The Bigger They Are de LadyExcalibur2010
Ce chapitre est inédit sur FF (ainsi que tous ceux qui vont suivre)
Traduit par bostondirty corrigé par mes soins…
CHAPITRE 22
ATTENTES ET REALITE
J'avais merdé.
En regardant en arrière, c'était inévitable. Je veux dire, je suis un mec. C'est ce que nous faisons. Chacun d'entre nous. Finalement. Je pense que les femmes attendent, en quelque sorte, cette première fois où on va foirer, afin de voir dans quoi elles se sont vraiment embarquées. Elles veulent voir comment nous nous en sortons dans ce cas de ratage inévitable. Nous ne pouvons pas faire autrement. Elles aiment nous pousser le plus loin possible et nous, nous voulons juste repousser ça aussi longtemps qu'humainement possible. Mais le plus souvent, elles découvrent notre côté imbécile très tôt.
Exemple...
Le lendemain matin, j'eus un aperçu que peut-être, juste peut-être, Bella ne serait pas une très bonne patiente. Je pouvais le comprendre, je détestais être malade ou blessé moi-même et en général je rendais tout le monde autour de moi aussi misérable que je l'étais. Je le savais parce que ma mère m'avait informé de ce défaut de caractère… plus d'une fois. Même après avoir quitté la maison, je n'étais pas beaucoup mieux, mais heureusement, ce genre de comportement est en quelque sorte prévu quand vous êtes dans l'armée. Vous n'êtes pas censé aimer être malade ou cajolé ou choyé ou pris en charge. Sauf si vous êtes chez vous et que vous avez une jolie femme pour répondre à tous vos besoins et désirs. Là c'est normal.
Donc, je m'attendais à ce que Bella soit grincheuse et boudeuse, avec une touche de sarcasme en plus, juste pour que ce soit plus drôle.
Mais je ne m'étais pas attendu à ce que la tolérance de Bella à sa demi-invalidité soit si scandaleusement faible. Je pensais que mes attentes étaient assez réalistes. Je me trompais même en pensant que parce qu'elle était une femme, elle aurait profité d'un peu de repos avant de se jeter de nouveau dans la dure réalité des choses. Je veux dire cette mère célibataire travailleuse n'apprécierait-elle pas un peu de vacances ?
Ma mère m'aurait arraché la tête si j'avais dit ça à haute voix. Heureusement pour mon cul et mes gonades - j'étais sûr que Bella me donnerait un coup de pied dans les deux si elle pouvait lire dans mes pensées - je n'avais pas osé donner cet avis à voix haute. Mais c'était juste là, envahissant mon esprit. Comme un poison. Ma mère aurait appelé cela un empoisonnement à la testostérone.
Je m'étais vu prendre soin de Bella, lui apporter quelque chose à manger, peut-être rester assis dans son fauteuil après avoir regonflé ses oreillers et nous discuterions de livres, de musique et des garçons. Ce serait relaxant et agréable et nous nous installerions dans une routine confortable. Je préparerai des repas spéciaux et la tenterai avec, ou commanderai si mes compétences culinaires limitées avaient échoué, tout en gardant sa maison dans un ordre parfait et les garçons entièrement satisfaits de la façon dont je m'occupais d'eux...
C'était ce à quoi je m'attendais. Et puis il y eut la réalité. J'avais confondu l'un avec l'autre. J'avais imaginé bêtement que ce serait simple parce que j'avais imaginé que les choses serait d'une certaine façon et que c'est ainsi qu'elles devraient être.
Je découvris rapidement que je n'avais aucune putain d'idée de qui était Bella James en réalité. Mon désir avait complètement embrumé mon cerveau qui avait commodément oublié que cette femme avait survécu à la perte d'un mari qu'elle aimait beaucoup et faisait un travail très réussi auprès de quatre garçons turbulents, sans aucune aide du tout.
Bella me le rappela. Et parce qu'elle était bien habituée à l'esprit masculin, elle ne le fit pas de façon subtile La subtilité est perdue pour quiconque possède un pénis et des testicules. Nous aimons les choses simples et claires tout comme nous. C'est la théorie de ma mère de toute façon. Je sais cela parce qu'elle a partagé son opinion avec mon frère et moi – et même mon père – à de nombreuses reprises et surtout lorsque nous ne voulions pas qu'elle le fasse.
J'avais dormi sur le canapé la nuit d'avant. J'avais mis mon téléphone sur alarme, déterminé à me lever tôt pour préparer son petit-déjeuner et le lui servir au lit. Je savais déjà ce que j'allais faire. J'avais même tenu compte de la dent sucrée de Jake, j'allais faire quelque chose qui nécessiterait du sirop. Il fallait que j'en profite tant que je pouvais. J'ai pensé qu'il faudrait longtemps avant que j'aie la chance de la choyer à nouveau et j'avais l'intention d'en profiter pleinement.
