Hello hello ^w^
Voici donc... La suiiiiittte ! (Oui je n'ai pas pu attendre une seconde de plus ! D'ailleurs, j'ai bien galéré à l'écrire... J'espère que ça ne se sent pas trop TuT)
Aussi, avant que j'oublie ! Merci aux personnes qui ont pu lire la première partie (et à celles qui m'ont laissé de merveilleuses reviews *-*). J'en reviens toujours pas !
Enfin bref... On se retrouve à la fin de ce chapitre (signé toujours par la... Joie et le bonheur de l'existence ToT Gomenasai !)
Ils avaient perdu. Encore. Toujours. Sans savoir si l'humiliation était plus grande. Ou non. Le lendemain, ils rentreraient au Japon. En n'ayant plus rien. Ce qui avait été leur dernier espoir. Avait été déchu. Par la même défaite. Par les mêmes personnes. Avec la même fin au bout du compte. Il lui avait pourtant promis. Promis qu'ils auraient une seconde chance. Promis qu'ils rattraperaient tout ce temps perdu. Promis qu'ils pourraient prendre une revanche. Une minuscule vengeance. Sur la vie.
Tout était tombé. Un rêve. Leur rêve. L'espoir d'un pays qui n'était pas le leur. Leur espoir. Une passion qui naissait une nouvelle fois. Leur passion. Un amour retrouvé. Leur... Amour retrouvé... D'un rêve. D'un espoir. D'une passion. S'échappant en un soupir. Leur glissant entre les doigts. Filant au rythme du vent, s'engouffrant dans ses cheveux de feu. Au rythme d'une conviction perdue. Au rythme d'un rêve abattu, qui avait été le plus fort qu'ils aient eu, remplaçant tous ceux broyés en un instant. Au rythme d'une opportunité suprême, elle aussi massacrée en un douloureux néant. Un néant. Un néant régnant désormais dans son être.
Inazuma Japan gagne !
La riposte de l'existence était morte.
ll soupira. Haruya n'avait plus la force de pester. De tout renverser par sa douloureuse désillusion haineuse. C'était fini. Désormais, c'était l'unique pensée dont il était certain. A un pourcentage infini. C'était tout bonnement indéniable.
La défaite avait frappé dans la matinée. Il n'avait adressé un mot, une parole, un regard, une expression à personne. La seule chose qu'il avait perçue, c'était Afuro, un éclat de franchise dans les yeux, tournés vers la grandeur d'Endo Mamoru. Et il avait vaguement discerné le sourire timide, compatissant, défait d'Hiroto. Le carmin était parvenu à se traîner jusqu'au vestiaire. En ayant perdu son arrogance, sa fierté, son orgueil. Son amour-propre. Il s'en foutait. Il avait juste cheminé les bras ballants. Tout était tombé en poussière. Une sorte d'état second s'était alors emparé de lui. Un fantôme. Un esprit. Vagabondant désormais sous le ciel cramoisi du crépuscule. L'âme d'Haruya. Qui revivait la déchéance de sa nouvelle équipe. La valse de la victoire du Japon rongeant son esprit. En rentrant en Corée, il était moyennement survenu à sortir une quelconque phrase. Il avait juste observé ses coéquipiers rentrer peu à peu chez eux. Chez leur famille. Afuro était lui aussi parti rendre visite à ses proches. Il ne resterait plus que lui jusqu'à ce soir. Et Fuusuke. Haruya releva la tête. Un minuscule sentiment afflua. Lorsqu'il était parti dans sa petite marche sans aucune perception, il s'était tourné vers son ami japonais. Son seul ami japonais. Il tirait dans le ballon. Se déchaînait sur le ballon. Même après un match. Même après tous les entraînements éreintants. Même après l'épuisement. Le visage suintant. Le souffle court. Il n'avait pas arrêté. Le carmin ne savait même pas depuis combien de temps. Il frappait, frappait, et frappait encore. Sans rien laisser transparaître. Juste sa respiration, cassant son rythme de tir. Il était essoufflé. Vraiment. Essoufflé. Essoufflé. Essou... Haruya se mit à courir dans la direction opposée. Peu importait la fatigue qui le brûlait. Il courut. Courut encore. Pourquoi avait-il laissé son meilleur ami tout seul ? Pourquoi n'étaient-ils pas restés ensemble ? Pourquoi avait-il laissé la tristesse l'envahir, sans considérer une seule seconde celle de Fuusuke ? Même après que leurs équipiers furent tous partis ; même après une défaite cuisante; même avoir été lâchés dans un pays qui n'était pas le leur ; même après avoir eu ce sentiment d'être de trop, cet affreux sentiment de remord, leur barrant les sens ; même après s'être battus pour la liberté… Même après les événements de plus de trois mois passés. Rien. Ils ne s'étaient rien dit. Rien. Ils n'avaient rien fait l'un pour l'autre après la chute de leur dernière croyance. Rien. Il n'avait eu aucune réaction quand il l'avait vu se détruire avec ses frappes, ses tirs acharnés. Qui n'étaient rien. Rien d'autre qu'une autodestruction, censée faire couler la colère. Rien, qui ne créait que le renforcement de la douleur. La douleur de l'épuisement. Rien, qui ne faisait que creuser une nouvelle fois les blessures. Les blessures qui ne laissent que des cicatrices. Qui sont juste bonne à oublier, plutôt qu'à combler. Celles qui n'ont jamais véritablement guéri. Telle des maux indélébiles. A jamais ancrés dans une conscience. S'emparant peu à peu de la raison.
