Ces petits riens
Note: Voilà un nouveau chapitre ! Je crois que j'ai jamais rien écrit d'aussi dégoulinant de niaisitude, mais on va dire que c'est la St-Valentin donc ça passe :33
Bien sûr, tout ceci est de la FICTION, je ne connais pas leur vie privée ! Je m'amuse juste à interpréter les petits détails !
Cette fic a été inspirée, comme le titre l'indique, par la chanson de Jean-Louis Aubert, "Les petits riens", jetez y un coup d'oeil :p
Bonne St-Valentin, enjoy :3
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L'amour. L'amour avec un grand A. On l'avait bassiné avec ça toute son enfance. Tout le monde en parlait avec un sourire énigmatique aux lèvres ou bien avec une pointe d'amertume dans la voix. Il avait vu le mot traîner dans toutes les bouches, illuminer des visages, inonder des regards, dans les films, dans les chansons, aux coins des rues… Il avait été curieux de le rencontrer à son tour, cet amour dont tout le monde parlait, qui semblait faire tourner la terre. Enfant, il pensait que c'était comme dans les films: passionné, tourmenté, intense, chaotique. Il avait vite déchanté, ado, et avait mis longtemps à le comprendre, l'apprivoiser. Il s'était d'abord tourné vers les femmes comme on lui avait appris et il lui avait fallu de longs mois de doutes avant d'accepter que son coeur balançait davantage vers les hommes. Il avait donc avancé à tâtons, cherchant à s'accepter et à connaître ce fameux sentiment qu'était l'amour. Après quelques vacillements, il avait fini par le connaître cet amour, ou, du moins il avait cru le connaître, entre les bras de certains de ses amants. Mais ce n'était pas comme dans les films, c'était parfois très tendre, très doux mais surtout très prise de tête, très contraignant et ça faisait mal parfois. C'était l'amour qui l'avait poussé à ériger des murs autour de lui, pour se protéger, pour cloisonner les émotions et les secrets. Il pensait que c'était ça l'amour. Au début, c'était amusant, réconfortant, puis au final avec son boulot qui lui prenait tout son temps, ce n'était plus devenu indispensable. Ils finissaient toujours par s'en aller avec un soupir résigné. Il s'en sortait très bien tout seul. Il était indépendant, sans contraintes, sans obligations et sans comptes à rendre. L'amour, il pouvait vivre sans. Tout le monde peut vivre sans avoir sans arrêt quelqu'un collé à ses basques, envahissant son quotidien et l'asphyxiant. Yann avait donc pris la décision de le laisser de côté. Puis Martin était arrivé. Avec lui, c'était différent. Ce n'était pas comme dans les films. Avec Martin, c'était spécial. Ils ne savaient pas s'ils s'aimaient comme les autres, mais à vrai dire ils s'en foutaient. Là où il avait construit des barrières pour masquer ses doutes et ses secrets, les murs tombaient un à un, Martin s'acharnait calmement dessus jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Ce n'était plus une contrainte, une colère, c'était tellement plus. Ce n'était pas quelque chose de définissable, de stable, c'était une explosion de pleins de choses différentes: une tendresse infinie, une complicité espiègle, une passion ardente, une jalousie sans merci, une peur du vide irrépressible. Yann était sur des montagnes russes émotionnelles avec Martin et ce même quand un océan les séparait. Les doutes s'effaçaient et ils retrouvaient leurs moments, leur quotidien, leurs rituels, tout leur amour qu'ils auraient voulu cracher à la face du monde impunément. Il avait toujours pensé que l'amour était fait de grandes choses, de chaos de baisers passionnés sous la pluie, de sanglots déchirés et de tourments… Il avait appris qu'au contraire, l'amour naissait des petits détails, dans les petits riens qui faisaient les grands moments. Il y avait parfois eu des tourments, des sanglots mais tout le reste résidait dans la simplicité de leur quotidien secret, dans les petits détails qui s'échappaient discrètement de leurs coeurs sans qu'ils puissent les retenir, leur amour explosait à chaque moment, à chaque geste. Des petits riens. Des milliers de petits riens. Un briquet demandé dans un murmure, une cigarette sur un toit, des sourires timides… Tout commençait dans les détails. Yann vivait pour ces petits détails: pour la voix tendre de Martin au téléphone à l'autre bout du monde, pour les rougeurs sur ses joues quand il lui disait « You're special » ou « Tu es mon héros » , pour ses SMS inquiets et taquins quand il avait la grippe, pour ses bises en direct un peu trop appuyées pour être simplement amicales, pour ses sourires quand ils se taquinaient, pour leurs chamailleries sur instagram, pour ses frissons quand il passait sa main dans ses cheveux, blottis l'un contre l'autre sur le canapé, pour sa façon de se mordre les lèvres par gêne ou provocation, pour leurs doigts étroitement entrelacés sur l'oreiller, pour son regard de braise de l'autre côté de la table, pour ses piques jalouses quand on s'approchait un peu trop près de lui, pour les retrouvailles passionnées dans son bureau, pour ses post-it qu'il semait chez lui et dans son bureau, pour les clavicules tentantes de Martin révélées par sa chemise entrouverte, pour les regards en coins durant les lives, pour ses petits cadeaux de retour, pour les danses gênantes auxquelles ils se livraient, pour les soirées sushis devant une mauvaise comédie romantique, pour les mots doux murmurés à voix basse dans l'intimité de leur chambre, pour ses adorables gloussements dans son oreillette, pour ses baisers sensuels le long de sa mâchoire, pour leurs débats animés autour d'un diner, pour leurs tendances bordéliques respectives, pour ses larmes sur son épaule quand Paris était à feu et à sang, pour les clins d'oeil de leur entourage, pour les caresses sur son épaule, pour ses sourires tendres, pour ses répliques piquantes, pour sa façon de prononcer son prénom, pour sa façon de le regarder intensément et de lui dire « Je t'aime » … Des milliers de détails qui les liaient l'un avec l'autre, sans possibilité de retour. Yann sourit en repensant à tout ça. Il comprenait enfin ce que « amour » voulait dire. Il n'était pas fait pour être écrit en lettres capitales dans le ciel, mais pour être griffonné sur un post-it froissé. Il avait mis du temps à le comprendre. Il le savait maintenant et il ne laisserait jamais s'échapper le moindre petit rien.
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