Note de l'auteur : Gnéééé ! Oui, je sais, je suis en retard, j'avais dis que je postais le vendredi et c'est samedi. Mais là pour le coup, adressez vous à l'engeance maternelle qui a décidé de péter les plombs et démolir à moitié le modem hier soir... Bref, voilà donc le chapitre 2 en retard, désolée ! é.è
Chapitre 2 :
Une sonnerie énergique envahit une chambre peinte en rouge foncé, encore plongée dans la pénombre créée par les rideaux. Un grognement sourd lui répondit, bientôt suivi par une main surgissant d'un tas de couvertures pour se saisir de l'imprudent qui osait troubler ainsi son sommeil.
- Allo ?
Un silence dans la pièce, le temps pour l'occupant du lit de s'asseoir dans les draps d'une couleur voisine à celle des murs. Son interlocuteur débita quelques phrases sur un ton relativement rapide. Finalement, le roux répondit :
- Yo Demyx. Tu causes toujours aussi vite. Ce soir, tu dis ? Ouais pourquoi pas.
Un dialogue rapide s'en suivit, durant lequel il put assimiler l'heure et le lieu ou il devait se rendre pour participer à la beuverie qu'organisait son meilleur ami, Demyx.
Un garçon plein de vie faisant partie d'un groupe de rock relativement connu dans Illusiopolis. Il avait toujours envie de faire la fête. Mais il le connaissait suffisamment bien pour savoir que sous ce masque de fêtard, se cachait un être qui ne souriait pas toujours. Il était d'une naïveté et d'une innocence rare ici-bas.
Une fois sa conversation finie, il fila jusqu'à la salle de bain voisine avec quelques affaires afin de prendre une bonne douche.
Même s'il ne commençait que dans une heure environ, autant se préparer de suite, il savait qu'il ne pourrait pas se rendormir, il était comme ça. Il pétait toujours le feu, dès le matin, et une fois réveillé, il lui fallait au minimum deux cachets de somnifère pour réussir à l'endormir à nouveau.
Ou un bon coup derrière la nuque.
Sa douche finie, il enchaîna avec un rapide petit-déjeuner qui lui permettrait de tenir avec son appétit dévorant jusqu'au repas de midi.
En jetant un coup d'œil à l'horloge, il poussa un soupir. Tout en se dépêchant de manger, il enfila ses chaussures, sa veste d'uniforme et son sac. Une fois prêt, il fila par la porte jusqu'à la moto garée en bas de chez lui.
La moto.
Une des rares choses qui faisaient encore battre son cœur à toute vitesse, qui permettait à l'adrénaline d'investir ses veines.
De lui faire oublier quelques instants le monde dans lequel il se trouvait.
Et qu'il détestait tant.
Il ne supportait plus, jour après jour, de voir les gens autour de lui, suivre des codes, aveuglément, sans même songer un instant à se rebeller ou à changer. Les voir s'enfoncer dans cette routine sans fin, ça lui rappelait à quel point il haïssait l'ennui qui l'envahissait si souvent. Il voulait changer.
Faire quelque chose pour oublier que sa vie n'était qu'un perpétuel recommencement.
Mais quoi ?
Des fois, l'envie même de tuer le prenait, quand il observait les passants.
Tuer pour amener du changement, pour les faire enfin réagir, sortir de leur hébétement continuel. Jusqu'ici, il n'avait jamais franchi le pas.
Mais qui sait, peut-être qu'un jour…
.oOo.
Arrivé à son travail, il gara son imposante Kawasaki Z760 - qu'il avait eu deux ans auparavant, juste après être parti de chez lui – devant le bureau de poste, à l'une des places pour employés.
Il fit un rapide tour à l'intérieur, le temps de saluer son collègue Zack, qui lui remit au passage le sac de livraison pour sa tournée.
Il passa ensuite les deux heures suivantes – jusqu'à 11h30 environ – sur la petite mobylette aux couleurs jaune criard de la Poste, à distribuer comme chaque jour le courrier dans le coin de la ville qu'il couvrait.
Postier.
Jamais au monde il n'aurait imaginé faire un tel travail, quand il était parti de chez lui.
