Bonjour Bonjour :)
Voici enfin le chapitre 7. Le Conseil d'Elrond sera fractionné en 4 parties (la 3eme est écrite et sera posté d'ici une semaine ^_^ )
je m'excuses pour les fautes. je n'ai pas de correctrice pour cette fic et j'avoue qu'au bout de plusieurs relecture je ne vois plus les fautes.
Tout appartient au Maitre Tolkien sauf les drows :p
Merci pour vos petites reviews 3
Bonne lecture
Chapitre 7
Le Conseil d'Elrond
partie 2
C'est avec moins de complaisance que Bilbon, que Frodon raconta tout ce qui concernait l'Anneau depuis le jour où celui ci était passé à sa garde. Chaque pas de son voyage de Hobbitebourg au Gué de Bruinen fut mis en question et considéré, et tout ce qu'il put se rappeler au sujet des Cavaliers Noirs examiné. Enfin, il se rassit.
- Pas mauvais, lui dit Bilbo. Tu en aurais fait un bon récit, s'ils n'avaient cessé de t'interrompre. J'ai essayé de prendre quelques notes, mais il faudra qu'on revoie tout cela ensemble une autre fois, si je dois le rédiger. Il y a des chapitres entiers de matières avant même ton arrivée ici!
- Oui, cela a fait un assez long récit, répondit Frodo. Mais l'histoire ne me paraît toujours pas complète. II y a encore beaucoup de choses que je voudrais savoir, particulièrement en ce qui concerne Gandalf.
Galdor des Havres, qui était assis non loin, l'entendit:
- Vous parlez pour moi aussi, s'écria t'il, et se tournant vers Elrond il ajouta: «Les Sages peuvent avoir une bonne raison de croire que la découverte du Semi-Homme est en vérité le Grand Anneau longuement discuté, si peu vraisemblable que cela puisse paraître à qui en sait moins long. Mais ne pouvons-nous connaître les preuves? Et je demanderai aussi ceci: qu'est-il advenu de Saroumane? Il est très versé dans la connaissance des Anneaux, et pourtant il n'est point parmi nous. Quel est son avis s'il connaît tout ce que nous avons entendu?
- Les questions que vous posez, Galdor, sont liées, dit Elrond. Elles ne m'avaient pas échappé, et il y sera répondu. Mais ces choses là, c'est à Gandalf qu'il appartient de les éclaircir, et je fais appel à lui en dernier, car c'est la place d'honneur, et en toute cette affaire il a été le chef.
- D'aucuns, Galdor, dit Gandalf, jugeraient que les nouvelles de Gloïn et la poursuite de Frodon prouvent assez la grande valeur que l'Ennemi attache à la trouvaille du Semi-Homme. Il s'agit toutefois d'un anneau. Alors? Les Neuf, les Nazgül les gardent. Les Sept ont été pris ou détruits. (A ces mots, Gloïn sursauta, mais sans dire mot) Les Trois, nous savons ce qu'il en est. Qu'est ce donc que celui ci qu'il désire si ardemment? «Il y a évidemment un grand espace de temps entre la Rivière et la Montagne, entre la perte et la trouvaille. Mais la lacune dans les connaissances des Sages a été enfin comblée. Trop lentement toutefois. Car l'Ennemi le suivait de près, de plus près même que je ne le craignais. Et il est heureux que ce ne soit que cette année, cet été même, semble t'il, qu'il a appris l'entière vérité. «Certains ici se rappelleront qu'il y a bien des années j'osai moi même passer les portes du Nécromancien à Dol Guldur, j'explorai secrètement ses façons, et je trouvai que nos craintes étaient fondées: il n'était autre que Sauron, notre Ennemi de jadis, qui reprenait finalement forme et pouvoir. D'aucuns se rappelleront aussi que Saroumane nous dissuada d'entreprendre des actions contre lui, et pendant longtemps