas comprendre davantage même avec ces mots, il ne put retenir un léger soupir et continua, surpris que son interlocuteur en sache si peu à ce sujet :
- C'est sûrement parce que les derniers Animagus connus étaient de ce genre-là, à profiter de leur apparence animale pour voler les gens alors que nous étions en temps de guerre et que c'était déjà terriblement difficile de réussir à survivre.
- Credence, tu n'as pas l'air d'être ce genre de personne, le coupa le rouquin.
- Mais les gens pensent que si, alors je ne cherche plus à les contredire, répliqua le jeune homme, la voix étrangement brisée malgré la colère qui l'animait.
- Et donc, tu vis chez des gens jusqu'à ce qu'ils devinent ton identité et que tu doives retrouver un nouveau foyer...? demanda le sorcier, le front plissé par la compassion qu'on ne lui adressait que si rarement.
Le plus jeune finit par acquiescer sans un mot, plus que las de toute cette situation qui se répétait sans cesse. Même si Newt semblait être quelqu'un d'adorable, comme il l'avait constaté durant le mois qu'il avait passé avec lui, cela ne changeait rien à sa propre situation.
Newt finit par se lever de son lit sur lequel il était toujours assis et s'approcha du plus jeune avec lenteur, comme s'il ne souhaitait pas l'effrayer, et finit par poser une main sur son épaule.
- Credence, commença-t-il avec douceur, je ne vais pas te jeter dehors par ce temps - nous sommes en plein mois de février, tu mourrais de froid.
- Vous ne voulez pas avoir ma mort sur la conscience, hein...murmura-t-il d'un ton amer.
- Non! reprit le rouquin avec véhémence. Même lorsqu'il fera beau et plus chaud, tu pourras rester ici si tu le souhaites. Tu n'as aucun endroit où aller n'est-ce pas? Je t'offre juste un endroit où vivre.
Credence l'observa sans un mot, se demandant s'il était véritablement sérieux en lui faisant une proposition de cette importance mais Newt n'avait en aucun cas le visage de quelqu'un qui plaisantait dans un moment aussi crucial. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi ce sorcier, plus que ceux qu'il avait déjà côtoyé par le passé, lui faisait davantage confiance jusqu'à le garder avec lui.
- Vous...vous êtes sûr que je peux...? fit-il d'une petite voix, gêné.
Le plus vieux lui adressa un sourire rassurant. Il y avait quelque chose chez lui qui était une source de réconfort permanent qui semblait marcher aussi bien avec ses créatures que les humains, comme s'il adressait toute son affection par un simple geste ou sourire.
- Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le souhaites, Credence. Oh, et s'il te plait, arrêtes de me vouvoyer, après tout ça fait...eh bien ça fait un mois qu'on se connait.
Le plus jeune acquiesça d'un air timide puis Newt avisa son lit et rougit un peu, se grattant l'arrière du crâne d'un air gêné avant de faire remarquer :
- Je pense que je vais aller dormir avec les Occamys, il vaudrait mieux que tu finisses ta nuit dans mon lit en attendant de te trouver une meilleure place...
Le brun secoua aussitôt la tête et s'exclama :
- Je ne vais pas prendre votr-ton lit, se reprit-il avec précipitation, s'écartant de l'endroit désigné. Je peux peut-être enfin...aller avec eux?
- Tu es sûr? demanda Newt en fronçant les sourcils, peu sûr de cette proposition.
- J'ai déjà joué avec eux lorsque j'étais sous ma forme féline, non? J'ai à peu près la même odeur, je ne devrais pas trop leur faire peur...supposa-t-il avec un petit sourire.
Le rouquin acquiesça à l'idée, bien qu'il aurait préféré que le plus jeune ne prenne son lit, ce dernier semblait décidé à le lui laisser. Il finit par entrainer le brun jusqu'au Occamys. Comme la plupart du temps, certains étaient roulés en boule dans l'énorme niche de branches dans laquelle Newt dormait avec eux parfois, lorsqu'ils piaillaient un peu trop et réclamaient sa présence, même s'il avait toujours des difficultés à dormir d'un sommeil réparateur puisqu'il était un peu trop grand pour dormir ici, au contraire de Credence qui avait la taille idéale.
