THE BIGGER THEY ARE de LadyExcalibur2010

CHAPITRE 42

Une rencontre surprenante

Bella ouvrit la porte et me sourit. Elle se rapprocha. "Tu sais que je t'aime n'est-ce pas?" Mon cœur commença à faire autant de bruit que les pieds des enfants lorsqu'ils dévalaient l'escalier. "Mais ça ne veut pas dire que nous allons nous mettre nus dans cette douche pas vrai," m'avertit-elle, mi-sérieuse, mi-taquine.

"Je sais," la rassurai-je. Et oui, je le savais. Cela ne nous empêcha pas, ma bite et moi de bouder. Nous avions de beaux rêves, ma bite et moi.

Nous avions rêvé. Le grand rêve impossible où nous étions mouillés. Et c'était boooon.

Bon j'avoue que je boudais un peu lorsque Bella me fit entrer dans la salle de bain. "Il y a du shampoing et tout ce qu'il faut là," dit-elle avec désinvolture. "Je vais chercher quelques vêtements dans la chambre d'Emmett." Elle me regarda à nouveau et cette fois-ci je me rendis compte qu'elle était nerveuse. "D'accord?"

Très bien, il est temps de cesser de rêver alors. Bella semblait mal à l'aise, probablement parce que les garçons étaient en bas et que mes hormones lui envoyaient "Je voudrai tellement le faire sous la douche!" Je lui fis un chaste baiser et me retournai. Je vis ses épaules se détendre.

"Merci," dis-je simplement. "Je te suis très reconnaissant de ne pas avoir à mariner dans cette mauvaise odeur de chien sale."

Elle sourit et se mit sur la pointe des pieds pour déposer un baiser plus long sur ma bouche. C'était un merci silencieux pour ma compréhension. Je lui souris une fois de plus et me dirigeai vers la salle de bain avant que ma queue n'explose. Ça l'aurait bouleversée. Et je sais que ça m'aurait contrarié aussi.

J'enlevai mes vêtements sales et puants le chien et j'ouvris l'eau. Bella l'avait installée ou elle était déjà là mais cette douche possédait un énorme pommeau et le jet d'eau qu'elle délivrait était fort. Je pouvais presque sentir que ça me faisait mal aux muscles. Je fis un pas en dessous en soupirant de soulagement.

Oh. Mon. Dieu. Ça faisait tellement de bien.

Je fis rouler mes épaules et fermai les yeux, laissant l'eau chaude me détendre, chasser la douleur et la fatigue. Si je ne l'avais pas aimé avant ça, je pense que je serais tombé amoureux à cause de cette putain de douche. Il m'en fallait une. J'allais en avoir une. Peut-être demain lorsque je prendrai Jake avec moi je pourrais m'arrêter au magasin pour en acheter une. Je pourrai l'installer demain soir.

Oh oui, c'est exactement ce que je ferai.

J'attrapai le shampoing de Bella. Je le sentis. Légèrement parfumé à la vanille et quelque chose d'autre qui sentait comme elle. Ce n'était pas la cannelle que je lui associais mais c'était délicieux. Elle sentait mes odeurs préférées. Ce qui réveilla ma bite une fois encore.

Je l'ignorai. Il n'était absolument pas question que je fasse ça dans la douche de Bella. Ça ne me paraissait ... pas bien. Pas question. Ma bite palpitait. Je n'étais pas une sorte de bête, je pouvais y faire face, non? Ma bite voulait me persuader que nous étions exactement cette sorte de bête.

Je me dépêchai de finir de me doucher avant que la tentation devienne vraiment trop forte. Il n'y avait pas moyen que je puisse me retrouver face à Bella si je me soulageais dans sa douche. Ce n'était pas de bonnes manières. Je sortis et attrapai une serviette. Je sentis de nouveau. Ça sentait le propre, cette odeur de printemps imprégnait tous ses vêtements. J'aimais beaucoup ça. La serviette était moelleuse et douce, évidemment un petit plaisir qu'elle s'accordait. Je me demandais si ses draps sentaient aussi bon.

Dieu j'espérais le découvrir bientôt.

