Chapitre 1 : Journée au collège
Je me réveillai en sursaut. Je faisais ce rêve depuis quelques temps déjà, et même s'il ne changeait pas, et que je savais que ce n'était qu'un cauchemar, il m'effrayait à chaque fois.
Je regardai l'heure sur mon réveil : il n'avait pas sonné, et j'allais encore une fois être en retard au collège ! Il fallait vraiment que je m'en rachète un nouveau, celui-ci ne me servait plus à grand-chose, puisqu'il ne marchait pas la plupart du temps. Je me traînais jusqu'à la salle de bain avec ce fichu rêve, je me réveillais plus fatiguée qu'à la fin d'une journée de cours ! Pour parfaire le tout, il pleuvait, et de gros nuages gris cachaient le soleil cela risquait de durer toute la journée.
Je me lavai en vitesse, m'habillai tout aussi rapidement, attrapai quelque chose à manger en passant dans la cuisine. Je sortis de la maison et refermai la porte à clé comme d'habitude, j'étais la dernière à partir, avec ma grande sœur, Hélène. Elle avait deux ans de plus que moi, et était au lycée, tandis que moi j'allais au collège j'étais en troisième. Mais pour nous rendre à nos établissements respectifs, nous devions prendre le même bus.
Ma sœur était déjà prête depuis longtemps, comme d'habitude, et m'attendait en caressant notre chien, Cookie. Elle m'énervait, avec son énervante habitude de m'attendre pour aller à l'arrêt de bus « Pour vérifier que Viviane ne se rendort pas ! » disait-elle en rigolant. Moi, ça ne me faisait pas rire du tout.
Une fois arrivées à l'arrêt de bus, nous attendîmes que notre moyen de transport daigne enfin arriver ce bus était encore plus en retard que moi !
Quand il se montra enfin, nous montâmes dedans avec empressement, ainsi que toutes les autres personnes présentes, sauf celles qui attendaient un des deux bus suivants, partant chacun pour une ville différente notre bus, lui, allait à celle la plus proche de notre petit village, qui était très peu habité il ne comptait guère plus de trois cents ou quatre cents personnes.
Je m'assis à ma place habituelle, vers le milieu du bus, et posai mon sac sur le siège à côté de moi, plus par habitude que pour garder la place à ma meilleure amie, Linda, qui prenait le même bus; tous les passagers du bus étaient des habitués, et tous avaient leur place favorite qu'ils prenaient à chaque trajet.
Je sortis de mon sac mon MP3 pour écouter de la musique pendant les dix minutes que durait le trajet jusqu'au prochain arrêt, où mon amie monterait dans le bus, avec l'air d'être plus endormie qu'éveillée, comme d'habitude.
J'eus le temps d'écouter la plupart de mes musiques préférées, qui me mirent de bonne humeur pour la matinée. Quand le bus s'arrêta et que Linda s'assit à côté de moi, elle s'étonna de me voir aussi bien éveillée, contrairement à elle :
« Tu as mangé du lion, ou quoi ?! Ou alors, aimerais-tu soudainement la pluie ?
Non, sûrement pas, je déteste la pluie ! Mais toi, tu as dû manger du paresseux, je crois !
Très drôle, je suis morte de rire… » répondit Linda en bâillant, ce qui me fit rire.
Elle s'assit à côté de moi, après que j'eus posé mon sac par terre, à mes pieds, et nous discutâmes de tout et de rien pendant les quelques minutes de trajet qui restaient jusqu'au collège.
J'avais vu un garçon que je ne connaissais pas monter dans le car en même temps qu'elle, et, curieuse, je la questionnai sur lui. Linda m'apprit qu'il s'appelait Michael, qu'il était son nouveau voisin, et qu'il avait le même âge que nous. Il avait un frère et une sœur : Alexis et Gabrielle, qui étaient au lycée, dans le même que ma sœur. Je ne mis pas beaucoup de temps à les trouver dans le bus les trois frères et sœurs étaient restés ensemble, le plus à l'écart des autres possibles.
