The bigger they are de LadyExcalibur2010


CHAPITRE 35

Ce mot en M

Pendant que les garçons mangeaient, quelqu'un frappa, Jake laissa tomber ses couverts et fut si vite à la porte que je n'eus même pas le temps de me retourner. L'enfant était rapide. Il ouvrit la porte et je vis Dewey.

Il était plus petit que moi d'une dizaine de centimètres et il paraissait avoir été professeur à l'Institut de Technologie du Massachusetts ou ailleurs. Ou peut être comptable. Mince et doux, son visage était passe-partout. Il avait ce genre de visage que vous pouviez oublier. Ce n'est que si vous regardiez dans ses yeux que vous pouviez avoir un aperçu de ce que nous avions vécu ensemble. Nous avions été dans des endroits très dangereux et il n'y avait aucun homme à qui je ferais autant confiance qu'à Dewey sauf peut-être à Jasper Whitlock. Je savais qu'il y avait beaucoup plus en Whitlock que ses manières douces le laissaient paraitre, comme Dewey, Whit était un loup sous un déguisement d'agneau. Mais pour l'instant ce loup était satisfait, et là pour me faire une faveur.

"Cullen,"' dit-il. "Ça fait sacrément longtemps. Il me tira dans une étreinte d'homme à homme, brève, les épaules seules se touchèrent et il me donna une tape dans le dos. "Tu sembles en forme, bon, comme d'habitude sans doute." Il regarda vers le bas, observant Jake. "Et toi, qui es-tu jeune homme?"

"Je suis Jake James." Il tendit sa main et Dewey la serra.

Sur ces entrefaites, Bella arriva à mes côtés et sourit à Dewey. Je vis ses yeux s'écarquiller un instant en prenant conscience des enfants autour de nous. Je lui avais un peu parlé de Bella et il savait qu'elle avait quatre fils. Mais honnêtement, les voir, et en particulier Emmett, ce géant, c'était un peu beaucoup. En premier vous étiez dépassé par leur nombre et ensuite il semblait plus nombreux et beaucoup plus bruyants que quatre.

Il me regarda et me fit un sourire en disant : "C'est la fin pour toi, mec."

Ensuite nous sortîmes pour admirer mon nouveau véhicule qui était presque aussi gros qu'un tank. Sans plaisanter lorsque Jake claqua la portière le bruit qu'elle fit était sourd, pas le genre de bruit que les autres voitures font. Il y avait deux écrans DVD qui avaient été installés après coup et un système audio sympa. Les sièges étaient en cuir et ils pourraient supporter que quatre garçons y chahutent. Je m'assis à l'intérieur de la bête et j'admis que j'aimais la sensation de ce grand véhicule. Il était gros et pour la plupart des gens inutilement gros mais Bella et ses quatre fils me fournissaient une bonne excuse. En plus comme le prix du carburant était de plus en plus élevé beaucoup de gens voulaient se débarrasser de ces véhicules énergivores et je l'avais eu pour un prix modique bien qu'il ait seulement un an et moins de seize mille kilomètres.

"C'est exactement ce que tu m'avais dit, Dew," lui dis-je.

Il roula des yeux. "Comme si je plaisantais avec toi." Je souris et hochai la tête.

Je regardai vers les garçons. "Eh bien, qui veut faire un tour?" Je regardai Dewey. "Ça t'ennuie si nous remplissons les papiers à la concession? Je lui tendis les clés de mon ancienne voiture sans regret. "Tu peux prendre ma voiture."

"Marché conclu," répondit-il.

"Je n'aurai jamais pensé voir le jour où Edward Cullen s'installerait," dit-il doucement.

Je haussai les épaules et enfonçai mes mains dans mes poches. "Quand c'est bon, et bien il faut le faire. " Il secoua la tête. "On ne peut pas lutter quand c'est le bon moment."

"Non, ça c'est sûr," acquiesça Dewey. Il avait été marié pendant dix ans et sa femme était la raison pour laquelle il n'était plus dans l'armée. Lors de notre dernière mission ensemble, Dewey avait été blessé. Ça avait été assez sérieux pour que pendant deux jours ils ne puissent pas dire à sa femme s'il allait vivre ou pas. L'ironie avait voulu que ce ne soit pas une bombe artisanale ou une balle qui avaient failli le tuer mais il s'était fait renverser par un véhicule. Un jeune conducteur arrivant directement des Etats-Unis qui avait paniqué. Le conducteur était mort et Dewey en avait été tout proche.