J'enroulai la serviette autour de ma taille et entrai dans la chambre de Bella. Elle devait avoir posé les vêtements quelque part, ne voulant pas me déranger sous la douche. Tu vois pourquoi ce n'était pas une bonne idée de se masturber sous la douche de sa petite-amie? dis-je à ma bite. Elle aurait pu entrer et imagine combien ça aurait été embarrassant? Ma queue s'en foutait et me traita de mauviette.

Je cherchai les vêtements lorsque la porte s'ouvrit et Bella entra, sans faire attention à moi mais inspectant quelque chose sur le tee-shirt entre ses mains. Quand elle referma la porte derrière elle, elle leva les yeux et ils s'écarquillèrent. Visiblement j'avais fini plus tôt que ce qu'elle avait prévu. C'est ce qui arrive quand on ne fait pas ce qu'on aurait dû faire : les ennuis arrivent plus rapidement.

Nous nous fixâmes un moment. Puis ses yeux quittèrent mon visage pour mon torse, mon ventre et puis ils suivirent la serviette au niveau de mes hanches. Ils restèrent là un moment puis ils descendirent de nouveau. Plus bas.

Ensuite elle lécha ses lèvres et je fus perdu. Ma bite commença à lisser ses plumes pour elle faisant une flexion peu virile pour la divertir.

Après un instant ses yeux continuèrent leur descente sur mes jambes puis vers mes pieds. Je supposai qu'elle voulait jeter un autre coup d'œil à la chose intéressante puisque ses yeux bruns attaquèrent la remontée. Genoux. Cuisse. Queue. Oui, la queue. Elle se mordit la lèvre inférieure.

Et ma bite répondit une fois de plus. Elle poussa un petit soupir et me regarda rapidement avec un sourire triste. "Bon Dieu qu'est-ce que tu es joli," souffla-t-elle.

Je ris parce qu'il y avait quelque chose de drôle dans le fait que cette femme me qualifie de joli. J'aurai pu être contrarié. Les hommes ne sont pas jolis. Ils sont bien faits ou beaux. Mais je me contenterai de 'joli' tous les jours si c'était elle qui me le disait.

J'aimais le fait qu'elle ne soit pas gênée d'être surprise en train de me mater. En fait, ses yeux balayaient mon torse de nouveau me montrant qu'elle m'appréciait. C'était une bonne chose que je sois de l'autre côté de la chambre ou j'aurais pu me frotter contre sa jambe ou faire autre chose d'une façon tout à fait inappropriée.

"Euh, voilà quelques vêtements," dit-elle finalement en me les tendant. "Ils sont propres et devraient t'aller."

"Merci," lui dis-je. Evidemment ma voix était rauque. Grizzly Adams était de retour.

"Je vais les poser sur la commode," offrit-elle. C'était probablement la meilleure chose à faire, elle ne voulait pas passer à portée de mes bras. Je l'aurai sans doute attrapée et fait de vilaines choses avec elle. Et les garçons étaient en bas.

Les garçons sont en bas, ma grosse. D'ACCORD, en bas et il peuvent monter à tout moment. Est-ce que tu m'entends? A tout moment?

Ma bite n'était toujours pas convaincue parce que eh bien, c'est une abrutie. Trop occupée à être contente d'elle-même parce que je l'avais appelée grosse.

Bella se lécha les lèvres une dernière fois - elle voulait vraiment me tuer - et posa les choses sur la commode avant de faire demi-tour et d'ouvrir la porte si vite qu'elle aurait pu s'assommer. La porte se referma avant que j'ai pu dire quoi que ce soit.


Avant de descendre je me rendis dans la salle de bain des garçons et le chaos qui y régnait m'incita à prendre une décision radicale. Etre un adulte et travailler me donnait la possibilité de payer des gens pour faire ce que je ne voulais pas faire. Comme nettoyer la salle de bain. Emmett me devait encore deux jours de travail et que je sois damné si je ne tirais pas avantage de cette situation. Ça valait bien chaque centime des trente dollars que je lui payais d'habitude pour faire ce travail particulier. De plus je me sentais raide et courbaturé et je n'avais aucune envie de m'agenouiller et de récurer la baignoire.

