Salut à tous, comme ça avait l'air d'être demandé, voilà la suite de l'histoire, oui j'ai été rapide, vos retours m'ont tellement donné envie qu'elle est déjà là!
Merci déjà à tous ceux qui ont fav/suivis la Fic.
Merci particulièrement à Yumei Mizuki, Ninlhinn, dry1410, PKClarine et Lilia Purpurea pour vos reviews, la rapidité et l'intérêt dont vous faites preuves ! C'est toujours plaisant de voir qu'étant peu connu sur la fandom, on s'intéresse tout de même aux nouveaux "auteurs".
Bonne Lecture à tous !
Chapitre 2: Les générations se suivent mais ne se ressemblent pas.
Vivant, il ne trouvait pas d'autre mot pour se décrire, d'avoir survécu au braquage, à sa métamorphose, au choc avec le château d'eau, et simplement par rapport son corps. En effet, il n'avait pas ressenti une telle chaleur, une telle puissance ni une telle vivacité depuis bien fort longtemps. Bon, il restait toujours le problème de sa nudité et de sa distance par rapport à Mirage. Heureusement pour lui, l'incident en ville avait surement attiré toute l'attention pour qu'on ne s'intéresse à la vulgaire et simple destruction d'un château d'eau. En jetant rapidement un coup d'œil aux alentours, il remarque une aire de aire de repos à quelques centaines de mètres de sa position. Il y trouverai tout ce dont il aurait besoin pour se couvrir et de sympathiques voyageurs pour se faire remmener chez lui. Il s'y rendit donc, à sa vitesse habituelle de vieillard, et utilisa ses dons télépathiques pour convaincre des vendeuses de le laisser se servir parmi les différents vêtements disposés. Il se contenta d'un col roulé rouge qu'il recouvrit d'un imper ceintré 3/4 noir et de ce qu'ils appelaient « jean ». La sensation n'était pas désagréable, et ne le ralentissait pas dans ses mouvements. Une paire de bottines un peu trop grande, des lunettes de soleil prises au comptoir, et le tour était joué. D'honnête vieillard, le voilà devenu voleur… Qua dirait son père s'il le voyait comme tombé aussi bas ? D'un autre côté, qu'est ce que cela changeait, Enoch avait il déjà connu la fatigue, le froid, la douleur dans chaque acte du quotidien… Ou juste atteint l'âge vénérable de 1358 ans ? Et puis, de toute façon, depuis quand se souciait il de ce que son malhonnête géniteur pouvait bien penser de lui ? Etait ce une préoccupation commune chez les personnes âgées de cette époque ? Peu importe, il se rassura en se disant que c'était par nécessité, et non par envie.
Une fois changé et sortit, il interpella une voiture qui accepta de le prendre en stop, qui se méfierait d'un papy désorienté, perdu au milieu de nul part ? Le conducteur lui demanda même gentillement l'adresse de sa maison de retraite, la question fit sourire Balthazar, qui n'avait jamais compris le principe de gâcher le temps des jeunes à s'occuper jour et nuit de ceux dont le leur était compté, ni de même celui de se donner tant de mal à retarder artificiellement la mort de toutes ces personnes qui ne demandaient qu'un long repos… La société actuelle était-elle si addict à la technologie qu'elle avait besoin de toujours l'utiliser, quittes à en abuser sur ceux qui n'étaient plus en capacité de la manier ? Comme ces toxicos que l'on force à prendre des doses tellement élevées de leurs drogues afin de les dégouter à vie… A peine quelques heures avaient passé depuis sa re-transformation et le voilà déjà à déprimer de nouveau sur la condition de la société humaine moderne… Tout paraissait tellement plus ordonné et pourtant plus illogique et insensé qu'auparavant. Il laissa son regard se perdre sur la route qui défilait autours de lui… qu'était il devenu des grandes plaines sauvages, des forets dont la cimes des pins surplombaient les immenses étendues d'eau, des collines habitées par la liberté d'où l'on pouvait observer chapiteau enneigé des monts éternels ? La seule splendeur que l'on pouvait trouver aujourd'hui était l'œuvre de la mégalomanie commune de l'Homme, tout ce qui n'était pas bâti de Ses mains n'avait pas lieu d'être. La nature ne faisait que trop leurs rappeler qu'il y avait surement un autre créateur plus puissant qu'eux. Son œil se posa sur une cathédrale de la Lumière, il connaissait cet endroit : un ancien temple du Sang conquit, comme tous les autres lieux de cultes des anciennes puissances, c'est fou ce qu'une simple croix, quelques statues, des vitraux et de nouvelles sculptures pouvaient faire oublier l'origine d'une place… Comme tout le reste, cela rappelait la fascination qu'avait la population actuelle pour tout ce qui était éphémère.
