Ce chapitre a mit un peu plus de temps à arriver, problème d'ordinateurs que voulez vous ^^.
J'ai réussit à m'en procurez un nouveau temporairement, donc je vais essayer de vous en poster un nouveau dans le week end pour me faire pardonner :p
Encore merci pour les favs et follows, ainsi qu'à Lilia Purpurea, Klervia, dry1410, Noyale, PKClarine, Yuma Kurotsuki et Yumei Mizuki pour leurs reviews.
J'ai un peu plus galèré pour l'écriture de ce chapitre, l'envie de placer beaucoup d'éléments, mais j'espère que ça ne se ressentira pas trop à la lecture.
Bonne lecture à tous et à toutes !
Chapitre 3 : Nos démons sont ceux que l'on se crée.
Balthazar sentait le contact froid de la pointe de la lame sur sa gorge, dévisageant celui qui la tenait, d'un regard froid et fatigué, plongeant ses yeux dans ceux d'un homme qu'il avait tué plus d'un millénaire plus tôt, carbonisé jusqu'au plus profond de ses os pour être plus précis, détruisant l'anomalie qu'avait créé le plongeon dans le puit du Néant et la monstruosité qu'il était déjà à l'origine. Et pourtant, il était là, devant lui, jeune, intimidant et rapide. Durant cette confrontation visuelle, il en venait presque à envier celui qu'il avait détesté une éternité auparavant. Il laissa doucement son iris glisser vers l'Inquisitor. Ce dernier suivait la scène avec une incompréhension intéressée, il venait rencontrer un coupable qui était devenu une victime alors qu'il s'apprêtait à le quitter, et dont l'assaillant provenait d'une autre organisation, ou du moins ne semblait pas agir sous l'initiative de l'Eglise. Sa posture pouvait rappeler celle d'un cowboy, les bras tendus, raides, prêt à dégainer les pistolets rangés au niveau de chacune de ses hanches, à affronter les six personnes braquant des points rouges sur le plastron de son exosquelette. Bob aurait pu continuer à détourner son attention pendant longtemps si le poing de l'Homme à la rapière ne s'était pas abattu sur son visage. L'impact avec ses dents lui mirent la muqueuse de sa cavité buccale droite en charpie, imbibant sa langue et ses papilles d'un goût amer de sang et de chair pourrie. Il recracha le tout d'une salve qui se répandit sur le sol, accompagné d'un peu de bile jaunasse et de dignité. Les doigts gantés lui saisirent le bas de la mâchoire, l'imprégnant du contact glacial du cuir ayant goûté à la fraîcheur de la nuit et des horreurs qu'elle engendre, afin de replacer son visage face à celui de l'Escrimeur, dont les traits qui n'étaient pas dissimulés derrière son masque métallique se tiraient et s'étiraient d'une rage dont il se délectait au cours de ses paroles, prononcées avec fierté et vivacité.
"Regarde moi Balthazar ! Je te tiens en respect, tu me dois donc le tien ! Où est donc passé ce ridicule aventurier qui ne détournait pas son regard du danger ?
- Il a disparu en même temps que mes compagnons je suppose. Tout a disparu avec eux…
- Mais moi je suis encore là… Et dans bien meilleur état que toi. Il se stoppa un instant avant de reprendre. Grâce à toi... et tes amis."
Le visage du demi démon se décomposa instantanément, ses rides ses contractèrent sous l'incompréhension et ses yeux, toujours fixés dans ceux de l'Homme à la Rapière se perdirent dans le vague. Ils l'avaient éliminé, lui et le chevalier Vlad, il pouvait encore se souvenir de la carcasse mi humaine, mi arachnoïde, fumante au sol, sujet aux spasmes de la douleurs précédant la fin de toute vie. Il voulut protester, se révolta, mais rien ne sortit de sa bouche, juste des tremblements de lèvres, similaire à ceux qui apparaissent avec l'âge, mouvements qui furent captés par son interlocuteur, qui éclata de rire en reculant, tout en continuant à pointer sa lame vers l'ancien aventurier. Après s'être ressaisit de son éclat d'hilarité, il jeta un coup d'oeil à la vieille pendule, l'heure qu'il y lut lui provoqua un léger tic au niveau de la paupière droite, et il enchaîna en faisant un signe de main à ses hommes, qui pénètrèrent complètement dans la chambre, détachant leurs viseurs de Silverberg, toujours aussi raide et concentré, afin de se placer en cercle autours du trio. L'épéiste continua de marcher à reculons afin de sortir de la nouvelle formation qu'avait adopté ses acolytes, puis reprit la parole.
