Chapitre 15

"On ne t'a pas appris la politesse ?

- C'est toi qui m'as éduqué.

- Qu'est-ce que tu veux, Kitayama ?"

Le second soupira. Il savait que lorsqu'il l'appelait par son nom, ça n'augurait rien de bon. Fujigaya était loin d'être idiot. Il avait très bien compris ce qu'il préparait. Et d'une manière ou d'une autre, il lui ferait payer son affront. Le capitaine du Kuro Kaze n'était pas quelqu'un qu'on trahissait sans en subir les conséquences.

"T'es venu te repentir ?

- Me repentir ?

- Tu sais très bien de quoi je parle. T'as quelque chose à m'avouer ?

- Non.

- Tu mens tellement mal, Gamin. T'as jamais su mentir. Et surtout pas à moi. Je te connais tellement bien. Qu'est-ce que t'es venu chercher ?

- Je..."

Kitayama soutint son regard. Surtout ne pas flancher. Être son égal dans cette dernière lutte. Mais les yeux de Fujigaya étaient froids et cruels. Il ressentait clairement sa colère. Le pirate s'approcha doucement de lui, ravivant sa fascination enfouie au plus profond de son être. Et sa main se posa sur sa gorge pour l'acculer contre la porte de la cabine, la serrant lentement entre ses doigts. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas touché ? Il sentait encore sa chaleur contre lui, sa peau humide contre son corps.

"Juste une fois, baise-moi encore."

Fujigaya esquissa un sourire.

"Alors le chien a encore besoin des attentions de son maître ?

- Va te faire foutre !

- Tu veux te soumettre encore une fois à celui que tu trahiras demain ? Et si je te tuais maintenant, qu'on en finisse.

- Tu pourras jamais me tuer. Parce que je le ferais avant.

- Ouais... Ta promesse..."

Sa main relâcha son emprise sur sa gorge et il s'éloigna, retournant s'asseoir dans son fauteuil en bois sculpté.

"Dégage !

- Pourquoi t'as rien fait dans ce cas ? Si t'as compris depuis le début, pourquoi tu ne m'as pas tué ?

- Parce que j'attends ce moment depuis le jour où tu as posé le pied sur ce navire. Je t'ai mené tout droit en Enfer, Mitsu. Mes Enfers. Je t'ai créé à mon image. Et si tu es capable de me trahir aujourd'hui, c'est grâce à moi. Parce que je l'ai décidé comme ça."

Kitayama sentit la colère monter en lui. Il avait raison. Il l'avait contrôlé depuis le début. Il contrôlait sa vie. Et juste une dernière fois, il voulait qu'il le contrôle encore. Perdre pied et se sentir désiré par cet être qu'il admirait. Lui qui n'était qu'un simple humain en proie à des émotions inutiles. Son corps le réclamait encore. Se faire du mal pour oublier ce qu'il était. Ou plutôt, ce qu'il n'était pas.

"Gaya..."

Le second s'avança vers lui, jouant nerveusement avec ses doigts. Il était faible finalement. Il posa chacune de ses mains sur les accoudoirs du fauteuil et s'accroupit devant lui. Se soumettant volontairement.

"Entraine-moi une dernière fois dans ton Enfer. Laisse-moi te sentir encore."

Ses mains se posèrent sur les hanches du pirate et son cœur tapa contre sa poitrine. Et Fujigaya lui agrippa les cheveux et bascula sa tête en arrière. Son regard froid changea. De l'envie et du désir, c'est ce que pouvait y lire Kitayama.

Il le repoussa violemment contre la table de la cabine, faisant claquer son dos contre le bord. Le second gémit de douleur. Il le débarrassa du sabre à ses hanches, juste au cas où, et lui mordit la lèvre. Son emprise se resserrait peu à peu et un goût de fer envahit la bouche de Kitayama.

"Comme ça, les autres sauront qui tu es vraiment ! Quoi que tu fasses, t'auras toujours ma marque sur toi. Mon odeur imprègne chaque parcelle de ta peau, Mitsu. Et tu pourras jamais changer ça."

Fujigaya rapprocha ses hanches des siennes, se pressant doucement contre lui. Et il se mit à rire. Le corps du second était tellement habitué à lui. Il n'avait même pas besoin de le toucher pour qu'il le réclame. Sa langue glissa lentement dans son cou. Et une nouvelle fois, ses dents mordirent sa peau. Kitayama réprima un gémissement de plaisir. La violence. Il ne connaissait que ça. Il n'y avait que comme ça qu'il prenait du plaisir. Malgré les attentions de Nishikido. Malgré la sensation agréable de se sentir aimé. Il ne voulait pas de ça. Et ce qu'il cherchait, seul Fujigaya pouvait lui offrir.

