The bigger they are de ladyExcalibur2010
Chapitre 11
Vannes
Au début je pensais que j'étais resté au soleil un peu trop longtemps et que j'hallucinais. Il me suffit de voir l'expression sur le visage d'Emmett pour me détromper assez rapidement, ça aurait été une belle alternative.
Honnêtement je n'étais pas sûr de ce qui m'énervait le plus, qu'Emmett parle de sa mère de manière irrespectueuse, qu'il utilise un terme cru pour parler de ce qu'il pensait que nous faisions ou qu'il ait supposé quelque chose qui n'était pas vrai. Je décidais de mettre l'accent sur les questions les plus importantes. Il avait lâché la bombe 'B', je pourrais m'occuper de cela plus tard. Par rapport à tout le reste ce n'était pas ce qui était le plus important.. Ok, passons.
"Excuse-moi ?"Je sentais mes poings se serrer à mes côtés. Ce fut facile quand je regardais l'énorme stature d'Emmett d'oublier qu'il n'était encore qu'un gamin. Il n'avait même pas quinze ans, son père était mort et il avait des difficultés à s'adapter. Je comprenais. Mais personne, pas même son fils, n'allait parler de Bella de cette manière. "Qu'est ce que tu viens de dire ?"
Les yeux d'Emmett se rétrécirent et il releva son menton. "Vous m'avez bien entendu."
J'avais juste envie de lui crier dessus et aussi l'envie de le tenir dans mes bras et de le réconforter ou arriver à l'énerver jusqu'à ce qu'il finisse par parler de toute cette merde qu'il avait enfouie en lui-même. Étreindre à l'extrême pourrait faire des merveilles. Je fis un pas de plus. "Je n'apprécie pas que tu parles de ta mère de cette façon."
Il s'ébroua. "Ne l'appréciez pas alors. Je n'en n'ai rien à foutre."
Je serrais les dents et je me demandais si elles n'allaient pas devenir de la poudre dans ma bouche. "Emmett James, je ne suis même pas sûr d'où commencer avec cette petite remarque, mais nous allons commencer par le point le plus important…"
Il croisa les bras sur sa poitrine et releva le menton à nouveau, comme si c'était audacieux de ma part d'aller vers lui. Il s'agit d'un enfant … C'est un gamin... c'est un gamin... c'est un gamin …. Un grand gamin, mais toujours juste un gamin…
"Tout d'abord, et surtout, je ne, comme tu l'as si bien dit, baise pas ta mère." Ça le fit cligner des yeux et je crus voir passer du remord sur son visage. Emmett n'était pas un mauvais bougre, perdu et en colère, oui, mais au fond je pouvais voir la bonté en lui. Maintenant j'avais juste à puiser dedans. "Tout d'abord, tu manques énormément de respect envers ta mère en parlant comme ça." Je levai ma main, "et avant que tu le reformules, non, nous n'avons pas été physiquement intimes. Non pas que ce soit tes affaires, sauf si ta mère choisit de t'en parler."
Il ouvrit la bouche et la referma ensuite, soudain le jeune garçon était de retour, bouleversé d'avoir était blessant et stupide. Je ne pouvais imaginer le regard sur le visage de Bella si elle avait entendu son commentaire. J'étais sûr qu'il pouvait l'imaginer aussi. "Alors… Vous n'êtes pas … euh … vous savez …"
Donc il pouvait demander si je baisais sa mère il y a trente secondes mais il devenait soudainement muet et timide ?
Merde, je n'avais pas la moindre idée de ce que je faisais là. Je sentis toute ma colère disparaitre et tombai sur un banc tout proche avec un soupir, en me frottant le visage. Ce dont j'avais besoin était d'un putain de manuel d'instruction. Ou peut-être que je pourrais écrire à Miss Manners, "Chère Miss Manners, je veux totalement me taper cette femme incroyablement séduisante. Le problème est qu'elle a quatre fils qui savent que je veux me la faire. Quel est la marche à suivre pour traiter des questions gênantes avec lesdits fils? Et jusqu'où peut aller l'honnêteté?"
Ouais ça n'allait pas fonctionner.
"Assieds-toi," marmonnai-je. Emmett hésita un instant et je roulai des yeux. Son expression était penaude et il s'assit à côté de moi. "Ecoute Emmett, je ne vais pas te mentir. J'aime ta mère … beaucoup."
Emmett grogna et hocha la tête. "Comme si ce n'était pas assez évident," commenta-t-il.