Haruya parvint vite au terrain. Il chercha rapidement la chevelure argentée de son ami. Il ne vit rien. Il eut une envie absurde de crier son prénom. Mais le son s'étouffa dans sa gorge. Il l'avait aperçu. Mais il ne put rien faire, à moins d'être immobilisé sur place. Fuusuke était là, à quelques mètres sous ses yeux. Lui aussi pétrifié. Sur le sol.
- Fuusuke…
Un murmure perdu dans la brise. Fuusuke. Inconscient.
- Fuusuke !
En moins de temps qu'il n'eut pour reconnecter ses sens, Haruya se retrouva agenouillé aux côtés de Fuusuke, en empoignant ses épaules.
- Fuusuke !
Haruya demeura penaud. Une étincelle intempestive au creux des yeux. Une vague d'une frayeur submergeant les prunelles d'ambre. Les noyant. Les renversant. Les abattant. A la vue de l'autre, souillé de petites plaies.
- Fuu !
Les marques n'étaient peut-être que la terre du terrain, que de la pure saleté. Mais elles étaient là. En trop. Se confondant aux blessures des mois passés. Celles qui n'auraient jamais dû exister. Celles qu'ils avaient, difficilement, réussi à surpasser, du moins grâce à Afuro. Celles qu'ils avaient confondues avec celles de l'autre. Celles qu'ils avaient mêlées à celles de l'autre. Celles qu'ils avaient recouvertes grâce à la présence de l'autre. Tout ça revenait… Telle une bourrasque s'affalant sur son visage. Cette dernière n'avait plus rien de doux. Il eut l'impression d'une éraflure. D'une griffure. Par un stupide souffle.
- Fuusuke…
Haruya finit par comprendre que, quand bien même le vent était ardent, piquant, il en devenait plus glacial… A cause de lui. A cause d'affligeantes manifestations de gouttes. A cause du flux tranchant au coin de ses orbes dorés. A cause d'ineptes larmes, qui se n'étaient jamais autant exprimées.
- Fuusuke !
Il secoua l'autre. Tout doucement. Mais il n'eut aucune réaction. Haruya se mordit la lèvre. A tel point qu'il dût arrêter. La douleur devenant plus forte que n'importe quel liquide acéré dégringolant ses joues.
Comment avait-il fait pour être aussi idiot ? Pour naître aussi idiot ? Ne pas rester avec Fuusuke ? Le laisser tout seul ? Se laisser tout seul ? Bon sang, l'autre Gazel avait raison, c'était un abruti. Un abruti incapable de rester avec… Avec son meilleur ami !
- Fuusuke !
Mais... bordel. N'était-il apte qu'à crier un stupide prénom? Fuusuke ne pouvait pas répondre. C'était physiquement impossible. L'appeler ne changerait strictement rien. Haruya le savait. Il en était pleinement conscient. Tout comme le reste. Pour gueuler sur les autres. Pour jurer. Pour fulminer des choses sans sens. Pour crier son arrogance au monde. Il était, sans aucun doute possible, le meilleur. Mais lorsqu'il fallait trouver les mots justes, au moment opportun... Bon ou mauvais. Il n'arrivait à rien. Oh oui, il le savait mieux que quiconque. Quoique… Non. Evidemment. Evidemment qu'il y avait bien une personne, le connaissant mieux que lui-même. Mais celui-ci avait encore passé ses nerfs sur le ballon. Et il en payait une nouvelle fois les conséquences.
