Chapitre 8:

_ T'en as pas marre? souffla Kitayama.

_ De te sauter? Jamais.

_ Très classe ta façon de présenter les choses.

_ Quoi? T'as besoin que je fasse dans le sentimentalisme?

_ Non. Juste que t'arrête de parler de moi comme si j'étais ta pute.

_ Mais c'est ce que tu es, ricana Fujigaya.

_ Va te faire foutre, connard! C'est exactement pour ça que j'ai éclaté Nishikido, alors ne me tente pas à faire de même avec toi.

_ T'es pas assez fort, Mitsu. Et tu le sais très bien. Actuellement, tu n'aurais aucune chance de me battre. Et puisqu'on parle de Nishikido, j'apprécierais que t'évites d'estropier mes hommes quand ils sont aussi efficaces que lui.

_ Tu aurais préféré que je le laisse me passer dessus? Non, parce que c'était une possibilité aussi.

_ Y'a que moi qu'ait le droit de te prendre, Mitsu. Si quelqu'un essayait, je vous tuerais tous les deux.

_ Jaloux?

_ Non. Je n'aime juste pas qu'on touche ce qui est à moi.

Kitayama sentit son cœur se serrer pour une raison qu'il ignorait. Cependant, hors de question de craquer devant lui.

_ Je suis pas un objet. Et je commence à en avoir marre de cette conversation. Je me casse.

_ Non. Tu ne bouges pas de là! Tu m'as fait le coup une fois, pas deux.

_ Alors dans ce cas, trouve les bons arguments pour me retenir, Capitaine.

Le dernier mot avait été prononcé avec une pointe d'insolence et cela excita Fujigaya un peu plus. Si un autre homme que lui s'était permis de lui parler ainsi, il aurait probablement vu son espérance de vie sérieusement diminuée, mais son second avait des privilèges.

Le capitaine se leva et s'avança vers le jeune homme en se passant la langue sur les lèvres, provocateur. Il attrapa le menton de son amant et l'embrassa avec violence, mordant sa lèvre inférieure jusqu'au sang.

Un petit gémissement de douleur passa les lèvres d'Hiromitsu mais fut étouffé dans le baiser. Les mains de Fujigaya s'activèrent à dévêtir son amant, effleurant la peau déjà brûlante de désir.

Ils se séparèrent le temps de reprendre leur souffle et Kitayama passa ses doigts sur le tissu tendu du pantalon de Fujigaya, le faisant gémir d'inconfort.

_ C'est moi qui te mets dans cet état? rigola le second.

_ Tu vois quelqu'un d'autre dans la pièce? grogna Taisuke.

_ Je ne t'ai même pas touché. Tu es plus résistant d'habitude.

Le sourire satisfait de son amant énerva le capitaine qui n'appréciait pas du tout la moquerie qu'il décelait derrière.

_ J'ai souvenir d'avoir été frustré y'a pas si longtemps. Et puis tu ne t'es pas entendu gémir.

_ Tu veux dire que ma voix t'excite?

_ T'imagines même pas. Et je veux t'entendre encore.

_ Ça ne tient qu'à toi, chuchota Kitayama à l'oreille de son supérieur.

_ Et après, tu oses prétendre que tu n'es pas ma pute.

La colère se peignit sur les traits d'Hiromitsu et il repoussa violemment son amant.

_ Encore une seule parole dans ce genre, et je te jure que tu utiliseras ta main droite pour te soulager, c'est clair?!

_ Sois pas comme ça, Mitsu. Surtout que tu devrais faire pareil.

_ Pas sûr. Ryo se ferait un plaisir de m'aider.

_ Alors vous êtes morts.

_ Je te manquerais trop.

_ Je trouverais quelqu'un d'autre.

_ Une fille de joie dans un port quelconque? Vas-y! Au moins, elle sera réellement une pute. C'est ce que tu veux, non?

Fujigaya soupira. Pourquoi son amant devait-il avoir un caractère aussi exécrable?

_ Mon caractère exécrable t'emmerde!

Il avait pensé tout haut? Ce mec le rendait dingue, ce n'était pas possible.

_ Mitsu, sois pas comme ça, tenta-t-il. C'est une façon de parler.

_ Et bien change ta façon de t'exprimer avant de tenter de me toucher à nouveau!

_ Tu mériterais une correction pour oser me parler comme ça.

_ Et tu vas faire quoi? Me jeter par-dessus bord?

Putain de fierté! Mais qu'est-ce qu'il aimait ça chez lui. Ça le rendait imprévisible et toujours plus intéressant.

_Non.

Il défit la ceinture à boucle ouvragée de son pantalon et attacha les mains de Kitayama aussi rapidement que possible étant donné que celui-ci se débattait. Puis, il le jeta sur le lit.

_ Gaya! Détache-moi!

_ Pour que tu t'en ailles? Sûrement pas. Rassure-toi, je ne te ferais pas de mal.