Je soupirai et me rappelai que j'avais besoin de rester dans les bonnes grâces de cet enfant. Et il avait un bon côté. Il était le fils de Bella. Et d'après ce que j'avais entendu dire par les garçons et par Bella, Mac avait été un homme bon. Bella lui avait donné son cœur. Je devais donc trouver un moyen de me connecter avec ce qui je le savais, se cachait sous ses bravades. Cette partie d'Emmett était un peu perdue sous la douleur et la colère en ce moment, qui étaient toutes les deux justifiées. J'avais aussi besoin de me rappeler que j'étais l'adulte et que j'avais besoin d'agir en conséquence.
"Ecoute ce que je vais te dire, Emmett James," lui dis-je "Tu es un bon garçon, et tu seras un homme bon." Emmett rougit d'une couleur pourpre. J'ignorais cela. Je savais que je l'embarrassais mais c'était en quelque sorte la seule façon de le faire. "Alors, un jour tu vas rencontrer des femmes qui vont s'intéresser à toi … de cette manière."
Emmett grogna. "S'il vous plait ne me dites pas que ca va être un discours sur le sexe," finit l'homme/enfant en colère. A sa place se trouvait un garçon qui voulait désespérément laisser tomber le sujet. "Vraiment tout simplement … S'il vous plait, ne faites pas ça."
Rien à faire.
"Il te suffit d'écouter," lui dis-je. "Tu vas rencontrer beaucoup de femmes et tu vas vraiment profiter de ce temps avec certaines d'entre elles sans qu'il n'y ait rien … aucune connexion émotionnelle je veux dire. Si elles s'éloignent ou te disent qu'elles ne veulent plus te voir, ça ne te dérangera pas vraiment parce que tu sauras qu'il y a toujours quelqu'un d'autre là-bas qui pourrait te donner la même chose. Cela ne signifie pas que tu ne dois pas les respecter pendant que tu es avec elles, mais ce ne sera pas quelque chose de réel et de durable entre vous. Vous aurez votre plaisir et passerez à autre chose. Elles seront comme toi ou elles devraient l'être si tu as bien fait les choses. Personne ne sera blessé, car il n'y aura pas de sentiments en jeu." Je m'arrêtai.
"Mais un jour, si tu es vraiment chanceux, tu rencontreras une femme et tu sauras juste qu'elle est spéciale. Et tu remueras ciel et terre pour être avec elle, tu seras patient … tu seras son ami avant d'être son amant parce que tu ne voudras pas foirer tout cela en la faisant aller trop vite … ou en la traitant d'une manière qui ne montrerait pas correctement les sentiments que tu éprouves pour elle." Je lui souris. "Bon sang, tu iras même courageusement chez Pete un mercredi soir parce que tu voudras la voir elle et ses enfants."
Les yeux d'Emmett se détournèrent des miens.
"Ta mère est spéciale. Tu n'as pas besoin de moi pour le savoir, mais je te le dis quand même."
Emmett me donna un hochement de tête saccadé.
"Et je ne vais pas mentir et te dire que je ne suis pas attiré par ta mère."
"Comme si je pouvais le croire," marmonna-t-il.
"Mais ta mère n'est pas encore prête pour autre chose que pour l'amitié," continuai-je. "Et ce n'est pas grave. Crois-moi, c'est autant une surprise pour moi que ça peut l'être pour toi, mais j'adore être avec vous les garçons, et ta mère."
"Mais vous voulez plus." La voix d'Emmett était morne.
J'haussai les épaules. "Eh bien… oui... un jour. Si ta mère le veut. Je ne sais pas si elle ne le voudra jamais, et si elle ne le fait pas… Alors je serais d'accord pour être seulement son ami." Je m'arrêtais. "Nous allons juste laisser les choses évoluer naturellement."
Emmett me dévisagea un instant puis il s'ébroua et secoua la tête. "Vous l'avez vraiment mauvaise." J'étais choqué par ce trait d'humour.
Je grimaçai et regardai le sol, n'importe où, mais pas ses yeux bleus perçants. Il ressemblait à son père, et en ce moment et cette ressemblance me faisait me sentir coupable, comme si j'admettais convoiter la femme d'un autre homme.
Emmett poussa un soupir et s'appuya contre le mur de l'église. "Ma mère a été vraiment seule depuis que mon père est mort," dit-il calmement. Il haussa les épaules. "Je veux dire, je sais que les choses n'étaient pas parfaites entre eux, surtout avant son départ, mais …"
Je n'avais aucune idée qu'Emmett avait réalisé ce qui se passait entre ses parents. Il m'envoya un regard sournois. "Ouais je savais," murmura-t-il. Je restai calme. Emmett avait dit plus de mots dans les dernières minutes que ce qu'il avait dit toutes les autres fois où nous avions été ensemble. "Certaines de leurs disputes n'étaient pas exactement calmes, si vous voyez ce que je veux dire."