Poussant un peu les quelques créatures qui bougeaient dans leur sommeil et celles qui poussaient de petits cris faibles, encore éveillées, il réussit à faire une place au plus jeune et se tourna vers lui.
- Eh bien voilà...bonne fin de nuit, je suppose...murmura le magizoologue d'un air un peu gêné, se balançant d'un pied sur l'autre.
Son invité acquiesça avec un petit sourire et avança vers le nid pour se glisser avec les Occamys - avec un dernier avertissement de la part de Newt qui l'informa qu'il pourrait éventuellement s'enrouler autour de lui durant son sommeil mais qu'il n'y avait rien de dangereux là-dedans - et ils se quittèrent ainsi pour finir la nuit.
Le lendemain matin lorsque Credence se réveilla, ce ne fut pas à cause de la lumière du jour qui ne le dérangeait nullement pour dormir - il avait pris l'habitude lorsqu'il restait un chat, de dormir en n'importe quelle circonstance - mais bel et bien les Occamys qui étaient devenus un peu envahissants et bougeaient un peu trop. Lâchant un bâillement, il finit par ouvrir les yeux et put voir un peu mieux où les petits serpents ailés aux plumes irisées s'étaient installés. Il en avait un enroulé à chaque bras, d'autres sur les côtés et même un posé au milieu de son torse, roulé en boule et semblant dormir. Tentant de ne pas les réveiller il se redressa tant bien que mal avant de sursauter en voyant que Newt se trouvait à moins d'un mètre de là, l'observant avec attention.
- Newt! glapit-il, plus que surpris.
- Désolé, je ne voulais pas te faire peur, assura le rouquin avec un sourire gêné, les mains levées en signe de paix.
Credence se détendit légèrement, souriant malgré lui aux paroles du plus vieux : c'était bien une première de voir que quelqu'un ne souhaitait pas l'effrayer. Lentement, il releva les yeux vers le magizoologue et demanda d'une voix hésitante :
- Tu pourrais...?
D'un geste, il désigna les Occamys dont il était envahi en grande partie et Newt bondit à ses côtés en s'excusant pour ses créatures, les poussant un peu et les déplaçant avec délicatesse pour permettre à Credence de sortir du lit.
- Je devrais avoir quelques affaires pour toi...proposa le plus vieux en jouant avec ses doigts, jetant un regard en coin à son invité.
Ce dernier commença à refuser la proposition, trouvant que son hôte en faisait déjà bien assez pour accepter de l'héberger ici, mais en voyant l'air plus que décidé de Newt il finit par fermer la bouche et acquiescer avec lenteur, pour finir par le suivre jusqu'à la chambre où ce dernier dormait.
Le propriétaire des lieux lui trouva quelques vêtements en meilleur état que ceux qu'il avait sur le dos. Credence était légèrement plus petit bien que ce ne soit pas flagrant, mais il était surtout plus mince, à cause des nombreuses nuits qu'il avait passé dehors dans le froid sans pouvoir manger grand-chose. Le laissant se changer, Newt décida d'aller leur préparer quelque chose à manger avant d'aller s'occuper des créatures qui se trouvaient dans la valise.
Alors que le brun s'installait avec lui à table, Newt se rendit compte à quel point une présence humaine en ces lieux lui avait manqué. Certes, il adorait ses créatures, il les aimait de manière totalement inconditionnelle, mais cela ne valait en rien la présence de quelqu'un comme lui, avec qui il pouvait discuter et échanger plus simplement qu'avec ceux qu'il protégeait. Il savait bien qu'il ne pouvait en aucun cas obliger Credence à rester ici et que ce dernier pouvait partir quand il le souhaitait, mais il essayait de ne pas y penser car pour l'instant, la situation lui plaisait énormément.
- Ils m'ont jeté hors de la maison le jour où ils ont appris que j'étais un Animagus, annonça soudainement Credence.