"Tu m'as bien entendu Balthazar ! Tu pensais que ton brasero démoniaque m'avait achevé, n'est ce pas ? Je l'ai cru aussi en sentant mes membres et mes organes se rétracter sur eux même à cause de la chaleur, mais ma courte descente dans le "puit", et la mutation qui en avait découlé m'ont renforcé… Pas suffisamment pour me permettre de survivre, ni de régénérer, mais suffisamment pour avoir la volonté et la force de ramper quelques mètres. Mourir écraser par l'éboulement d'une montagne alors que je souffrais déjà le martyr, ou tenter le grand plongeon vers quelque chose qui, juste en l'ayant approché m'avait rendu plus fort ? Le choix fut vite fait, surtout quand j'ai vu Vlad, embarqué par, et avec le paladin, y chuter. Le chevalier savait ce qu'il faisait, et croyez moi, il avait déjà envisagé cette option. Alors je me suis fait violence, me forçant gaspiller mes dernières forces vers cet ultime but, pendant que les pierres chutaient tout autours de moi. Mais j'ai finit par y arriver, laissant mon corps se glisser dans le vide pendant ce qui me sembla être une éternité."
Il marqua un temps de pause, afin de pouvoir observer de nouveau l'horaire actuel, son tic se produisit de nouveau, et comme s'il s'en rendait compte, secoua rapidement la tête, tout en posant son index et son majeur sur sa tempe quelques secondes. Puis sans transitions, il reprit le cours de son histoire.
" Je te passe les détails de ce qui se passa une fois arrivé "à destination", le temps que cela a duré, ce que j'ai pu vivre ou ressentir... d'un autre côté, je ne saurais ni vraiment t'expliquer, ni te décrire non plus … Le fait est qu'un jour, une brèche apparût au milieu du Néant, puis deux, et ensuite une multitude. Vous veniez de libérer l'un des plus grands habitant de mon univers. Le Titan. Or, inutile de t'expliquer que là où peut passer un titan, un simple homme peut s'y glisser aussi… Quelle ne fut pas ma surprise de pouvoir enfin me contempler comme je l'étais auparavant… à quelque détails près."
Il accompagna ses derniers mots en faisant tinter sa lame contre l'appareil recouvrant sa mâchoire.
"Mais je ne suis pas sortit seul… Un de mes comparses m'offrit ce don, en échange de mes services, de continuer à être ce que je suis, à me libérer des affres du temps… Contrairement à toi, Lennon… C'est d'ailleurs pour ça, pour lui, que je ne te tue pas. Mais ne t'imagines pas que tu vas bien t'en sortir pour autant."
Il expliqua cela en riant de nouveau.
"J'ai vu ce que tu étais capable de faire au bar, tout le monde l'a vu… Et je ne compte pas te laisser te rendormir. Et croies moi sur parole...Ça sera bien pire, je ne vais pas te ménager."
L'Escrimeur jeta un dernier coup d'oeil à l'horloge et sembla sourire sous son masque, bien que rien ne permit de le confirmer, il fit demi tour sur lui même, se trouvant dos au vieux Bob, rangea sa rapière et marcha vers la sortie.
"Dépêches toi de me rejoindre si tu veux que des innocents puisse recevoir le sacrement saint. Vous autre, faites en sorte que Silverberg puisse passer le bonjour à son ancêtre de ma part."