A la façon dont Linda m'avait parlé de Michael, et dont elle le regardait, j'avais vu qu'elle avait « flashé » sur lui, mais je ne m'inquiétais pas mon amie était un vrai cœur d'artichaut, du genre à tomber amoureuse de tous les garçons qu'elle croise !
Il fallait tout de même admettre qu'il était très beau : il avait des cheveux d'un noir de jais, des yeux dorés et la peau très pâle ses frères et sa sœur avaient des yeux et une peau identique, mais leurs cheveux à tous les deux étaient bruns.
Le bus s'arrêta au collège. Je descendis, accompagnée de mon amie. Une grande partie des passagers du car descendirent aussi, ce qui libéra la plupart des sièges. Je remarquai que le frère et la sœur de Michael en avaient profité pour s'éloigner encore plus des autres étudiants visiblement, ils préféraient rester entre eux.
Linda ne lâchait pas des yeux Michael, qui était quelques mètres devant nous elle faillit même tomber en trébuchant sur le rebord du trottoir !
Nous fûmes toutes les deux surprises de voir que Michael était dans notre classe dans le cas de Linda, elle était plus ravie que surprise, ce qui la plongea dans une sorte de transe elle ne s'arrêta de rêvasser que pour copier le cours que nous dictaient les professeurs, eux-mêmes surpris de la distraction de mon amie d'habitude, elle était une des meilleures élèves de la classe ! Elle passa également toute la récréation, durant laquelle nous étions restées sous le préau car il pleuvait, à me parler de Michael celui-ci était encore une fois à l'écart des autres, seul. Elle ponctuait chacune de ses phrases d'un regard dans sa direction, et, à le voir, j'aurais cru qu'il nous écoutait, s'il n'avait pas été aussi éloigné !
Après deux heures de français, une heure d'anglais et une heure d'histoire-géo, notre emploi du temps habituel du vendredi matin, nous sommes allées manger au self, Linda et moi. Michael ne mangeait pas au collège ce midi, ce qui n'empêcha pas Linda de parler de lui durant tout le repas elle ne mangea presque rien, parlant sans cesse. Quand quelques-uns de nos amis étaient venus à notre table pour discuter un peu, elle était devenue silencieuse mais quand ils la questionnèrent sur son nouveau voisin, il devint impossible de la faire taire !
L'après-midi, nous avions latin, puis physique-chimie et maths. Linda n'aimait pas tellement le latin, mais ses parents avaient insisté pour qu'elle en fasse habituellement, nous passions l'heure à bavarder, comme quelques autres élèves que ce cours n'intéressait pas vraiment notre professeur avait depuis longtemps perdu tout espoir d'arriver à nous faire travailler durant ce cours la plupart du temps, nous nous contentions de copier ce qu'il écrivait au tableau, et d'apprendre ce qu'il fallait, mais pas plus. Pourtant, cette fois-ci, mon amie surprit le professeur en s'appliquant exagérément Michael n'était pas dans ce cours, et ma présence semblait l'ennuyer, tout d'un coup.
Les deux matières suivantes, elle fut tout aussi silencieuse. Comme son nouveau voisin y était présent, elle passa son temps à lui jeter de petits coups d'œil et à rêvasser, suivant à peine le cours et m'ignorant presque; la situation devenait gênante.
Quand enfin la sonnerie annonça la fin des cours, nous étions allées attendre notre bus en silence, et, pour la première fois depuis que nous étions amies, Linda ne parla pas une seule fois du trajet toute son attention était à Michael, qui restait de nouveau à l'écart, avec son frère et sa sœur. En voyant cela, je me rendis compte qu'il ne s'était pas fait un seul ami de la journée même s'il était resté dans son coin, habituellement, il y avait toujours quelqu'un pour proposer son amitié au nouvel élève de la classe ! Pourtant, tout le monde l'avait évité, et lui semblait trouver cela normal c'était étrange…