Sa femme Serena était arrivée à Landstuhl* juste à temps pour le voir avant qu'il ne parte en chirurgie. Ça dura quatre heures et quand ce fut fini sa femme lui dit qu'il fallait qu'il prenne une décision. Elle en avait assez.

Elle ne supportait plus la séparation ou le danger et au lieu de se disputer à ce sujet elle lui avait simplement dit que c'était elle ou l'armée. Sa blessure était assez grave pour qu'il puisse prendre une retraite médicale. Et ce fut ce qu'il fit. Il était plus intelligent qu'il n'y paraissait et comme il aimait à le dire, il avait choisi Serena. Il n'avait jamais regardé en arrière.

"J'arrête l'année prochaine," lui dis-je tout à coup. Il hocha la tête.

"C'est une bonne chose," dit-il doucement. "Elle en a besoin." Il savait au sujet de Mac. "Nous devenons trop vieux pour cette merde maintenant," murmura-t-il. "Jouer au soldat est un jeu pour les jeunes hommes." Il semblait à la fois fatigué et plein de regrets et je savais exactement comment il se sentait. C'était un travail très exigeant, quelquefois terrifiant, satisfaisant aussi mais à la fin, épuisant - spécialement en zone de guerre. La vérité c'est que nous devenions trop vieux pour toute cette merde. Ouais, J'avais un peu de regret que cette période de ma vie soit finie mais j'étais seulement soulagé.

Je lui souris. "Mais nous avons été sacrément bons, non?" Nous avions eu nos jours de gloire et nous allions pouvoir raconter nos histoires.

"Les meilleurs," convint-il. "Nous avons été les meilleurs."


Dewey avait tout préparé, il avait aligné quatre véhicules pour que Bella n'ait plus qu'à les regarder. Le plus gros n'était pas très cher à cause de la flambée des prix du carburant et je suis sûr que si elle n'avait pas eu besoin d'un si gros véhicule elle aurait choisi quelque chose de plus économique. Elle décida que ce n'était pas la peine d'aller dans un autre garage ; comme moi elle fit confiance à Dewey. C'était un homme bien. On se rendit compte qu'ils avaient été tous les deux, avec Mac, sur la même base au même moment mais ils ne se connaissaient pas. Quelquefois l'armée était un petit monde.

Elle me regarda et je lui dis de me laisser l'essayer. Je savais que ça allait être une discussion animée car elle voudrait le ramener à la maison. J'ai gardé mon énergie pour ça. Elle fut étonnamment agréable et me laissa essayer les véhicules. Elle finit par se décider pour un Suburban tout comme moi. Je pouvais déjà entendre les blagues de Masen au sujet de nos véhicules identiques.

Jake, bien sûr, pensait que c'était génial. Le leur était noir, il le surnomma la Vador-mobile. Je commençais à penser que cet enfant aurait un avenir dans la publicité et je me demandais si je devais dire à Masen que nous avions un génie en herbe sous la main.

Dewey fit un bon prix à Bella et contacta même son assurance pour s'occuper de tous les papiers. Elle n'eut rien à payer et son nouveau véhicule lui serait livré. Je l'avais suppliée de ne pas conduire pour l'instant. Je lui demandais d'attendre quelques jours ainsi elle pourrait s'habituer à son plâtre. Elle avait roulé des yeux et insisté en me disant que le docteur avait précisé que ça allait mais je fis, comme l'aurait fait Jake, mes yeux de chien battu. Je devais l'avoir bien fait puisqu'elle soupira et hocha la tête. "D'accord, grand bébé."

Je l'étreignis et l'embrassai heureux d'avoir obtenu ce que je voulais sans dispute. Jake fut un peu déçu en comprenant que nous ne prenions par la Vador-mobile avec nous mais je le rassurai en lui disant qu'elle serait devant chez lui plus tard dans la journée. Il en fut content.