nous ne fimes que l'observer. Mais enfin, son ombre grandissant, Saroumane céda, et le Conseil, déployant sa force, chassa le mal de la Forêt Noire et cela se passa l'année même de la découverte de cet Anneau: étrange hasard, si hasard il y eut. «Mais il était déjà trop tard, comme Elrond l'avait prévu. Sauron lui aussi nous avait observés, et il s'était dès longtemps préparé à notre attaque, gouvernant le Mordor de loin par Minas Morgul, où demeuraient ses Neuf serviteurs, jusqu'à ce que tout fût prêt. Alors, il céda devant nous, mais en feignant seulement la fuite, et bientôt après, il vint à la Tour Sombre et se déclara ouvertement. Alors, pour la dernière fois, le Conseil se réunit, car nous apprîmes à ce moment qu'il cherchait toujours plus avidement l'Unique. Nous craignions qu'il ne possédât quelque renseignement ignoré de nous. Mais Saroumane déclara qu'il n'en était pas ainsi, et il répéta ce qu'il nous avait déjà dit: l'Unique ne serait plus jamais trouvé en Terre du Milieu. «Au pis, dit-il, notre ennemi sait que nous ne l'avons point et qu'il est toujours perdu. Mais ce qui était perdu peut encore être trouvé, pense t'il. Ne craignez rien! Son espoir le trompera. N'ai-je pas sérieusement étudié cette question? Dans Anduin-la-Grande, il tomba, et il y a bien longtemps, durant le sommeil de Sauron, il roula dans le lit du fleuve jusqu'à la mer. « Qu'il gise là jusqu'à la fin».
Gandalf se tut, contemplant l'est du porche aux lointaines cimes des Monts Brumeux, aux grandes racines desquels le péril du monde était demeuré si longtemps caché. Il soupira:
- Là, je fus fautif, dit-il. Je me laissai bercer par les paroles de Saroumane le Sage, mais j'aurais dû chercher la vérité plus tôt, et notre péril serait à présent moins grand.
- Nous avons tous été fautifs, dit Elrond, et sans votre vigilance les Ténèbres seraient peut-être déjà sur nous. Mais poursuivez!
- Dès l'abord, j'avais de mauvais pressentiments, contre toute raison à ma connaissance, dit Gandalf, et je désirai savoir comment cet objet était venu aux mains de Gollum, et depuis combien de temps il le possédait. J'établis donc une garde, devinant qu'il ne tarderait pas à sortir de ses ténèbres à la recherche de son trésor. Il sortit en effet, mais il s'esquiva sans qu'on pût le trouver. Et puis, hélas! je laissai dormir l'affaire, me contentant d'observer et d'attendre, comme nous l'avons fait trop souvent. Le temps passa au milieu de bien des soucis, jusqu'au moment où mes doutes furent éveillés à une soudaine crainte. D'où venait l'anneau du Hobbit? Et si ma crainte était fondée, que fallait-il en faire? Il était nécessaire d'en décider. Mais je ne fis encore part de mes craintes à personne, connaissant le danger d'un murmure intempestif s'il s'égarait. Dans toutes les longues guerres contre la Tour Sombre, la trahison a toujours été notre plus grande ennemie. Cela se passait il y a dix-sept ans. Je m'aperçus bientôt que des espions de toutes sortes, jusqu'à des bêtes et des oiseaux, étaient assemblés autour de la Comté, et ma crainte grandit. J'appelai l'aide du Dûnedain, et leur guet redoubla, et j'ouvris mon cœur à Aragorn, l'héritier d'Isildur.
- Et moi, dit Aragorn, je conseillai de rechercher Gollum, si tardivement que cela pût sembler. Et puisqu'il paraissait juste que l'héritier d'Isildur oeuvrât pour réparer la faute d'Isildur, j'accompagnai Gandalf dans la longue quête désespérée.
