Note : coucou ! :) J'espère que ça va cette semaine ! ^^ Je poste le chapitre très tôt, ayant repris les cours, je passe mes journées avec des enfants dans une classe du coup j'ai pas beaucoup de temps _ En tout cas j'espère que ce chapitre va vous plaire ! :)
Merci à deux ptites revieweuses anonymes, nyoh vous êtes chou ;;

Miss Manga : Ca arrive à tout le monde de pas reviewer au début *tousse tousse* xD J'te pardonne volontiers 3. Le fait que Roxas laisse un instant tomber son masque de lycéen parfait, j'y tenais beaucoup oui, qu'on puisse voir que le perso n'était pas à dimension unique quoi, qu'il y a dernière le gamin irascible et autoritaire un ado qui souffre du poids qu'il doit porter =') Et je dois t'avouer que pour l'écriture du passage avec Demyx, j'étais carrément morte de rire sur mon cahier en classe (oui j'ai écris tout ça en classe) les trois quarts du temps =')
ahah pour le fait d'embrocher Roxas... tu verras bien ! ~

Chapeauline : Joli pseudo ! =o Tu vois j'suis pas morte ! xD Et voilà la suite :3 Donc tu vas pouvoir savoir, j'espère qeu ça va te plaire ^_^ Il était pas vraiment question que j'arrête hein :) C'est juste que c'est un peu... décourageant de pas avoir de retours é_è

Bonne lecture ! :)


Chapitre 6 :

Deux mois passèrent. Peu à peu, la monotonie s'installa entre les deux compères. Axel apportait le repas du blondinet chaque midi, et revenait le chercher à la fin de ses heures de cours pour qu'il puisse réviser au calme chez lui.
Enfin, au calme… quand Demyx ne s'invitait pas avec bruits et fracas.
Et qu'Axel ne devait pas le faire partir… avec encore plus de bruit.

Il n'avait pas eu beaucoup l'occasion de parler au jeune homme - il n'avait pas voulu, surtout - mais ce dernier semblait être un très bon ami d'Axel.

Même s'il avait du mal à comprendre comment le roux faisait pour le supporter.

Au fil des après-midi qu'ils passaient ensemble, et malgré le silence qui régnait quasiment en maître, ils avaient tissé des liens. Très ténus, mais qui n'appelaient, Axel le sentait, qu'à se renforcer.
Ils passaient leurs rares dialogues à s'enguirlander et s'envoyer des gentillesses, à se traiter d'épouvantails et de nain… rien de très nouveau.
Roxas agissait toujours aussi odieusement. La veille même, il avait forcé le roux à l'attendre sous la pluie pendant près d'une demi-heure, car il avait omis de lui dire qu'il repassait une épreuve qui lui prendrait du temps.
Il avait vu les prunelles sombres du jeune homme, mais s'était tu.
Il n'allait quand même pas s'excuser. Après tout, c'était son esclave. Enfin, Axel lui rendait bien la plupart du temps son comportement arrogant, à coup de piques et de politesses verbales.
Mais maintenant, tout cela faisait partie de leur quotidien, de leur vie.

Suffisamment en tout cas pour que Roxas peste devant la porte d'entrée du lycée, à moitié mort de faim et peut-être - peut-être - un peu inquiet, en voyant que l'épouvantail n'était décidément pas du tout décidé à arriver.
Lorsque la pause de midi se termina au treizième coup de l'horloge, il fut bien obligé de se diriger vers sa salle d'anglais… le ventre vide.
Durant le cours, quasiment personne n'osa le déranger - sauf ce pauvre bougre de Sora qui se fit littéralement foudroyer du regard parce qu'il avait osé lui demander un taille-crayon.
À la sonnerie de l'intercours, le blondinet avait pris sa décision.

Puisque cette tronche d'épouvantail coiffée à la TNT refusait de remplir ses tâches, il allait s'occuper de lui.
Il n'avait que deux heures cette après-midi-là. Aussi, dès que l'anglais fut fini, il sauta presque hors de la salle de classe, portable vissé à l'oreille.

Une tonalité.
Un autre.
Encore une autre.

Boite vocale.