Il disparut sur le pas de la porte, laissant le duo de Lumières et de Ténèbres au centre des hommes de mains de leurs agresseur. La retombée d'adrénaline fît tambouriner le coeur du demi-démon dans sa cage thoracique au point qu'il crut que ce dernier allait exploser. Ses membres tremblaient et son cerveau ne savait que faire. Un sifflement lui parvint aux oreilles, puis il perdit son équilibre et tout contrôle de ses jambes, à tel point qu'il finit par mettre un genoux à terre, se tenant la poitrine d'une main victime de secousses. La dernière fois qu'il avait dû se confronter à l'un de ses adversaires de si près remontait à une éternité, tout comme le temps qu'il passa dans cette position de faiblesse. Son seul repère était sa respiration qu'il sentait résonner en écho dans son crâne. L'Homme à la Rapière n'avait pas mentit, il aurait été plus rapide de le tuer, son corps n'était plus apte à subir les conditions qu'il arrivait à assumer dans sa jeunesse… Et que faisait son démon cette fois ci ? Aucune réponse ne lui fit apporter, alors il se contenta de fixer sans but son parquet…. Jusqu'à ce qu'un corps ne tombe inerte à ce même endroit. Son sang ne fit qu'un tour, et lui, un bond en arrière. Du sang commença à se répandre là où le macabé avait atterri, avant de se rendre compte que cinq autre était reparti dans l'espace de la chambrette. Seul Frederic était debout, tenant un large pistolet dans chaque main, l'armure couverte de giclées de sang, tel des tatouages tribaux recouvrant la peau tannée des hommes les plus valeureux de leurs tribus. Le Pyromage ne savait pas s'il devait être apeuré ou satisfait, à tel point qu'il n'osa pas se mouvoir pendant quelques minutes, toujours essoufflé par sa douloureuse expérience qu'il ne savait pas quoi en penser, ce ne fut pas une arme braquée, mais une main tendue qui se trouva devant lui. Il accepta de la saisir et se redressa avec un peu de mal, profitant largement de l'appui offert par l'avant bras du plus jeune des deux. Ce dernier laissa du temps à Bob d'observer avec lassitude les dégâts causés dans son appartement. Cette pièce, c'était le symbole de la vie de tranquillité qu'il s'était forgé… Et le voilà percé de balles et de sang. L'Inquisitor lui posa une main sur l'épaule et tenta de la questionner.
"Désolé de ne pas vous laisser plus de repos… mais il me semble que vous avez un rendez vous urgent avec votre dernier invité."
La remarque fit naître une légère lueur dans le fond des pupilles de Lennon, et un petit sourire en coin, qui s'estompèrent toutefois rapidement.
"En effet… Mais je n'ai pas vraiment suivit mes cours de catéchisme vois tu ? Je n'ai donc pas compris ce qu'il a voulu me dire. Si tu as une idée, je ne suis pas contre…
- Il n'y a que la messe de minuit qui accorde le sacrement saint, et à cette heure-ci, il n'y a que la Cathédrale des Archanges qui officie encore… Et il est 23h43.
- Il nous faut combien de temps pour s'y rendre?
- En voiture ? Une vingtaine de minutes.
- C'est foutu gamin… Je n'ai ni permis, ni voiture et on arrivera en retard…
- Et bien, tout dépend... vous êtes déjà monté sur une moto?"