Gandalf raconta alors comment ils avaient exploré tout le Pays Sauvage, jusqu'aux Monts mêmes de l'Ombre et aux défenses du Mordor:
- Là, nous entendîmes une rumeur à son sujet, et nous supposons qu'il y demeura longtemps dans les collines sombres, mais nous ne pûmes jamais le trouver, et je finis par désespérer. Et puis, dans mon désespoir, je repensai à une tentative qui pourrait rendre inutile la découverte de Gollum. L'Anneau lui-même pourrait peut-être dire s'il était l'Unique. Le souvenir de certaines paroles prononcées au Conseil me revint: des paroles de Saroumane, auxquelles je n'avais qu'à moitié prêté attention à l'époque. Je les entendis alors nettement dans mon cœur. «Les Neuf, les Sept et les Trois, dit-il, avaient chacun leur joyau propre. Mais pas l'Unique. Il était rond et dépourvu d'ornement, comme si c'eût été un des anneaux d'importance secondaire, mais son créateur y avait mis des inscriptions que les spécialistes pourraient peut-être voir et déchiffrer. La nature de ces marques, il ne l'avait pas révélée. Qui, à présent, saurait? Le créateur. Et Saroumane? Mais, si grand que soit son savoir, il doit avoir une source. Quelle main autre que celle de Sauron tint jamais cet objet avant qu'il ne fût perdu? Seule, celle d'Isildur. «Cette pensée en tête, j'abandonnai ma chasse et passai rapidement en Gondor. Les membres de mon ordre y avaient été autrefois bien reçus, mais Saroumane plus que tout autre. Il avait souvent été, pour de longues périodes, l'hôte des Seigneurs de la Cité. Le Seigneur Denethor me fit alors moins bon accueil que par le passé, et il ne me permit que de mauvaise grâce de faire des recherches dans son amas de parchemins et de livres. «Si, en fait, vous ne recherchez, comme vous le dites, que des annales des jours anciens et sur les commencements de la Cité, allez-y! dit-il. Car pour moi, ce qui fut est moins sombre que ce qui est à venir, et c'est là mon souci. Mais, à moins que vous ne soyez plus compétent que Saroumane lui-même, qui a longtemps étudié ici, vous ne trouverez rien qui ne me soit bien connu à moi, le maître du savoir de cette Cité. Ainsi parla Denethor. Et pourtant il y avait dans ses archives bien des documents que peu de gens peuvent encore lire, même parmi les maîtres du savoir, car l'écriture et la langue en sont devenues obscures pour les hommes des temps plus récents. Et, Boromir, il y a encore à Minas Tiriath un rouleau de la main même d'Isildur, que personne d'autre que Saroumane et moi-même n'a lu, je pense, depuis la fin des rois. Car Isildur ne s'est pas simplement retiré directement de la guerre en Mordor, comme d'aucun l'ont raconté.
- D'aucun dans le Nord, peut-être, s'écria Boromir, l'interrompant. Tout le monde sait en Gondor qu'il alla tout d'abord à Minas Anor, où il resta un temps auprès de son neveu Meneldil, qu'il instruisit avant de lui confier le gouvernement du Royaume du Sud. En ce temps-là, il y planta en mémoire de son frère le dernier plançon de l'Arbre Blanc.
- Mais en ce temps-là aussi, il traça également ce document, dit Gandalf, et il semble qu'on ne s'en souvienne plus en Gondor. Car ce parchemin concerne l'Anneau, et voici ce qu'Isildur écrivit: «Le Grand Anneau partira maintenant pour devenir un héritage du Royaume du Nord, mais un document d'archives sera laissé en Gondor, où demeurent les héritiers d'Elendil, pour le temps où le souvenir de ces grandes choses pourrait s'être estompé. «Après ces mots, Isildur donnait une description de l'Anneau, tel qu'il l'avait trouvé. Il était chaud quand je le saisis, chaud comme braise, et ma main fut brûlée de telle sorte que je doute de jamais être débarrassé de la douleur. Mais au moment où j'écris, il est refroidi, et il paraît se rétrécir, sans pourtant perdre sa beauté ni sa forme. Déjà l'inscription qu'il portait et qui au début était aussi claire qu'une flamme rougeoyante s'estompe et devient à peine lisible. Elle est formée de caractères elfiques d'Eregion, car il n'y a pas en Mordor de lettres convenant à un travail aussi subtil, mais le langage m'est inconnu. Je pense qu'il s'agit d'une