The bigger they are de LadyExcalibur2010
Bostondirty à la traduction et corrigée par mes soins.
Chapitre 4
Regards soupçonneux
Le trajet jusqu'à chez moi fut silencieux, mais ce n'était pas désagréable. Emmett me semblait endormi et plutôt timide. J'avais décidé de lui laisser donner le ton à cette journée, en espérant que finalement il commence à s'ouvrir un peu à moi. Pourquoi avais-je espéré qu'il le fasse : c'était un mystère. Ou du moins c'était ce je me disais. Ce n'était très certainement pas parce que je voulais qu'il m'aime bien ou parce que je voulais que sa mère sache qu'il m'aimait bien. Non ce n'était pas ça du tout. Pas possible. Ne t'aventure pas par là. Cela n'avait aucun sens, vraiment, dans quelques semaines ce gamin serait complètement hors de ma vie, ce ne sera rien de plus qu'une histoire drôle à raconter à mes copains.
Nous nous garâmes dans mon allée et je regardai à côté de chez moi pour voir un homme plus âgé regarder vers moi et me faire un signe de la main. Ça tombait bien.
"Bonjour M. Hoyt," saluai-je mon voisin en sortant de la voiture. Je possédais la maison depuis presque deux ans, mais j'y avais seulement passé quelques mois avant d'être déployé et de devoir la louer. Cela ne faisait maintenant que quelques semaines que j'étais revenu ici, M. Hoyt était un bon voisin, calme et serviable, bien qu'un peu triste. J'avais seulement commencé à chercher pour savoir ce qui pouvait mettre de la tristesse dans ses yeux sombres, aiguillonné seulement par des allusions qui lui échappaient quand nous partagions quelques bières le soir.
"Bonjour Edward," répondit-il en me regardant de la plate-bande où il était agenouillé. Ses yeux allèrent vers Emmett qui s'agitait inconfortablement derrière moi.
"Eh bien M. Hoyt," lui expliquai-je. "Mon ami Emmett et moi voudrions savoir si nous pouvions vous aider à remettre votre jardin en état."
M. Hoyt leva les yeux vers moi un moment, surpris."Quoi ?"
Je lui souris. "Oh je sais que vous avez très bien entendu," le taquinai-je. "Emmett et moi voudrions rendre votre jardin magnifique."
M. Hoyt considéra cela pendant un moment, regardant Emmett une fois de plus. "C'est gentil à vous les garçons," dit-il et je souris à l'idée d'être appelé 'garçon' alors que je fixais mes 39 ans droit dans les yeux.
Puis M. Hoyt me dit qu'il avait du terreau dans le garage et qu'il voulait en ajouter au pied des lys et aussi des fleurs de son plus grand parterre. J'accompagnai Emmett pour transporter les sacs vers les massifs de fleurs et il le fit sans la moindre protestation, simplement en se trainant péniblement au garage et soulevant les sacs sur ses épaules, un par un. Je me demandais si sa maman lui avait fait la leçon en lui disant de bien se comporter. Probablement, concédai-je.
"L'enfant est tranquille, calme," observa M. Hoyt. J'observais Emmett travailler, convaincu qu'il ne pouvait pas nous entendre.
"Ouais," convins-je. "Il traverse des moments difficiles." Pas besoin d'entrer dans les détails sur les raisons pour lesquelles Emmett m'aidait. C'était entre nous comme je l'avais dit à Bella.
"Marmot de militaire?" demanda M. Hoyt. La grande famille de l'armée était très soudée et 'marmot' était un terme affectueux et de camaraderie.
"Ouais," dis-je en me baissant et en prétendant regarder de plus près une plante. "Son père est mort là-bas il y a deux ans."
"Dure nouvelle pour un enfant," dit M. Hoyt.
"Dure nouvelle pour quatre enfants," dis-je, me remettant sur mes pieds en regardant une fois de plus vers Emmett. "Quatre garçons, avec entre eux deux ans d'écart. Emmett est le plus âgé."
"Ça craint". Comme la plupart des hommes de son âge et avec son expérience, il était un maître de l'euphémisme. Il était ancien militaire lui-même. Nous avions eu de nombreuses discussions de fin de soirée autour d'une bière avec des cigares. Il avait vu tellement de merde au Vietnam que ça me donnait des cauchemars. Il avait vu tout cela avant aussi – les familles déchirées, les pères, les mères et les petits-amis qui n'étaient jamais revenus. M. Hoyt regarda le travail d'Emmett.