C'était un soir comme les autres, près de deux mois après que Newt l'air sauvé des enfants qui lui jetaient des pierres et plus d'un mois après que ce dernier l'ait vu pour la première fois sous sa forme humaine. Depuis, Credence n'avait pas quitté la valise, n'en ayant aucune envie à la pensée du monde cruel qu'était l'extérieur et qu'il pouvait facilement ignorer en restant ici. De plus, il s'agissait du seul endroit où il pouvait changer de forme régulièrement sans qu'aucune remarque, autre que positive ne lui soit faite : et, c'était peut-être étrange, mais il aimait lorsque Newt, en passant devant lui caressait son pelage d'un geste affectueux, tout en sachant qui il était réellement.
Nous étions début mars, et même dans la valise la météo avait tendance à changer, et la pluie de ce mois-ci tombait régulièrement, déposant une fine pellicule d'eau sur l'herbe et il faisait encore froid, surtout le soir, c'est pour cette raison qu'ils se trouvaient tout les deux devant le feu d'une des cheminées du cottage. Newt avait décidé de stopper momentanément sa route dans un hôtel à bas prix, à mi-chemin de l'Arizona où il souhaitait ramener son oiseau-tonnerre Frank, et avait payé sa chambre pour une période un peu plus longue et pouvoir vivre ici comme cela lui arrivait parfois. Avec le temps humide, quelques unes des créatures de Newt cherchaient la chaleur et avaient finit par s'installer avec eux dans les fauteuils. Credence se retrouvait à présent avec un niffleur sur les genoux, ce dernier jouant avec une pièce particulièrement dorée, signe que la créature avait dû la frotter pour la faire briller pendant un long moment, et aussi un Occamy posé sur ses épaules. Dougal, le demiguise de Newt était assis un peu plus loin, observant les flammes dansantes du feu d'un air distrait, de la même manière que le brun.
Ce dernier releva la tête vers Newt, remarquant que ce dernier avait arrêté de jouer avec Pickett et le tenait au creux de ses mains pour se focaliser entièrement sur lui, montrant qu'il avait toute son attention.
- C'était un soir d'orage terrible, avec de violents coups de tonnerre et un véritable torrent de pluie comme je n'en avais jamais vu, et ma partie chat était terrifiée, contrairement à moi, et je passais mon temps à sursauter, continua-t-il.
Il ne savait pas pourquoi il ressentait le soudain besoin de se confier à Newt ou en tout cas, en cet instant précis. Depuis deux mois, il lui faisait une confiance presque aveugle, mais cet épisode de sa vie restait terriblement douloureux, tant et si bien qu'il avait toujours gardé ça pour lui, mais à présent, il sentait qu'il avait besoin de le raconter au magizoologue.
Ce dernier acquiesçait d'un air attentif, sans détourner le regard contrairement à ses habitudes, lui montrant qu'il écoutait son histoire, qu'il l'écouterait jusqu'au bout. déglutissant avec difficulté, Credence reprit :
- A un moment, un coup de tonnerre était si puissant que je ne me suis pas contrôlé et je me suis transformé devant tout le reste de ma famille.
Il pinça les lèvres à ce souvenir si amer et douloureux et continua, se raclant la gorge pour étouffer la peine qui semblait vouloir s'échapper de ses entrailles :
- Mes parents sont devenus fous furieux quand ils ont vu ça. ils m'ont répété que j'étais une honte à la famille, une anomalie. Ils ont...
Sa voix se brisa sur la fin et il baissa les yeux, commençant à caresser la fourrure du niffleur pour se calmer avant de se mettre à jouer avec ses doigts comme le faisait parfois Newt lorsqu'il était gêné. Voyant qu'il hésitait à continuer, ce dernier rapprocha son fauteuil du sien avec douceur, comme pour ne pas l'effrayer au moindre bruit un peu sourd et posa une main sur la sienne.
- Qu'ont-ils fait, Credence? demanda-t-il d'une voix douce.