Haruya releva la tête. Peut-être que la réponse se trouvait autre part que sur la figure de Fuusuke ? Le jeune garçon fut empli d'une colère enchevêtrée à une culpabilité, empoignant la tristesse de la défaite. Pourquoi ? Pourquoi le ciel était aussi beau ? Alors qu'il n'était pas là. Que son esprit était absent. Pourquoi le soleil couchant n'assurait pas ses larmes ? Pourquoi fallait-il qu'elles coulent ? Et qu'elles s'écrasent sur ce visage empli de bleus. Sur ce visage inconscient.
- Fuusuke !
Il avait beau pleurer, sa voix avait le mérite de ne pas trembler. Désormais, il en était sûr. Il pleurait. Par faiblesse. Par chagrin. Par peur. Par rage. Par faute. Parce que les sanglots s'évaporaient tout seuls. Ou peut-être parce qu'il en avait envie. Il n'en avait rien à foutre. Il pleurait. Et bien qu'il pleure.
- Fuusuke !
Il intensifia son cri, jusqu'à ne plus sentir sa gorge. Jusqu'à ne plus sentir l'air survenir. Il était empreint à des soubresauts. Soubresauts qu'il aurait bien aimé donner à son ami, juste pour le voir réagir à ses appels. Il aurait pu demander de l'aide justement. Mais à part hurler son prénom, il ne savait pas faire grand-chose d'autre. Même bouger. A part ses lèvres, rien ne daignait se reconnecter. Il se broya la joue en s'époumonant avec toutes les insultes qu'il connaissait. Dans sa tête. Bon sang, n'était-il compétent qu'à brailler un simple prénom? Prénom... Prénom qu'il lui était trop cher pour qu'il le laisse filer ainsi. Pas comme ça. Pas maintenant.
- Fuu...
Ce n'était pas de cri. C'était un soupir. Un simple soupir. Qui signifiait sans doute plus que des hurlements.
- Je t'en prie fais quelque chose.
Haruna retint un torrent salé. Et un hoquet.
- N'importe quoi. Ça m'est égal.
Si de bonnes paroles devaient enfin sortir de son corps, elles devraient être murmurées dans le plus grand des calmes. Dans une douceur telle. Presque impossible à obtenir lorsqu'on se nomme Nagumo Haruya. Délicatement.
- Tape-moi. Insulte-moi. Peu importe.
Il reprit sa respiration. Canaliser son chagrin était bien plus compliqué. Mais ça ne serait jamais aussi difficile, que de voir Fuusuke le laisser.
- Arbore ton air supérieur. Celui qui te sert à cacher tes émotions. Pour mettre une distance avec les mauvaises personnes. Lance-moi un regard noir. Qui ne signifiera rien d'autre qu'un regard anxieux. Anxieux pour ceux auxquels tu tiens. Pour les remettre dans le droit chemin. Passe ta main dans tes cheveux. Aies ta stupide manie pour contenir ton stress, ton agacement ou je ne sais quoi... J'm'en fous… Fais-le juste une fois encore. Ou juste soupire. Comme tu as l'habitude de le faire. Lorsque je t'exaspère. Mais qui n'est en réalité que ta manière de rire de ma stupidité. Crie-moi dessus. Crie-moi dessus parce que j'ai encore été trop loin. Que j'ai encore abusé. Gueule un bon coup juste pour me faire comprendre que je ne suis qu'un crétin arriéré, auquel tu portes finalement plus d'importance qu'il ne le mérite et pour lequel tu t'inquiètes.
Haruya se sentit vide. Plus vide encore que lorsque qu'il avait trouvé Fuusuke dans cet état de connaissance perdue. Vide d'un poids énorme à ces yeux. Vide parce qu'il avait compris qu'il tenait plus à Fuusuke que n'importe qui. Vide parce qu'il venait de dire, les mots ayant dépassé sa pensée, à quel point il connaissait Fuusuke. Comme lui le connaissait. Vide parce qu'il avait saisi qu'il ne serait personne sans Fuusuke. Vide sans celui qui, même s'il n'oserait jamais véritablement l'admettre, l'avait aidé à se forger tel qu'il était. Haruya l'abruti fini, vide sans son miroir, inverse au plus haut point. Incomplet sans son glaçon de meilleur ami.
- Fuu, je t'en prie... Comment... Comment je vais faire sans toi? Comment...
Haruya sourit. Et une énième goutte s'effondra.