langue du Pays Noir, car elle est grossière et barbare. Quel mal elle énonce, je l'ignore, mais j'en trace ici une copie, de peur qu'elle ne disparaisse définitivement. Il manque peut-être à l'Anneau la chaleur de la main de Sauron, qui était noire tout en brûlant comme du feu, et ainsi Gil-galad fut détruit, et peut-être si l'or était de nouveau réchauffé, l'écriture serait-elle ravivée. Mais pour ma part, je ne risquerai pas d'endommager cet objet: de toutes les oeuvres de Sauron, la seule belle. II m'est précieux, bien que je le paie d'une grande souffrance. «Quand j'eus lu ces mots, ma quête était terminée. L'écriture tracée était en effet, comme Isildur l'avait deviné, dans la langue de Mordor et des serviteurs de la Tour Noire. Et ce qui y était dit était déjà connu. Car le jour où Sauron mit pour la première fois l'Unique, Celebrimbor, créateur des Trois, eut connaissance de lui et il l'entendit de loin prononcer ces mots, et ses mauvais desseins furent révélés. Je pris aussitôt congé de Denethor, mais tandis même que je gagnais le Nord, des messages me parvinrent de Lôrien comme quoi Aragorn était passé par-là et il avait trouvé la créature nommée Gollum. J'allai donc d'abord le rejoindre pour entendre son histoire. Je n'osais imaginer les périls mortels qu'il avait affrontés seul.
- II est assez inutile de les évoquer, dit Aragorn. Quand un homme doit nécessairement marcher en vue de la Porte Noire ou fouler les fleurs mortelles de la Vallée de Morgul, on aura des périls. Moi aussi je finis par désespérer, et je commençai mon voyage de retour. Et puis je tombai soudain par chance sur ce que je cherchais: les empreintes de pieds mous près d'un étang boueux. Mais à présent la piste était fraîche et rapide, et elle ne menait pas en Mordor, elle s'en éloignait au contraire. Je la suivis à la lisière des Marais Morts, et alors, je l'eus. Tapi près d'un étang stagnant, scrutant l'eau comme tombait le soir obscur, je l'attrapai, lui, Gollum. Il était couvert de vase verdâtre. Il ne m'aimera jamais, je le crains, car il me mordit et je ne montrai aucune douceur. Jamais je n'obtins autre chose de sa bouche que la marque de ses dents. La partie la pire de mon voyage fut à mon avis le chemin du retour, le surveillant jour et nuit, le faisant marcher devant moi, une longe au cou, un bâillon sur la bouche, jusqu'au moment où il fut maté par le manque de boisson et de nourriture, je le conduisis toujours ainsi vers la Forêt Noire. Je finis par y arriver, et je le remis aux Elfes, selon nos conventions, et je fus bien aise de me débarrasser de sa compagnie, car il puait. En ce qui me concerne, j'espère bien ne plus jamais poser le regard sur lui, mais Gandalf vint et endura un long entretien avec lui.
- Oui, long et fatigant, dit Gandalf, mais certainement pas vain. Tout d'abord, son récit de la perte de son anneau s'accordait avec celui que Bilbo nous a fait ouvertement aujourd'hui pour la première fois, mais cela n'importait guère, étant donné que j'avais déjà deviné la vérité. Mais j'appris alors en premier lieu que l'anneau de Gollum provenait du Grand Fleuve, près des Champs aux Iris. Et j'appris aussi qu'il le possédait depuis longtemps, maintes générations de sa petite espèce. Le pouvoir de l'anneau avait allongé ses années bien au-delà de leur étendue normale, mais ce pouvoir, seuls le détiennent les Grands Anneaux. «Et si cela ne suffit pas, il y a l'autre épreuve dont j' ai parlé. Sur cet anneau même que vous avez vu élever devant vous, tout rond et sans ornement, peuvent toujours se lire les lettres dont parlait Isildur, pour peu que quelqu'un ait la force de volonté de mettre un moment cet objet d'or dans le feu. Je l'ai fait, et voici ce que j'ai lu
- "Durbatulûk Ash nazg, cendres nazg gi mbatu cendres nazg thrakatulûk agh krimpatul bruzum-ishi"
Le changement dans la voix du magicien était saisissant. Elle s'était soudain faite menaçante, puissante, dure comme la pierre. Une ombre sembla passer sur le soleil à son zénith, et l'obscurité envahit un moment le porche. Tous tremblèrent, et les Elfes se bouchèrent les oreilles.