Le jeune homme releva la tête, croisant le regard du rouquin qui était à présent bien plus proche de lui. Un soupir douloureux lui échappa et il souffla du bout des lèvres, presque honteux :
- Ils ont brisé ma baguette magique et m'ont interdit de retourner à Ilvermorny. Puis, ils m'ont jeta dehors et je n'ai jamais eu le droit de revenir vers eux.
Newt le considéra du regard avec surprise, ne pensant pas que le plus jeune avait bel et bien été dans une école de sorcellerie, au moins pendant un temps. C'est vrai que s'il était un Animagus, il était logique qu'il soit un sorcier, mais il s'était jamais véritablement posé de questions : bon nombre de gens n'aimaient pas parler de certains pans de leur passé et il avait sentit que Credence en faisait partie, et il avait respecté cela, même si en cet instant le plus jeune lui dévoilait cet instant si crucial de son existence.
- Quand...quand cela s'est-il produit? demanda finalement Newt, les sourcils froncés par l'inquiétude.
- Il y a quatre ans, je venais de commencer ma cinquième année à Ilvermorny, avoua le brun, le visage obstinément baissé sur le niffleur posé sur ses genoux.
- Quel âge as-tu maintenant...?
Credence releva les yeux vers lui, le fixant un instant. La question semblait le mettre dans une position inconfortable, puis il baissa la tête à nouveau, comme s'il avait tout le poids du monde sur les épaules.
- Je vais avoir dix-neuf ans dans quelques semaines...Je ne suis pas tout à fait sûr, les jours se mélangent un peu dans ma tête, surtout lorsque j'étais un chat...
Newt ignora la fin de sa phrase et se contenta de le fixer en essayant de ne pas montrer l'air horrifié qui voulait fleurir sur ses traits. Après un rapide calcul dans sa tête, il comprit que le jeune homme devait vivre dehors depuis près de quatre ans, et cela lui fit l'impression d'un coup à l'estomac. Le souffle coupé, il sentit ses mains trembler un peu sur celles du plus jeune et les larmes lui monter aux yeux. Newt savait qu'il avait tendance à être trop empathique, même pour des gens qui ne le méritaient pas, mais en cet instant, savoir à quel point Credence avait dû souffrir lui retournait le coeur. Il était bien la dernière personne à pouvoir recevoir un tel traitement, ça, il en était certain. Il lui avait suffit de voir comme ce dernier était débordant de gentillesse et d'affection, autant envers lui que ses créatures, comme il semblait si fragile et fort à la fois également, pour avoir tenu quatre ans dans une telle situation sans même mettre fin à ses jours.
Newt remarqua soudain que Credence le fixait d'un air inquiet en sentant ses mains trembler autour des siennes, et il inspira profondément, se forçant à se calmer.
- Comment peut-on faire une chose pareille...? murmura-t-il finalement, sans parvenir à se détacher de cet air choqué qui arborait ses traits.
Il ne voulait en aucun cas paraître trop mélodramatique ou que Credence ait pu penser qu'il en rajoutait, mais cette histoire lui donnait les larmes aux yeux et il ne savait plus quoi faire pour se sortir de ce gouffre de tristesse dans lequel il semblait être tombé tête la première, à la place du brun qui aurait dû être celui brisé par ces évènements. Mais non, il restait étrangement là, comme imperturbable et ayant repris de l'assurance sans qu'il en sache par quel miracle.
Newt sursauta légèrement lorsqu'il sentit les mains de Credence prendre les siennes, attirant son regard vers le sien : le jeune homme s'était un peu affirmé durant les deux derniers mois, le rouquin avait pu le voir, et présentement c'était lui qui le fixait avec gentillesse, et lui disait d'un air rassurant :
- Tout va bien maintenant, je vais bien. Grâce à toi.
Newt acquiesça peut-être un peu brusquement, souhaitant ancrer cette pensée dans son esprit pour ne pas l'oublier. Credence n'était plus dans une telle situation, il l'avait sauvé, et chaque jour qui passait et plus il était heureux de son geste, rempli de bonheur même.
- On devrait aller te racheter une baguette, déclara soudain Newt.
