Bonjour! Merci beaucoup à celles (et ceux s'il y en a) qui ont pris la peine de lire jusqu'ici! :)
Pour info, le prochain chapitre est presque terminé, mais j'aimerais bien quelques réactions avant de le poster pour éviter de partir sur une direction de l'histoire qui ne vous plaira pas.. Une review c'est rapide et pas compliqué, s'il vous plait ;)
Chapitre 4 : Le changement ne se contrôle pas
Je n'avais pas vu passer le week-end. Après mon samedi épuisant, j'avais dû m'occuper le dimanche de mon chien, qui avait eu la superbe idée de se blesser exactement le jour où je comptais régler son compte à la demi-tonne de devoirs qui m'attendait, avec comme conséquence la réalisation des devoirs en question le soir, à une heure plus que tardive.
Le lundi matin, je me réveillai encore plus fatiguée que la veille dans mon rêve, le frère de Gabrielle, Jonathan, avait remplacé l'inconnu effrayant, ce qui n'était pas pour me rassurer. Même si le soleil qui pointait le bout de son nez en totale contradiction avec la météo prévue me mettait de bonne humeur, je ressentais une certaine angoisse à l'idée de revoir Gabrielle dans le car. Mais finalement, je n'eus pas à passer cette épreuve : aucun membre de leur étrange famille n'était là. Ce matin, Lynda et moi étions donc en opposition complète : elle était renfrognée à l'idée de passer la journée sans voir Michaël, et moi heureuse de n'avoir à croiser ni lui, ni sa famille. La journée de cours en fut plus agréable, même si elle m'était tout de même rendue difficile par la fatigue accumulée.
Le reste de la semaine me plut particulièrement dans la mesure où le soleil fut présent tous les jours, et pour ajouter à cela l'absence continue de Michaël et sa famille empêchait le souvenir du samedi soir de rester trop vif, même si cela avait aussi pour effet d'augmenter la mauvaise humeur de Lynda chaque jour.
Mais ce temps de répit ne dura pas : la semaine suivante, la famille revint, en même temps que le mauvais temps. Lynda avait retrouvé sa bonne humeur, et paradoxalement c'était à mon tour de me renfermer. Ma sœur ne m'aidait pas non plus de ce côté-là : la semaine passée à l'écart avait du être bénéfique à la famille de Michaël, car ils commençaient enfin à se rapprocher des gens qui les entouraient et évidemment, Gabrielle étant devenue amie avec ma sœur, j'entendais régulièrement parler d'elle. Lynda, quant à elle, se réjouissait d'avoir enfin réussi à se rapprocher un peu de Michaël, ce que je ne voyais pas non plus d'un très bon œil. Je commençais à me sentir isolée : ma meilleure amie, et même ma famille redoublaient de compliments pour ceux à qui je me sentais incapable de faire confiance. Malgré tout, je m'habituais peu à peu à vivre près d'eux, même si je ne pouvais pas dire que je les appréciais. Pourtant, je regrettais un peu de ne pas vouloir être amie avec eux : mon refus de les fréquenter m'avait éloignée de Lynda, et je commençais à regretter la complicité avec elle, que j'avais partiellement perdue depuis leur arrivée. Nous ne nous voyions plus aussi souvent les week-ends, puisqu'elle les passait avec d'autres amies, avec lesquelles parler de Michaël n'apportait pas un mécontentement immédiat je ne passais plus toutes les récréations avec elle, car elle préférait discuter avec Michaël. Nous nous éloignions peu à peu, et cela m'attristait, même si je n'y pouvais rien. Ironiquement, j'utilisais ce temps « gagné » pour mieux m'appliquer en cours et sur mes devoirs, ce dont les professeurs me félicitaient.
J'en venais à ne presque plus parler de la semaine à celle qui était depuis plusieurs années ma meilleure amie, juste parce-que l'on ne se voyait plus, même pas dans le car où elle avait abandonné sa place à côté de moi pour s'installer avec le groupe de filles qui jouaient les groupies auprès de Michaël et son frère. Depuis ce qui s'était passé le samedi soir et la peur que j'associais désormais aux membres de cette famille, je ne pouvais pas comprendre cette obsession qu'elle avait envers Michaël de son côté, elle ne voyait pas pourquoi je refusais totalement de leur parler. Cette incompréhension mutuelle minait notre amitié, même si dans les rares moments où nous nous voyions encore, et lorsque la conversation ne dérivait pas sur les nouvelles idoles de Lynda, nous arrivions encore à être les amies qui pouvaient parler de tout sans s'ennuyer, et rire ensemble de n'importe-quoi.
Ma sœur, quant à elle, avait remarqué ma gêne quand elle parlait de sa nouvelle amie, et évitait donc de ne parler que d'elle en ma présence, ce qui ne l'avait pas empêchée de tenter plusieurs fois de m'interroger sur les raisons pour lesquelles je ne voulais pas les fréquenter interrogations auxquelles je n'avais pas – ne pouvais pas – donner de réponses.
J'avais toutefois retrouvé un équilibre dans ma vie qui avait été chamboulée par leur arrivée. Même si nous avions perdu notre proximité, je partageais toujours des moments avec Lynda, et cet éloignement nous avait permis de nous faire de nouvelles amies, de créer d'autres liens, ce que nous n'avions tout simplement pas essayé de faire tout au long du temps que nous avions passé ensemble. Je me rapprochais un peu de ma sœur, qui avait l'air de se sentir plus responsable de moi qu'auparavant mais peut-être que Gabrielle n'était pas étrangère à ce changement-ci.
Plus tard, j'appris une nouvelle qui, même si elle ne m'étonna pas, me fit l'effet d'une trahison : Lynda sortait avec Michaël, et ce depuis quelques temps. Et bien évidemment, il semblait que j'étais la dernière à être mise au courant. J'étais allée voir Lynda, lui avais demandé de m'expliquer nous nous étions disputées, puis nous étions ignorées pendant quelques jours, avant de finalement continuer à se revoir, plus ou moins comme si de rien n'était. La réconciliation avait été plutôt rapide, comme d'habitude après les quelques disputes que nous avions eues, mais malgré cela je finis par réaliser ce que j'avais choisi, plutôt inconsciemment, d'ignorer : nous n'étions plus meilleures amies ; justes amies.
Le temps passa, je m'étais enfin faite à tous ces changements, mais une autre nouvelle vint tout bousculer à nouveau : la famille de Michaël et Gabrielle avait disparu, comme ça, sans laisser de traces. Pas un mot, aucune nouvelle adresse dont ils auraient pu parler, rien. Ils avaient réellement disparu, s'étaient évanouis dans la nature... comme si ils n'étaient jamais venus ici. Cette nouvelle aurait pu me réjouir, si elle n'avait pas été accompagnée par une autre qui, elle, m'anéantit : Lynda avait disparu elle aussi.