Lorsque j'arrivais dans le salon Emily était enroulée près du canapé et Sam était assis près d'elle. Je ne pense pas que ses mains aient quitté sa fourrure et il semblait prêter attention à ce qu'Emmett et Seth étaient en train de faire. En y regardant de plus près je vis qu'ils jouaient à la bataille navale. Enfin un jeu que je connaissais. Toutefois celui-ci avait des effets sonores. Je suppose que quelqu'un l'avait améliorée durant la décennie. Pourtant les règles de base du jeu paraissaient être les mêmes.

Em était en train de mettre une raclée à Seth. Je veux dire : il était en train de gagner.

"Hey Em?" demandai-je en m'asseyant sur le canapé à côté de Bella.

Il leva la tête. "Ouais?" Je pouvais dire qu'il était accaparé par les navires sur sa grille.

"Est-ce que tu sais combien de jours de travail tu me dois encore?"

Il sourit. "Plus que deux. Je compte."

"Ouais et la salle de bain là haut est ..." J'en frémis. "Bon tu sais à quoi elle ressemble après avoir lavé Emily."

"J'y vais" dit-il avec un clin d'œil et en se mettant debout. "Et ça comptera comment?" Ses yeux brillaient comme s'il se préparait à conclure un accord.

"Le même montant que pour un jour de travail complet," lui répondis-je et il hocha la tête avec satisfaction.

"Ça me parait assez juste," répondit-il. Il regarda Seth et lui proposa. "Je partage l'argent avec toi si tu m'aides." Il me regarda. "Je suppose que je devrais une demi-journée supplémentaire."

"Je te dirai," offris-je. "Occupe-toi de ça et je considérerai que c'est bon. Tu ne me devras plus qu'un jour. Je paierai n'importe quoi pour arranger cette catastrophe." Je lui lançai un regard sévère. "Mais ça doit passer l'inspection de ta mère, alors pas de précipitation sinon le marché ne tient plus. C'est clair?"

"Compris," répondit-il et il fit un signe du menton à son frère.

Seth sauta sur ses pieds et le jeu fut oublié. Bella les regarda se précipiter en haut et se tourna vers moi. "Tu viens juste de leur proposer de les payer pour qu'ils nettoient leur propre salle de bain?" Je ne pouvais pas deviner au ton de sa question à quoi elle pensait.

"Bon, je n'aurais pas dû," dis-je prudemment. "Mais ce sont des circonstances spéciales. Miss Emily ici présente était vraiment très, très sale." Elle remua la queue dans son demi-sommeil, elle semblait avoir intégré rapidement que c'était son nom. "Et je suis paresseux et courbaturé et je me fais vieux." Je lui souris. "Je peux appeler ça une utilisation rationnelle de toutes les ressources."

Elle rit. "Je peux t'accorder ça, Cullen. Tu es plus malin qu'il n'y parait."

"C'est ce qu'ils me disent, Colonel Futée, c'est ce qu'ils me disent."


Plus tard les enfants étaient au lit et endormis. L'excitation due au chien les avaient crevés. Bella m'informa qu'Emily dormait sur le lit de Sam en essayant de se faire la plus discrète possible. Elle avait remué la queue coupablement à Bella puis elle avait fermé les yeux en faisant semblant de ne pas l'avoir vue. "Bon je suppose qu'Emily dort dans le lit de Sam pour de bon, hein?"

Elle roula des yeux et s'assit dans le canapé me tirant près d'elle. "Je pense que oui," murmura-t-elle, ses mains se déplaçaient jusqu'à ma poitrine. Pas de boutons à défaire mais elle faisait du bon boulot pour écarter le tee-shirt. Elle fit le tour de l'un de mes mamelons du bout des doigts, tout en légèreté, mais pas tout à fait, ça me titillait. J'étais partagé entre mettre ma main sur la sienne soit pour l'arrêter soit pour la guider dans sa torture ou juste la laisser faire comme bon lui semblait. Je décidai de la laisser choisir puisque de toute façon ça me faisait du bien.

