THE BIGGER THEY ARE de LadyExcalibur2010

CHAPITRE 44

Discussions avant l'aube

Masen m'appela si tôt qu'il me réveilla. Et il se trouvait dans un fuseau horaire où il était encore plus tôt qu'ici. Ça signifiait juste une chose. "Tu as oublié d'éteindre l'alarme de ton réveil n'est-ce pas?" l'accusai-je après avoir repoussé le sommeil de mes yeux et de mon cerveau.

"Oh ne sois pas si ronchon," rétorqua-t-il. "Honnêtement j'ai une bonne raison. Je voulais te parler sans que Lyssa puisse écouter."

"Je ne veux pas entendre tes sombres confessions, petit frère."

"Vas-tu la fermer oui?" Masen parut sincère pour une fois dans sa vie.

Je soupirai et m'assis, en essayant de voir l'heure. "Bon sang, Masen il est cinq heures et demie du matin."

"Je pensais que vous, les soldats, étiez debout avant l'aube?" se moqua-t-il.

"D'abord ce n'est pas encore l'aube, imbécile," dis-je en regardant dehors. "Deuxièmement, c'est dimanche, idiot. J'avais espéré dormir un peu." Ne pas mentionner le fait que j'étais en train de faire un doux rêve cochon avec ma tentatrice ninja. Maintenant j'étais debout, bien réveillé et frustré sexuellement et il était beaucoup trop tôt pour que je me présente à la porte de Bella.

"Quelqu'un a pissé dans tes céréales, mec?" lâcha-t-il. J'arrêtai immédiatement de parler car Masen n'était jamais irritable ou de mauvaise humeur. Enervant? Enfer oui. Tout le temps. Irritable? Jamais.

"Désolé," marmonnai-je en passant ma main sur mon visage. "Je suis frustré sexuellement et épuisé. Je suis un con aussi. Qu'est-ce qui ne va pas?"

"Ce n'est pas ça, juste, je ..." Il laissa sa phrase en suspension. "Ecoute, je sais que tu as été un peu énervé que Lys et moi ayons acheté une maison si près de chez toi et..."

"Wouah, attends une seconde," l'interrompis-je. "Je ne suis pas énervé. Surpris, peut-être, mais pas énervé."

Il y eut un moment de silence de l'autre côté.

"Alors... ça ne te dérange pas que nous vivions si près?" Masen paraissait vraiment très peu sûr de lui. En quelque sorte j'aimais ce Masen hésitant. C'était rafraîchissant.

"Ouais, je veux dire..." Je soupirai et décidai de sortir de mon lit pour aller me faire du café. Je n'étais pas en état d'avoir ce genre de discussion sérieuse avec mon petit frère si tôt le matin. "Honnêtement, Masen, ce sera bien. Tu voyageras beaucoup, ce n'est pas comme si tu pouvais venir chez moi me casser les pieds tout le temps."

"Ah si seulement," il soupira longuement. "Non sérieusement Edward, si tout ça doit causer des problèmes, dis-le-moi maintenant parce que demain Lys et moi allons voir le notaire pour signer et préparer des papiers. C'est ta dernière chance."

"Non, je veux dire, c'est bon pour les garçons," dis-je. "Kyle et Jake semblent être les meilleurs copains du monde."

Il rit. "Toi et moi allons avoir des ennuis avec ces deux là, Edward. Souviens-toi de ce que je te dis. Les ennuis vont bientôt arriver."

"Dis-moi quelque chose que je ne sais pas déjà." Je ris et m'appuyai contre le comptoir en attendant que le café soit prêt. Je fis courir ma main dans mes cheveux me sentant enfin un peu plus réveillé. "Et ce sera comme avoir une nounou en direct et à cinq minutes." Je ne pouvais pas m'empêcher de le taquiner.

"Même chose pour toi," contra-t-il.

"Bella et moi passons en priorité. Toi et Lys avez des rapports," soupirai-je. "Bella et moi non."

"J'ai entendu dire que nous gardions les garçons le week-end après l'anniversaire de Bella," dit-il. "Cela veut-il dire ce que je crois que ça veut dire?"