Je m'étais attendu à ce que l'achat d'un nouveau véhicule soit éprouvant pour Bella. Je me souviens qu'elle avait pleuré quelques jours auparavant à cause de la perte de celui qu'ils avaient acheté avec Mac. Je l'avais vue serrer ses lèvres lorsqu'elle avait signé les papiers et je devinais que c'était la première fois qu'elle achetait un véhicule sans que Mac signe aussi les papiers. Je me souvins qu'une fois elle m'avait dit que la maison de Fayetteville était la première qu'elle achetait pour elle et combien ça lui avait fait bizarre de signer les papiers toute seule.

Pourtant, elle sembla être de bonne humeur sur le chemin du retour.

A regret j'avais dû lui dire que je voulais rentrer chez moi. Je voulais aussi passer du temps avec Kyle et Alex. Je ne voulais pas qu'ils se sentent négligés. Plus tard, nous réunirions tous les enfants mais je trouvais important de passer du temps seul avec mes neveux. Bien sûr quand ils déménageraient ici ce serait encore plus facile à organiser.

Lorsque je revins à la maison, Alyssa et Masen étaient installés dans le canapé en train de regarder un film. "Salut les gars," dis-je m'asseyant dans un fauteuil.

"Il est vivant," murmura Masen. "C'est un miracle."

"Un nouveau Suburban," dis-je en lançant les clés en l'air et en les rattrapant. Je lui souris. "Et tu ne peux pas le conduire."

Il plissa les yeux. "Quelle couleur?"

"Rouge," lui dis-je. Sa couleur préférée. "Bella en a un aussi." Mieux valait qu'il le sache de suite.

"Un suburban rouge?" demanda-t-il sceptique.

"Suburban? Ouais, rouge? Non. Le sien est noir." Je souris. "Jake a immédiatement commencé à l'appeler la Vador-mobile."

"Ce garçon est un fan de Star Wars," fit remarquer Alyssa. "J'aime ça, il a bon goût."

"Ouais, ouais," dis-je. "Je sais, d'accord?" Comme si j'avais quelque chose à voir avec ça. "Ecoutez, je pensais prendre les garçons à la cage de base-ball ou autre chose. Ça vous laisserait du temps seuls."

Masen s'assit brutalement. "Vraiment? Pour de vrai? Tu n'essaies pas juste de m'arracher les burnes?"

Je grimaçai à l'évocation de cette image. "Eh bien d'abord, je ne voudrai jamais toucher tes burnes, encore moins te les arracher," dis-je. "Et deuxièmement, je ne fais pas ça pour toi. Je le fais pour Alyssa. Alors oui... pour de vrai."

Masen se leva et fut au milieu de l'escalier avant que je puisse respirer. "Les gars! Préparez-vous! Oncle Edward vous emmène aux jeux!"

Je regardai Alyssa et sourit. "Je pense que mon frère est pressé de t'avoir pour lui tout seul."

Elle tendit sa main et dit calmement. "Je jure solennellement : même si nous faisons des choses inavouables, nous n'utiliserons ni ton lit ni tes placards..."

"Bien," je ris. "Alors où sont mes neveux?"

Je voulais sortir de la maison avant que Masen décide que j'étais trop lent. La dernière chose dont j'avais besoin c'était voir son cul nu ou pire. Heureusement les garçons arrivèrent. Ils aimèrent le nouveau véhicule et leur seul reproche fut qu'ils n'avaient pas été informés de la présence des lecteurs de DVD et qu'ils n'avaient pas pu prendre un film. Lorsque je leur dis que leur père et moi étions habitués à lire durant les longs voyages ils me regardèrent comme si une deuxième tête me poussait. Je supposai que c'était une des raisons pour lesquelles la fracture entre les générations se creusait.

Comme le bon oncle que j'étais je leur donnais suffisamment d'argent pour qu'ils puissent jouer à tout ce qu'ils voulaient. Je jouais à un contre eux deux au air hockey. Ils me battirent sans même une goutte de sueur. J'aurai aimé dire que je les avais laissé gagner mais même pas. Ils voulurent deux parts de cette merde qu'ils appellent pizza alors je leur en commandais une part à chacun. Il en voulaient deux mais je savais qu'Alissa pourrait me tuer si je ruinais complètement son repas. J'aurais voulu qu'elle soit avec moi, donc je tins bon. Il eut un petit moment de bouderie puis les garçons cédèrent - ils savaient que leur mère ne serait pas contente.