Mais en vérité, lorsqu'il avait quitté ce « foyer » - ce mot l'avait toujours fait rire – il ne savait pas du tout ce qu'il comptait faire. Il voulait juste se barrer.L'emploi de postier, lui, était censé n'être que temporaire. Un petit quelque chose avant de trouver ce qu'il voulait faire d'autre.
Et puis, finalement, il n'avait rien trouvé d'autre.
Ce boulot-là lui permettait de se lever un peu plus tard que la moyenne – il devait être au boulot à neuf heures pour commencer sa tournée – et de finir juste avant le repas de midi. La ville où il habitait était gigantesque, en réalité – certains la nommaient d'ailleurs judicieusement « la ville qui ne dort jamais », en raison des quartiers d'affaires d'un côté de la ville, et des boites de nuit de l'autre –, mais il ne couvrait qu'un petit quartier tranquille
Parfois, il lui arrivait d'être rappelé par son chef dans l'après-midi, car il devait apporter des colis ou des plis urgents à certains destinataires de la place où il déambulait tous les matins, mais c'était de l'ordre du rarissime.
Sa tournée fut finie sans plus de déboire à l'heure prévue et, comme quasiment tous les jours, il passa chez un des différents restaurants « à l'emporter » de la ville pour prendre son repas de midi – il aimait bien changer.
Ses victuailles englouties, il s'affala comme un chat sur son divan, un œil morne fixé sur la télé éteinte. Il ne se passa que quelques minutes avant qu'il ne sombre dans un profond sommeil. Comme d'habitude.
Il ne se réveilla de sa petite sieste que quelques heures plus tard. Il ne devait pas être loin de 17 heures, la nuit tombait doucement dehors. Il lui restait encore un peu de temps – il n'avait rendez-vous avec sa « cavalière » que dans les environs de 19h30 – afin de se préparer correctement.
Il commença par aller prendre une bonne douche qui acheva de le réveiller. Il aimait bien faire des siestes, l'après-midi, quand il n'avait rien d'autre à faire. Ça lui permettait de tenir aisément jusqu'à six heures du matin quand il sortait en boite.
Même en semaine.
Sa douche terminée, il enfila une tenue plus adéquate à une sortie en boite – un jean déchiré avec soin, un t-shirt noir avec une flamme stylisée dessus qui moulait son torse à la perfection et des baskets noires et rouges.
Ses poches remplies des divers objets qu'il mettait toujours à l'intérieur – on ne sait jamais quand un canif peut être utile – il repartit en direction de la salle de bain pour tenter de redonner vie à ses pics un peu aplatis par la douche.
Cette opération-là lui prit environ une demi-heure et les trois quarts d'un pot de gel. Il fallait vraiment qu'il pense à en racheter. Ses cheveux partaient en vrac naturellement, mais il aimait exacerber ce style. Sauf que ça coûtait cher en gel, au final…
Son repas fut un peu plus conséquent que celui de midi – après tout, quitte à se bourrer la tronche, au moins éviter de se tuer l'estomac en même temps en le faisant à jeun – constitué pour la plus grande partie de lasagnes.
Quand il releva la tête, il était déjà un peu plus de 18h passé. Parfait, il était à l'heure.
Enfilant un blouson, le roux sortit de son studio, referma derrière lui et s'engagea dans une ruelle.
.oOo.
- Je suis siiii excitée à l'idée de cette fête ! Pas toi ?!
Une réponse à moitié marmonnée parvint aux oreilles de la demoiselle.
Des cheveux charbons coupés à la garçonne, de grands yeux bleus dévorant son visage et un air candide imprimé dessus. Xion avait toujours eu tout pour plaire, surtout avec son innocence naïve. Axel avait rarement rencontré de fille aussi « pure » qu'elle.
Mais elle avait parfois le don de l'énerver.
Innocente, oui pourquoi pas. Pure, aussi. Naïve, à la rigueur.
Mais à ce point, ça commençait à en être un peu exagéré. Il se demandait parfois si elle ne faisait pas exprès.
La main enfoncée dans sa poche de pantalon, il jouait distraitement avec son canif, s'amusant à sortir et rétracter la lame de plus en plus vite, tandis qu'à côté de lui Xion continuait son babillage incessant.