- Comment j'ai fait, il y a encore peu de temps, pour être séparer de toi si longtemps ? Comment j'ai fait pour concevoir qu'on pourrait être l'un contre l'autre ? Et d'avoir pris mon rôle bien plus à cœur qu'il ne l'aurait fallu ? Et toi alors, comment tu as fait pour passer au-dessus de ça? Pour t'en foutre royalement ? Et arriver par la même occasion, à faire que je voulais davantage te faire chier, et donc te considérer ? Comment tu as fais, toi Fuusuke, pour nous sortir du bourbier où on était? Comment tu as fait pour que tout aille finalement bien ? Que tout redevienne comme avant? En étant quand même totalement différent ? Et moi... Comment j'ai fait pour ne me rendre compte de rien? Me rendre compte que sans toi, l'imbécile d'Haruya, ce serait sans doute pire...
Haruya sentit son poignet trembler.
- Et comme je ne suis qu'un stupide Haruya, je vais reprendre ce que tu as dit. On a peut-être perdu… Encore…
Son poing se resserra.
- Mais… Mais je perdrai sans doute davantage si tu ne te réveilles pas…
Et le dernier pleur franchit son menton. En ayant laissé la nuit envahir l'espace. L'air devint presque trop chaud désormais. Mais la douce lumière azur abandonnait une atmosphère paisible. Azur qu'il crut voir un instant.
- J'ai froid…
Dans les yeux de Fuusuke.
- Abruti…
Qui souriait faiblement.
- Tu… Tu dois sacrément t'inquiéter pour… Pour dire des choses pareilles…
Et étira ses lèvres davantage. Toujours aussi épuisé. En parlant tout doucement. Mais Haruya n'avait pas rêvé.
- Im… Imbécile !
Haruya le serra promptement contre lui. Fuusuke ne réagit pas. Il se contenta de sourire, de rire presque, en fermant ses yeux dans le cou de l'autre.
Mais c'était déjà bien assez.
- Imbécile ! Imbécile de glaçon !
Et ils s'étreignirent. Ou plutôt Haruya étreignit Fuusuke. Jusqu'à ce que l'orage gronde. Doucement. Subtilement. Qu'une mince pluie s'effondre. Chaudement. Délicatement. Les réunissant à la réalité. Ensemble, et non plus séparés.
Fuusuke serra plus encore ses genoux contre sa poitrine. Ils étaient toujours seuls. Seuls en attendant Afuro. Ils s'étaient abrités sous le seuil de l'entrée. Ce qui avait valu mille et une excuses de la part d'Haruya. Ce dernier ayant oublié de prendre ses clés. Fuusuke avait juste souri. Ce n'était pas si grave que ça. Cependant dans sa tête couleur écarlate, si. Fuusuke avait perdu puis repris connaissance. Déjà, ce n'était pas très usuel. Et maintenant, ils étaient bloqués sous la pluie. Haruya ne pouvait donc s'empêcher de fermement s'en vouloir. Même après que son meilleur ami lui ait répété maintes fois que ça n'avait pas la moindre importance. Bien évidement que ça en avait! Il était tombé d'épuisement!
Le silence avait donc recouvré peu à peu ses droits. Fuusuke fixait le vide en enlaçant de plus en plus ses jambes, la veste de son ami sur les épaules. Tandis qu'Haruya le dévisageait. Le vent leur caressant les joues. Et les cheveux argentés qui virevoltaient. En laissant apparaître une vieille blessure sur son front. Elle ne partirait, dès lors, plus jamais.
- Tu as fait quoi…
Cette trace sera là. Toujours là. Prouvant que ce qu'ils ont vécu n'était pas un cauchemar. Haruya serra les poings.
- Pendant tout ce temps ?
Haruya cligna des yeux. Il finit par secouer la tête et se redressa. Fuusuke scrutait inlassablement l'indéfinissable. En ne laissant transparaître aucune émotion. En passant frénétiquement ses doigts sur l'éraflure ineffaçable.
- Tout ce temps ?
L'albinos sourit.
- Pendant que j'étais là, idiot…
- Ah… Euh… Je crois que je visitais les environs.
Fuusuke arqua un sourcil, sans se détourner.
- Tu crois ?
- Ouais. J'crois.
Haruya soupira. Et tourna également les yeux face aux larmes du ciel.
- J'étais tellement en colère…
Il enfonça ses ongles dans sa paume. Rester calme n'avait jamais été son fort. Au grand jamais. Mais c'était ce qu'il devait faire. Particulièrement maintenant.
- ... que je crois qu'elle m'a totalement englouti. Tellement que je ne contrôlais plus rien…
Il appuya sa tête contre le mur derrière lui.