Pendant qu'ils mangeaient leur pizza allégée, Kyle leva les yeux vers moi. Il eut cette expression narquoise sur son visage. "Tu vas te marier avec Bella?"

Ça y était. Le mot en 'M' était lâché. Pas que je n'y ai jamais songé, je l'avais fait. Et je n'avais pas hyper ventilé en le faisant, ce qui était un énorme progrès. Pourtant j'étais en train d'avaler une grande gorgée de soda qui passa dans du mauvais côté et m'étouffa. Littéralement.

"Euh..." Je retrouvai enfin ma respiration. "Je euh... je ne sais pas Kyle."

"Je pense que tu devrais," dit-il solennellement. "Elle me plait. Elle est jolie et fait de bons gâteaux."

Eh bien, c'est à peu près tout ce dont un homme à besoin, non? "Tu crois?"

Alex me lança un regard spéculatif. "Si tu te maries avec elle, elle sera tante Bella, pas vrai?"

"Ouais en principe c'est comme ça que ça marche," lui répondis-je avec un sourire. Tante Bella ... j'aime cette musique. "Et que pensez-vous d'avoir une tante, les gars?"

Kyle haussa les épaules. "Une tante c'est bien mais je pense que je préfèrerai davantage une tante Bella." Oh cet enfant est dangereux. Je vis bien le regard malicieux sur son visage et j'eus tout lieu de croire qu'il répétait mot pour mot une conversation de son père qu'il avait entendue et qu'il voulait réutiliser.

"Ah oui?" J'étais amusé alors que j'aurai dû courir et crier - si mon passé était une indication. Au lieu de ça, j'étais assis là, parlant calmement de mariage et mon pouls n'avait même pas accéléré. Que diable m'était-il arrivé et pourquoi n'étais-je pas terrifié?

Kyle hocha la tête. "Bella me plait," dit-il de nouveau. Il rit et regarda dans son assiette. Je reconnus dans ses yeux les signes d'amour idiot, comme ceux d'un petit chien, et il semblerait que Kyle soit en train de les développer. "Elle est gentille avec nous. Elle nous laisse jouer aux jeux vidéo, courir dans le jardin et jouer avec l'eau pour faire des glissades." Il poussa Alex du coude. "Ce n'est pas bien?"

"Elle est gentille," répondit Alex en roulant des yeux vers moi. Les jeunes frères... semblait-il penser. Que peux-tu y faire?

"Elle est très gentille," insista Kyle.

"Oui, elle est très gentille, " convint Alex.

"Et elle est très jolie," continua Kyle.

"Elle est très jolie," dis-je.

"Alors tu vas te marier avec elle?" demanda Kyle. "Et en faire une honnête femme?"

Le soda que j'étais en train d'avaler ressortit par mon nez. Je jurais que ces enfants étaient sur le point de me tuer. "Quoi?" dis-je en essuyant mon visage. "Où as-tu entendu ça?"

Il haussa les épaules. "C'est peut-être papa qui l'a dit."

"Il a dit qu'il fallait que tu poses ton cul quelque part maintenant," répondit-il sérieusement. Ensuite il mit sa main devant sa bouche. "Oups, je ne suis pas supposé dire cul."

"Et tu viens juste de le redire," fit remarquer Alex.

"C'est papa qui l'a dit en premier," contra Kyle. "Alors ça ne compte pas."

"Oui ton père l'a dit en premier," dis-je. "Mais ça ne veut pas dire que tu doives le répéter, et si ta mère t'entend..." Je fronçai les sourcils et Kyle se tortilla sur son siège.

"Oui je sais, je vais avoir des ennuis," répliqua-t-il tristement. Il regarda vers Alex. "Tu ne vas pas lui dire?" Il pensait clairement que le maillon faible ici, c'était Alex.

Alex le laissa s'inquiéter pendant un instant puis il secoua la tête. "Non, si Oncle Edward ne dit rien."

Visiblement Masen avait pris notre arrangement à cœur et avait dit à Alex d'arrêter de m'appeler Oncle Eddie.