«Il est énervé," dit doucement l'homme finalement. "En colère contre le monde, il a peur aussi …"
"Ouais," dis-je en acquiesçant. "Il a le droit d'être en colère je suppose." Son père était mort dans une guerre à des milliers de kilomètres. J'étais sûr que je serais en colère aussi. Mourir pour votre pays semblait romantique, à moins que vous soyez celui, ou celle, laissé à la maison … seul… à attendre quelqu'un qui ne réapparaitrait plus jamais. Alors mourir pour votre pays voulait juste dire que quelqu'un que vous aimiez était mort. Les raisons n'avaient plus tellement d'importance, une fois que la dure et froide vérité était révélée. Il était difficile de trouver une consolation dans la stricte fierté patriotique.
C'était juste la raison supplémentaire pour laquelle je n'avais jamais voulu partager ma vie avec quelqu'un. Je ne voulais pas laisser une femme ou un enfant attendre que je rentre à la maison. Mes parents me manquaient mais c'était différent.
"C'est bien ce que tu fais," me dit M. Hoyt en me faisant un léger sourire.
Je haussai les épaules. "Leur maman … Elle fait du mieux qu'elle peut. Mais quatre à gérer, ça peut devenir difficile." Je me mordis la lèvre. "Je donne juste un coup de main là ou je peux."
Il eut une lueur malicieuse dans les yeux. "Alors dis-moi … à quoi cette maman ressemble-t-elle? "
Je le regardai, bouche bée. "Quoi ? Qui ? Comment ?"
"Tu es un homme bon Edward Cullen, mais …" il haussa les épaules. "Un beau mec comme toi attire les dames. J'ai remarqué les allées et venues. Et même si je sais que tu ne maltraiterais personne pendant ton temps libre, je ne t'ai jamais vu t'intéresser à des cas de 'charité', en quelque sorte. Je dis juste que si j'étais un homme de pari, je parierais que la maman du jeune Emmett est une femme attirante."
Mes lèvres se crispèrent et je regardai vers le sol. "C'est un pari que vous gagneriez," concédai-je. "Mais cela … c'est entre Emmett et moi. Il a beaucoup de travail à faire pour moi."
M. Hoyt fut silencieux pendant un long moment. "Rappelle-toi Edward." Puis il fut silencieux.
"Rappelle-toi quoi? "
"N'oublie pas que ces garçons ont assez enduré et une femme qui a perdu son mari à la guerre et qui tente d'élever ses quatre fils par elle-même n'a pas besoin d'un homme qui compte jouer avec ses sentiments." Il ne me dit rien de plus que je ne savais déjà. "Ne joue pas avec une femme comme ça."
"Je me le rappelle tout le temps," lui assurai-je.
M. Hoyt me lança un regard sévère. "Assure-toi de simplement d'écouter cette petite voix dans ta tête." Il donna un coup d'œil acéré vers mon entrejambe. "Et ne crois pas que je parle de la petite tête, là. Cette merde te met en difficulté à chaque fois."
Et c'était pour cela que je riais si fort quand Emmett revint me dire qu'il avait amené tous les sacs.
Vers 13 h30 Emmett et moi avions sarclé cinq parterres de fleurs, tondu la pelouse et fait les bordures puis taillé les haies à l'avant, balayé les feuilles et les débris du porche arrière de M. Hoyt. Nous étions tous deux fatigués et en sueur, crasseux et endoloris. Mais le visage d'Emmett révélait qu'il était satisfait d'avoir bien travaillé et qu'il avait gagné son argent. Il avait également dit une demi-douzaine de mots pendant tout ce temps. Le gamin avait donné un nouveau sens au mot tranquille. Mais j'avais le sentiment qu'il n'avait pas toujours été comme ça.
J'étais sur le point de compter 30 dollars pour lui quand j'entendis un bip rapide et me retournai pour voir un SUV se garer dans mon allée. Avant que Bella ne puisse ouvrir sa portière, Jacob se précipita hors du véhicule et alla vers son frère. "Em !" cria-t-il, puis il s'arrêta brutalement quand il s'aperçut que son frère était tout sale. "Beurk," déclara Jake, en fronçant le nez. "Tu pues."
Je ris et hochai la tête, "Nous puons tous les deux."
"C'est une bonne chose que je t'ai apporté quelques vêtements hein ?" dit Bella en remettant un sac en plastique à son fils.
"Merci maman," dit-il timidement "Euh …"
"Tu peux utiliser la douche de la chambre d'amis," lui offris-je. Il savait déjà où elle se trouvait parce qu'il était allé aux toilettes pendant que nous travaillions.
"Merci Monsieur Edward," dit Emmett. Il avait commencé avec M. Cullen, mais cela me rappelait mon grand-père. Il m'avait dit que sa mère le tuerait s'il m'appelait Edward. Nous avions finalement opté pour M. Edward, mais bien que ça me fasse me sentir mal à l'aise je n'allais pas insister. Il courut vers la maison et je me tournai vers Bella. Les trois autres garçons couraient à travers la pelouse comme des chiots qui sortaient du chenil.
"Il a travaillé très dur," dis-je. "C'est un bon garçon."