Je poussai un soupir qui ressemblait plutôt à un grognement comme elle continuait sa douce torture. Un mamelon puis l'autre en aller-retour, plusieurs fois jusqu'à ce que je me sente tendu comme du titane dans mon short de sport emprunté. Est-ce que c'est moralement répréhensible de bander dans le short de son fils? Probablement.

Finalement j'étais incapable de réfléchir plus avant à cette question à cause de ses mains. Oh putain ses mains!

Elles descendirent de ma poitrine. J'étais presque certain de pouvoir entendre les anges chanter "Alléluia" ou quelque chose de ce genre quand ses lèvres et sa langue commencèrent à suivre le chemin de ses mains. La façon dont elle m'avait plaqué contre le canapé... j'étais incapable de faire autre chose que de lui donner des petites caresses rapides lorsque l'occasion se présentait. Ses cheveux, ses joues, la courbe de sa taille, le doux galbe de ses fesses - l'un de mes endroits préférés - mais lorsqu'elle bougeait je n'y avais plus accès.

La sensation de ses cheveux doux et soyeux sur ma poitrine et mon ventre sur lequel elle déposait de tendres baisers, me donnait envie de la retourner sur le canapé et de m'enfouir en elle. Par l'enfer, si je pouvais la retourner, je me considèrerais comme un homme chanceux. Oh dieu je le voulais. Peu importe ce qu'il faudrait faire, putain, pour être en elle. Elle me pinça juste au-dessous du nombril comme si elle avait lu dans mes pensées.

Ma diablesse de tentatrice ninja.

Puis ses mains passèrent sous l'élastique de mon short. Encore plus céleste, le chant venu d'en haut ... ou plutôt d'en bas maintenant. Que pouvais-je dire en ce moment? Putain oui. Elle n'était que taquineries. Faisant des cercles, caressant plus bas et repoussant le short vers l'endroit où je voulais qu'elle me touche le plus. "Bella..." Ma voix était rauque et suppliante et ça la fit juste rire doucement. Elle glissa sur le canapé et s'agenouilla près de moi, ce qui lui donna — ALLELUIA — un accès plus facile à la meilleure part de moi-même.

Mes mains se posèrent dans ses cheveux et j'enroulai quelques mèches autour de mes doigts. "Baby..." dis-je d'une voix enrouée.

Elle m'ignora et repoussa le short vers le bas. Ma queue sortit comme un diable de sa boite et fut très près de lui crever un œil. Ou c'est peut-être ce que j'ai aimé penser.

Elle me regarda avec une expression innocente, comme si elle ne s'était pas rendue compte que c'était sa langue qui léchait mon gland. "Putain de merde."

Je sentis ses doigts me tirer quelques poils des cuisses. Je n'étais pas sûr si elle voulait me faire taire ou au contraire m'encourager à dire des cochoncetés. Je décidais de poursuivre donc puisque j'aimais ça moi aussi.

"Oh baby..." sifflai-je lorsque sa langue râpa ma longueur de haut en bas. "Putain qu'est-ce que ça fait du bien."

L'une de ses mains commença à soupeser doucement mes testicules, un toucher si léger que c'était comme s'il n'y en avait pas. La conséquence fut que je me mis à gémir, à trembler et à palpiter. C'est ce que provoquait la tension sexuelle chez l'homme. Ma tentatrice ninja pouvait me faire une petite gâterie ça c'était sûr et certain. Pendant qu'une de ses mains me torturait en bas, l'autre glissa le long de mon torse et malmena mes mamelons, tirant, écrasant, pinçant, caressant. Elle avait mis en place un modèle simple qui faisait monter mon orgasme de ce qui semblait être mes pieds jusqu'à ma bite.

Lécher. Sucer. Taquiner le gland. Lécher. Sucer. Elle me torturait et je transpirais. Elle taquinait et je jurais. Elle touchait et je grognais. Me travaillant, faisant monter mon orgasme jusqu'à ce que je sois prêt ... ou pas. Puis elle enfonça sa bouche pour que je lui chatouille le fond de la gorge pendant un moment émoustillant. Elle grogna au même moment et c'était tout ce qu'il fallait. J'eus juste le temps d'aboyer un avertissement et je palpitai dans sa bouche. Ses doigts pincèrent mon mamelon gauche durement en même temps que son autre main tira légèrement sur mes couilles. La sensation de sa bouche, la vibration de son grognement et la combinaison de ses touchers doux et acharnés me firent trembler, transpirer et râler encore et encore.