Alors imaginez ma surprise quand mon réveil a sonné et que je me suis réveillé.
Avec l'odeur du bacon.
C'est. Quoi. Ce. Bordel ?
Jake ne pouvait pas utiliser le gaz sans la surveillance d'un adulte, de sorte que cela ne laissait que trois options possible pour le chef en question. Emmett préférait sentir la nourriture que la cuisiner, Seth n'avait jamais montré d'intérêt pour la cuisine et Sam … eh bien il pourrait se lever et cuisiner mais il détestait se réveiller tôt. Alors qui était-ce ?
Je n'ai jamais pensé que ça puisse être Bella. Elle devait bien sûr être à l'étage, attendant patiemment que je la descende. Elle serait assez impressionnée par ma force et mes manières courtoises, et je pourrais la tenir dans mes bras. J'avais même pensé que j'aurai une chance d'avoir quelques baisers. Je pourrais même sentir ses seins contre moi, je l'espérais, avant qu'elle mette un soutien-gorge. Ma queue approuva cette perspective.
Gagnant-gagnant, autant que je pouvais le voir.
C'était ce à quoi je m'attendais.
La réalité fut que lorsque j'entrai dans la cuisine Bella était là, maladroitement debout devant le gaz, marmonnant dans sa barbe. A la fois horrifié et amusé, je pouvais voir qu'elle avait inséré le long manche d'une cuillère en bois dans son plâtre. "Putain de démangeaisons …" l'entendis-je geindre.
"Que fais-tu ?" demandai-je.
Elle sursauta en criant. "Merde !" dit-elle en essayant de remettre la poêle qu'elle avait déplacée en sursautant. "Ne me fais pas peur comme ça." Elle fronça les sourcils comme si c'était moi qui avait fait quelque chose de mal.
Et tous mes plans s'écroulèrent.
"Que fais-tu Isabella James ?" Sans m'en rendre compte, j'utilisai le ton que je prends parfois avec les soldats quand je les surprends en train de faire quelque chose qu'ils ne devraient pas faire. Ce fut mon erreur numéro un et j'étais sur le point de prouver que je ne savais pas m'arrêter.
Elle plissa les yeux. "Excuse-moi ?" Et posa une main sur sa hanche. Si j'avais été malin mon cerveau aurait crié. "ATTENTION ! ATTENTION ! Danger juste devant !" Mais j'étais encore ensommeillé et surpris de la voir là, embrouillé par mes attentes. C'était ce à quoi je m'attendais et j'y restai englué.
Je me précipitai vers elle et attrapai la spatule de sa main. "Qu'est-ce que tu fais debout ? Et comment as-tu descendu l'escalier sans aucune aide ? Tu essayes de te tuer en descendant toute seule?"
Je stoppai net mes questions sans écouter ou voir si elle me répondait. J'étais tellement occupé à m'agiter autour d'elle que je ne remarquai pas ses répliques non-verbales, qui étaient tout sauf subtiles.
Erreur numéro deux.
Pour ma défense, c'était l'échec de mes espérances de la choyer et de la gâter qui me fit me comporter comme un imbécile. Je m'étais attendu à un autre comportement de sa part au lieu de la regarder courir comme une folle en prenant soin de tout le monde autour d'elle.
Mes intentions étaient bonnes.
Ma façon de faire merdique.
Attentes.
Réalité.
Je passai mes doigts dans mes cheveux avec exaspération. "Vraiment Bella, j'aurais pensé que tu aurais attendu que quelqu'un puisse t'aider à descendre l'escalier. Tu aurais pu tomber et te tuer !" Je pouvais facilement imaginer la chute dans l'escalier, l'atterrissage en bas, le cou brisé ...
Bon parfois mon imagination est un peu trop vive.
Mais ce fut apparemment mon quota d'erreurs. Trois était apparemment la limite.
Elle reprit la spatule dans ma main et me frappa légèrement le torse avec. Ça m'a un peu piqué puisque je ne portais pas de chemise. Je me frottai et fronçai les sourcils vers elle. "C'était pour quoi ça ?"
Je m'attendais à ce qu'elle se calme. Je m'attendais à ce qu'elle s'excuse. Je m'attendais à être remercié de me préoccuper tant d'elle.
Apparemment j'avais besoin de modifier mes attentes.
Encore une fois, il y avait un large fossé entre les attentes et la réalité.