L'expression de Bella était fière et triste."Ouais, c'est vrai."
Le second plus jeune garçon, Sam, s'approcha de sa mère et glissa sa main dans la sienne. Il posa un regard soupçonneux sur moi. Gardien de sa maman, en effet, et avec le sens inné d'un homme, il savait qu'il ne pouvait pas me faire entièrement confiance. C'était une réaction instinctive et j'étais triste d'admettre qu'il avait raison. On ne pouvait pas me faire confiance quand il s'agissait d'une femme comme sa mère et il le savait. Non pas que j'aie des intentions malhonnêtes mais plus des désirs. Mais je savais ce que je voulais, oh oui je le savais. "Maman ?" Il me regarda à nouveau à travers ses longs cils. "Pouvons-nous aller à la piscine ?"
"Bien sûr," dis-je, en leur faisant signe vers la porte. "Elle est derrière."
Sam m'ignora et attendit l'accord de sa mère. Elle acquiesça et l'embrassa sur le dessus de la tête. Il semblait quelque peu apaisé.
Bella me lança un sourire d'excuse, reconnaissant évidemment le comportement de son fils. Elle appela Jake et Seth et ils coururent pour nous devancer à la porte. Quelques instants plus tard les trois garçons faisaient des bombes dans la piscine, hurlant fort quand l'eau, encore froide, touchait leurs corps. Dans quelques semaines, l'eau serait et resterait chaude, mais pour l'instant le choc leur donnait une raison de crier.
Je ris quand les trois s'éclaboussèrent. Bella secoua la tête et plaça des serviettes pliées sur une chaise longue. Elle était toujours vêtue d'un short et d'un tee-shirt. "Vous ne voulez pas nager?" demandai-je. J'avais vraiment espéré la voir en maillot de bain. Puis je m'étais rappelé que Bella James était strictement interdite.
Strictement.
"Peut être plus tard," répondit-elle tranquillement.
"Bon, eh bien … Je … euh … je vais aller me doucher," dis-je."Il y a des boissons dans le réfrigérateur si vous avez soif. Je ne serais pas long."
Elle hocha et baissa la tête. J'avais cru voir un soupçon de rose alléchant sur ses joues.
Dans la douche, je fus assailli tout à coup par des images de Bella glissant son short en jean le long de ses hanches étroites, révélant la courbe ferme de son cul. Elle avait un beau cul et était, évidemment, restée en forme. Elle avait la silhouette souple d'un coureur et j'étais prêt à parier qu'elle courait quelques kilomètres presque chaque jour. Puis je l'imaginai en sueur et toute chaude revenant d'une course et s'enlevant son soutien gorge de sport en laissant ses seins rebondir librement.
Ils avaient le goût de Bella, doux avec un soupçon de cannelle et j'aurais voulu leur donner toute l'attention qu'ils méritaient. Je téterais, grignoterais et lécherais. Je gémis quand ma bite revint énergiquement à la vie. Et bien putain si ce n'était pas gênant... Pourtant je ne pouvais pas y retourner avec cette érection énorme dans mon short de bain. Serrant les dents je laissais libre cours à mon imagination plutôt que d'essayer de la freiner. Ma main s'enroula autour de ma bite. Caresser, tourner et descendre. Recommencer.
Putain.
Un gémissement résonna dans ma poitrine et je fus très heureux que ma salle de bain soit loin de ma cour et de la piscine. Un court moment plus tard ma libération éclaboussa le carrelage et mes genoux tremblèrent. Je m'habillai vite et essayai de me convaincre que personne ne saurait ce que j'avais fait … dans ma propre salle de bain. Un mec a le droit de se toucher dans sa salle de bain. Pas vrai ?
Pourtant je fus un peu gêné quand je sortis sur le patio et que je vis les quatre garçons me regarder avec des expressions identiques.
Ils me jaugeaient, essayant de comprendre exactement pourquoi je les avais invité à nager chez moi. Ils connaissaient la raison. Ils savaient que les hommes trouvaient leur mère attirante. Ils devaient le savoir, ils étaient des enfants, mais ils n'étaient pas stupides. Je ne pouvais pas être le premier homme qui avait montré un peu d'intérêt face à cette belle veuve. Puis quatre paires d'yeux allèrent à Bella, qui lisait, apparemment inconsciente de l'interaction entre ses fils et moi. Puis les quatre paires d'yeux revinrent vers moi. "Allez les gars," dit finalement Emmett. " Nageons."
Il me lança un dernier regard par-dessus son épaule qui voulait me dire 'je vous observe'.
Je me considérais prévenu.
C'était le premier jour de travail d'Emmett
et en quelque sorte le début de nouvelles habitudes...
A suivre l'outtake N°2 (ce week-end) nous y retrouverons Bella
Merci aux commentatrices anonymes et merci à toutes d'avoir lu!