- Jamais auparavant aucune voix n'a osé prononcer des mots de cette langue ici à Imladris, Gandalf le Gris, dit Elrond, comme l'ombre passait et que l'assistance reprenait son souffle.
- Et espérons que nul ne les prononcera ici de nouveau, répondit Gandalf. Je ne demande toutefois pas votre pardon, Maître Elrond. Car, si cette langue ne doit pas être bientôt entendue dans tous les coins de l'Ouest, que personne ne doute plus que cet objet est bien ce que les Sages ont déclaré: le trésor de l'Ennemi, chargé de toute sa malice, et en lui réside une grande part de sa force de jadis. Des Années Noires viennent les mots qu'entendirent les Forgerons d'Eregion, quand ils apprirent qu'ils avaient été trahis Un Anneau Unique pour les gouverner tous, un Anneau Unique pour les trouves un Anneau Unique pour les amener tous et tous les lier dans les Ténèbres. «Sachez aussi, mes amis, que j'ai appris encore davantage de Gollum. Il répugnait à parler, et son récit n'était pas clair, mais il n'y a aucun doute qu'il alla en Mordor et que là on tira de lui tout ce qu'il savait. L'Ennemi sait ainsi que l'Unique a été trouvé, qu'il est longtemps resté dans la Comté et, ses serviteurs l'ayant poursuivi presque jusqu'à notre porte, il ne tardera pas à savoir, il sait peut-être déjà, au moment où je parle, que nous l'avons ici. Tous gardèrent un moment le silence, jus qu'à ce qu'enfin Boromir reprît la parole:
- C'est un petit être, ce Gollum, dites-vous? Petit, mais grand pour ce qui est de la malfaisance. Qu'est-il devenu? Quel destin lui avez-vous assigné?
- II est en prison sans plus, dit Aragorn. Il avait beaucoup souffert. Il n'y avait pas de doute qu'il était tourmenté et que la peur de Sauron lui pèse cruellement sur le cœur. Je suis, toutefois, le premier à être heureux qu'il soit surveillé de près par les attentifs Elfes de la Forêt Noire. Sa malice est grande, et elle lui confère une force à laquelle on croirait difficilement chez un être aussi maigre et flétri. Il pourrait encore opérer beaucoup de mal, s'il était libre. Et je ne doute pas qu'il lui fut permis de quitter le Mordor pour quelque mission néfaste.
- Hélas! Hélas! s'écria Elrond. Il me faut maintenant révéler les nouvelles qui m'ont était envoyées. Elles ne sont pas bonnes, mais je n'ai appris que maintenant à quel point elles pourront paraître mauvaises à cette assemblée. Sméagol, qui porte à présent le nom de Gollum, s'est échappé.
- Échappé? s'écria Aragorn. Voilà certes une mauvaise nouvelle. Nous aurons tous à la regretter amèrement, je crains. Comment donc les gens de Thranduil ont-ils pu faillir à leur mission?
- Comment cela ce fait il que je n'ai pas était prévenu que ce Gollum était dans les prison de mon père? s'écria Legolas dont le magnifique visage elfique ce contracta sous la désapointude.
- Non par défaut de vigilance, dit Gandalf, mais par excès de bonté, peut-être. Votre père craignait par ailleurs que le prisonnier n'ait reçu de l'aide d'autres personnes et que vos faits et gestes ne soient plus connus que nous ne le souhaiterions. Cette créature était garder jour et nuit, selon l'ordre mon ordre, si fastidieuse que fût cette tache. Mais je vous avait invités à espérer encore sa guérison et votre père n'avait pas le cœur de le maintenir toujours dans les cachots sous terre, où il retomberait dans ses anciennes pensées noires. Quand à la question: pourquoi ne vous a til rien dit? Et bien cher ami je pense que votre père souhaitais vous préservez des dangers vous et votre amie.