Après un long moment elle s'assit sur ses talons et me fixa avec satisfaction. Que je sois damné si ma petite tentatrice ninja ne paraissait pas satisfaite d'elle-même. Je gémis et la pris sur moi l'embrassant durement et intensément pendant que mes mains la saisissaient par les fesses.

"Ce n'est pas du temps nus," dit-elle finalement. "Mais je pense que tu en as en quand même bien profité."

Je ne pus rien faire d'autre que grogner à ce moment-là et elle rit, laissant tomber sa tête contre mon torse. "Laisse-moi juste une minute et je te rendrai la pareille," murmurai-je.

Elle grommela et enfouit son visage dans ma poitrine. "Euh ouais, je vais garder le ticket pour une prochaine fois." Elle semblait gênée et je lui fis lever le menton pour pouvoir la regarder dans les yeux.

"Il y a un problème?"

"Rien," insista-t-elle. "Je ... peux, euh, tu m'en devras une?"

Je l'observai attentivement. "D'accord," dis-je. "Je peux demander pourquoi?"

Elle tritura sa lèvre pendant une minute. "Tu ne veux pas juste laisser tomber?" Elle était très ennuyée.

"Je devrais pouvoir," taquinai-je. "Mais c'est si rare de te voir hésiter à propos de quelque chose. Alors ça me rend curieux."

Elle roula des yeux et ensuite les baissa. "Eh bien ce n'est pas la bonne période du mois pour me retourner mes faveurs."

Oh. Voilà qui expliquait tout. Je ris et l'embrassai. "Considère donc que je te suis redevable. "

Elle sourit, sa bonne humeur retrouvée. "Merci," dit-elle. Mais je t'aurais remercié davantage si tu ne m'avais pas forcé à te l'avouer."

"Me pardonneras-tu si je t'amène du chocolat demain?"

"Peut-être," dit-elle. "Tout dépendra de quelle sorte de chocolat il s'agit."


Le lendemain matin j'arrivais chez Bella de bonne heure. Je voulais trouver Jake tout seul et je savais que je ferai mieux de tenir ma promesse. Je ne voulais pas risquer de me mettre Jake à dos. Il m'ouvrit la porte comme il le faisait toujours. Il me sourit, clairement heureux d'être le premier debout.

"Hey toi," dis-je. Ebouriffement. Froncement de sourcil. Remise en place. Voilà.

"Hey," dit-il en s'emparant de ma main et en me tirant à l'intérieur. Je suppose que je me déplaçai trop lentement pour lui. "Maman a fait le café," il se pencha vers moi. "Ce n'est que sa première tasse," m'avertit-il.

Je hochai la tête. Je devais faire attention.

Elle me regarda et sourit. En quelque sorte. Ensuite elle prit une autre gorgée de café et ferma les yeux peut-être en essayant de se concentrer sur la journée qui commençait. Je m'assis tranquillement avec Jake pendant qu'elle finit de boire et de se servir une deuxième tasse. Je pouvais la voir se réveiller pendant qu'elle buvait celle-là. Enfin quand elle en fut à la moitié, elle ouvrit grand les yeux et me fit un vrai sourire. "Alors les gars, qu'allez-vous faire aujourd'hui?"

Je regardai Jake. "Je ne sais pas. Qu'allons-nous faire aujourd'hui?"

Il pinça les lèvres. "On pourrait aller à Craker Barrel* pour petit-déjeuner," suggéra-t-il. "Puis... au magasin de jouets."

"Je pense que c'est une bonne idée," convins-je.

"Le magasin de jouets n'ouvre pas avant dix heures," lui rappela Bella.

"On pourrait manger le petit-déjeuner puis aller faire un tour au parc en attendant que le magasin ouvre?" dis-je.

Jake sourit et se leva de son siège. "Je vais me préparer!"