- J'ai marché, ici et là, sans vraiment savoir où j'allais… Si tu me demandes ce que j'ai vu, je serai bien incapable de te répondre…
Fuusuke sourit. Cependant, il fleura peu à peu une colère, qu'il connaissait mieux que quiconque.
- Pendant que toi… T'étais tout seul…
L'albinos posa alors sa main sur le poing de son ami. Et l'entoura, délicatement. Haruya se sentit troublé. Ses mots s'évaporèrent dans son esprit. Il détourna les yeux vers ceux azur, interminablement fixés droit devant. Mais ils avaient un éclat, un éclat que le carmin n'avait jamais perçu. Fuusuke esquissa un tendre petit sourire.
- Je te traite d'idiot et c'est le seul effet que ça te fait…
Haruya sourcilla davantage.
- Tu n'as pas dit que… Ah si…
- Haru...
Il releva finalement la tête.
- Ne t'emporte pas…
En toisant inlassablement les yeux de glace et de diamant.
- A cause de moi.
Il sentit l'emprise sur son poignet devenir plus forte. Haruya fit alors une chose qu'il n'aurait jamais cru entreprendre. Il glissa lentement ses doigts entre ceux de Fuusuke, qui ne perdit pas une seconde pour les comprimer.
- Où tu veux en venir ?
Fuusuke cala sa tête entre ces genoux, en resserrant l'étreinte sur la main de l'autre. Son sourire avait disparu, et il semblait même que ses yeux s'embuaient.
- Je savais que tu allais te mettre en colère parce que, dans ta tête, c'est de ta faute si je me suis aussi… tué sur ce ballon.
Haruya rougit en fronçant les sourcils. Il n'aimait pas qu'on lise ainsi en lui. Cependant, c'était Fuusuke. Après tout…
- Je ne voulais pas que tu culpabilises. Je ne sais pas moi-même pourquoi j'ai fait ça. C'est comme pour toi, je devais être trop écroulé pour me rendre compte de quoi ce soit…
Fuusuke laissa échapper un soupir, comparable à un sanglot. Et son regard s'obscurcit.
- En même temps quelle idée…
Le jeune garçon releva les yeux.
- De tirer aussi fort dans un ballon après un match.
Pour retrouver un regard doré délectable. Et un Haruya sourit doucement.
- Dixit celui qui ne sait même pas ce qu'il a fait pendant deux heures.
- Sans toi, j'y serais encore.
Fuusuke inclina la tête.
- De quoi…
- Ah, laisse tomber…
Haruya déplaça maladroitement ses cheveux, en rougissant. Ce qui fit rire Fuusuke. Ils retrouvèrent peu à peu le centre de leur vision.
Le vide s'offrait une nouvelle fois à eux. Un vide empli d'eau, de gouttes incessantes, d'une pluie tranchante, de larmes acérées. Qui coulaient. Et coulaient encore. Sans bruit. Sans un son. Sans un grondement. La pluie arrosait simplement le sol. De manière délassante.
Que faire après ça ? Rentrer au Japon ? La question ne se posait pas. Dire au revoir à la Corée ? Au pays qui avait été le leur durant trois petit mois ? Ils n'avaient pas vraiment le choix. Quitter Afuro, qui, mine de rien, les avait bien plus aidés qu'ils ne l'auraient pensé ? Tout n'était pas blanc ou noir. Il y aurait toujours un moyen. Retourner à l'orphelinat ? Tout avait changé. Tout était différent désormais. Faire comme si de rien n'était ? Là non plus, pas de questionnement possible. Ils avaient simplement suivi le cours de leur destin.
Se retrouver une nouvelle fois seuls ? Tout seuls ? La vie ne leur avait visiblement qu'offerte ce misérable sens.
Haruya soupira. Répondre à des questions rhétoriques. Paradoxales ou non. Ca, c'était le rôle de Fuusuke. C'était de la pure théorie. Lui s'occupait plutôt de la pratique.
Quand est-ce que tout avait déraillé déjà ? Plusieurs points de vue étaient à prendre ou à laisser. Lorsqu'ils avaient perdu contre Inazuma Japon ? Lorsqu'ils avaient rejoint l'équipe de Corée ? Lorsqu'ils avaient revu Afuro ? Lorsque Raimon avait écrasé Genesis ? Lorsque Genesis les avait écrasés ? Lorsqu'ils s'étaient mutuellement écrasés l'un l'autre ? Lorsqu'ils avaient tenté d'écraser tous leurs souvenirs, dans le but de devenir d'autres personnes ? Lorsque cette foutue pierre s'était écrasée sur Terre ? Lorsque leur propre enfance avait-été écrasée, avant d'être envoyés au Sun Garden ? Ou simplement était-ce ce que leur réservait la vie? Et si leur destinée n'était en réalité faite que d'écrasements ? De désillusions ? D'espoir retrouvé ? Transformé en rêve anéanti ? D'échecs ? De défaites ? De remontées ? Puis de descentes ? De descentes, qui menaient de plus en plus en profondeur. Cependant n'avaient-ils pas déjà touché le fond ?
