The bigger they are de LadyExcalibur2010
CHAPITRE 43
Avoir et garder
Après ce petit-déjeuner très intéressant nous allâmes faire un tour en voiture en attendant que le magasin de jouets ouvre. Je savais maintenant que Jake était le plus bavard du groupe. Il était l'enfant le plus sympathique que j'aie jamais rencontré mais pas d'une façon arrogante ni désagréable. Il était toujours charmant. Il était heureux et lorsque tu étais près de lui, tu l'étais aussi. Tu ne pouvais pas t'en empêcher. Donc ça ne m'étonna pas qu'il bavarde pendant que je conduisais.
Il parla d'un tas de choses, même de son père, ce qui était assez inhabituel. Il parla de ses souvenirs préférés avec son père, lorsque Mac lisait pour lui ou lorsqu'il trainait juste avec son papa. Il parla des jours qui suivirent immédiatement sa mort et comment Will et Josh vinrent chez Bella. Il raconta comment il avait vomi sur son Oncle Josh et comment son oncle avait tout nettoyé.
Ensuite il enchaina sur ses frères. Il parla de Sam et d'Emily. "Sam a toujours voulu un chien," me dit-il. "Presque autant que moi." Il me regarda sous ses longs cils noirs. "Tu penses que je pourrai en avoir un aussi?"
J'aurai dû rire. "Euh, je crois qu'il ne faut pas abuser mon gars. Ça va être assez difficile comme ça pour ta maman de s'habituer à un chien," l'avertis-je.
Il haussa les épaules, acceptant cette logique. "En même temps j'ai Froot Loop."
"Comment va-t-il?"
"Bien," répondit-il. "J'ai peint sa coquille. Il est beau."
"Je peux demander à ma mère qu'elle regarde sur la plage près de la maison pour trouver d'autres coquilles. Elle en trouve toujours d'intéressantes quand elle se promène tôt le matin," dis-je.
"Merci," Jake regardait par la vitre. "Emmett m'a dit que M. Jasper et Mlle Alice gardaient Rosalie." Il se tourna vers moi. "C'est vrai?"
"Bon, oui je suppose que c'est vrai," acquiesçai-je avec un hochement de tête.
Il fut silencieux pendant un moment. "Em me dit que sa mère va mourir."
Je jetai un coup d'œil vers lui pour essayer de voir comment il allait. "Oui sa maman est vraiment malade. Les médecins disent qu'ils ne peuvent pas faire mieux." L'honnêteté était toujours la meilleure chose.
Il hocha la tête et fit des dessins sur la vitre. "Alors elle va vivre avec M. Jasper maintenant?"
"Oui."
"Alors ils la gardent... juste comme ça?" Il paraissait curieux.
"Oui." Je souris en entendant comment il avait tourné sa phrase. "Ils l'aiment et veulent qu'elle fasse partie de leur famille. Rose a besoin d'une famille et ils veulent être cette famille, comme ça tout le monde est heureux."
Il resta silencieux un long moment et je pensai que le sujet était clos. Puis il regarda vers moi et cette expression familière et sournoise se mit en place. "Ça veut dire que tu peux garder des gens quand tu veux qu'ils fassent partie de ta famille?"
"Eh bien je suppose que s'ils veulent faire partie de la famille ça peut se faire," répondis-je pas sûr d'où nous allions en arriver. "C'est ce qui arrive lorsqu'on adopte des enfants. Les enfants ont besoin d'une famille et la famille a besoin d'enfants." Je haussai les épaules. "Tout le monde est gagnant." Mon dieu s'il vous plait faites qu'il ne pose pas la question, d'un petit frère ou d'une petite sœur. Bella va piquer une crise.
"Et ça a vraiment besoin d'être des enfants?"
"Euh... je suppose que non." Là j'étais complètement perdu.
Il fronça les sourcils en regardant ses mains et en mordant sa lèvre. Ses yeux revinrent vers moi une fois encore, à travers ses cils. "Alors..." Il soupira et redressa ses épaules. "Puis-je te garder?"