- Les Elfes furent moins tendre à mon égard, dit Gloïn, avec un éclair dans les yeux à l'évocation d'anciens souvenirs de son emprisonnement dans les culs de basse fosse des rois elfiques.
- Allons, dit Gandalf. N'interrompez pas, je vous en prie, mon cher Gloïn. Ce fut là un regrettable malentendu, depuis longtemps clarifié. Si tous les griefs entre Nains et Elfes doivent être ressortis ici, autant abandonner tout de suite ce Conseil. Gloïn se leva et s'inclina, et Gandalf poursuivit:
- Aux beaux jours, les elfes emmenâmes Gollum dans les bois, et il y avait un grand arbre à l'écart des autres, dans lequel il aimait grimper. Ils le laissez souvent monter jusqu' aux plus hautes branches, pour qu'il sentît le libre vent, mais nous établissions une garde au pied de l'arbre. Un jour, il refusa de descendre, et les gardes n'avaient aucune envie de grimper le chercher: il avait appris le truc de s'agripper aux branches par les pieds aussi bien que par les mains, aussi restèrent- ils près de l'arbre tard dans la nuit. «Ce fut cette nuit même de l'été, pourtant sans lune ni étoiles, que les Orques nous tombèrent dessus à l'improviste. Les elfes les chassèrent au bout de quelque temps, ils étaient nombreux et féroces, mais ils venaient d'au-delà des montagnes et ils n'étaient pas accoutumés aux bois. Quand le combat fut terminé, Gollum était parti ses gardiens avaient été tués ou pris. Il nous parut clair alors que l'attaque avait été menée pour le libérer et qu'il en avait eu connaissance auparavant. Comment? nous ne pouvons le deviner, mais Gollum est rusé, et les espions de l'Ennemi sont nombreux.
- Les choses sombres qui avaient été chassées l'année de la chute du Dragon sont revenues en nombre plus grand encore, et la Forêt Noire est de nouveau un lieu néfaste, sauf là où notre royaume est maintenu. continua Legolas
- Les elfes ne purent re-capturer Gollum. Thranduil m'a avouer avoir retrouvé sa trace parmi celles de nombreux Orques, et elle plongeait profondément dans la Forêt en direction du Sud. Mais avant peu, elle échappa à toute habileté, et il n'osa pas continuer la poursuite, car vous vous approchiez dangereusement de Dol Guldur, et c'est un endroit très mauvais, ou les elfes ne vont plus.
- Eh bien, il est parti, dit Elrond. Nous n'avons pas le temps de le chercher de nouveau. Qu'il fasse ce qu'il veut. Mais il peut encore jouer un rôle qui ni lui ni Sauron n'ont prévu.
- Et maintenant, je vais répondre aux autres questions de Galdor. Enchaina Gandalf. Qu'en est-il de Saroumane? Que nous conseille-t-il en cette circonstance critique ? Cette histoire, je dois vous la dire tout au long, car seul Elrond l'a déjà entendue, et cela en résumé, mais elle pèsera sur tout ce que nous aurons à décider. C'est le dernier chapitre de l'Histoire de l'Anneau, au point où elle en est arrivée. «A la fin du mois de juin, je me trouvais dans la Comté, mais un nuage d'inquiétude m'occupait l'esprit, et je me rendis aux frontières méridionales du petit pays, car j'avais le pressentiment de quelque danger, encore caché mais approchant. Là, me parvinrent des messages m'annonçant la guerre et la défaite du Gondor, et quand il fut question de l'Ombre Noire, j'eus le cœur glacé. Je ne trouvai toutefois rien d'autre que quelques fugitifs du Sud, mais il me sembla qu'ils étaient saisis d'une peur dont ils ne voulaient pas parler. Me tournant alors vers l'est et le nord, je suivis le Chemin Vert, et non loin de Bree je rencontrai un voyageur assis sur un talus au bord de la route, tandis que son cheval broutait à côté de lui. C'était Radagast le Brun, qui habitait à un moment à Rhosgobel, à l'orée de la Forêt Noire. Il est membre de mon ordre, mais je ne l'avais pas vu depuis bien des années.