Le regard de Roxas passa en mode "lave en fusion", tandis qu'il serrait le poing sur son téléphone à s'en faire craquer les jointures.
Il allait le tuer.
Le chemin jusque chez le roux lui prit presque aussi peu de temps qu'en moto, tant son pas rageur était rapide. Arrivé en bas de l'immeuble, il faillit renverser le concierge qui sortait à ce moment-là.
Il eut l'occasion de vérifier les dires de Demyx lors de leur première rencontre : Axel ne fermait presque jamais sa porte à clé.

- Eh l'épouvantail ! hurla-t-il en entrant dans l'antre du plus vieux. Amène-toi !

Seul le silence lui répondit. À cet instant, toute la bizarrerie du lieu lui sauta aux yeux.
Il n'y avait pas un bruit dans la pièce. L'obscurité habitait les lieux sans partage.
Il savait qu'Axel était un lève-tard, mais à ce point, c'en devenait étrange.
Il fit le tour de la pièce du regard, ne décela aucune présence. Pourtant, il devait être là, puisque la porte était ouverte. Avec un soupir, il poussa la porte de la seule pièce qu'il n'avait jamais vue.

Bingo.
Axel était là, allongé dans un grand lit de deux places. Roxas se retint de crier et alla se planter devant lui avec la machiavélique idée de lui hurler dessus le plus près possible afin de lui ruiner un tympan.
Histoire qu'il se souvienne de lui.
Mais un détail très insolite le frappa, précisément au moment où, penché au-dessus de lui dans le lit (1) pour se rapprocher de son oreille, son visage frôla celui de l'endormi.
Il était bouillant !

Se relevant d'un coup, le blondinet prit le temps de plaquer sa main sur le front de son aîné – qui gémit doucement dans son sommeil de la fraîcheur de sa main – avant de paniquer.
Il était vraiment, vraiment brûlant.
Le jeune entreprit alors de trouver la salle de bain d'Axel. Une fois cette dernière localisée, fouillée et dépossédée d'un thermomètre frontal, il retourna auprès du supposé malade pour prendre sa température.
Après quelques minutes – et grognements divers – pour trouver comment cette saleté d'autocollant dégénéré fonctionnait, il finit par réussir à lui faire cracher un chiffre.
Un chiffre… alarmant.
41°C.

Ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes, le jeune homme sauta sur ses pieds, totalement paniqué à présent.
Il tourna (littéralement) en rond quelques instants, avant qu'un gémissement du rouquin ne le cloue sur place. Résistant à l'envie de se mettre une gifle, il finit par vider un grand coup ses poumons pour se calmer un brin, avant d'attraper son portable et de composer un numéro.

- Allo ? Docteur Sanders ? Bonjour, c'est Roxas… oui, oui tout va bien… Non, ce n'est pas pour moi, il s'agit de…

En quelques mots, il lui résuma la situation, les symptômes du malade. Il fallut néanmoins quelques instants pour que son docteur ne réponde, un brin amusé par l'affolement de son patient, que tout irait bien, qu'il ne devait pas s'en faire autant pour une simple grippe carabinée. Il se lança ensuite dans un descriptif des choses à faire où à ne pas faire.
Lorsque Roxas raccrocha, il songea qu'il faudrait qu'il remercie son médecin traitant…
Il se dirigea d'autorité vers la cuisine de son aîné, à qui il fit subir le même sort que la salle de bain, jusqu'à mettre la main sur un bac de glaçon. Il enfila ceux-ci dans une serviette dénichée dans un placard, et déposa le tout sur le front du malade, qui gémit littéralement de bonheur à ce nouveau contact.
Bon.

Faire en sorte de traiter la fièvre, c'était fait. La suite maintenant.
Qu'avait dit le médecin ? Ah, oui. Le faire manger.

« Fais-lui quelque chose de simple, de pas trop lourd, mais de nourrissant. Et de chaud, surtout ! »

Il fut bien obligé de se mettre aux fourneaux. Pour son propre esclave.
Alléluia.
Une vingtaine de minutes plus tard, il finit par verser dans un petit bol déniché dans un placard une sorte de soupe un peu épaisse qu'il savait très nourrissante.

De la soupe.
À passé 15h. Pas mal.