Je déglutis difficilement. Que répondre à ça? Je voulais crier oui. Je voulais m'arrêter et le serrer dans mes bras tellement fort qu'il couinerait comme un jouet pour chien. Mais que faire?
"Euh... bon, pour être honnête, Jake, c'est entre ta maman et moi," dis-je. "C'est une décision qui doit être bien réfléchie."
"Non je ne te dis pas que ce soit maman qui doive te garder," me fit-il remarquer. Aïe. "Je veux juste te garder." Il fronça les sourcils. "Tu n'as pas de famille et je n'ai pas de père. Donc tout le monde est gagnant." Il utilisait mes propres mots. Finalement peut-être que Sam n'est pas le seul génie dans la famille James.
"Euh..." Je tapotai le volant de mes doigts. "Bon Jake, que penserais-tu que nous y réfléchissions pendant un moment et puis nous prendrons une décision."
"C'est ce que les adultes disent toujours lorsque la réponse est non," fit-il observer morose.
"Non, mon gars, je te le promets, je ne dis pas non," le rassurai-je. "Je te demande de me laisser y réfléchir. Qui sait? Une fois que tu me connaitras mieux tu ne voudras peut-être plus me garder. As-tu pensé à ça?"
"Je ne pense pas que ça arrive," dit-il d'un ton assuré.
"Oh, on ne peut pas savoir."
"Je sais," me dit-il.
Je souris. "Tu es un enfant génial, tu sais?"
Il sourit et haussa les épaules. "Oui, je sais."
Avant d'amener Jake au magasin de jouets je fis une halte dans un magasin de bricolage. Je ne plaisantai pas lorsque j'avais dit que je voulais l'un de ces pommeaux de douche. Je trouvais ce que je voulais et sortit tel un homme heureux. Jake était patient seulement parce qu'ils savait que le magasin de jouets n'était pas encore ouvert.
Lorsqu'enfin nous y arrivâmes il nous fallut attendre l'ouverture des portes et quand elle s'ouvrirent Jake se dirigea droit dans le rayon Star Wars. Ce ne fut pas une surprise, au moins pour moi, lorsqu'il revint tenant dans ses mains Obi-Wan-Kenobi (la menace fantôme) et Han Solo en figurines. En chemin vers la maison, nous discutâmes des mérites de la trilogie originelle en la comparant à la nouvelle trilogie et Jake déclara qu'elles étaient aussi bonnes l'une que l'autre. S'il était question de galaxies lointaines c'était bon pour Jake. Quelquefois les enfants étaient plus faciles à satisfaire que les adultes. Je m'arrêtai aussi pour acheter du chocolat pour Bella. Je le lui avais promis et c'était le moins que je puisse faire après sa gâterie. Une barre de chocolat pour une gâterie n'était pas une compensation suffisante.
Heureusement Jake ne demanda pas pourquoi je lui achetais du chocolat. Je lui en achetai une aussi pour garder sa bouche occupée à quelque chose d'autre qu'à poser des questions. Bella n'avait pas dit spécifiquement pas de sucre, d'accord?
Il bondit quasiment hors de la voiture avant que j'ai pu arrêter le moteur, il avait quand même récupéré son butin avant de courir vers la maison. Jake faisait toujours tout très vite. Toujours. Et je me demandai si c'était à cause du sucre.
A l'intérieur Bella montrait tout son respect pour ses achats, hochant la tête alors qu'il lui racontait tout sur le jeune Obi-Wan et les épreuves qu'ils avaient vécues dans ce film. Elle me regarda par-dessus sa tête et ses yeux semblaient se demander pourquoi Jake avait eu des jouets. Je haussai les épaules. Nous étions allés dans un magasin de jouets et Jake avait les même grands yeux bruns qu'elle. A quoi donc s'attendait-elle?
"Et puis au Cracker Barrel," commença-t-il.
"Hey c'est moi qui lui raconterait ça, d'accord?" lui dis-je en souriant. "Pourquoi n'irais-tu pas en haut rajouter ces deux là à ta collection?"
Je m'assis sur un tabouret près du comptoir du petit-déjeuner et la tirait dans mes bras, fermant les yeux en aspirant son odeur. Je repoussai ses cheveux derrières ses épaules. Je l'embrassai doucement puis l'éloignai. "Tu ne devineras jamais qui, nous avons rencontré au restaurant."
