Cette fic a été écrite par LadyExcalibur2010

Ce chapitre a été traduit par bostondirty et corrigé par mes soins


Chapitre 6

Vin et révélation

C'était le quatrième samedi que je venais récupérer Emmett.

Dernièrement Bella avait commencé à se plaindre qu'Emmett prenait des douches qui duraient beaucoup trop longtemps. Je n'étais pas sûr de savoir comment lui donner des indices sur les raisons pour lesquelles un adolescent prenait des douches extra longues. Puis ce matin elle râla à nouveau à ce sujet tandis que Jake me faisait les yeux de chiot pour avoir un chocolat chaud — seul Jake pouvait vouloir un chocolat chaud l'été — et elle s'arrêta tout à coup, un rire étranglé lui échappa et elle posa sa main sur sa bouche.

Je pouvais pratiquement voir l'ampoule s'allumer au-dessus de sa tête. Que la lumière soit...

Regardant vers le bas elle vit que Jake était occupé à remuer son chocolat chaud — Jake était vraiment un drogué du chocolat chaud — et elle me regarda. Je pus voir la question sur ses lèvres et le blush apparut sur ses joues. Je pinçai mes lèvres et hochai la tête, elle éclata de rire, Jake sursauta et renversa un peu de son chocolat.

"Mais, tu me fais faire des bêtises," maugréa-t-il. Ce qui amplifia le fou-rire de Bella.

"Euh Jake, pourquoi n'irais-tu pas regarder des dessins animés pendant que maman et moi allons nettoyer ça?" lui offris-je. Il soupira et hocha la tête.

Je regardai Jake partir, marmonnant dans sa barbe. Je regardai Bella et je vis qu'elle avait encore le visage tout rouge."Oh. Mon. Dieu." Elle respira." J'aurais dû deviner."

Je souris et haussai les épaules. "Que puis-je dire? Il est en plein dans cet âge." Je tapotai mon menton avec mon doigt. "Considérant que tu as trois autres garçons, je te suggèrerai d'investir dans un chauffe-eau beaucoup plus grand. Tu vas en avoir besoin." Puis je lui fis un clin d'œil.

Cela la fit rire si fort qu'elle en pleurait, elle pleurait réellement de rire et je sentis quelque chose dans ma poitrine qui grossissait et s'amplifiait tandis que je la regardais. Voir rire Bella, la voir insouciante et heureuse était quelque chose dont j'avais toujours rêvé.

Et tout ce qu'il avait fallu pour y arriver c'était parler des habitudes de masturbation de son fils adolescent. L'absurdité de tout cela me frappa. Fort.

Bientôt j'étais plié de rire moi aussi, essayant très fort de ne pas me faire pipi dessus. Cela n'aurait pas été cool. Du tout.


Puis le cinquième week-end les choses commencèrent à changer. Bella annonça joyeusement que l'école était finie depuis deux jours. Ce fut une surprise pour moi parce que d'abord je n'avais pas d'enfants et que j'avais oublié tout ça depuis que ça ne s'appliquait plus à moi et ensuite parce qu'Emmett n'avait pas dit un mot. Bien sûr, Emmett n'avait pas dit grand-chose.

Les garçons sautèrent dans la piscine, comme à leur habitude, et Emmett se douchait. Il ne prenait pas de longues douches chez moi, ce que Bella fut prompte à le remarquer. Je lui dis que selon le "code des mecs" une telle chose serait impolie. Elle grogna de rire mais ne fit aucun commentaire.

J'avais l'intention de faire griller du poulet, accompagné d'une salade césar et de quelques épis de maïs. Bella donna son approbation au menu en souriant.

Plus tard après que nous ayons mangé, les garçons s'installèrent tranquillement dans mon salon pour jouer à la x-box 360 que j'avais déballée pour qu'ils s'amusent. J'en avais laissé une à l'unité en Irak, lorsque j'étais parti, pour les soldats chanceux qui restaient à la base, mais j'avais rapporté l'autre à la maison, avec moi. J'étais un gars. J'aimais jouer aux jeux vidéo. Et surtout, j'aimais botter les fesses de Jasper à cette occasion.

Je pouvais entendre les railleries et les cris de victoire en provenance du salon et Bella sourit quand elle entendit Jake commencer à chanter "We are the champions …"

"Jake passe une bonne soirée," observa-t-elle en prenant une gorgée du vin que je lui avais versé quelques instants plus tôt.

"Jake passe toujours une bonne soirée," pensai-je. "Je n'ai jamais vu un gamin plus facile à vivre."

Et c'était vrai.