Il débarqua dans la chambre du malade un peu plus doucement que les fois précédentes, attentif au bol rempli à ras bord qu'il transportait. Une fois ce dernier posé sur la table de nuit, Roxas dirigea son attention vers le lit.
Axel n'avait pas bougé. La seule différence tenait dans le fait qu'il semblait transpirer un peu moins – grâce à la glace, sans doute. Le blond s'assit sur le bord du lit et secoua doucement l'épaule du plus vieux pour le réveiller. Il ne put retenir un sourire amusé lorsque ce dernier grogna. Ils avaient des points communs, finalement…

- Eh, l'épouvantail. Debout. Allez. Faut que tu manges.

- Le nain ? parvint articuler le roux après plusieurs… bruits incompréhensibles.

- Tout juste. Allez, redresse-toi.

Il l'aida en tirant sur ses épaules, le laissant s'appuyer contre lui. Lorsque le rouquin fut plus ou moins assis contre ses oreillers, il lui tendit le bol de soupe.
Axel ouvrit de grands yeux, mais au moment où il s'apprêtait à dire quelque chose, Roxas souleva la cuiller pleine de soupe à hauteur de sa bouche.

- Tais-toi. Et mange.

Après quelques secondes d'hésitations, le plus vieux ouvrit la bouche pour attraper la cuiller. Il garda cette dernière entre ses lèvres quelques instants et finit par la reposer dans le bol pour articuler :

- C'est… bon, lança-t-il, son visage marqué par la surprise.

- Eh, se renfrogna Roxas, je dois prendre comment cet étonnement ?

Son aîné haussa les épaules, et entreprit de continuer à manger sa soupe. Il n'eut en revanche pas la force de finir le bol entier. Il finit par le reposer sur la table de nuit pour s'allonger à nouveau, sans un mot.
Deux secondes plus tard, il dormait déjà.
Roxas soupira. Qu'allait-il bien pouvoir faire de lui ?
Dans l'immédiat rien, en tout cas. Il partit donc chercher sa mallette de cours pour faire les quelques devoirs donnés dans la journée, assit devant le lit du rouquin histoire de le surveiller.
À plusieurs reprises, ce dernier eut des crises de fièvre lui faisant débiter des délires parfois franchement flippants. Il eut néanmoins quelques instants de lucidité, vers 17h.

- Roxas ?

- Mmh ? releva le blond, sans lever les yeux de cahier, avant de rajouter : non, Axel, il n'y a pas de fée verte qui vole dans la pièce… (2)

- Euh… quoi ? De quoi tu parles ? J't'ai refilé ma fièvre ?

Une main se posant sur son front avec maladresse fit sursauter le lycéen qui se retourna vers Axel. Ce dernier le regardait fixement, les yeux clairs. Roxas releva un sourcil.

- Ta fièvre est tombée ?

- Je ne sais pas. Je ne crois pas non, j'ai encore chaud. Tu m'expliques ce que tu fous ici ?

Le blondinet ricana, retournant ses yeux vers le livre de grammaire anglaise posée sur ses genoux. Il finit par reprendre la parole afin d'expliquer sa présence.

- Quand j'ai voulu à manger à midi, une certaine personne n'est pas venue m'apporter mon déjeuner. Et cette même personne ne répondait pas à son téléphone. Je suis donc venu vérifier si t'avais une bonne raison, autre que la mort, d'être absent.

- Et ? Elle est bonne, ma raison ?

- … Passable. Mais tâche de ne pas la réessayer, ça pourrait être refusé.

Un silence de quelques minutes s'installa, tant et si bien que le lycéen crut que son ainé s'était rendormi. En jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, il s'aperçut qu'au contraire, il le fixait de son intense regard émeraude.
Un long frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.

- Qu… quoi ?

- Et… t'es venu là ? Pour moi ?

- Ben, ouais. Tu ne m'as pas apporté ma bouffe, je suis venu te hurler dessus.

- Ah bon ? Ce n'est pas parce que tu t'inquiétais ?

Le blondinet ricana.

- Bien sûr que je m'inquiétais voyons… C'est dur à trouver, un esclave, de nos jours.