Bella fit un pas disgracieux en avant. "Ecoute, Homme des cavernes…» Je tressaillis sous son regard. Ce fut la réalité en technicolor. "Tout d'abord, il s'agit d'un plâtre de marche, ce qui signifie, donc, par définition qu'il est fait pour être utilisé pour la marche ! Deuxièmement je suis une femme adulte. Si je ne pensais pas pouvoir descendre l'escalier dans ma propre maison, j'aurais attendu que quelqu'un m'aide. Je ne suis pas stupide, je me rends compte que j'ai quatre enfants qui dépendent de moi. Je suis tout ce qu'ils ont, Edward, donc ne pense pas qu'ils quittent une seule seconde mes pensées, jamais."
Un autre coup sur mon torse. Ses doigts étaient pointus. J'essayai de ne pas broncher parce que je suis un homme. Aïe. Je tressaillis tout de même. "J'ai vécu près de trente-sept ans et j'ai réussi à ne pas me causer de blesser définitivement. Je m'habille, travaille à plein temps et paie mes factures. Je peux remballer toute une maison en deux jours et déballer en un. J'ai conduit un van à travers le pays avec un nouveau-né qui pleurait et un enfant de deux ans. Tout. Cela. Par. Moi-même." Une piqûre de plus avec son doigt pointu. J'allais avoir un bleu si elle n'arrêtait pas cette merde.
"J'ai même réussi à élever quatre enfants qui ressemblent à des êtres humains civilisés. Donc, je te serais reconnaissante de ne pas me parler comme si j'étais une enfant." Son doigt me piquait encore le torse. Ce n'était pas par hasard qu'elle piquait exactement au même endroit. C'était comme si je portais une putain de cible. "Compris ?"
Je ne pus rien faire à part un faible signe de la tête.
Elle me rendit la spatule. "Et puisque tu es si foutrement convaincu que je suis faible, tu peux continuer le petit-déjeuner que je faisais pour te remercier de ce que tu avais fait hier." Elle leva les yeux vers moi. "Pendant ce temps, je vais prendre une douche." Le visage de Bella se renfrogna. "J'espère juste que je ne me noierai pas accidentellement." Elle s'éloigna, son plâtre cognant le sol à chaque pas.
Je vis que Jake s'était levé, clignant des yeux vers sa mère. Quand nous entendîmes son piétinement dans l'escalier, Jake me regarda et secoua la tête avec pitié.
"Ne dis rien," murmurai-je.
Il roula des yeux. Il n'eut rien à dire.
Je le savais.
J'avais merdé.
J'avais été bien puni alors que je finissais le petit-déjeuner. Jake eut pitié de moi et ne dit pas un mot. Il mangea même ses œufs sans mettre de sirop d'érable dessus. C'était difficile pour lui, je pouvais le dire. Vaillamment il plongea sa fourchette dedans, je le vis piquer un peu de gelée de raisin dans le pot avec une cuillère. J'eus l'idée qu'une telle activité n'était pas exactement saine, mais je ne trouvai rien en moi-même pour l'en empêcher.
Il lèche. Je boude.
La matinée était nulle.
Puis Emmett et Seth entrèrent. Je pense qu'Emmett avait grandi pendant la nuit. Je commençais à croire à ces choses au sujet des hormones de croissance dans la viande et le lait qui font grandir les enfants plus que leur parents. Dieu aidez-moi si Emmett finit plus grand que Mac. A ce rythme cela arriverait dans environ … Oh, trois semaines.
Les yeux d'Emmett passèrent de Jake à moi et inversement. Apparemment, ils avaient une sorte de code entre frères dont je n'étais pas au courant, parce qu'Emmett grogna tandis qu'il préparait son assiette. "Vous l'avez énervée hein?"
Je regardai Jake. Traître.
Il haussa les épaules. Bon alors il était avant tout pour ses frères. J'ai compris. J'ai vu comment c'était. J'allai couper l'approvisionnement du gosse pour les sucreries. Ses yeux de chiot ne fonctionneraient plus avec moi.
Jake ne semblait pas inquiet.
"Je pensais qu'elle n'aurait pas dû descendre les escaliers toute seule," m'expliquai-je. "Je ne pensais qu'à son bien."
Emmett secoua la tête. Ainsi que Seth. Jake rejoignit le mouvement et poussa un soupir de pitié. Je soufflai. "Je vais aller me doucher. Dites à Sam qu'il reste à manger dans le micro-onde."
Quand je sortis de la cuisine il y eut un moment de silence, puis les trois garçons commencèrent à rire. De moi.
Vie. De. Merde.
J'étais totalement abattu. Je criai aux garçons que je rentrais chez moi pour prendre des vêtements propres et vérifier certaines choses. Quelles sont les choses que tu as vérifier à Cullen? Vérification pour voir si tu retrouves tes testicules après que Bella te les aies enlevés ?
J'alternai entre l'énervement et le regret de m'être enfui chez moi.
Vraiment pourquoi a-t-elle eu besoin de s'énerver autant? Tu étais juste inquiet à son sujet !