- Gandalf! s'écria t'il. Je vous cherchais. Mais cette région m'est étrangère. Tout ce que je savais, c'était qu'on pourrait vous trouver dans un pays sauvage, appelé bizarrement la Comté! »
- «Le renseignement était exact, lui dis-je. Mais n'en parlez pas en ces termes si vous rencontrez de ses habitants. Vous êtes tout prés de la frontière de la Comté en ce moment. Et que me voulez-vous? Ce doit être pressant. Vous n'avez jamais été grand voyageur, si vous n'étiez poussé par une grande nécessité»
- J'ai une mission urgente, dit-il. Mes nouvelles sont mauvaises» Puis il jeta un regard circulaire, comme si les haies pouvaient avoir des oreilles. «Nazgûl, murmura t'il. Les Neuf sont de nouveau sortis. Ils ont traversé la rivière en secret, et ils s'avancent vers l'Ouest. Ils ont pris l'apparence de cavaliers vêtus de noir.
- «Je sus alors ce que j'avais redouté sans le connaître. L'ennemi doit avoir quelque grand besoin ou dessein, dit Radagant, mais je ne puis deviner ce qui lui fait tourner ses regards vers ces régions lointaines et désolées.
- «Que voulez-vous dire? » demandai-je.
- On m'a dit que partout où vont les Cavaliers, ils demandent des renseignements sur un pays nommé Comté»
- «La Comté» dis-je, mais mon cœur se serra. (Car même le Sage pouvait craindre de s'opposer aux Neuf quand ils sont rassemblés sous le commandement de leur féroce chef. Ce fut jadis un grand roi et un grand sorcier, et maintenant il entretient une peur mortelle «Qui vous l'a dit, et qui vous a envoyé? » demandai-je.
- «Saroumane le Blanc, répondit Radagast. Et il m'a chargé de dire que, si vous en sentez le besoin, il vous apportera son aide, mais il faut la solliciter tout de suite, sans quoi il sera trop tard»
- «Et ce message m'apporta l'espoir. Car Saroumane le Blanc est le plus grand de mon ordre. Radagast est un digne Magicien, bien sûr, un maître des formes et des changements de teintes, et il a une grande connaissance des herbes et des bêtes, et les oiseaux sont particulièrement ses amis. Mais Saroumane a longtemps étudié les artifices de l'Ennemi lui-même, et nous avons ainsi souvent pu lui couper l'herbe sous le pied. Ce fut grâce aux stratagèmes de Saroumane que nous pûmes le chasser de Dol Guldur. Peut-être aura t'il trouvé des armes susceptibles de ramener les Neuf.
«J'irai voir Saroumane», dis-je.
- «Dans ce cas, il faut y aller tout de suite, dit Radagast, car j'ai perdu du temps à vous chercher, et les jours commencent à manquer. J'avais pour consigne de vous trouver avant le Solstice d'Été, et nous y sommes: Même en partant d'ici, vous ne le joindrez guère avant que les Neuf ne découvrent le pays qu'ils cherchent. Moi-même, je vais retourner immédiatement» Et sur ce, il sauta à cheval et s'apprêta à partir sur-le-champ.
- «Attendez un instant! dis-je. Nous aurons besoin de votre aide, et de celle de toutes choses qui voudront bien la donner. Envoyez des messages à toutes les bêtes et à tous les oiseaux qui sont vos amis. Dites-leur d'apporter des nouvelles de tout ce qui a trait à cette affaire à Saroumane et à Gandalf. « Que des messages soient envoyés à Orthanc»
- «Ce sera fait! » dit-il. Et il s'en fut comme si les Neuf eussent été après lui. Je ne pouvais le suivre dans l'instant. J'avais déjà beaucoup chevauché ce jour là, et j'étais fatigué de même que mon cheval, et il me fallait réfléchir. Je restai pour la nuit à Bree, et je décidai que je n'avais pas le temps de retourner dans la Comté. Jamais je ne commis pire erreur! «J'écrivis toutefois un mot à Frodon et confiai à mon ami l'aubergiste le soin de l'envoyer.