Bella tapota ses lèvres et fit semblant de chercher. "Dark Vador?" supposa-t-elle.
Je ricanai. "Comme si j'avais pu faire partir Jake de là-bas si ça avait été le cas," me moquai-je.
"Tu n'as pas tort," convint-elle. "Alors dis-moi."
"Lilith," répondis-je.
Son front se plissa un moment puis son expression changea. "Lilith, comme la Lilith. La reine des glaces?"
Je ris et respirai son odeur. Dieu qu'elle sentait bon. "Oui sauf qu'elle n'est plus la reine des glaces." Bella se mit à rire car je la chatouillai avec mon visage râpeux. Je me décalai. "Lilith est maintenant l'heureuse épouse - d'un mécanicien, je pourrais ajouter - et mère d'une petite fille."
L'expression de Bella se radoucit. Elle était vraiment romantique ; elle était juste une diablesse, ninja, bombe sexuelle, tentatrice aussi. Mais elle avait ce romantisme qui croyait en l'amour vrai et au dévouement de M. Darcy. "Vraiment?"
"Ouaip, vraiment," dis-je. "J'ai rencontré son mari. Un gentil gars, petit, un peu grassouillet mais très poli."
Elle grogna en riant.
"Qu'y-a-t-il de si drôle?"
Elle secoua la tête et me regarda en poussant un soupir. "Eh bien, imagine qu'elle t'ait eu toi," dit-elle en me désignant du doigt. "Tu aurais fini grassouillet et poli." Elle sourit. "Je te préfère grand et mince et obsédé tous les jours de la semaine."
Je souris et l'approchai tout contre moi, assez près pour que ma bite tressaille en faisant des aller-retour, ce qui voulait dire "Prends-moi, prends-moi!" comme si elle avait peur d'être la dernière choisie, comme les enfants qui attendent d'être dans une équipe. Je respirai dans son cou de nouveau et elle bougea contre moi, elle ne détestait pas ça. Nos langues se frottèrent l'une l'autre et la chaleur explosa. J'essayai vraiment très fort de me rappeler que je n'avais pas la moindre idée d'où les garçons pouvaient être et qu'ils pouvaient apparaitre à tout instant. Bella semblait aussi avoir du mal à se souvenir de ça aussi.
Je grognai, posai mes mains sur ses fesses dans l'urgence que j'avais de la sentir proche. Oh ouais, là. Ma queue soupira de contentement. Moi aussi. Ou peut-être que j'ai grogné. Peu importe des sons sortirent de ma bouche.
Il y eut un bang quelque part là-haut et nous séparâmes immédiatement comme si quelqu'un nous avait tiré dessus. Elle cacha sa bouche un instant et baissa la tête coupable. J'imaginai que j'avais la même expression qu'elle sur le visage. J'avais aussi une palpitation dans mon pantalon. J'espérai qu'elle en avait une aussi dans le sien et même si elle ne l'avait pas j'étais tout à fait disposé à partager. J'étais prêteur, que puis-je dire d'autre?
Une légère rougeur teinta ses joues et elle baissa les yeux. Timide Bella était de retour mais j'avais le sentiment qu'elle n'allait pas rester longtemps. Puis elle se rapprocha à nouveau et passa ses bras autour de son cou. "Ecoute, j'avais pensé..."
"Oui," dis-je en embrassant sa tempe.
"Arrête, je n'arrive pas à penser quand tu fais ça," se plaignit-elle de façon pas très convaincante je dois dire. Ma bite ne fut pas dupe du tout.
"D'accord," dis-je en frottant le côté de mon visage contre le sien. Doucement bien sûr, je ne voulais pas l'écorcher. Ce serait difficile à expliquer.
"Le week-end après mon anniversaire, euh je me demandais..."