Oui, trou du cul, mais tu l'as traitée comme si elle était une enfant. Elle est adulte ! Un fait que ta bite apprécie apparemment et si tu as le moindre espoir de la connaitre intimement tu ferais mieux de te redresser ! Tu as foiré Cullen. Avoue-le. Tu as foiré magistralement.
Elle aurait au moins pu se rendre compte que je me préoccupais d'elle.
D'accord, mais tu ne penses pas qu'elle est habituée à faire ces choses elle-même ? Peut-être que tu devrais assouplir ton côté "protecteur" débile dans son ensemble. Ces choses prennent du temps. Offrir de finir le petit-déjeuner alors qu'elle se serait assise dans la cuisine pour parler avec toi, t'aurait davantage aidé à passer le cap, idiot.
Elle n'avait pas à me frapper avec la spatule. Même moi je reconnaissais que j'étais un pleurnicheur, intérieurement du moins.
C'était seulement un petit coup, gros douillet. Par ailleurs, il semblerait qu'il a fallu qu'elle te frappe pour obtenir ton attention.
Un peu de reconnaissance aurait pu être apprécié.
Quoi ? Aaah, petit Eddy veut sa maman pour un câlin et lui dire qu'il était un bon garçon ?
Je soupirai parce que même mes voix intérieures étaient sarcastiques et en désaccord.
Je n'avais plus envie de partir de chez moi. J'étais assez honnête pour admettre que j'étais inquiet de revoir Bella. A quel point était-elle en colère ? A quel point avais-je merdé? Est-ce que les garçons me détestaient de l'avoir énervée ?
Et depuis quand étais-je devenu une grosse poule mouillée pour un petit désaccord ?
Une partie de moi se rendit compte que c'était tout naturel que Bella et moi ayons des divergences d'opinion. Ça faisait partie de la vie dans une relation. Je réalisai aussi que nous ne pouvions pas ne pas avoir de disputes parce que j'avais peur que ses fils me détestent. C'était à la fois irréaliste et stupide. Je savais par Emmett et aussi par Bella qu'elle et Mac avaient eu leur quota de disputes. Ils étaient mariés, c'était donc inévitable. Qu'est-ce qui m'a fait penser qu'elle et moi ne serions pas en désaccord ? J'ai alors réalisé que je marchais sur des œufs en attendant de voir la suite. Entrer dans la peau d'un homme mort, pour ainsi dire, se révèle être un peu … difficile.
Carrément maladroit, parfois aussi.
Si Bella et moi devions avoir une vraie relation il était inévitable que A) nous discuterions et B) Les garçons seraient au courant de cela. Evidemment, cela ne signifiait pas que nous devions nous disputer devant eux, mais il était naïf de penser qu'ils ne s'apercevraient pas que Bella et moi n'étions pas d'accord sur quelque chose. Comme je l'ai dit, ils n'étaient pas stupides.
Je savais que mes parents s'aimaient – le genre d'amour profond qui devient juste plus fort au fil des décennies. Mais je savais aussi qu'ils étaient à la fois têtus et opiniâtres, ce qui avait conduit à plus d'un combat. Je ne pouvais pas me souvenir du nombre de fois où j'avais vu ma mère relever le menton et partir loin de mon père alors qu'il murmurait quelque chose du genre "Foutrement têtue" dans sa barbe.
Invariablement, quelques heures plus tard ils se câlineraient, nous embarrassant Masen et moi. Une fois que nous fûmes assez vieux, nous sûmes exactement ce qu'ils faisaient quand ils disparaissaient dans leur chambre pour une "sieste" après une dispute. Pendant longtemps, nous avons juste pensé que la dispute les fatiguait...
Donc… si je voulais avoir ce type de relation réelle avec Bella, je devais reconnaitre cela pour ce que c'était – le tout premier désaccord parmi de nombreux autres à venir. Je pouvais me recroqueviller et faire le mort, et à peu près juste lui laisser savoir que je ne discuterais pas tout ce qu'elle disait parce que j'étais une froussard. Ou… Je pourrais être moi et lui dire que je ne cherchais qu'à aider et que si elle ne pouvait pas accepter mes efforts, maladroits ou comme ils sont, alors c'était son problème.
Ou je pourrais lui dire que je ne cherchais qu'à aider et qu'elle devrait être plus compréhensive et reconnaissante. Et puis lui demander pardon.
Ouais je partais avec cette option.
Je suis un con. Je ne suis pas stupide.
Le chapitre suivant pourrait s'intituler "Monsieur l'obsédé du contrôle"
où discussion rimera avec réconciliation et autres événements ...
Merci à vous d'avoir lu, commenté, mis en alerte ou en favori
Bon dimanche!