- Bordel !
Haruya abattit son poing sur le sol tellement fort. Force qui semblait encore trop faible. Puisque le sursaut de Fuusuke. L'électrisante douleur. L'ascension du craquement fulgurant. Le sang s'échappant finalement. Ne le ramenèrent pas à la réalité.
Ils n'avaient jamais abandonné. Jamais. Ils s'étaient toujours promis qu'ensemble, personne ne leur barrerait la route. C'était qu'on leur avait juré, lorsqu'ils s'étaient rencontrés. L'existence était faite de hauts et de bas, certes. Mais des bas aussi... bas, était-ce vraiment nécessaire ?
- Haru…
Très bien, le Japon avait gagné. C'était le prix à payer dans un tournoi comme celui-ci. Il commençait à le comprendre. Très bien, ils n'avaient pas été les meilleurs. Pas en tant que joueurs de Corée, et encore moins en tant qu'alien. On ne pouvait pas être fort partout, puis cette histoire d'extra-terrestre était absurde et Hiroto l'aurait remporté quoi qu'il arrive. Très bien, le projet de leur Père avait été stoppé. Tous autant qu'ils étaient n'avaient pas été aussi forts qu'ils auraient dû l'être. Et puis quoi encore! Ils n'avaient rien demandé à personne pour être de super-soldats. Très bien, l'équipe qu'il avait mêlée avec celle de glace avait violemment été arrêtée. La prochaine fois, il apprendra à écouter les «ordres»… Puis quand bien même, finalement il était beaucoup plus heureux en Haruya. Très bien, il gardait un très mauvais souvenir de l'Aliea Gakuen. Hormis la déchéance de tout ce qu'il croyait connaître, il avait détesté plus que n'importe qui Gazel, qui l'avait malmené plus qu'il n'avait dû le croire. Mais maintenant, Fuusuke était revenu, apportant avec lui une amitié plus forte qu'aucune autre. Très bien, il avait souffert avec l'arrivé de la pierre. Les premiers essais laborieux, plus que douloureux. La disparation de son orphelinat. Voir qu'elle avait décimé un à un ses amis, les changeant radicalement. Mais finalement elle avait été détruite Le cours de la vie reprenait peu à peu sa stabilité. Tous ses amis, qu'ils soient dans son ancienne équipe ou dans une autre, allaient de mieux en mieux. Très bien, ils avaient rejoint la Corée. Certes, ils auraient pu rejoindre le Japon. Peut-être l'avaient-ils même trahi… Cependant, durant trois mois, toutes leurs perceptions avaient été métamorphosées. En bien. En mieux. Et puis, jamais leurs anciens équipiers ne leur en voudraient, d'avoir suivi une opportunité unique, et de vouloir oublier un peu le passé. En plus, il avait pleinement retrouvé le vrai Fuusuke, presque enthousiaste. Très bien, Hiroto avait été le chouchou durant toute son enfance. Choyé plus que les autres par Père. Considéré bien plus fortement comme le frère d'Hitomiko. Tant pis, lui, il avait son frère. Son Fuusuke. Très bien… On lui avait arraché ses parents. Ses proches. Sa famille. On lui avait donnée le fameux titre "d'orphelins". Mais… Mais sans ça… Il n'aurait jamais rencontré Fuusuke. Fuusuke. Très bien… Ils n'avaient pas gagné. Ils n'avaient pas été les meilleurs. Ils n'avaient pas l'existence rêvée. Ils n'avaient pas eu la plus merveilleuse des adolescences. La plus magnifique des naissances. Ils n'avaient rien abandonné. Ni leur force. Ni leur rêve. Ni leur rage de vaincre. Et pourtant, ils avaient encore perdu…
Mais alors… Ces trois précédents mois en Corée ? Son enfance à l'orphelinat ? Tous ces petits moments… passés avec Fuusuke ? Ils ne les avaient jamais abandonnés, eux ? Fuusuke… Il ne l'avait jamais abandonné, lui ? Ils avaient toujours été seuls... Tout les deux. Ils étaient toujours montés, avaient descendu… ensemble. Qu'ils soient en pleine fraternité ou l'un contre l'autre…. Qu'une animosité pouvant vriller à chaque instant, soit, ou pas, remplacée par un doux lien indétectable… Ils étaient toujours réunis. Que le moment soit… blanc. Noir. Ou gris.