"Oh non je ne ferai jamais ça," rassurai-je Kyle. Il me fit un sourire de remerciement. "En fait c'est vraiment la faute de ton père, hein?"

Kyle acquiesça d'un mouvement de tête. "Ouais." Il finit sa pizza et ils retournèrent jouer tous les deux.

Le fameux mot en 'M'. Ouais.


Je ramenai les enfants à leurs parents en criant que nous étions de retour. Je ne voulais pas voir de fesses nues ou quoi que ce soit d'autre. Beurk. Mais Alyssa et Masen étaient assis innocemment dans le canapé. Oh s'il vous plait ne me dites pas qu'ils l'ont fait sur mon canapé...

Ils levèrent les yeux et nous saluèrent presque tout à fait par hasard mais je reconnus sur le visage de Masen cette expression qui me montrait qu'il avait bel et bien été satisfait. Le visage d'Alyssa était beaucoup moins expressif. Aïe bon j'ai saisi. Dégoûtant. Je n'avais pas besoin d'avoir ça dans ma tête.

Alex et Kyle commencèrent à raconter à leurs parents ce qu'ils avaient fait. J'attendais juste que Kyle en arrive à notre conversation à propos de Bella et du fameux mot en "M". Je n'eus pas à attendre longtemps.

"J'ai dit à oncle Edward qu'il pouvait épouser Bella," dit-il à sa mère. Vie. De. Merde.

Alyssa me regarda et se mit à rire. "Vraiment? Tu as fait ça? Et qu'a répondu Oncle Edward?"

Kyle s'assit et soupira. Il s'apprêtait évidemment à se lancer dans une explication détaillée de tout ce qui avait été dit. "Eh bien il a dit que s'il se mariait avec elle, elle deviendrait notre tante Bella."

"C'est vrai," répondit Alyssa. Masen était sur le point d'éclater parce qu'il se retenait de dire quelque chose. Son visage devint rouge puis violet mais je pense qu'il voulait plus rire que parler. Merci mon Dieu pour ce petit cadeau. "Elle le fera," rajouta Alyssa, en fronçant les sourcils vers Masen.

Il renifla si fort qu'un truc dur sortit par son nez. Pouah.

"Et il a dit qu'elle était vraiment jolie," continua Kyle. "Non, il a dit très jolie." Kyle me regarda. "Ce n'est pas ça , Oncle Edward?"

J'opinai, essayant de ne plus me mêler à cette conversation que j'avais induite par défaut. Je faisais semblant d'examiner mes mains.

"Et il a dit qu'il voulait en faire une honnête femme," dit Kyle avec désinvolture.

"Hey!" protestai-je. "Ce n'est pas ce que j'ai dit!" Merde! C'était Kyle qui avait à peu près mis ses mots dans ma bouche.

Alyssa me sourit. "Alors tu dis que tu ne veux pas en faire une honnête femme?"

Oh, ça va de mal en pis! Masen était sur le point de péter les plombs maintenant, je m'attendais à voir sa tête tourner autour de son cou ou quelque chose de ce genre. Il enfouit sa tête dans un coussin tout en tapant sur sa cuisse avec sa main. Honnêtement ce n'était pas si drôle que ça, si?

Je soupirai et roulai des yeux. "Je n'ai pas dit ça, Lys."

"Alors tu vas l'épouser?" insista-t-elle.

Masen commença à hurler de rire et je me demandai si les chiens du quartier allaient s'y mettre aussi. Je décidai de l'ignorer. "Lys, je n'ai pas dit ça non plus."

"Eh bien c'est une question à laquelle il faut répondre par oui ou par non, Edward. Sois tu veux l'épouser, sois tu ne veux pas. Ça ressemble à être marié. C'est comme être enceinte. C'est soit l'un soit l'autre, il n'y a pas d'intermédiaire."

Enceinte? Merde! Je suis tout juste prêt à entendre le fameux mot en M et tout à coup Lys me jette le mot en E dans l'histoire. Il y a un putain d'alphabet entier en attente là pour me faire trébucher.

Masen, lui, en attendant, essayait de reprendre le contrôle mais il n'y arrivait pas vraiment bien. Salaud. Je regarde Alyssa. "Lys, s'il te plait, s'il te plait, je t'en supplie. Peut-on parler d'autre chose?"