Je fermai les yeux et hochai la tête.
"J'étais tellement énervé … contre mon père, qu'il soit parti." Emmett continua doucement, se parlant presque à lui-même. "Il n'avait pas besoin de partir. Ce n'était pas son tour, pas encore. Il a fait passer l'armée avant nous. Encore une fois."
"Il vous aimait," me sentis-je obligé de dire. "Il adorait ta mère."
"Je sais, je ne suis pas stupide," siffla Emmett. "Mais il s'est fait tuer quand même pas vrai ? Il a quand même laissé ma mère toute seule." Emmett bondit sur ses pieds et se mit à arpenter la pièce. "Et j'étais tellement… Mon Dieu, je voulais juste le frapper. Mais je ne pouvais pas parce qu'il n'était plus là... Et je ne pouvais pas dire à ma mère combien j'étais en colère, parce qu'il lui manquait et qu'elle était triste. Je ne pouvais pas en rajouter en lui disant tout ce que je reprochais à mon père. Il l'a quittée putain. Maintenant elle doit faire face à tout cela toute seule. Et ce n'est pas juste !"
Les mots sortirent de lui comme un torrent, comme s'il n'était presque pas au courant qu'il parlait. Il marchait vite, les mains tirant sur ses cheveux, son expression tordue par la colère et le chagrin. Nous y étions, les murs étaient en train de s'écrouler. Je n'étais pas sûr de savoir si j'étais soulagé ou effrayé. Je pouvais si facilement foirer cela. Je n'avais pas la moindre putain d'idée de ce que je devais faire.
"Et comment te sens-tu maintenant?" Poser des questions, me rappelai-je. Ne pas projeter tes propres pensées, ni tes propres opinions Cullen. Il s'agit d'Emmett. Pas de toi. Pas même de Bella. Juste Emmett. Concentre-toi.
Emmett cessa de marcher pendant un moment et il s'arrêta pour me regarder. "Je ne sais pas. Je déteste la pensée que ma mère soit avec quelqu'un d'autre que mon père. Mais mon père est parti… et il est mort. Il ne reviendra pas. Je ne veux pas que maman soit seule plus longtemps, mais je ne sais pas si… " Il ferma les yeux et secoua la tête. "Je ne sais pas ce que je ressens… Je veux qu'elle soit heureuse, mais je suppose que ce que je veux vraiment c'est qu'elle soit heureuse avec papa. Sauf que ça ne va pas arriver, ça ne peut plus arriver. Et depuis que vous êtes rentré dans nos vies, je vois la différence en elle… Elle est de nouveau heureuse."
Je la rendais heureuse.
"Je suis en quelque sorte énervé contre mon père une fois de plus, parce que s'il était encore là, vous n'y seriez pas." J'essayai de ne pas me sentir blessé par cela, parce que vraiment, qui pourrait le lui reprocher ? "Je n'aime pas ça, mais je sais que ce serait merdique de souhaiter encore une fois qu'elle soit malheureuse. Alors maintenant … Voilà où nous en sommes." Il semblait perdu et très jeune. Je ne pouvais pas imaginer la difficulté que tout cela impliquait pour lui, surtout en connaissant les circonstances du déploiement de son père.
"Emmett je ne connaissais pas ton père, mais d'après ce que j'ai entendu de toi, des garçons et de maman, je pense que nous nous serions bien entendus," commençai-je.
Emmett leva les yeux. "Ouais, jusqu'à ce qu'il vous voit regarder ses fesses. Puis il vous aurait plié sur place."
Je lui souris et hochai la tête. "Bon point," concédai-je. Ensuite je soupirai et me levai aussi. "D'un certain point de vue je peux comprendre certaines des raisons qui ont incité ton père à prendre la décision de partir."
"Il a décidé de partir alors qu'il n'avait pas à le faire," dit Emmett, catégoriquement.
"Eh bien, c'est un peu plus compliqué que ça, tu ne penses pas?" Il resta silencieux mais ne s'éloigna pas, alors je repris. "De ce que je sais de ton père, il avait un sens très réel de l'engagement, c'est cela qui l'a poussé à se porter volontaire pour ce déploiement."
"Il avait un engagement envers nous aussi," observa tranquillement Emmett. Merde. Il y avait ici des choses à réparer qui n'étaient pas à moi.