Bella sourit et hocha la tête. "Même quand il était bébé il était comme ça," dit-elle doucement. "Mac avait l'habitude de se faufiler dans sa chambre pour s'assurer qu'il respirait encore." C'était la première fois qu'elle parlait si facilement et avec tant de désinvolture de son mari. "Les autres garçons ont été …" Elle secoua la tête. "Disons simplement qu'il n'y avait aucun doute sur le fait qu'ils respirent … toute la nuit." Elle secoua la tête à ce souvenir.

"Aïe", j'ai commenté. "Je ne suis pas sûr que je serais assez courageux pour en avoir quatre."

Bella rougit légèrement, quelque chose que je trouvais délicieusement inattendu pour une mère de quatre enfants. "Et bien Jake n'était pas exactement …euh … prévu."

"Ah?" dis-je. Je me sentis gêné, comme si j'empiétais sur des choses privées qui n'étaient pas mes affaires. Mais elle avait offert l'information après tout. Nous tombâmes dans un silence inconfortable mais qui se changea bientôt en quelque chose de familier. "Es-tu heureuse que l'école soit finie?" Cela semblait un sujet assez sûr.

Bella se servit un second verre de vin en me souriant. "Tu n'en as aucune idée !"

"Les collégiens peuvent porter sur les nerfs?" devinai-je. Je pensais que son travail pourrait la faire accéder à la sainteté.

Elle secoua la tête et se pencha en arrière sur sa chaise. "Non, j'aime mon travail. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas les vacances aussi, mais non … ce n'est pas pour ça."

"Alors pourquoi?" Elle était discrète et cela piquait ma curiosité.

Bella se leva soudain, j'étais attentif quand elle mit un doigt sur ses lèvres."Je vais te dire un secret que je ne confie pas à beaucoup de gens."

Immédiatement mes pensées allèrent vers ses petits secrets, des choses coquines qu'elle gardait sous clé. Puis elle se mit à rire et tout à coup elle semblait avoir dix ans et je me sentais comme un vieil obsédé. Il m'apparut que je ne savais même pas quel âge elle avait. Ou son deuxième prénom ou son nom de jeune fille, sa couleur ou ses aliments préférés. J'avais beaucoup de choses à apprendre. "Viens plus près!" elle me fit signe, ses yeux étaient brumeux. Et bien j'apprenais une nouvelle chose sur Bella James. Elle ne tenait pas bien l'alcool. "Je suis heureuse que l'école soit finie parce que …" Elle regarda autour d'elle, soupçonneuse. "J'aime avoir mes fils à la maison avec moi." Puis elle se rassit et hocha la tête catégoriquement, comme si j'allais en discuter avec elle.

"Vraiment ?" demandai-je. "La plupart des parents ne célèbrent-ils pas le début de chaque nouvelle année scolaire et parlent de s'éloigner de leur enfants?"

Bella fronça les sourcils et sirota son vin. "Ça m'a toujours semblé un peu cruel, tu sais." Elle prit une grande inspiration et elle continua. "Imagine comment nous nous sentirions si notre partenaire répétait qu'il ne pouvait nous garder, qu'il devait aller au travail et qu'il n'avait pas de temps à passer avec nous. C'est moyen tu ne penses pas ?"

Je n'avais jamais pensé de cette façon mais je supposais qu'elle avait raison. En regardant en arrière, je ne pouvais pas me souvenir de ma mère nous disant combien elle était contente de nous envoyer mon frère et moi à l'école. Je ne l'avais jamais vraiment remarqué, mais maintenant en y repensant, cela me procurait une sensation de chaleur. Je regardai Bella et me demandai si ses fils réalisaient le trésor qu'était leur mère.

Les garçons? Non. Ils ne le font jamais. C'est seulement les hommes qui peuvent regarder en arrière, heureusement, et voir l'influence de cette première femme de leur vie – pour le meilleur ou pour le pire, elle donne le ton à leur vie d'homme. Ce cliché concernant les hommes et leur mère contient une part de vérité. "Tes garçons sont très chanceux de t'avoir comme mère." Les mots sortirent avant même que je puisse penser à les arrêter et Bella me regarda. Puis elle sourit, mais je vis les larmes dans ses yeux.

"Merci," murmura-t-elle d'une voix étranglée. "Cela pourrait être la plus belle chose que personne ne m'ait jamais dite."

"Je le pense vraiment," lui assurai-je.

"Je sais," répondit-elle. "C'est ce qui rend cela si doux." Elle regarda vers la piscine. "Tu ne sais pas ce que le dernier mois représente pour les garçons." Il y eut un coup d'œil rapide vers moi à travers ses longs cils. "Ils ont besoin d'avoir un peu de temps avec un homme … qui traine dans le coin … sans qu'il ait vraiment besoin de faire quelque chose de spécial."