Le capitaine se plaça au-dessus de son second et parcouru de sa bouche le torse découvert de celui-ci. Avec habilité, il alterna ses lèvres et sa langue, laissant une trainée humide le long de sa peau. Il joua avec les deux boutons de chair rose qui se durcissaient sous ses attentions.

Les protestations de Kitayama se transformèrent peu à peu en gémissements et un coup de bassin fit comprendre à Fujigaya qu'il n'en pouvait plus.

_ Tu veux quelque chose? s'amusa le pirate.

_ Tu... le sais... très bien...

_ Je veux te l'entendre dire.

_ Rêve!

_ Dans ce cas, j'arrête tout.

_ Tu ne... peux pas... Tu... le veux... aussi...

_ Fais un petit effort, Mitsu. Il ne s'agit que de deux petits mots.

En le provoquant, il appuya légèrement avec son genou sur la bosse dans le pantalon de son second, le faisant gémir une fois de plus.

_ Baise-moi, fit-il d'une voix suppliante.

Une fois de plus, il avait mis sa fierté de côté pour répondre à ses désirs et il s'en sentit un peu honteux. Saloperie de pirate!

Le pirate en question retira le pantalon du jeune homme qui commençait franchement à devenir gênant et entama un lent va-et-viens sur le sexe dressé.

_ Gaya... Arrête de me torturer... S'il-te-plaît...

_ Tu sais que j'aime bien quand tu deviens poli et suppliant? Je vais peut-être en profiter encore un peu.

_ Je t'ai demandé de me baiser! Qu'est-ce qu'il te faut de plus?!

_ J'ai bien envie que tu me suces, en fait.

_ Je vais avoir du mal étant donné les circonstances. Détache-moi et je le ferais. A condition que tu me promettes que tout de suite après, tu me prendras.

_Marché conclu.

Fujigaya le libéra, et tout de suite après, leurs positions se virent inversées. Hiromitsu descendit immédiatement vers l'entrejambe de son amant, et le défit de son bas qui n'avait strictement rien à faire là à son avis.

Lentement, il laissa ses doigts courir sur toute la longueur de la virilité de son capitaine avant de souffler dessus, puis de le prendre en bouche.

Taisuke se sentit partir. A chaque fois, les fellations de Kitayama étaient un peu meilleure que la fois précédente, et il se demandait comment c'était possible. Il se libéra dans la bouche de son second, qui se redressa, un air dégoûté sur le visage.

_ T'aurais pu prévenir, grogna-t-il.

_ Pas possible. T'étais juste trop bon. Mais ne t'inquiète pas, je vais m'occuper de toi.

Le sourire amusé et plein de luxure annonçait en effet que le jeu n'était pas encore terminé.

_ T'as intérêt.

_ Impatient?

_ Plutôt, oui.

Voyant le regard désireux qu'il posait sur lui, Taisuke accéda à la requête qu'il lui avait faite un peu plus tôt.

Il reprit sa place au-dessus de lui et le pénétra d'un simple coup de hanche, le faisant crier dans un mélange de douleur et de plaisir.

Quand Kitayama ressortit de la cabine de son capitaine pas loin de deux heures plus tard, il vit le regard de son prédécesseur posé sur lui.

_ Tu veux quelque chose, Ryo,

_ Qu'est-ce qu'un chien dans ton genre pourrait faire pour moi? A part se mettre à quatre pattes, bien sûr?

_ La raclée que je t'ai mise tout à l'heure ne t'a pas suffit? Tu en veux encore, c'est ça? Non, parce que si tu veux mourir, tu n'as qu'à te tirer une balle. Ce serait franchement plus simple pour tout le monde.

_ Tu m'as eu par surprise tout à l'heure. Aucune chance que tu me battes si je m'y attends.

_ Mais c'est quoi ton problème à la fin?! Je peux savoir ce que j'ai fait pour que tu m'en veuilles à ce point?!

_ Rien, c'est bien ça le problème! T'as rien fait pour mériter ta place à bord et encore moins en tant que second. Tu t'es contenté de coucher avec le capitaine!

_ Et ça te fait enrager parce que c'est pas avec toi que je couche, pas vrai?

_ De quoi?!

_ Ne fais pas l'innocent. Tu crois vraiment que j'ai pas remarqué la façon dont tu me regardes? Fujigaya me regarde de la même manière.

_ Tout le monde à bord te regarde de la même manière.

_ Non. Juste toi et lui. Vous voulez chacun être le seul. Mais c'est lui, Ryo. Arrête d'espérer. Tu n'as aucune chance contre lui.

_ Pourquoi lui?

_ Parce qu'il n'est pas humain.

Et Kitayama s'éloigna sous le regard de Ryo qui tomba sur la chute de ses reins. S'il ne devait plus être humain pour l'avoir, alors il le ferait.

N.A. Bon, pas grand-chose dans ce chapitre, mais j'espère quand même qu'il vous aura plût.
Azra