Bella secoua la tête avec indulgence en regardant Jake grimper l'escalier. "Promets-moi qu'il mangera des protéines avec le pain perdu et les tonnes de sirop parce que je sais ce qu'il va commander."

"Je jure solennellement qu'il en sera ainsi," lui promis-je en levant ma main comme un bon scout.

Elle roula les yeux et s'approcha pour m'embrasser sur les lèvres. "Tu es bon avec eux," dit-elle en s'écartant.

"Ils sont bon avec moi," répondis-je avec le sourire. "Donc ça marche."

"Demain c'est dimanche," dit-elle. "Je pensai que nous pourrions faire un pique-nique ou quelque chose avant que l'enfer ne commence." Je la regardai perplexe. "L'enfer... tu sais... travail...école... rendez-vous." Elle haussa les épaules. "L'enfer." Puis elle soupira. "Ou voudrais-tu juste jouer ici et rester affalé toute la journée."

"Ça me parait être une bonne idée," dis-je.

Puis Jake fut là, habillé d'un tee-shirt Star Wars avec Dark Vador bien sûr et la prophétie des "Sith Happens". Ce gamin était vraiment unique en son genre.

Quelques minutes plus tard Jake et moi étions en route pour le Cracker Barrel. Il me dit qu'il allait finalement pouvoir jouer avec le jeu du solitaire en triangle de bois qu'ils gardent sur les tables là-bas. Apparemment Sam avait résolu ce problème du premier coup et ce succès rapide avait rongé Jake. J'essayai de lui faire comprendre que Sam était en quelque sorte hors concours quand il s'agissait de ce genre de choses. "Je ne pourrai jamais arriver à moins de quatre pions," lui dis-je.

Il rit de moi mais j'espérai que maintenant même s'il n'arrivait pas à gagner il serait satisfait de ne laisser que quatre pions. Je l'espérai vraiment. Nous arrivâmes au restaurant et l'hôtesse sourit à Jake comme s'il était la chose la plus mignonne qu'elle ait jamais vue. Ou peut-être pensait-elle que nous étions tous les deux 'la chose' la plus mignonne qu'elle ait jamais vue. Quoi qu'il en soit, sa gentillesse n'avait pas de limites.

Il parcourut le menu comme s'il n'avait pas pris sa décision. Puis il me regarda et hocha la tête. "Du pain perdu," dit-il fermement.

"Quel bon choix", répondis-je. "Bacon?" Je me souvenais de ma promesse à Bella. Protéine. L'enfant avait besoin de nourrir ses muscles et si Emmett était une indication, il avait vraiment besoin d'autre chose que d'oxygène pour faire grossir ses futurs muscles de géant.

"Non," dit Jake, en secouant la tête. "Je ne veux pas que mes fesses deviennent trop grosses pour mon pantalon."

Je faillis recracher mon café chaud. "Quoi?" demandai-je après m'être essuyé.

Il hocha la tête sagement. "J'ai entendu grand-mère le dire."

Je savais que ma curiosité me conduirait en enfer mais je ne pus m'en empêcher. "Et qu'a-t-elle dit?" Je me promis d'utiliser ça à bon escient.

Il haussa les épaules, son attention était déjà retournée vers le triangle en bois. Ça avançait bien pour le moment. Je me demandai si je pouvais supprimer un pion mais je dis que ce serait comme lui mentir. En plus je risquai de me faire prendre. "Elle a dit que lorsqu'elle mangeait trop de bacon ses fesses ne rentraient plus dans son pantalon."

"Oh," que pouvais-je bien dire pour répondre à ça?

"Alors que penserais-tu de quelques saucisses?"

"D'accord," dit-il gentiment. "Elle n'a rien dit à propos des saucisses."

Je dus serrer mes lèvres pour m'empêcher de rire. Ses sourcils noirs s'étaient rapprochés car il était concentré sur le triangle en bois. Il fit comme Bella et commença à mâchouiller sa lèvre. Il leva les yeux pour me voir le regarder et il sourit. "Je vais y arriver," dit-il.

"Je pense que tu peux."

