Chapitre 3 : Défaillance
Dans l'entreprise, Cal et Morgan marchèrent avec rapidité jusqu'à la salle de réunion lorsque celui-ci s'arrêta brusquement dans sa course, en voyant sa collègue avec son compagnon discuter devant la porte du bureau de la psychologue. Contrarié par cette vision, Cal s'approcha activement du couple pour connaître la raison de la présence du policier en ces lieux.
« Tient, regarde Gill', il y a Cal ! » signala Oliver à Gillian qui se trouvait à ses côtés. «Bonjour Cal » le salua jovialement le policier avec un sourire amical.
— Salut... Alors Oliver que nous vos votre visite dans nos charmants Locaux ? »
Cal avait eu un autre rictus en s'adressant au policier.
« Oh et bien, Gilly... ânonna l'homme aux cheveux gris.
— Il est venu pour l'enquête ! le coupa Gillian.
— L'enquête ? répéta l'expert en mensonge de manière interrogative.
— Oui la police de Washington travaille en parallèle avec le FBI pour l'enquête Davis. Donc il est en quelque sorte le porte parole de son équipe ! » résuma la psychologue.
— C'est ça ! » confirma le policier toujours souriant.
Lightman émit une petite moue de sa bouche en serrant les dents puis entra précipitamment dans la salle de conférence où leur suspect allait être interrogé. Celui-ci était un homme d'une trentaine d'année, affublé d'un costume chic, les yeux bleus... En clair, il avait tout pour plaire. C'est avec cette pensée que Cal prit abruptement place autour de la grande table. Il se tenait juste en face du suspect et à côté de Reynolds. Gillian et Oliver entra à leur tour et s'installèrent en bout de table afin d'observer toute la scène. Morgan s'apprêta à faire de même mais Ben la stoppa dans son action en s'exclamant : « Excusez-moi mais vous n'êtes pas journaliste vous ?
— C'est exact ! Morgan Clark de Direct News ! Enchanté !
— Elle est avec moi, souffla l'expert en mensonge avec un geste de la main.
— Vous croyez vraiment que c'est une bonne idée de faire venir une journaliste dans une enquête pareille ? » l'interrogea Ben incrédule, en regardant la journaliste s'assoire autour de la table.
« On fait bien entrer des flics...» soupira-t-il pour reprendre plus fortement:
« Bien ! C'est pas qu'on n'a pas tout notre temps mais presque!»
À cette réplique, tout le monde leva les yeux au ciel, sauf le suspect qui fronça ses sourcils d'étonnement.
« M. Smith ! Avez-vous eu une relation amoureuse avec Mme Davis ? » demanda Cal sans détour, en posant un coude sur l'accoudoir de sa chaise afin de poser sa tête dans le creux de sa main.
« Non, répondit calmement l'homme.
— Oh c'est les mots "relation amoureuse" qui vous gêne ! Pas de problème ! Avez-vous couché avec la femme de votre patron dans son dos ? » Avec un grand sourire, il regarda le suspect déglutir de peur. « Je prends ça comme un oui, question suivante ! Attention celle-ci est plus difficile ! Est-ce que vous couchiez avec elle afin de lui faire du chantage ?
— Quoi ? s'écria étonné Simth.
— Bah quoi ! C'est ce que je ferais moi ! Vous êtes jeune et d'après ce que j'ai lu dans votre dossier vous vivez dans un quartier pas très sécurisé.
— Et vous devez aussi rembourser votre prêt étudiant de plusieurs millier de dollars ! renchérit Ben, en glissant un papier dans sa direction pour prouver son argument.
— Attendez vous essayez de me dire... que je faisais du chantage à Rachel en lui faisait croire que si elle ne me donnait pas de l'argent, j'irais tout révéler à son mari de notre relation ?
— Bravo petit Crésus ! Vous avez tout compris, aussi bon qu'un flic ! déclara Cal souriant tandis que Oliver avait eu un mouvement de recul à ces mots.
— Mais c'est faux ! Elle m'aimait c'est tout !
— Et bien si l'amour donne des ailes avec vous c'est des billets ! continua l'expert en mensonge. Jolie montre, ajouta-t-il en désignant d'un hochement de tête l'objet de luxe que Smith portait à son poignet gauche. Mal à l'aise celui-ci tira machinalement sur la manche de sa veste afin de camoufler l'objet rutilant.
« C'est un cadeau..., marmonna Smith en croisant ses bras contre son corps. Elle me l'a offerte pour mon anniversaire.
— Et bien dommage que mon ex n'était pas aussi généreuse que votre amante, répliqua Cal.
— Je l'avoue... parfois elle m'offrait des petits cadeaux, mais ce n'est pas pour autant que je me servais d'elle pour l'utiliser contre son mari !
— Je vous crois, dit Cal. Vous n'étiez qu'un simple Gigolo ! »
Smith arbora une expression de surprise au terme utilisé pour le qualifier.
« Oh ne vous inquiétez pas, lança Cal, il y en a bien plus que vous ne le croyez dans cette pièce...»
L'expert en mensonge dériva rapidement son regard sur Oliver puis le focalisa à nouveau sur le suspect.
« Ce que j'aimerais savoir c'est pourquoi elle vous a choisi vous ! C'est vrai, son mari est plein aux As, charmeur, généreux... Pourquoi irait-elle voir ailleurs?
— Elle... Elle m'a dit que son mari ne la touchait plus depuis plusieurs mois, avoua le jeune homme en se triturant les mains.