Les doigts du pirate se refermèrent une nouvelle fois sur sa gorge, prouvant un peu plus qu'il était à lui. Qu'il n'y avait que lui pour le mettre dans cet état. Et sa main libre se glissa sous sa chemise, effleurant sa peau. Le pirate le regardait lutter pour ne pas s'exprimer. Alors que les sons ne demandaient qu'à passer ses lèvres. Il détacha lentement son pantalon, ses doigts froids frottant contre la peau brûlante du second. Attisant un peu plus son envie. Il ouvrit la bouche pour respirer. La main de Fujigaya sur son cou l'étouffait doucement. Et les lèvres du pirate se posèrent sur les siennes. Kitayama ferma les yeux. Sa bouche lui avait manqué. La sensation jouissive de sa langue jouant avec la sienne l'excita un peu plus. Son corps réagissait toujours, mais Fujigaya refusait de lui donner ce qu'il voulait. Son pantalon était au sol maintenant. Depuis bien trop longtemps. Et sa main trainait entre ses cuisses. Sans jamais le toucher. Il se rapprocha un peu plus de lui et pressa ses hanches contre les siennes. Et Kitayama gémit de douleur en sentant son membre tendu frotter contre le sien. La langue du pirate glissa une nouvelle fois dans le cou de son second, le faisant flancher peu à peu et il introduit timidement ses doigts dans son pantalon. Il entendit Fujigaya soupirer de plaisir quand il le caressa. Il secoua la tête. Ne pas se faire avoir. Se contenter de se faire baiser et d'oublier tout le temps d'une nuit. Ne pas rouvrir la plaie dans son cœur.

"T'attends quoi ? Que je te le demande gentiment ?"

Kitayama comprit tout de suite et s'agenouilla devant lui. Ses doigts s'accrochèrent à ses hanches et embarquèrent le vêtement du pirate. Il était finalement bel et bien sa pute. Il connaissait son corps et ses réactions par cœur. Et c'était bien là le problème. C'était ça qui avait précipité sa décision. Qu'il le considère comme tel. Alors qu'il voulait juste être à lui.

Mais Fujigaya le trouvait bien trop lent à son goût. Il lui attrapa les cheveux et le força à prendre son membre en bouche. Il donna un violent coup de hanches qui le fit s'enfoncer dans sa gorge. Et Kitayama toussa fortement. Le pirate ne relâchait pas son emprise dans sa tignasse, le contraignant à entamer un va-et-viens toujours plus profond. Mais le second s'appliquait. Il voulait qu'il le désire. Il sentait son membre se tendre de plus en plus dans sa bouche et lâcha des soupirs d'excitation qui firent sourire Fujigaya. Ses doigts trainaient sur sa peau, le faisant frissonner de plaisir. Le corps de son capitaine lui avait manqué à un point qu'il n'aurait pas cru possible. Alors il s'appliqua un peu plus et les coups de reins du pirate ralentirent. Il était proche. Et même si l'idée de se vider dans la bouche de Kitayama le faisait sourire, il le voulait. Il le salirait plus tard. Avant tout, il voulait le baiser brutalement. Que sa voix s'entende jusqu'à la cale de l'équipage. Que Nishikido entende le bien qu'il lui faisait.

Il lui attrapa le bras et le jeta violemment contre la table. Une fois de plus, Kitayama gémit de douleur quand son ventre percuta le rebord. Non. C'était autre chose. Un gémissement d'excitation bien plus fort que les autres. Douleur et plaisir. Il aimait qu'il le traite de cette façon. Tant qu'il ne lui disait plus qu'il était sa pute. Fujigaya plaça une main de chaque côté de son corps, appuyant son membre tendu contre lui et se colla contre son corps. La respiration du second s'arrêta quelques instants. Ils restèrent là, silencieux, baignant dans une ambiance humide et électrique. Une tension qui attisa leur envie. Les ongles du pirate se plantèrent dans le haut du dos de Kitayama et il les fit glisser lentement. Il l'entendit gémir une nouvelle fois. Des traces rouges apparurent instantanément et quelques gouttes de sang commencèrent à s'écouler lentement. Le second bougeait ses hanches, réclamant silencieusement qu'il le prenne. Mais Fujigaya n'était définitivement pas décidé à le satisfaire aussi facilement. Lui donner envie pour qu'il le supplie. Sa langue remonta le long de sa colonne vertébrale, lapant le sang qui coulait, pendant que sa main se posait entre ses cuisses et entamait un va-et-viens brusque sur son membre. Kitayama s'étala un peu plus sur la table. Refoulant un nouveau gémissement avant de céder. Sa voix passa ses lèvres. Chaude et sensuelle. Et il sentit les dents de son capitaine mordiller sa nuque. Fujigaya cracha au sol. Il y avait une autre odeur sur cette partie de son corps.