La seule réponse qui lui parvint fut une respiration paisible. Il s'était déjà rendormi profondément. Roxas ne put retenir un sourire.
Il reposa son regard sur son livre d'anglais, mais ses pensées étaient déjà parties bien ailleurs, emmenées par leur petite discussion.
Est-ce qu'il s'était inquiété ?
Cette question-là tourna dans sa tête, encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit sorti brusquement de ses réflexions par une horloge qui sonnait les six heures du soir. Il hésita quelques instants sur la conduite à adopter, puis finit par se relever en soupirant.
Il rangea lentement ses affaires dans sa mallette, refit un tour dans la cuisine, et revint dans la chambre. Il posa un bol sur la table de nuit, et tourna son regard vers le rouquin endormi.

Qu'est-ce qu'il paraissait fragile, vu comme ça.
Il en aurait presque oublié qu'il s'agissait d'un tueur de sang-froid…
Une main vint fourrager la tignasse rebelle du roux. Un murmure fut soufflé dans l'atmosphère silencieuse de la pièce.

- Peut-être bien que je m'inquiétais, oui…

Puis, comme si le lycéen se réveillait d'un drôle de rêve, il releva la tête, la secoua, attrapa son sac et tourna les talons.
L'odeur alléchante d'un bol de soupe couplée au grincement d'une porte qu'on tente de refermer doucement réveilla le malade, encore dans le potage (3). Il remarqua – ou plutôt, son estomac remarqua ? – le bol de soupe en premier, puis le bout de papier qui était posé contre ce dernier.
Il était couvert de l'écriture de Roxas.

« T'es dispensé de tâches ménagères pour quelques jours.
Soigne-toi.
R. »

Il ricana un instant, avant de prendre le bol de soupe encore chaude. Il avait dû la laisser sur la plaque pour qu'elle ne refroidisse pas.
Sacré gamin.

.oOo.

Il fallut à Axel plus ou moins quatre jours encore pour être totalement guéri. Il avait dû effectivement couver une très bonne grippe.
Roxas devait être rassuré à son sujet, car il ne revint pas pendant les quatre jours de repos forcé de son esclave. Axel devait bien avouer qu'il en était un peu déçu. Il aurait tout donné pour voir le gamin préparer de la soupe…

Roxas, lui, s'ennuyait, assis derrière sa table, au cours de géopolitique. Le stylo calé entre ses deux mâchoires, il avait tourné son regard bleu mélancolique en direction du ciel bleu, devenu pré aux moutons nuageux.
Son esprit était déjà loin. Très, très loin. Il repensait aux quelques dernières semaines qu'il avait passées avec l'épouvantail à ses côtés.
Maintenant que celui-ci était absent, il se rendait compte du gouffre qui l'entourait. Il avait bousculé sa vie et ses habitudes, sans même que le lycéen ne s'en rende compte.

Bien sûr, il avait volontairement changé certains détails de cette vie, en les confiants à Axel – comme le repas ou les déplacements – ou en tout cas en le faisant près de lui. Mais sans qu'il ne s'en rende compte, passer tout ce temps avec lui l'avait forcé à s'y attacher un peu.
Sauf que dans son esprit, le cadavre de cette pauvre fille lui rappelait à quel point ça pouvait être dangereux de penser à Axel de cette façon.
Et puis… il ne pouvait pas décemment être ami avec quelqu'un qu'il faisait sciemment chanter à propos d'un meurtre. Non ?

Un coup sec du professeur sur sa table fit revenir le blond à la réalité.
Se concentrant à nouveau sur le développement des compagnies pétrolières américaines en territoire arabe, il laissa néanmoins une certitude glisser dans son esprit.

Il valait mieux qu'il veille à garder le peu de distance qu'il lui restait…


(1) On arrête de baver, mesdemoiselles…

(2) Ne rigolez pas, j'ai eu de la fièvre une fois… et c'est ce que j'ai sorti à des amies qui me veillaient xD « Les filles… y a une fée verte qui vole dans la pièce… » (En fait, il s'agissait de la fée de l'absinthe xD)

(3) Dans le potage hein, pas dans la soupe ! =D

Rendez-vous au prochain chapitre ! ^_^