- Haruya…
Plus rien ne leur sabrait la route. Un tournoi. Une améthyste. Un exécrable projet. Des personnes malveillantes. Des consciences aliénées. Une enfance démolie. Des proches disparus.
Et quand bien même, les souvenirs persistaient. Ils ne pouvaient être que remplacés… avec Fuusuke.
Alors… Alors pourquoi pleurait-il ?
- Haruya mais…
Fuusuke se figea. Il était parvenu à se relever et s'était posté devant son ami. Qui n'était plus du tout en colère. Ses joues étaient toutes rouges, ses yeux écarlates, et des petites perles de diamant roulaient sans arrêt sur son visage. L'albinos s'accroupit en face du carmin. Ce dernier renifla.
- Haru mais pourquoi est-ce que tu ne m'a dit que…
- T'es marrant toi… T'as passé tes nerfs sur le ballon. Mais moi, à part vagabonder dans des rues inconnues, j'ai rien fait…
Fuusuke se mordit la lèvre. Il détestait voir son ami dans cet état. Vraiment. C'était … insupportable.
- Mais peu importe ce que j'ai fait, ce que je fais ou ce que je ferai… Ca m'est égal… Tout ce que je veux…
Haruya releva les yeux.
- C'est être avec toi.
Fuusuke eut un mouvement de recul.
Ses interrogations avaient toujours mené à un point plus que positif. Alors pourquoi les larmes perlaient au coin de ses yeux… rendant Fuusuke de plus en plus pâle ?
La question sous-jacente était et restait toujours la même… Fuusuke. Et si… Sans Fuusuke.
- On a perdu. La Corée a perdu. Burn et Gazel n'existent plus. La vie revient. La passion du football revient. Osamu… Ryuuji… Même Hiroto… Ils vont tous bien… On est redevenu normaux. Enfin, ce qu'on était avant. Et toi, tu… Fuu, je comprends pas pourquoi je pleure.
Fuusuke, aussi livide fut-il, finit par sourire. Et prit délicatement l'autre dans ses bras. Haruya se raidit. Puis, ne trouva plus la force de rien. Mis à part déverser tout son chagrin. Sur l'épaule de son Fuusuke.
Et les larmes coulèrent. Encore et encore. Même si la colère était dissoute. Même s'il n'en voulait plus à personne. Même s'il avait compris. Pourquoi… Comment en était-il rendu à être aussi faible?
Fuusuke éloigna alors délicatement leur corps, plongeant ses orbes dans celles ambrées. L'albinos souriait. Tendrement.
- Je t'avais promis quelque chose, n'est ce pas ? Et bien cette promesse tient toujours ?
Haruya fronça les sourcils.
- Tu veux vraiment que je me répète ? Non pas que ça me gêne mais...
- Nan…
Fuusuke étira ses lèvres davantage.
- Je crois que j'ai compris. J'ai compris qu'il ne faut pas oublier.
Puis grimaça.
- Pour la simple et bonne raison qu'il faut surmonter. Tenter de trouver un sens à ce qu'il s'est passé. Essayer de trouver des échappatoires. Des raisons pour rendre la chose plus simple.
Le flot salé cessa alors.
- Mais ce n'est pas parce que j'oublie que je pardonne. Je passe juste à autre chose. Même si tout ce qui nous est arrivé, nous arrive, et peut-être ce qui nous arriva, avec la chance qu'on a, est plus que merdique…
Un léger rire s'échappa.
- Et ben… tant pis. Maintenant tout est fini, j'en suis certain. Et cette fois, c'est moi qui vais te promettre que… Que… mince on trouvera un moyen d'être aussi heureux qu'on l'a été pendant ces trois mois. Parce que…
- On restera toujours ensemble, hein?
Haruya ne dit plus rien pendant quelques instants. Puis sourit également.
- Evidemment.
Puis ce rictus retrouva pleinement sa force arrogante.
- Oh que oui, tu vas devoir encore me supporter mon petit Fuu'… Je te jure que tu ne vas pas le regretter…
- Parce que sans moi tu n'es rien.
Haruya sourcilla, et lança un regard presque noir à son meilleur ami.
- Enfin, je veux dire… l'un sans l'autre, ça ne fonctionnerait jamais.