"J'avais espéré que ce soit mon imagination qui travaillait trop mais tu l'as vraiment fait. T'as écarté les cuisses pour ce type !

- Jamais ! T'as toujours été le seul à être autorisé à me baiser ! Jamais j'aurais laissé un autre me prendre comme tu le fais."

Fujigaya se mit à rire. Un rire froid et moqueur comme il les faisait si bien.

"Alors il s'est laissé faire ? Ryo ?

- Je voulais pas... Qu'un autre que toi me fasse du bien. Je... J'ai toujours été à toi, Gaya...

- Et pourtant, tu me trahis."

Kitayama soupira. Pourquoi fallait-il qu'ils reparlent de ça maintenant ? Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de le prendre, comme avant ? Qu'ils oublient tout ensemble. Qu'ils oublient que c'était leur dernière nuit tous les deux. Que demain, tout changerait.

"Gaya... Je t'en supplie... Entraine moi un peu plus dans ton monde. Une dernière fois, je... Je veux être à toi."

Le second baissa la tête et se mordit la lèvre, rouvrant la plaie que lui avait infligée le pirate. Juste cette nuit, il acceptait sa condition. Celle d'être la pute du capitaine.

"Gaya... Baise-moi."

Le corps de Kitayama se souleva quand Fujigaya le prit. Poussant un cri de plaisir. Grattant la table pour s'y accrocher. Les coups du pirate étaient brusques et puissants. Bien plus que d'habitude. Il sentait son corps se déchirer de l'intérieur. Une sensation tellement étrange. Et pourtant, elle lui procurait un tel plaisir. Sa voix se brisait de plus en plus sous ses assauts. Le pirate le connaissait trop bien. Il savait exactement où taper pour le faire flancher. Ses ongles se plantaient dans la chair de ses hanches pour accélérer encore son mouvement. Le corps de son second s'étala un peu plus sur la table, reculant son bassin, se collant un peu plus contre lui. Et un nouveau gémissement passa ses lèvres. Encore plus fort que les précédents. Le pirate se mit à sourire. Un sourire de satisfaction. Il se retira soudainement, faisant râler Kitayama et son sourire s'élargit un peu plus.

"Encore !"

Le pirate pencha la tête. Tellement docile. Il se mordit la lèvre et s'accrocha une nouvelle fois à ses hanches. Et il le prit encore, allant plus loin en lui. Un nouveau cri s'éleva dans la cabine. Sa voix s'était définitivement brisée de plaisir. Et il espérait sincèrement que les mutins l'entendaient dans leur cale. Il fit glisser ses doigts le long de sa colonne vertébrale. Le corps de Kitayama se cambra violemment. Ses coups devinrent plus brusques. Était-ce seulement possible? Il se pencha sur lui et lui mordit la nuque. Effacer définitivement l'odeur de Nishikido dans son cou. Il serra si fort qu'une fois de plus, des gouttes de sang envahirent sa bouche. La résistance de son second face à la douleur le fascinait. Son corps était couvert de marques de dents tellement profondes qu'il les porterait sur lui pendant de très longs jours. Certaines deviendraient même des cicatrices indélébiles. Sa marque. Ainsi, il se souviendrait toujours à qui il avait appartenu. Et ses prochains amants ne se rapprocheraient jamais de lui. Et rien que l'idée le fit sourire. Il secoua la tête. Alors autant le marquer encore un peu. Il le rallongea sur la table, plaçant sa main dans son cou pour ne plus qu'il bouge, et accéléra encore un peu plus.