L'hésitation que j'entendis dans sa voix ne lui ressemblait pas, alors je me relevai et la regardai. "Qu'est-ce qui ne va pas?" J'étais décidé à résoudre tous les problèmes quels qu'ils soient. S'il y avait un dragon à combattre, j'étais partant. Un appareil qu'il fallait réparer? Je pouvais m'y pencher pendant une heure ou deux puis appeler un réparateur qui pourrait le remettre en état de marche sans aucun effort. Quelque chose sur une étagère qui devait être descendu? Je pouvais le faire aussi. J'étais un homme avec beaucoup de talents et je savais utiliser un escabeau comme personne.
Elle passa sa main sur les boutons de ma chemise. Les trois premiers furent défaits. Toujours aussi rapide. Elle regarda vers moi de derrière ses cils, et elle mordilla sa lèvre inférieure. Je voulais lui offrir de le faire à sa place. "Je me demandais si peut-être tu voulais ... euh... aller quelque part ... avec moi... toute une nuit?"
Honnêtement, j'étais si choqué que je pensais être mort et me retrouver au paradis des obsédés. Ou j'avais reçu un coup sur la tête et j'imaginais entendre des choses. Ou alors je dormais et je faisais mes fantasmes habituels. Je me pinçai et non, j'étais conscient. Et apparemment ni mort ni en train d'halluciner.
"Trop tôt?" dit-elle. Putain elle voulait me faire marcher? "Trop inattendu?" ajouta-t-elle quand je ne répondis pas. Putain oui, mais dans le bon sens, le meilleur. "Trop..."
Je l'embrassai. Fort. Je devenais comme l'homme des cavernes avec elle, je l'admettais. Lorsqu'enfin je la relâchai je ne pus résister à la tentation de poser un baiser, doux cette fois, un baiser de gentleman, un baiser à la Darcy, sur ses lèvres. "Oui un millier de fois oui." Puis je pensai à quelque chose tout à coup. "Laisse-moi vérifier mes obligations mais oui? Je supplierai, paierai ou menacerai pour avoir ce week-end libre."
Elle sourit et ma bite tressauta de joie. Vous savez ce que je veux dire.
J'allais m'envoyer en l'air. Dans sept semaines. Sept semaines et zéro jours. Sept semaines - quarante-neuf nuits. Puis une pensée me vint. "Euh... Bella, parlons-nous vraiment de ce que je pense dont nous parlons?" Si je me trompais? Ma bite pourrait me botter le cul si je lui donnait de l'espoir comme ça et que rien n'arrive.
"Et à quoi crois-tu que je pense?" Oh oh. La Bella joueuse était de retour et elle pensait avoir du bon temps en s'amusant avec moi, je pouvais juste le dire. Son regard était démoniaque ou purement sexy, ça dépendrait de sa réponse.
Je m'éclaircis la voix. J'aurais voulu éclaircir mes boules aussi, mais cette option n'était pas possible. "Parlons-nous de nous deux ... allant passer une nuit ensemble alors nous pourrions..." Je ne pouvais pas dire les mots, pas parce que j'étais timide mais parce que j'étais presque effrayé de les dire - à voix haute - ça me porterait la poisse.
Ses lèvres se fendirent en un sourire et je sus que j'allais avoir des ennuis. Ses doigts coururent le long de ma poitrine et un autre bouton se défit miraculeusement. "Si tu ne peux pas dire les mots, alors je ne suis pas sûre que tu sois prêt à passer à l'acte," murmura-t-elle à mon oreille.
Ma bite hurlait. "Dis-le! Dis-le lui que tu veux le faire! Dis-lui que tu veux coucher avec elle! Maintenant! Dis-lui que tu veux que je m'enfouisse profondément en elle encore et encore et encore! Dis-le maintenant, abruti! Dis-le avant qu'elle ne change d'avis!"
"Nous parlons de ..." Je me mordis la lèvre et essayai de décider quels mots j'allais utiliser. Rapports sexuels? Non? Trop clinique. Baiser? Non trop grossier à ce stade, bien que je pense vraiment chuchoter ce mot en B à son oreille lorsque je me trouverai en elle. Une nouvelle lettre de l'alphabet à prendre en considération. "Faire l'amour?" Ces mots sortirent sans que je puisse les retenir. Est-ce que ça faisait fille? Mais l'expression sur son visage me dit que j'avais fait le bon choix.