Elle souffla et secoua la tête. "Honnêtement Edward. Tu pensais que j'allais te demander de donner ta couille gauche à la science ou quoi?" Elle se remit sur ses pieds marmonnant à propos des hommes et de leur stupidité et de leur entêtement. "Bon, assieds-toi là et laisse-toi tabasser par des mots, grand bébé." Elle nous lança à Masen et à moi un regard dédaigneux. "Je vais prendre un bon bain là-haut et je veux pas être dérangée." Sur ce, elle s'éclipsa nous laissant tous là, la regarder partir. Les garçons jetèrent un coup d'œil à leur mère puis à leur père, à leur oncle et comme ils étaient intelligent, ils sortirent.

"Oh, oh," fit Masen finalement.

"Quoi?" je savais qu'il y avait plus que ce truc de mariage que je ne comprenais pas. "Qu'est-ce qui ne va pas?"

Masen essuya son visage. "Tu es dans la merde, grave, mec."

"Pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait?" Sérieusement, j'aurais besoin d'une pause.

Masen me regarda et secoua la tête. "Nous sommes foutus, toi et moi." Il montra la direction dans laquelle sa femme était partie. "Ma femme a décidé qu'elle aimait bien Bella, comme dans aimer vraiment beaucoup. "Je pense qu'elle la voie déjà comme sa belle-sœur." Je déglutis. "Et Dieu nous aide si tu ne te déclares pas."

"Ce n'est pas un peu trop tôt pour les fleurs et tout ce genre de merde?" lui demandai-je. Ça l'était, pas vrai?

"Pour les gars ouais," admit Masen. "Pour Alyssa, il n'est jamais trop tôt."

"C'est supposé vouloir dire quoi?" Envoie-moi une bouée de sauvetage putain, mon pote.

Masen soupira. "Alyssa a décidé que vous étiez destinés l'un à l'autre," dit-il. " Et bien qu'elle ne veuille pas intervenir, elle peut certainement te faire accepter l'inévitable plus vite."

Je n'aimais pas trop entendre parler de tout ça.

"Masen, Bella et moi nous ne connaissons pas si bien que ça," me sentis-je obligé de lui signaler. "Nous en sommes encore à essayer de nous comprendre."

"Tu prêches un convaincu, frangin, mais tu dois te rappeler que la nuit où Lyssa m'a rencontré, je sortais avec une autre femme et qu'elle a quand même appelé sa meilleure amie pour lui dire qu'elle venait de rencontrer l'homme avec lequel elle allait se marier. Il est difficile de lutter contre ce genre de détermination et d'engagement."

Je n'avais rien à ajouter alors je fermai ma bouche. Un peu trop tard.

Masen me regarda avec pitié. "Sérieusement elle ne changera pas d'avis à ce sujet. Alors prépare-toi seulement à un grand nombre de sous-entendus et de regards sournois."

"Oh, Mase..."

"Pas de ça avec moi, il n'y a absolument rien que je puisse y faire."

"Tu ne peux pas la contrôler? C'est ta femme," lui fis-je remarquer.

Il rit fort et longtemps jusqu'à ce que des larmes coulent sur ses joues. "Oh mec, tu as tellement à apprendre, grand frère, tellement..." Il secoua sa tête et son expression devint solennelle. "Mais sérieusement, ne dis jamais ça quand tu es entouré de femmes. Jamais. Jure-le-moi."

Je roulai des yeux mais je savais que j'avais compris son conseil.

Ensuite la sonnette retentit et une part de moi savait que ce n'était pas bon. J'allai à la porte et l'ouvrit, sachant déjà ce - ou plutôt qui - j'allais y trouver.

"Que fais-tu là?" lui demandai-je avant de pouvoir y réfléchir. Puis je me corrigeai. "Hey maman," dis-je plus poliment en l'étreignant. "Salut papa."

J'avais raison. Je ne pourrais pas faire de pause.

...

*Landstuhl : en Allemagne, hôpital militaire américain où sont amenés les soldats blessés.


Et non pas de pause pour ce pauvre Edward toute sa famille est là ...

Sortie en famille?

Toujours merci!