— Oh et en preux chevalier que vous êtes, vous êtes venu lui proser votre aide! Un gigolo au grand coeur on aura tout vu ! »
Lightman bondit de son siège pour commander : « Faites le sortir, il ne nous sert plus à rien ! Il faut faire venir le mari le plus vite possible !
— Je m'en occupe, concéda Ben, en se levant lui aussi afin de raccompagner Smith vers la sortie. Cal sortit sans un mot de la pièce et se dirigea aux toilettes du Lightman Group.
Parallèlement, Eli et Ria regardèrent la video de l'interrogatoire de Mme Simmons dans la salle d'analyse.
« Je ne vois pas ce qu'il veut qu'on regarde franchement, soupira exacerbé Loker.
— Moi non plus... souffla Torres en songeant qu'ils devraient sans doute abandonnés les recherches, lorsqu'un signe attira soudainement son attention. « Mets sur pause Eli! »
Devant son ordinateur, le jeune homme appuya sur un bouton du clavier afin d'arrêter le film.
« Ici, Mme Simmons a une expression de colère quand Lightman la nomme Mme Jones... Tu peux remettre la vidéo de trente secondes plus tôt et au ralenti s'il te plait.»
— Bien patronne ! obtempéra Eli en effectuant la tâche.
— Tu vois, lorsque Cal dit à Mme Jones que M. Davis ne laisse pas indifférente les femmes, elle a une expression de dégoût ! Tu ne trouves pas ça contradictoire alors qu'elle n'arrêtait pas de faire des éloges sur M. Davis au sujet de ses compétences au travail !
— C'est vrai que c'est étrange... Il faudrait qu'on en fasse part à Lightman. »
Elle hocha la tête. Eli s'apprêta à arrêter définitivement la vidéo lorsque Ria s'exclama: « Attends n'arrête pas la vidéo ! T'as vu ça ?
— Quoi ça ?
— Regarde le passage où Mme Simmons dit qu'elle ne s'entendait plus avec son mari et dès que Lightman a approuvé...
— Gillian a baissé sa tête...
— Je crois que j'ai vu quelque chose de similaire à un moment donné...» La brune avança la video et s'arrêta sur un passage en particulier. « Regarde ! Quand Cal parle d'honnêteté et de fidélité dans un couple son regard se braque automatiquement sur Gillian. »
Eli se leva de sa chaise, se plaça à côté de sa collègue, pencha sa tête afin de mieux examiner l'image et souffla : « Et lorsque son regard se déplace sur Gillian, elle met une main sur son front. C'est un signe de...
— Honte », finit Ria pour Eli.
À cette conclusion, les deux collègues froncèrent leurs sourcils d'incompréhension. Qu'est-ce que cela signifiait ?
Pendant ce temps, Cal s'était isolé dans les toilettes du Lightman Group pour asperger au lavabo son visage devenu brûlant après cet interrogatoire infructueux. Pensant être seul, il continua de se rafraîchir lorsqu'une voix féminine s'éleva tout à coup dans la pièce : « Je peux savoir ce qu'il t'a pris Cal? »
Cal redressa sa tête pour rencontrer sans surprise le visage sévère de Gillian dans le reflet du miroir.
« J'vois pas de quoi tu parles, répliqua-t-il légèrement acerbe.
— Je te parle de ton petit numéro pendant l'interrogatoire de Smith ! Tu crois que je suis stupide, tu n'arrêtais pas de lancer des piques à Oliver ! Je veux que tu le laisses tranquille, il n'a rien à voir dans cette histoire !
— Vraiment..., marmonna-t-il aigri, en passant une main sur son visage afin d'enlever les gouttes d'eau sur celui-ci.
— Écoute-moi Cal, je suis sérieuse, dit-elle avec autorité en empoignant le bras de son collègue pour le forcer à lui faire face. « Tu peux m'attaquer comme tu l'as fait dans le cube, mais je veux que tu laisses Oliver en dehors de ça ! »
Cal se tût. Il se maîtrisa de tout son être et plongea son regard sombre dans celui suppliant de son amie.
« Tu me l'avais promis, cette histoire ne concerne que nous pas eux. »
La respiration de Cal se fit plus saccadée, son corps se crispa et s'en prévenir il attrapa Gillian de force afin de la plaquer contre le mur des toilettes. Sans demander sa permission, il l'embrassa avec passion. La psychologue se rendit compte de ce qu'il était en train de faire et tenta de l'éloigner en le repoussant avec ses mains.
« Cal ! Arrête, s'il te plait, dit Gillian d'une voix quelque peu tremblante. « S'il te plait arrête... »
Perturbé, Cal ferma ses yeux, recula légèrement sa tête et posa son front contre celui de la psychologue qui souffla d'une voix brisée : « On ne peut pas faire ça... On ne peut plus faire ça...» L'expert en mensonge crispa au maximum sa mâchoire, ses tempes palpitèrent et sa respiration devint plus forte. « C'était une erreur...» Ces derniers mots provoquèrent en lui une monté de colère et sans prévenir il frappa le mur carrellé avec son poing. Aucune grimace de douleur n'était visible sur son visage, juste une grande colère. Et sans un regard pour la psychologue, il se détourna d'elle et sortit avec rapidité de la pièce en claquant violemment la porte. Désormais seule, Gillian ferma ses yeux à s'en faire mal et se laissa glisser le long du mur jusqu'à se retrouver sur le sol à pleurer silencieusement toutes les larmes de son corps.
À SUIVRE... Muhahaha XD
TorriGilly : Ça fait plaisir à entendre ! Heu...à lire plutôt lol J'espère que tu as apprécié cette suite plus croustillante qu'une Chips! (Arh mon humour...)