Elle se pencha et posa ses lèvres sur les miennes. Pas de langue juste la chaleur fraiche de son souffle glissant sur ma bouche, mes poumons, mon être. Je soupirai et lui donnai un peu de mon souffle en échange. "Oui je veux faire l'amour avec toi, Edward. Mais je veux être tout à fait à l'aise et n'avoir aucune contrainte de temps. Alors j'ai réservé pour nous. Juste pour nous deux."
Ma queue essaya m'en taper cinq. Sans les mains alors. Oh bon. C'était l'image.
Je déglutis difficilement. Beaucoup de choses étaient difficiles.
Elle me poussa avec son plâtre. "Et je veux que cette chose ait disparu de mon pied," rajouta-t-elle. "Je ne me sens pas très sexy avec ça."
"Tu es tout le temps sexy," lui dis-je en profitant de cette occasion pour marquer des points. Masen avait été très clair sur ce besoin d'accumuler des points avec votre dame. La plupart du temps, Masen déconnait mais j'avais le sentiment que sur ce sujet je devais lui faire confiance. Il avait gardé Alyssa heureuse pendant un bon moment en dépit du fait que je ne croyais pas qu'il le ferait.
Ainsi donc nous y étions, faisant des projets bien réels pour que je puisse être en elle. Ma queue. A l'intérieur d'elle.
"Et les garçons?" Grizzly Adams* est de retour.
Elle sourit. "Emmett restera chez Jasper et Alice," me dit-elle. "Il sera ravi de passer un week-end sans ses frères et près de Rosalie."
"Et Seth, Sam et Jake?" Ouah ils étaient si nombreux quelquefois. Comment diable allions-nous pouvoir garder un œil sur eux?
Son sourire narquois s'agrandit. "J'ai déjà prévu ça avec Alyssa, ils resteront avec les garçons, que ce soit chez moi ou chez eux ; ça dépendra d'où ils en seront dans leur installation."
"Ouah," murmurai-je en embrassant sa clavicule. "Tu as pensé à tout."
Elle haussa les épaules. Oui c'est vrai." Ensuite elle embrassa le haut de ma tête et je ris parce que je me sentis à ce moment là comme l'un de ses fils. Ensuite elle fit remonter mon menton et planta un baiser qui n'avait rien de maternel celui-là. Merci putain. "C'était sans doute un peu présomptueux de ma part de penser que tu serais d'accord avec moi pour des projets où je vais profiter de toi." Ses mots étaient presqu'une excuse mais ses yeux ne disaient pas la même chose. Ils étaient malins et savaient.
"N'hésite pas à supposer et à prendre des décisions," la rassurai-je.
"D'accord," accepta-t-elle aisément.
Sept semaines. Quarante-neuf jours. Je pouvais le faire. Je pouvais attendre. Il y avait de la lumière au bout du tunnel et ma bite et moi allions ramper jusque là.
Plus tard dans la soirée, j'allumai mon ordinateur pour voir s'il y avait quelque chose d'urgent. Un e-mail de Masen. Je pourrai lire ça plus tard. Un de ma mère. Plus tard. Courrier indésirable. Jamais. Puis un nom me fit m'asseoir bien droit. Eh bien merde, ça n'a pas pris longtemps. J'aurais dû m'en douter.
De : Charles Swan
A : Edward Cullen
Sujet : L'anniversaire de ma fille
Ma femme m'a dit que vous aviez prévu de transférer les films familiaux sur des DVD pour elle et les garçons. Elle m'a aussi dit que vous lui aviez demandé des photos de famille à ajouter sur les DVD. Je pense que c'est une bonne idée. Les enfants apprécieront ce cadeau autant que Bella mais je suppose que vous le saviez déjà.
Les garçons ne savent pas ça, mais la chanson de Bella lorsqu'elle était petite était Yellow Submarine des Beatles. Je vous suggère donc de la faire figurer sur le DVD -plus spécialement sur celui où elle est petite.
J'ai joint quelques photos d'elle bébé. J'espère que vous savez que je vais être payé par des bouderies et des plaintes de ma fille pour vous avoir montré tout ça. En fait, je ne sais même pas si elle va vouloir me pardonner.