Je donnai notre commande à la serveuse, qui avait dix ans de plus que ma mère et qui pensait toujours que Jake était adorable. Elle ébouriffa ses cheveux, ce qui me valut un long regard exaspéré de Jake. Il ne fut pas désagréable et la laissa s'éloigner avant de remettre ses cheveux en place. Je bus un peu de café pour cacher mon amusement.

Nous attendions notre petit-déjeuner lorsque soudain j'entendis quelqu'un m'appeler. Je me tournai pour voir une personne complètement inattendue. Je me levai, les bonnes manières que ma mère m'avait inculquées me firent me lever et je savais que j'étais bouche bée. Jake se leva aussi.

"Lilith?" demandai-je en l'étreignant sans plus réfléchir.

Elle paraissait bien ... différente. "Edward," dit-elle aimablement. Puis ses yeux se tournèrent vers Jake. Il lui fit un sourire et ça le rendit d'autant plus adorable qu'il s'appliqua à sourire encore plus. "Lilith voici Jake, le fils de ma petite-amie." Le mot en P sortit tout seul, encore une autre lettre de l'alphabet qui avait changé ma vie.

Je fus étonné qu'elle lui serre la main gentiment et qu'elle lui fasse un vrai sourire. La Lilith que j'avais connue n'aimait pas vraiment les enfants peut-être tout simplement parce qu'elle ne savait pas quoi faire avec eux. Je connaissais ce sentiment.

Ce qui me surprit c'est que je sentis Jake se tendre et se serrer contre moi. Il leva la main et s'empara de la mienne en la serrant fort. Si je ne le connaissais pas mieux j'aurais pu dire qu'il était jaloux.

"Edward, ça me fait plaisir de te revoir," dit Lilith avec un grand sourire. "Tu as l'air en pleine forme et très heureux."

Je hochai la tête. "Merci mais toi aussi." Et c'était vrai. Ses yeux étaient plus chauds et son sourire plus doux. Elle semblait heureuse.

Elle regarda vers Jake. Il la fixait toujours avec méfiance. "Je connais Edward depuis longtemps, tu sais," lui dit-elle simplement.

"Tu le connais depuis qu'il était petit?"

Lilith sourit légèrement. "En quelque sorte." Ses yeux revinrent vers moi. "Je pense que nous avons grandi tous les deux depuis." Il y avait beaucoup de non-dits dans cette réponse mais je ne pouvais pas être en désaccord avec ça.

"C'est vrai," admis-je.

"Mon mari est en train de garer la voiture," expliqua-t-elle. Je sentis Jake se détendre à coté de moi. Hum ... hum intéressant. "Je suis très contente d'être tombée sur toi. J'aimerai te présenter Mark." Elle fit un grand sourire et je pensai que ça devait lui faire mal.

Jake se détendit complètement et sa prise se desserra mais il ne lâcha pas ma main.

J'avais quelques idées au sujet de ce à quoi ce Mark pouvait ressembler. Evidemment, et comme d'habitude, mes idées étaient fausses. Il était petit et grassouillet, avait des poils et des tatouages qui couraient sur ses deux bras. Jamais, même en un million d'années, je n'aurai imaginé qu'un tel homme puisse être avec Lilith. Je pouvais voir du cambouis sous ses ongles et je sus qu'il devait travailler dur pour gagner sa vie, probablement sur des moteurs. Les coupures et les callosités sur ses mains m'apprenaient la même chose. Peu importe ce qu'il faisait pour vivre mais c'était sûr, il n'était pas médecin.

"Mark, voici Edward Cullen," dit-elle. "Edward, c'est mon mari, Mark." Le regard qu'ils échangèrent était presque comique car il était empli d'amour et de respect et que ça me fit sentir comme un intrus.

"Bonjour Edward," dit-il aimablement. Il enroula son bras autour de Lilith. "Donc tu connais ma femme depuis longtemps non?"

"Oui," répondis-je. Les yeux de Jake allaient et venaient entre Lilith et Mark puis moi, ça l'amusait. "Nos familles étaient de veilles amies."

"Comment vont tes parents?" demanda-t-elle.