Tout à coup, sans comprendre pourquoi, il se sentit tiré sur le côté.
Quelques secondes, le temps que sa vue s'habitue à l'obscurité dans laquelle il s'était retrouvé, et il comprit le tableau qui se déroulait sous ses yeux.
La jeune demoiselle qui l'accompagnait – si on ne regardait que sa taille, parfois on aurait même pu se demander si elle n'était pas mineure – l'avait attrapé par le bras pour l'emmener dans une ruelle transversale un peu plus sombre.
Sans dire un mot, elle se colla contre lui, le forçant à reculer jusqu'à se cogner contre un mur.
- Xion ? Que… ?
- Shhht…
Elle lui intima le silence d'un doigt barrant ses lèvres.
Ce dernier ne fit pas long feu, vite remplacé par la bouche de la jeune fille, plutôt empressée.
Il lui fallut un bon moment pour réagir.
Dans sa tête, une tempête semblait s'être déclenchée.
Un mensonge.
Tout ceci n'était qu'un mensonge.
Il voulait bien l'avouer, lui non plus n'était pas tout blanc. Même loin de là.
Mais depuis le début, Xion agissait comme si elle était une jeune fille pure et innocente. Et c'était justement ça qui lui avait plût.
Et… voilà le dénouement ? Tout ceci n'était que pure hypocrisie, juste pour parvenir à finir dans son lit ?
Venant d'une autre fille, cela ne l'aurait pas choqué. Non, il y était plutôt habitué.
Il ne voulait pas être vantard, mais il n'était pas non plus un laideron, les filles étaient plutôt pressées de se retrouver dans son lit en général – et les mecs aussi.
Mais elle…
Pas Xion. Il pensait depuis le début que cette fille était différente. Un peu naïve, innocente.
Qui ne lui sauterait pas dessus à la première occasion.
Mais non. Tout ça n'était qu'un simple mensonge.
Elle était intelligente, cela dit. Elle avait réussi à deviner comment mieux se rapprocher de lui. Juste pour profiter de lui.
Finalement, elle était comme les autres.
Hypocrite.
Lorsque le mot résonna dans son esprit, cela parut débloquer son corps.
Il se retourna violemment, de manière à plaquer Xion contre le mur dans son dos.
Cette dernière, qui s'était attaquée à son cou, émit un grognement visiblement appréciatif.
Avant de couiner de douleur.
Le couteau avec lequel il jouait quelques minutes auparavant venait de se planter dans son abdomen avec rage, pile à la place du cœur.
Axel, le poing serré sur l'arme, observa Xion hoqueter plusieurs fois, tentant désespérément de reprendre un souffle qui lui échappait inexorablement.
Elle essaya de se raccrocher à lui, mais il recula précipitamment. Le canif toujours dans son poing suivit sa course, libérant un flot de sang sombre qui tacha la chemise blanche de la demoiselle.
Cette dernière s'effondra à terre, les mains plaquées sur sa poitrine pour tenter de juguler l'hémorragie.
Peine perdue.
Un long moment se passa, avant qu'elle ne cesse de bouger à terre, expirant son dernier souffle dans un silence de mort.
Axel n'avait pas bougé, silencieux.
Il restait là, à regarder le corps qui refroidissait lentement devant ses pieds.
Par sa faute.
Il venait de tuer quelqu'un.
Et bizarrement, ça ne lui faisait pas plus d'effet que ça…
Derrière lui, un souffle qui s'emballait le fit se retourner.
Son cœur rata un battement.
Dans son dos, un jeune homme blond venait s'arrêter, des écouteurs dans les oreilles.
Son regard océan fixé sur lui, brillant de terreur.
Il poussa un soupir.
Les ennuis commençaient.
Ouiiii, je sais, je suis une méchante d'avoir tué Xion. Pour ma défense, il me fallait quelqu'un à descendre, et à cette époque, je ne la connaissais pas encore très bien, du coup je l'aimais pas. Pardon.
Rendez-vous la semaine prochaine pour le chapitre suivante, promis cette fois-ci je le posterai à l'heure ! è.é
Oubliez pas la review ? ;;