Juste pour vous avertir que vous feriez bien d'en faire un bon usage, fiston. Je dis juste ça comme ça.
Sincèrement.
Charles Swan, ancien de l'armée des Etats-Unis.
Je souris parce que son e-mail était formel et ressemblait à une lettre. Je cliquai sur les pièces jointes pour trouver un bébé Bella souriant. Elle n'avait qu'une dent et bavait comme une fontaine. Ses cheveux étaient aplatis vers le haut et des boucles sauvages coulaient autour de sa tête et j'étais presque sûr qu'elle avait mangé des spaghettis quand la photo avait été prise. Quoi qu'il en soit elle était barbouillée de rouge.
Charlie avait raison, il allait payer. Bien sûr, moi aussi. Mais ça valait le coup. Je devais m'assurer que maman ne lui retournerait pas cette faveur. Elle était exactement du genre à partager ce genre de bêtises avec tout le monde.
Il y avait plusieurs photos de bébé Bella, Bella en bas-âge et même une de Bella à environ quatre ou cinq ans vêtue d'un tutu, d'un diadème et faisant une mine renfrognée. Visiblement sa mère l'avait inscrite dans une sorte de cours de danse et ma tentatrice ninja n'avait pas du tout apprécié. Ses petits bras potelés étaient croisés sur sa poitrine tandis qu'elle fixait l'objectif. Ses grands yeux sombres réclamaient vengeance dès qu'elle serait assez grande pour le faire. Ça allait être l'enfer. Instantanément ce fut ma préférée.
De : Edward Cullen
A : Charles Swan
Sujet : L'anniversaire de Bella
Monsieur,
Tout d'abord laissez-moi vous remercier pour les photos. J'aime tout particulièrement celle de Bella en tutu bien que je ne crois pas avoir assez de courage pour l'admettre devant elle. Pourriez-vous m'envoyer le numéro de téléphone de Will ou son adresse e-mail comme ça je pourrais lui demander s'il n'a pas quelques photos qu'il voudrait partager avec moi?
Emmett, Seth, Sam et Jake m'ont assuré que Bella adorerait cette idée. Toutefois si vous n'êtes pas d'accord, je voudrai le savoir parce que je ne veux pas que Bella soit malheureuse le jour de son anniversaire. Cela aurait l'effet opposé à ce que je recherche. Je veux aussi faire autre chose mais il faut que je demande de l'aide à une amie de Bella (Alice) pour cela. Elle semble avoir un talent particulier pour ce genre de choses.
Quoiqu'il en soit merci encore de partager généreusement les photos avec moi. J'ai un excellent ami qui va s'occuper de leur transfert ainsi que des films, j'ai déjà pu apprécier son travail. Je pense que Bella sera contente du résultat. Je l'espère du moins.
Merci encore, Monsieur.
Edward Cullen
Oui je l'avais appelé deux fois monsieur dans un e-mail. J'eus le sentiment qu'il allait le lire et le relire encore à la recherche d'indices qui pourraient lui prouver que je n'étais pas assez bien pour sa petite fille et je n'allais pas lui rendre ça facile.
J'imprimai la photo de Bella renfrognée en tutu et l'épinglai sur le tableau en liège près de mon bureau. Bon ce n'était pas vraiment un bureau, il y avait mon ordinateur, une vieille bibliothèque et un vieux canapé sur lequel je m'installai pour lire ou pour gratter ma guitare. Et j'avoue que j'y avais fait la sieste plus d'une fois.
Heureusement Bella ne venait jamais là. Ou elle me tuerait lorsqu'elle verrait cette photo. Je souris à la petite ballerine malheureuse.
Ma tentatrice ninja, ma bombe sexuelle, mon démon, ma ballerine malheureuse. Bien évidemment mon imagination perverse se mit à galoper imaginant Bella adulte ne portant rien sauf un tutu. Et peut-être un diadème...
...
*Grizzly Adams, série télé diffusée aux USA et au Canada qui se passe pendant la Ruée vers l'or où il est question de vie sauvage.
Merci d'avoir lu
vous êtes toujours de plus en plus nombreux (ses)!