"Ils vont bien," dis-je. "Masen est marié et il a deux fils." Les parents de Lilith avaient déménagé à Chicago lorsque nos routes s'étaient séparées. Petit à petit nos parents respectifs s'étaient éloignés. Je suppose que ça avait dû être un peu étrange au début et j'en étais désolé.

"C'est merveilleux mais c'est difficile d'imaginer Masen avec une famille," dit-elle en riant.

"Oui c'est ce qui arrive aux meilleurs d'entre nous," dis-je. Je ne pus m'empêcher de lancer cette idée. Ma main se posa sur l'épaule de Jake.

"Mark et moi avons une fille, elle a huit ans," dit-elle. Ah ceci expliquait qu'elle était à l'aise avec les enfants. Et sa fille avait exactement le même âge que Jake. "Elle est dans un camp de vacances avec les pom-pom girls." Mark en était très content et de toute évidence il était un père très fier. Je commençais à me familiariser avec ce sentiment.

"Elle est aussi belle que sa maman," rajouta-t-il et ça fit rigoler Lilith. Ça me paraissait étrange de la voir comme ça, visiblement l'amour avait fait des miracles et j'étais vraiment heureux, très heureux pour elle. "Bien sûr elle n'a que huit ans et je ne suis pas sûr de ce que j'en penserai lorsqu'elle en aura seize," admit-il avec un haussement d'épaules. Elle lui donna un coup de coude et roula des yeux. Etrangement ça me rappela Bella.

"Nous sommes en route pour Daytona," expliqua-t-elle. "Mark est mécanicien et il va peut-être trouver du travail là-bas." J'avais eu raison, il n'était définitivement pas médecin. Dieu merci Lilith n'avait pas voulu de moi mais j'étais vraiment content qu'elle ait trouvé quelqu'un qui la rendait heureuse. "Peut être qu'il travaillera avec l'équipe de NASCAR*."

"Tu dois bien connaitre ton travail," fis-je remarquer.

Il haussa les épaules. "Je sais me débrouiller avec un moteur ou autres," dit-il modestement.

"C'est un génie," dit-elle tendrement.

Il haussa les épaules, trop modeste pour être à l'aise avec ses compliments. Il sourit à Jake. "Je vois qu'il ne te reste plus que deux pions," observa-t-il.

Jake sourit. "Ouais, mon frère Sam est meilleur mais mon frère Emmett..."

Je vis les yeux de Lilith s'écarquiller en comptant. "Et combien de frères as-tu Jake?"

"Trois," répondit-il, déjà ennuyé par la conversation. Il se rassit et étudia le triangle en bois.

Elle me regarda et me sourit. "Je suppose que Mark et moi devons y aller," dit-elle tranquillement. "Mais ça m'a fait très plaisir de te voir. Je suis ravie..." elle fit une pause et pencha sa tête. "Je suis contente de voir que tu es heureux."

"Je suis heureux, très heureux," répondis-je avec un grand sourire. "Je vais quitter l'armée au mois d'avril et..." — je regardai Jake — "et j'ai des projets."

Lilith comprit ce que je voulais sous-entendre et elle sourit de nouveau.

"C'était agréable de te revoir Lilith, et je suis ravi d'avoir fait ta connaissance Mark," dis-je en hochant la tête. "Prends soin d'elle, elle est spéciale."

"C'est sûr," répondit-il en me faisant un clin d'œil.

Elle pinça la joue de Jake légèrement. "Au revoir Jake. Tu es vraiment trop craquant. C'était agréable de te rencontrer."

Ils s'éloignèrent et je me rassis en regardant Jake. Il me regarda aussi et soupira. "Ah les femmes," marmonna-t-il.

...

*Chaine de restaurants couplés avec des magasins de souvenirs sur le thème des pays du sud des Etats-Unis.

*La NASCAR, est le principal organisme qui régit les courses automobiles de stock-car aux Etats-Unis (voitures de tourisme adaptées pour faire des courses.) C'est la discipline de course automobile la plus populaire aux États-Unis.


Le prochain chapitre s'intitule "L'avoir et le garder"

une discussion sérieuse pour Jake... entre d'autres