Puis il se tourna vers le rétroviseur, tout d'abord de façon très rapide, mais il fut interpellé par un léger détail, extrêmement anodin pour n'importe qui… mais pas pour le Vieux Bob. Sa main. Alors que le matin même, elle ne ressemblait encore qu'à un vieux bout de parchemin desséché, elle était maintenant simplement usée, ridée et tachetée, mais la chair semblait être réapparue de nulle part, les ongles et la pulpe étaient toujours noirs, cependant il arrivait de nouveau à la mouvoir sans ressentir une intense douleur, juste de légers craquements et picotements. Il la passa rapidement sur son visage, le diagnostic était le même, les écailles telles des croutes, traits tirés, anciens, fatigués et non plus squelettique. La malédiction du démon intérieur, c'était ça aussi…Une cure de jouvence quand on le laissait prendre le dessus. Rien de faramineux, pas de quoi lui rendre sa jeunesse et sa vigueur de l'époque où il était aventurier…juste de quoi le garder en vie… ou les garder en vie pour être plus précis. Même sur ce point, le démon se moquait de lui, alors qu'il pouvait commencer à caresser la joue de la mort pour lui dire à quel point elle lui avait manqué, qu'il revenait lui rendre la puissance nécessaire pour tenir de nouveau un siècle, telle une claque sur la caresse en train d'être effectuée, comme s'il savait que ca allait être le moment où les deux personnes allaient être prêt à s'embrasser… Et si tout ca n'etait qu'une moquerie de la Mort elle-même, après qu'il ait réussît à la faire disparaître physiquement du Cratère… Tuer la Mort… Qu'est ce qu'ils avaient pu être stupide ce jour là… Et … Il allait partir sur une autre pensée quand le chauffeur lui tapa sur l'épaule pour lui signaler qu'ils étaient arrivés.
Pour une fois que le temps lui paraissait trop court… Balthazar hésita à lui redemander une escapade en voiture, mais au fond de lui, il savait qu'il n'arriverait pas à se replonger dans son état de méditation et de contemplation… La fatigue post métamorphose s'expliqua t-il à lui même. En descendant, il remercia chaleureusement son hôte de route… en fait, il avait retrouvé dans cet inconnu la sensation des compagnons de voyages, sans lui adresser un mot pour autant. En lui serrant la main, il apprécia la chaleur du contact physique, là il n'avait souvent trouvé que du froid lors de sa jeunesse.
« Si vous avez besoin d'un autre coup de main, n'hésitez pas à m'appelez de nouveau Monsieur… Monsieur ?
- Appelez moi Bob… Le Vieux Bob ! répondit il en souriant. »
L'inconnu lui tendit une carte sur laquelle était griffonné un numéro, puis le pyromage s'écarta et s'engagea dans l'entrée de son immeuble. Comme il s'y attendait, tout n'avait pas changé, toute sa force n'était pas revenue par miracle et la montée des escaliers lui mit les muscles des cuisses en feu et l'essoufflât. Et pourtant, il n'était qu'au troisième étage. Arrivé devant sa porte, il prit une pause de cinq minutes comme à son habitude, et l'ouvrit. Heureusement qu'il la laissait toujours ouverte, il n'y avait rien à voler de toutes manières, parce que s'il avait du compter sur ses clefs, il aurait mieux fait de rappeler cet inconnu pour lui demander de dormir dans son accueillante voiture.
Il pénétra dans l'appartement, alluma la lumière et s'apprêta à s'asseoir sur son lit… avant de se rendre compte que la place était déjà occupée par un homme en armure… technologique, une fois de plus, son casque, qui avait tout pour être un heaume de son époque, était posé sur sa table de chevet. Le soldat attendait, patiemment, les mains jointes entre elles, les avant-bras posés sur les genoux, comme s'il savait que le demi démon allait revenir d'un moment à l'autre. Son visage se voulait sévère, mais c'était encore un jeunot de la nouvelle génération… Il était juste enjoué et sûr de lui… Et puis surtout, il ne le connaissait que trop bien.
« Théo ? Balbutia t-il, comme persuadé que l'heure des délires de vieillesse était arrivé. »
L'intéressé ne donna pour seule réponse qu'un simple rire, avant d'expliquer la cause de son hilarité.
« J'avoue que le coup du nom au pif on me l'avait jamais fait… c'est plutôt bien tenté, mais y a pas de Théo ici !
- Théo de Silverberg ? Retenta Balthazar, persuadé de ce qu'il avançait. »
Pour le coup, l'Inquisitor ne rigolait plus…
« Juste Silverberg, on a perdu la particule avec l'avènement de la république… Comment tu connais mon nom de famille papy ?