"C'est vrai," acceptai-je. "Mais ton père… c'était juste un gars comme les autres, Emmett. Il a fait de bonnes choses et de mauvaises choses. Personne n'est parfait. Nous ne pouvons pas l'être. Ce n'est pas la manière dont nous sommes faits. Il a commis des erreurs comme nous tous. Malheureusement cette dernière erreur lui a été fatale et lui a coûté sa famille, c'est beaucoup." Je m'arrêtai. "Il a fait du mieux qu'il pouvait, c'est tout ce que chacun de nous peut faire."
Emmett resta silencieux durant un bon moment et me fit ensuite un petit signe de tête. Je pouvais dire que la conversation était terminée, pour le moment. Cela s'était bien passé. Une ligne de communication avait été ouverte et c'était plus que je ne pouvais espérer. Nous n'étions pas meilleurs copains. Mais nous avions parlé honnêtement et ouvertement. C'était un début.
"Allez!" dis-je, en frappant Emmett sur l'épaule. "Nous avons quelques travaux à terminer." Il était toujours revêche et ne parlait pas, mais je pensais que c'était mieux que la franche hostilité. J'étais sûr qu'il ne m'aimait toujours pas particulièrement, mais j'espérais qu'au moins il savait que je n'étais pas en train d'utiliser sa mère, et que je ne la blesserais pas délibérément.
Bella avait conduit jusqu'à chez moi et de là nous étions tous allés à la maison des Whitlock dans son SUV. Bella offrit un cadeau dans un papier vif à Adam. J'avais pris un bon d'achat dans un magasin. C'était une bonne idée, Bella me l'avait assuré. Sam connaissait déjà Sophie qui était aussi dans certains de ses cours d'élèves avancés. Sarah avait informé ses parents qu'elle ne voulait pas 'faire des trucs de surdoués' et elle suivait les mêmes classes que les autres élèves. Cela m'avait fait rire quand Alice me l'avait dit. Apparemment, Sarah était un peu comme sa mère, têtue et opiniâtre.
Tous les enfants sautaient dans la piscine avec des cris de joie. L'eau était restée chaude maintenant que nous étions à la fin juin, donc les hurlements étaient juste pour le fun. Adam et Jake avaient à peu près le même âge. Ils étaient vraisemblablement dans des classes de même niveau. Je réalisais que j'avais besoin de savoir quand étaient les anniversaires des garçons.
Je pensais que nous partirions d'ici, dès que la dette d'Emmett serait payée, Cullen. Idiot … c'était ma voix intérieure, sarcastique. Je détestais cette voix.
Les adultes étaient rassemblés autour de la piscine. Jasper avait dit que sa nièce était arrivée et qu'elle boudait actuellement dans sa chambre.
"Oh, laisse-la tranquille," dit Alice. "Les filles ont juste besoin de bouder parfois. Nous le sortons de notre système et nous progressons." Elle tira la langue à Jasper. "Contrairement aux hommes qui font la moue continuellement…"
Jasper s'approcha de moi. "Apparemment les adolescentes boudent… beaucoup," confia-t-il. "Alice me dit que c'est un bon entraînement pour Sophie et Sarah quand elles seront plus âgées." Il frissonna. "Elle dit que je devrais également commencer à me préparer pour … " Il déglutit difficilement. "Les garçons …"
Je ris et secouai la tête, très heureux de ne jamais avoir à faire face à ces problèmes. Après tout Bella avait des garçons et les garçons étaient beaucoup moins sensibles.
Ralentis, Cullen. Danger !
La conversation était décontractée et facile. Bella était tout à fait à l'aise avec mes amis et Alice et elle semblaient comploter à voix basse. C'était 'une conversation de mamans' quoique de temps en temps elles me jetaient des regards furtifs. Elles m'étudièrent pendant un moment et rirent tranquillement. Cela me rendait un peu nerveux, je tournais donc mon attention vers les enfants dans la piscine.
Emmett était assis au bord et regardait ses frères. Sophie et Sarah parlaient avec Sam qui semblait un peu moins timide que d'habitude. Occasionnellement ils s'éclaboussaient les uns les autres, mais personne ne semblait énervé par ça. Seth se contentait de faire des tours de piscine. Il était un très bon nageur.
Environ une heure plus tard, une grande jeune fille blonde, adolescente, arriva en flânant. Il me semblait qu'elle avait environ seize ans. Elle salua Jasper et Alice, nous fit un signe de tête à Bella et à moi. "Edward … Bella," dit Jasper. "C'est ma nièce, Rosalie."