"Ça me plait," admis-je et elle dut entendre la surprise et la sincérité dans ma voix.

"Ils sont du genre à grandir sur toi n'est ce pas ? Comme des champignons?" Elle fit une moue adorable et fronça son nez.

"Eh bien … oui."

Un silence tomba encore entre nous, mais là aussi rien de gênant. "Puis-je te poser une question ?" lui demandai-je finalement.

"Je suppose," Bella répondit-elle. "Mais je pourrais choisir de ne pas répondre." Son ton devint plus sérieux.

"Ça me parait juste," concédai-je. "Euh … et bien, Mac était-il basé ici quand il … Eh bien, tu sais."

Bella secoua la tête. "Non, nous étions au Texas," dit-elle. "Fort Hood." Je l'entendis prendre une profonde inspiration. "Une fois que … tout a été pris en charge, je savais que je devais partir de cet endroit. Il me rappelait trop de mauvais souvenirs, je suis une gosse de l'armée aussi – mon père était dans la Police Militaire avant sa retraite et puis il a pris un poste de chef de la police dans une petite ville. Cela pour dire que je n'avais pas de ville à laquelle j'étais attachée. J'ai eu des endroits où j'avais aimé vivre et j'avais de très bons souvenirs à Fort Bragg. Et aussi surprenant que cela puisse paraitre, je suis là, près d'une garnison." Puis elle se mit à rire. "Bien sûr j'ai toujours vécu près des soldats, alors peut-être que j'avais juste besoin de cette familiarité."

"D'heureux souvenirs ?" Elle avait un regard un petit peu coupable, en le disant et je devais juste lui demander.

Elle gloussa de nouveau. "C'est sur cette base que j'aie eu mon premier baiser, je l'avoue."

"Oh, oh," taquinai-je."Est-ce que ton père le savait ?"

Bella secoua la tête et rit encore. "Il m'aurait tué s'il avait su que j'avais laissé un soldat m'embrasser." Elle rit encore et je me sentis durcir en réaction.

"Tu es une vilaine fille," la réprimandai-je.

Elle soupira et s'adossa à nouveau à sa chaise. "Pour un premier baiser, c'était … magique," dit-elle d'une voix douce et rêveuse. "J'avais dix-sept ans et étais assez impatiente d'avoir plus d'expériences. J'ai été chanceuse qu'un jeune homme très gentil ait été celui qui m'ait fait connaitre cette expérience douce et tendre. Il embrassait très bien."

"Ah," dis je, en ignorant la vague de jalousie que je ressentais. "Ta première fois hein?"

"Mon premier baiser, oui. Mon premier … euh … premier … non." Elle gloussa de nouveau. "Ce sera un sujet pour une autre conversation." Elle plissa les yeux avec un froncement de sourcils ludique. "Beaucoup, beaucoup plus tard bien sûr."

Très bien. Je pouvais attendre. "Alors quel âge avais-tu quand tu as rencontré Mac ?"

"J'avais dix-neuf ans et j'étais à la fac," répondit-elle. "J'étais dans un café sur la base et il est apparut un jour. Il agissait comme un idiot, mais je l'ai aimé. Beaucoup. Beaucoup plus que je ne le lui laissais voir. Alors je lui ai fait une proposition parfaitement scandaleuse sur la façon dont je voulais qu'il se comporte avant qu'il puisse m'approcher de nouveau. Et quand il l'a fait, j'ai su que j'avais rencontré l'homme que j'allais épouser."

La jalousie et l'envie, oh si chaude et amère se levèrent en moi. Je savais que j'étais fou, mais je n'arrivais pas à apaiser ces sentiments.

"Et vous l'avez fait." J'essayai de paraître heureux.

"Et bien pas tout de suite," me dit-elle avec un sourire. "Il a fallut qu'il souffre d'abord."

"Si tu ne m'en veux pas de demander, quel âge avais-tu quand Emmett est né ?"

Bella arqua ses sourcils à ma question. "Inciter une dame à te dire son âge n'est pas très gentleman tu sais." Puis elle se mit à rire. "Eh bien j'avais 22 ans quand j'ai eu Emmett. Mac et moi n'étions mariés que depuis un an quand il est né." Elle sourit. "Je vais avoir 37 ans juste avant qu'Emmett n'en ai 15."

"Tu as trente-six ans ?" demandai-je avec étonnement. Compte tenu de l'âge d'Emmett, j'avais supposé qu'elle avait au moins trente ans, mais pour être honnête, elle paraissait être vers le milieu ou la fin de la vingtaine facilement.