Le deux roues du militaire traversait la ville à une allure défiant toute notion de sécurité, grillant les feux rouges, doublant tout véhicules pouvant les ralentir. Le vieux Bob laissait ses cheveux gris voler au vent de la nuit, sur lesquels pouvaient se refléter les quelques éclats d'une lune pleine. La sensation était à la fois nouvelle et mélancolique, lui rappelant les chevauchées épiques qu'il avait pu connaître lors des traversées du Cratère au cours de ses quêtes, ou de ses fuites. Il n'avait jamais remarqué à quel point Mirage pouvait changer lors de sa période nocturne. Les lumières des bâtiments offraient à la cité une majestuositée sans nom, il imaginait se retrouver dans ses forêts de lucioles où l'on croyait se baigner parmis les étoiles, un voyage au centre d'une galaxie terrestre. Le vrombissement de seulements quelques moteurs, et les bribes de discussions par ci et par là, accompagnaient l'endroit d'une symphonie silencieuse… pour combien de temps encore ? La réponse ne se fit pas attendre, dès qu'ils se stoppèrent sur le parvis du lieu de culte, des cris emergèrent de l'intérieur, se mixant aux sinistres sonnements des cloches annonçant le nouveau jour, jouant le rôle actuel d'un glas des plus sordide. Quand le dernier coup résonna dans toute la cité, les hurlements cessèrent instantanément. Une silhouette se dégagea des imposantes portes de bois, alors que nos deux hommes couraient pour s'en rapprocher. Un enfant, effrayé, à juste titre. Sa fuite se stoppa soudainement, l'abdomen transpercé par un dard argenté, autours duquel commençait à fleurir les pétales d'une rose macabre. La silhouette de l'Homme à la Rapière, droit et serein, dissimulé dans son cache poussière se tenait derrière le petit être qu'il fit glisser le long de sa lame vers le sol afin de se débarrasser du corps sans vie, et entreprit la descente des marches en rengainant. Il identifia rapidement l'aventurier et son nouveau compagnon dans leurs courses vers lui, et son contenta de sortir un petit objet d'une poche intérieure de son long manteau qu'il dressa au dessus de sa tête. En reconnaissant ce qu'il montrait, l'Inquisitor stoppa le vieux Bob dans sa course essoufflée contre la montre. Puis l'escrimeur referma son poing… Et la cathédrale explosa de toute part, entraînant un tremblement de toute la place alentours, qui désiquilibra les retardataires, les faisant lourdement chuter au sol, alors que le terroriste disparaissait derrière les nuées de fumées et de poussières engendrées par son acte.
Une fois libéré de l'emprise du jeune Silverberg, et remis debout, aussi difficile qu'était l'effort, Balthazar s'empressa de courir parmis les ruines encore chaudes de l'endroit où se tenait quelques minutes auparavant un des monuments les plus important de Mirage. Le Soldat restait bouche bée de ce qu'il venait d'assister… Tout cela ne faisait aucun sens. Immobile, il se contenta de rester à genoux devant le désastre face auquel il était impuissant. Devait il prier ? Il n'en sut que trop rien, et fut coupé par une voix familière provenant de son dos. Il se redressa sur ses deux jambes et fit face à celui venant de l'interpeller, il ne nécessita pas beaucoup de temps pour reconnaître l'inspecteur l'ayant convoqué pour l'affaire de l'explosion du bar tabac. Ce dernier était accompagné de plusieurs soldat de l'Eglise qui se placèrent en arc de cercle derrière l'Inquisitor. Le policier le fixa d'un air las et désespéré.
"En avance sur les lieux d'un crime pour lequel vous n'avez pas été affilié, hein ?
- C'est une longue histoire, balbutia le militaire, sur les nerf.
- Tout comme celle qui vous a sûrement poussé à ne pas éliminer l'hérésie dont on vous avez confié la traque, à discuter avec lui, celle qui vous a permi de laisser vous prendre en otage avec ce dernier par un inconnu, celle qui vous a fait venir ici avec le démon à l'arrière de votre véhicule, et la destruction d'un bâtiment de la Lumière au moment de votre arrivée.
- Comment ? interrogea t-il, hésitant.
- La caméra sur votre casque et celles de circulation. Les vidéos de surveillance autours du périmètre de la Cathédrale ont été étrangement désactivées, chose facile à faire au vue des privilèges dont vous bénéficiez avec votre rang. Sans oublier la disparition de votre prétendue cible après ce second accident
- Vous n'êtes pas sérieux ? Il est juste...
- On ne peut plus sérieux."
L'inspecteur fit un signe à ses hommes, qui saisirent le jeune homme, en lui ôtant de force les pièces de son armure, les laissant dans une simple tenue en lycras, afin de lui placer les menottes.
" Frederic Silverberg, pour trahison envers la Lumière, l'Etat, le Cratère, complicité avec une hérésie et ses méfaits et avoir déshonoré votre nom et votre grade, vous êtes destitué de votre rang d'Inquisitor ainsi que de toutes charges qui incombent à votre profession, et en état d'arrestation"
Voilà, voilà,
j'espère que ça vous a plut et que ça a répondu à votre grande question dans les reviews !
Comme d'habitude, lachez vous dans les reviews, je suis toujours preneur pour des conseils, ressentiments, avis (théories ?)
Bref, merci encore de m'avoir lu et de me suivre, la suite au prochain épisode ;)