Alice sourit chaleureusement à la jeune fille et elle lui sourit en retour. Connaissant quelques-unes des raisons pour lesquelles elle était ici, je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir désolé pour elle. Elle semblait un peu distante, mais qui pourrait le lui reprocher ? Elle avait été envoyée chez son oncle qu'elle connaissait à peine, qui de plus avait trois autre enfants, et avait été forcée d'être loin de sa mère pendant son traitement contre le cancer. Il n'était pas étonnant qu'elle veuille bouder dans sa chambre.
Alors que Rosalie avait été polie avec les adultes, elle avait complètement ignoré les enfants, y compris Emmett qui était proche de son âge. Emmett, cependant, n'avait pas été en mesure de détacher ses yeux d'elle depuis qu'elle était arrivée. Elle était plus âgée que lui. Elle était aussi, je le devinais, hors de portée. Elle ressemblait plus a une fille ornant les pages d'un magazine de mode qu'à une fille assise au bord d'une piscine dans un quartier de banlieue en Caroline du Nord.
Elle étendit sa serviette. Emmett regardait. Elle mit une paire de lunettes de soleil. Emmett regardait. Elle mit un peu de crème. Il en aurait presque bavé un peu. Je regardais Jasper mais il roula des yeux. Apparemment il était habitué aux réactions que sa nièce suscitait.
J'étais très heureux que ce soit son problème et pas le mien.
Adam avait les pieds dans l'eau à côté de Jake alors qu'ils se reposaient sur des anneaux de flottaison gonflés et colorés et les deux garçons semblaient complètement coupés de tout. Ils ne faisaient certainement pas attention à nous, les adultes. Je les entendais discuter des mérites de divers jeux vidéos, des filles les plus ennuyeuses dans leur classe de l'an passé, quels professeurs étaient "moyens" et lesquels étaient "sympa". Il me semblait que c'était une conversation assez typique pour deux garçons de leur âge. Puis Adam demanda négligemment. "Et donc ton père est vraiment mort?"
Après avoir ramassé ma mâchoire au sol, je commençais à me lever de ma chaise pour dire à Adam que ce n'était pas une question qu'il fallait poser, mais un regard rapide sur les trois parents du groupe m'arrêta. Jasper roula simplement des yeux à ma réaction en me pointant du doigt et secouant la tête, Alice haussa les épaules et Bella me donna un regard qui me disait clairement de garder mes fesses sur la chaise.
Je gardais donc mes fesses sur la chaise.
Autant la question d'Adam m'avait surpris, ce ne fut rien comparé à la réponse de Jake. "Ouais," répondit-il d'un ton neutre. "Oui c'était un scrapnel."
Adam y pensa pendant plus d'une minute. "Tu veux dire shrapnel?"
Jake haussa les épaules. "Ouais je suppose."
"Oh."
Et voilà, pour les garçons la conversation fut terminée. Question posée, réponse donnée. Je regardai Bella, horrifié. Elle secoua la tête vers moi et se pencha pour murmurer. "Les enfants sont honnêtes. S'ils veulent savoir quelque chose, ils vont simplement demander. Ce n'est pas une grosse affaire, crois-moi. On leur a posé cette question plus d'une fois, juste comme ça, les enfants à l'école."
Je ne savais pas quoi répondre à cela, je laissais donc ma bouche ouverte – puis fermée. Et je recommençais. Bella se mit à rire et haussa les épaules. "Tu ferais mieux de t'habituer à l'honnêteté brutale des enfants qui sont dans les parages." Elle regarda Alice. "Quand j'étais enceinte de Jake, Emmett m'a demandé si le bébé était aussi dans mes fesses parce qu'elles étaient très grosses."
Je n'étais pas sûr s'il fallait rire ou non, mais puisque Alice et Jasper le firent, je pensais que c'était convenable. Honnêtement c'était difficile d'imaginer Bella avec un gros cul, mais j'imaginais à quoi elle pourrait ressembler, grosse et ronde, enceinte.
Putain.
Marrant. Je ne l'avais pas vu venir ça.
A la semaine prochaine
Bon week-end tout le monde!
Extrait du prochain chapitre :
"C'est étrange comment les choses se font n'est-ce pas?" dit Bella doucement. "Tu penses que le meilleur est passé et que tu n'apprécieras plus ta vie dans le futur et ensuite..." Elle ne finit pas la phrase et regarda au loin.
"Ouais, quelquefois ça se passe comme ça."