"Eh bien … oui." Elle fronça le nez. "Suis-je beaucoup plus âgée que toi ?"

Je ris. "Non, fillette, tu es deux ans plus jeune que moi."Je regardai ma montre."En fait demain tu seras trois ans plus jeune."

"Merde ! C'est ton anniversaire demain?"

Je haussai les épaules. Je n'avais pas voulu lui dire cela. C'était juste sorti. Bella grogna de dégoût. "Eh bien merci pour l'info mec."

"Je n'aime pas en faire une grosse affaire," murmurai-je.

Belle se mit à rire et secoua la tête. "Oh tu rates beaucoup de choses alors !" Un immense sourire apparut sur son visage. "Chez nous, nous savons comment bien fêter un bon anniversaire !"

"Un gâteau géant peut être ?" devinai-je.

"Je t'en prie, juste un gâteau ? C'est pour les amateurs !" Elle semblait insultée.

"Quoi donc alors?" honnêtement J'étais curieux.

"Eh bien," commença Bella. "D'abord, la personne dont c'est l'anniversaire décide de tout ce qu'il se passe à la maison pour la journée."

"Comment ça marche ?"Je pouvais voir apparaitre l'immense sourire sur mon visage. Voir son enthousiasme était contagieux.

"Elle a ses repas préférés, au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner."

"Et si l'anniversaire tombe un jour de la semaine et qu'elle est au travail ou à l'école ?" De toute évidence Bella et ses garçons avaient tout prévu, je voulais juste les détails.

"Sinon ils peuvent choisir un jour durant le week-end ou garder le jour de leur anniversaire réel. Mais un jour seulement, ce sont les règles."

"Vous avez établi des règles ?" C'était hilarant, surtout parce que je pouvais dire qu'elle prenait cela très au sérieux. Je pouvais l'imaginer écrire les règles sur le tableau de sa classe, discutant avec chacun de comment ça ce passerait.

"Oh oui il y en a. Il doit y en avoir," répondit-elle solennellement. "Donc il y a les plats préférés. Puis il y a le contrôle de la télévision." Elle fit un sourire méchant. "Les garçons détestent quand c'est mon tour. Je leur fais regarder des films sur Lifetime*."

"Tu aimes les films de Lifetime ?" demandai-je surpris.

Elle rit en secouant la tête. "Non pas vraiment, j'aime juste les leur faire regarder." Elle sourit largement."J'ai l'habitude de trouver des trucs à faire dans les autres pièces ou d'aller me promener dehors. Ils sont coincés là-bas. Ce sont les règles." Bella sourit. "Ils peuvent lire, s'ils le veulent mais bien sûr ils ne le font généralement pas. Ils préfèrent rester là, dans le coma, plutôt que lire réellement. Sauf Sam bien sûr."

"Tu es diabolique," lui dis-je avec un clin d'œil.

"C'est ce que Mac avait coutume de me dire," dit-elle doucement, puis elle secoua la tête. "Et les garçons aiment cette chance qu'ils ont de faire regarder ou manger quelque chose que leurs frères n'aiment pas. C'est d'autant plus amusant que ce jour-là on peut harceler ceux qui t'aiment alors qu'ils fêtent ta naissance. Bien sûr, nous avons les cadeaux et le gâteau, mais il s'agit surtout d'être ensemble – rire et embêter … se faire des souvenirs. J'aime les anniversaires !" Elle rejeta ses cheveux sur son épaule. "Tu devrais essayer. Tu aimerais."

"Hélas je n'ai personne à qui infliger des films de Lifetime," admis-je en faisant la moue.

Elle me regarda de côté puis sourit doucement. "Dis-moi, que dirais-tu de te joindre à nous demain, et je te ferai tes trois plats préférés – petit déjeuner, déjeuner et dîner et tu pourrais contrôler la télécommande – un cadeau qui n'est pas donné à la légère dans la maison James, laisse-moi te prévenir !"

Je fis semblant d'y réfléchir pendant un moment, même s'il n'y avait rien sur cette terre qui m'empêcherait de passer la journée avec Bella. "Peux-tu faire du pain perdu?"

"Je fais le foutu meilleur pain perdu qu'il te soit donné de mettre dans ta bouche," promit-elle.

Putain. Heureusement que j'avais une serviette posée sur mes genoux.

Elle ne devrait vraiment, vraiment pas me parler de mettre des choses dans ma bouche. Je pourrais simplement lui faire quelques suggestions.

...

*Lifetime est une chaîne câblée américaine destinée aux femmes. Elle diffuse uniquement des films, téléfilms et séries dans lesquels les femmes tiennent les rôles principaux.


J'espère que ça continue à vous plaire...