- Oh… Tu es donc un descendant ?
- Si tu savais le nombre de Théo qu'on a eu dans la famille, difficile de répondre non. Il inspira longuement et redressa sa posture, Bon tu es quoi précisément ?
- Un vieil homme qui habite dans une chambre de bonne, rien de plus gamin…
- Les vieux hommes ne font pas exploser des bars, avant de disparaître avec des ailes de chauve souris dans le dos…
- Alors selon vos dires, je suis un démon c'est ca ? Ironisa le vieux Bob, dans un rire jaune, mêlant inquiétude et fatigue.
- Les démons se cachent pour mourir en paix et on une apparence éternellement jeune… D'ailleurs tu es plus jeune que sur les vidéos d'hier… Et celles d'avant hier et des jours encore avant… J'aurais bien dit que tu es un vampire, mais j'en connais aucun capable de provoquer ce que tu as fait hier… Et peu importe ce que tu es, pourquoi tu te défends pas ? Ils essayent au moins d'habitude.
- Parce que je ne suis qu'un vieillard… A moitié, l'autre moitié, c'est en effet un démon qui a pris la place…
- Oh je vois ! S'intéressa le soldat, Tu as réveillé le démon hier… Forcement, il s'est déchainé… Logiquement, "vous" êtes suffisamment vieux pour pouvoir reprendre le dessus et le rendormir pendant plusieurs années… »
Sur ces dernières paroles, il se leva, attrapa son casque qu'il plaça sous son bras, et s'apprêta à quitter la pièce, sous le regard incompréhensif de Balthazar, qui se pressa de lui demander des explications.
« Vous vous en allez déjà ? Je ne connais même pas votre prénom.
- Et bien… Vous étiez en situation de défense, un peu exagérée certes, mais je met ça sur le réveil de votre… « Locataire ». En revanche, que les choses soient claires, vous êtes, et vous restez une hérésie en sommeil, si ca se reproduit, je saurais vous retrouver, et ca ne sera pas pour vous examiner. Fred…Frederic Silverberg…
- Balthazar Octavius Barnabé Lennon, ou juste Bob, le « vieux Bob » comme on m'appelle, répondît il en riant tout en toussant.
- Et bien Bob, faites attention à vous, je vous ai à l'œil, et mon service aussi, les secondes chances que j'offre sont rares. Dirons nous que c'est une faveur que je vous accorde par respect pour mon aïeul, concédât il, d'un ton plus sec, en avançant de nouveau d'un pas vers la porte.
- Vous êtes bien différent de lui… moins nerveux en tout cas.
- Juste pour info… Vous l'avez connu il y a combien de temps ?
- Il y a plus de 1300 ans… Je vous laisse calculer le nombre de générations qui nous sépare, railla t-il en souriant.
- Ha… Ce Théo là… Tristement célèbre. Sur ceux, Monsieur Lennon, j'ai d'autres hérésies à chasser. »
Il passa à côté de son hôte, qui suivit des yeux le départ de la personne. La porte fut ouverte dans un grincement strident, et la sortie ne se passa pas exactement comme prévue… ne se passa pas du tout en fait. Sept personnes se tenaient sur le pallier, deux rangées de trois personnes, en tenues de mercenaires, armés et en joue, visant l'intérieur de l'appartement, faisant valser la lumière des lasers sur les murs, avant de rechercher les corps des deux dialogueurs. Entre ces formations, se tenait un homme, grand, dont le physique était dissimulé par un long cache poussière en cuir bleu nuit, et dont le bas du visage se caché derrière ce qui pourrait se caractériser de mâchoire métallique, une pièce unique d'un noir chromé. Ses cheveux ondulés étaient rangés en une queue de cheval désordonnée. Dans son regard, brulait une intensité malveillante hors du commun, une haine sans nom, un mélange de rage, de colère et d'autosatisfaction. Il avança de quelques pas seulement, inspectant le décor de fond en comble, posant ses mains gantées sur les différentes surfaces de la pièce. Une voix rauque sortie de là où aurait du se tenir les lèvres de la personne, non modifiée, ce qui renforçait l'étrangeté du dispositif. Il dégagea un pli de son cache poussière pour dévoiler un fourreau dont il dégaina une longue rapière de style italienne, qu'il plaça sous le menton du Vieux Bob.
« Salut Lennon, ca faisait longtemps depuis la Cité des Merveilles, hein ? »
Voilà, voilà !
J'espère que le style, le concept et la direction que prend l'histoire vous plait toujours !
Lachez vous en reviews pour tout ce qui est conseil, impressions, envies.
A la prochaine !