Fuusuke sourit doucement, une pointe de malice dans les yeux.
- Je t'ai entendu tout à l'heure.
Le carmin rougit furieusement.
- Abruti de glaçon.
- Merci, chère Tulipe.
Puis les deux se mirent à rire. Peut-être en pleurant. Peut-être pas. Du moins, ils avaient compris. Que le monde peut être noir. Peut redevenir blanc. Mais perdurera à être gris. Un mélange de blanc et de noir. Aussi contraires soient-ils. Que le sont le feu et la glace. Mais qui, pourtant, ne pourront vivre l'un sans l'autre.
- Moi non plus, je ne sais pas ce que je ferais sans toi….
Tellement inverses. Presque ennemis. Peuvent-ils être réduits en cendres avec la simple présence de leur opposé ? Mais qui, pourtant, ne serait absolument rien sans lui ?
- Qu'est-ce que t'as dis Fuu' ? J'ai pas compris…
- Ne me force pas à répéter.
Et ils rirent de plus belle. La raison? Aussi inexistante était-elle, ils avaient au moins comprise.
Très bien, la revanche n'était plus que poussière. Très bien, ils avaient écopé des blessures, plus dures les une que les autres. Très bien, la vengeance était définitivement morte.
Mais le chaos dans leur esprit l'était aussi. Quand bien même ils ne savaient plus aller… Quand bien même ils n'avaient pas puni leurs martyres. Quand bien même ils tombaient… Quand bien même ils perdaient…
La seule once de joie perdurait à être là. Bien réelle. Réelle par un étrange lien. Qu'ils entraînaient avec l'autre.
- Dis-moi…
- Oui Fuu' ?
- Haru… On est censé faire quoi avec le Japon ?
- Le Japon ? Endo ? Ryuuji ? Hiroto ? Tu veux dire les encourager ?
- Exact. Ce n'est pas contre eux. Ce n'est pas de leur faute.
- C'est juste notre vie qui a décidé de nous jouer des tours.
- Je pense donc que ce n'est pas une si mauvaise idée…
- Oui sans doute…
Leurs yeux s'entrecroisèrent. Et l'étreinte de la main adverse sur leurs doigts ne se trouva que davantage serrée. En entremêlant leur voix d'une même parole.
- Et puis quoi encore !
Taaaddaaa ! ^^... -' Ok, ok, je m'explique... Déjà, cette fois, j'ai réussi à ne pas pleurer (j'ai cru que si à un moment... Puis non en fait x). Ensuite... Oui, j'ai encore blessé Fuusuke... Et oui, j'ai encore fait pleureur Haruya (faudrait vraiment que je change de disque...) Oh et j'y pense, si vous trouvez des rimes, elles sont totalement fortuites -' (poésie quand tu nous colles à la peau...) Pour finir... Paaarrrddddooonnnn ToT (Pourquoi, pour ça...) Je m'éloigne vraiment de l'histoire originelle et des personnages. J'en suis pleinement consciente. En fait... Oui, non, je sais pas ce que j'ai essayé de faire avec cette suite, mais en tout cas je l'ai fait. Et même si j'en suis moins fière que le chapitre 1, je pars dans l'optique que ce qui est fait... Doit être fait =3 N'est ce pas ?... Et puis, j'ai d'autres idées, eheh~ (beaucoup moins dramatiques, pas d'inquiétudes !)
Questions futiles : Pour la suite (quoi une suite ?) Oui, oui, j'ai bien dit suite... Enfin suite... Pas vraiment suite... En fait, je voudrais vraiment faire ce qui s'est passé avant et après le chapitre 1 (et donc avant le chapitre 2), mais je ne sais pas vraiment comment... Je suis censée le mettre dans cette histoire-ci ? En mode chapitre dans tout les sens ? xD Je ne sais absolument pas comment je suis censée me débrouiller ! Mais lorsque j'aurais trouvé, préparez-vous à une suite (ou plutôt un flash-back du coup) (qui s'approcherait donc plus de l'anime et des comportements de nos chers Haru' et Fuu') (même si j'arrangerais, ou ré-arrangerais, quelques scènes à ma sauce).
Du coup... Je m'excuse encore du possible Ooc (encore...) et de la trame de l'histoire qui part (franchement) en cacahuètes... Gooommmeeeen TuT
J'espère quand même que ça vous a plus... Même un tout, tout, tout petit peu ?
Bref... Pardonnez encore mon style d'écriture plus que non-identifié.
Et je vous dit donc à très bientôt !