La brusquerie fit de nouveau place à la violence de ses hanches. Leurs peaux claquaient l'une contre l'autre, faisant gémir un peu plus Kitayama. Encore. Son corps ne voulait pas se calmer. Sa violence, il l'aimait. Il n'y avait que comme ça qu'il se sentait bien. Qu'il se sentait être à lui. Mais Fujigaya se retira une nouvelle fois et le retourna face à lui. Et le pirate se mordit la lèvre. Pour la première fois depuis qu'il était à bord du Kuro Kaze, Kitayama décela une lueur d'humanité dans son regard. Humanité qui le rendit encore plus attirant. Le second sentit la plaie de son cœur se rouvrir. Mais l'étincelle disparut légèrement quand Fujigaya vit le ventre de son amant se soulever sous l'effet de sa respiration haletante. Et elle s'évapora complètement quand il posa les yeux sur le membre de Kitayama. Il se lécha les lèvres. Son second n'était pas rassasié. Il attrapa une de ses jambes et la posa sur sa hanche. Il l'interrogea du regard et Kitayama hocha la tête. Alors il entra en lui. Lentement. Et cette douceur inhabituelle fit mal au second. Pourquoi maintenant ? Alors qu'il allait le trahir. Pourquoi lui donnait-il l'impression de l'aimer ? Kitayama secoua la tête. Il refusait de laisser ses sentiments s'exprimer. Pas cette nuit. Alors il bougea ses hanches. Avoir mal pour oublier. Il prit appui sur la table et sa tête bascula en arrière. Fujigaya le mordit à nouveau. Passa sa langue sur la morsure et recommença. Jusqu'à ce que son empreinte soit complètement imprimée.

Kitayama happait l'air difficilement. Il avait besoin de respirer. Son plaisir était trop intense. Trop violent. Comme jamais auparavant. L'espace d'un instant, il regretta d'être venu le voir. Mais quand sa langue lécha ses lèvre pour venir chercher la sienne, ses regrets s'évaporèrent. Non. Il l'avait voulu. Cette violence, cette douleur qu'il lui infligeait, il en avait besoin. Sa main se glissa difficilement entre leurs corps. Il était à bout, il fallait qu'il se soulage. Mais Fujigaya le repoussa et y plaça la sienne. Ses coups ralentirent, se calant sur le va-et-viens de son poignet. Et la respiration haletante de son amant se calma légèrement, rythmée par le mouvement doux de sa main. Sa voix se cassa un peu plus. Et la boule de chaleur qui s'était formée dans son bas-ventre éclata. Il se mordit la lèvre et se déversa entre ses doigts, sous le sourire lumineux du pirate. Ses yeux ne le quittaient pas. Il continuait à bouger en lui, faisant toujours sortir sa voix. Il porta sa main souillée aux lèvres de son second et lui lança un sourire sadique.

"Goûte-toi."

Et Kitayama s'exécuta, suçant consciencieusement ses doigts, une légère grimace de dégoût sur le visage. Il aurait préféré le goûter lui. Et le mouvement de sa langue fit flancher Fujigaya. Il enfouit son visage dans le cou de son amant et se déversa en lui en étouffant un gémissement de plaisir. Nouvelle trace d'humanité qui surprit Kitayama. Son cœur avait de plus en plus mal. Ils restèrent silencieux un long moment. La moiteur de la cabine ne les aidait pas à se calmer. Leurs corps l'un contre l'autre se réclamaient encore. Mais le pirate s'y refusa. Il se retira et alla s'écrouler sur son lit, prenant soin de renfiler son pantalon au passage. Le second était incapable de détacher son regard de lui. Toujours appuyé contre la table, il sentait son corps réagir à nouveau. La cruauté de son capitaine le fascinait tellement. Puis, il le vit tendre la main vers lui. Surtout, ne pas céder à l'appel si tentant de ses bras. Et il s'approcha du lit. Fujigaya l'attira contre lui, calant son visage dans son cou pour respirer son odeur, et finit par s'endormir. Kitayama sentit ses larmes monter de plus en plus. Il l'aimait. Il n'était qu'un simple humain face à un dieu sans sentiments. Il se releva doucement et récupéra ses vêtements. Il le regarda dormir quelques instants avant de poser timidement ses lèvres sur les siennes. Son cœur se serra un peu plus.

"Merci... De m'avoir laissé être à toi une dernière fois. Grâce à toi, j'ai pu me sentir vivant."

Il se dirigea vers la porte de la cabine et posa sa main sur la poignée. Il entendit son capitaine murmurer quelque chose qu'il ne comprit pas. Sa voix était tellement douce. Et il quitta la pièce. Demain tout serait terminé.

N.A. Mon dieu...J'ai tellement souffert en écrivant ce lemon...Mais d'une force, vous n'imaginez même pas. Le meilleur que j'ai écrit jusque là. Y'a pas à chier. Avec Azra, on est d'accord. Mais...Putain ce que j'ai eu mal.

Chesire