Credence le fixa à nouveau, les yeux écarquillés de surprise face à une telle proposition, presque hébété néanmoins, si bien que le plus vieux s'empressa de répondre, pensant qu'il avait fait une erreur :
- Enfin, seulement si tu veux! Je pense que tu es trop vieux pour finir tes années à Ilvermorny mais je pourrais t'apprendre et combler tes lacunes en magie. De telles situations arrivent parfois, il nous suffirait d'un autorisation et ça devrait aller, mais évidemment c'est toi qui décide, et puis il va falloir sortir car on ne peut pas rester ici pour toujours, tu devrais sortir comme je le fais parfois, mais tu pourras prendre ton t-
Le monologue de Newt, qui devenait de plus en plus enflammé et rapide, comme si les mots se bousculaient hors de sa bouche pour convaincre Credence de tous un tas d'arguments, fut brutalement coupé lorsqu'il sentit des lèvres posées sur les siennes. Un hoquet de surprise lui échappa tant bien que mal tandis que ses joues devenaient brûlantes sous les mains de Credence posées sur ces dernières. Il observait ce dernier avec stupéfaction, luttant pour garder les yeux ouverts alors que le plus jeune les avait clos, tentant d'ignorer les larmes qui roulaient sur ses joues pour glisser sur le visage du rouquin. Ce dernier paniqua un instant à cette vision mais comprit vite qu'il s'agissait seulement de larmes de joie lorsque Credence s'écarta finalement et lui adressa un sourire chamboulé, comme s'il n'était pas très sûr de l'audace dont il venait de faire preuve. Newt n'en menait pas large non plus, ne parvenant pas à comprendre comment le plus jeune, qui même en s'étant affirmé ces deux derniers mois restait très timide, avait pu prendre son courage à deux mains au point de faire un tel geste.
- Merci Newt, souffla le brun avec ce sourire si large qui lui réchauffait le coeur. Évidemment, je serai ravi d'apprendre la magie avec toi, je...
Il baissa un peu les yeux, comme s'il hésitait à terminer sa phrase, son excitation et sa fougue brusquement envolés, comme s'il redevenait à nouveau incapable d'être aussi sans peur. Finalement, son sourire devint un peu plus timide et il termina après une grande inspiration :
- Je veux aller partout où tu iras, je veux continuer à m'occuper de tes créatures, je veux continuer de vivre cette vie, je veux...toi...je...
Il tremblait presque, toujours aussi proche de Newt et ce dernier décida que c'était son tour de le rassurer, l'entrainant dans une étreinte chaleureuse, le laissant poser sa tête au creux de son cou. Il le berça un peu contre lui, caressant sa nuque d'un geste doux et murmurant un "chut" avec une douceur que Credence ne lui avait jamais entendu, plus encore que lorsqu'il parlait à ses créatures. Il lui semblait que Newt débordait d'une affection sans bornes envers lui, laissant son coeur fondre de bonheur et un soupir léger et brûlant lui échapper du bout des lèvres, à peine retenu.
- Tout ce que tu voudras, Credence, je te le promets, termina le rouquin en posant ses lèvres sur son front d'un geste tendre.
Il sourit légèrement en voyant le niffleur se blottir contre le brun pour tenter de le réconforter à son tour, tout comme Dougal qui avait repéré la détresse de chacun d'entre eux, et ils terminèrent la soirée ici, finissant par s'endormir auprès du feu dont les flammèches continuaient de danser sur les bûches dans une valse inaudible pour ceux qui étaient inconnus au monde de magie merveilleux dans lequel ils vivaient.
Commentaire d'auteur :
Et voilà, j'espère que vous aurez aimé cet OS :)
Pour ma part, je le trouve sympa et il était amusant à écrire même si trouve que j'aurai dû davantage me pencher sur le fait que Credence soit un animagus (idée qui tournait en boucle dans ma tête depuis plus de deux semaines, d'ailleurs! XD)
Je n'ai pas grand-chose de plus à dire, donc on se retrouve dans quelques jours pour le prochain OS, à très vite mes niffleurs, et bonnes vacances à vous tant que j'y pense! ^^