"Et d'après toi qu'est-ce que ça veut dire?" Ne rien lâcher.

"Je pense que ça veut dire que mon grand frère va enfin avoir de la chance."

Je ris mais ne confirmai ni ne démentis.

"Alors... nous sommes d'accord?" demanda-t-il après un instant.

"Oui ça va," l'assurai-je.

"Autre chose," dit-il.

"Tu ne peux toujours pas le faire dans mon lit."

"La ferme."

"Je suis sérieux," murmurai-je.

"Mais moi aussi," répliqua-t-il. "Ecoute, tu sais que mon nouveau travail va me demander de beaucoup voyager surtout au début."

"Ouais,"

"Alors j'aimerais que tu t'occupes de Lys et des garçons," me dit-il. "Assure-toi que Lyssa n'est pas trop seule. Ici elle a beaucoup d'amis et de choses à faire et elle laisse tout pour déménager à l'autre bout du pays pour moi et mon travail et elle n'a pas râlé une fois à ce sujet. Je tiens à m'assurer qu'elle soit heureuse. Donc tu pourras faire attention à eux n'est-ce pas?"

"Tu sais bien que tu n'as pas à me le demander, Masen," soupirai-je. "Je suis sûr qu'avec Bella elles seront comme larrons en foire sous peu. Ce qui pourrait signifier des ennuis pour nous."

"Ouais, je sais bien mais je me suis dit que pour une fois je pourrais faire les choses comme elle doivent être faites et t'en toucher deux mots. " Masen redevenait lui-même et tout avait repris sa place dans le monde.

Je bâillai et me versai une tasse de café.

"Très bien," dis-je. "Ecoute, retourne te coucher et essaie de dormir. Désolé de te le dire, mais je ne peux pas faire de même, une petite merde ennuyeuse a interrompu mon rêve magnifique."

"Et tu as vraiment besoin de tout ce que tu peux obtenir," compatit-il.

"Mords-moi," lui ordonnai-je.

"C'est à la fois illégal et immoral," dit Masen. " Sans mentionner que c'est grossier."

Et il raccrocha.

Masen Cullen adorait toujours avoir le dernier mot.


Lorsque je retournai sur mon ordinateur il y avait un e-mail de Charlie Swan en attente. Il me donnait tout simplement l'adresse e-mail de Will et me disait qu'il enverrait d'autres photos très bientôt. Comme je m'y étais attendu Charlie était un homme de peu de mots. Je trouvais cela rassurant parce que ça me rappelait une quantité d'homme pour lesquels j'avais du respect. Bella était un peu comme lui à certains égards. Elle était ouverte et aimante, mais pas trop émotive. Elle ne portait pas son amour en bannière mais elle le gardait tranquillement caché contre son cœur. Ou alors peut-être que j'avais regardé trop de films. C'était une possibilité aussi.

Je rédigeai un e-mail rapide pour Will, l'informant de ce que j'étais en train de faire et ce que j'espérai trouver. Je ne savais pas trop comment il prendrait ce projet mais je pensais que c'était une bonne idée puisque les garçons avaient approuvé.

Je regardai l'heure. Encore trop tôt pour me présenter à la porte de Bella, spécialement si je voulais que mes boules restent attachées à mon corps. Et je le voulais. Je le voulais désespérément. Parce que je savais que je n'avais plus que six semaines et six jours jusqu'à ... et il n'en fallut pas plus.

Je grognai et regardai vers mon entrejambe. Bien sûr. Je m'attendais à quoi? Bon au moins maintenant j'avais quelque chose à faire. Avec un soupir, je me levai et allai dans ma salle de bain et tournai le robinet de la douche. L'eau est-elle assez chaude? Ouais. Nettoyant pour le corps servant de lubrifiant? Oui. Trique. Oui je pouvais aussi cocher cette case. Pensées lubriques? Oui et oui.

Tout était en état de fonctionnement.

Et c'est ainsi que commença un autre cycle de masturbation.


Je jugeai enfin qu'il était une heure raisonnable pour me rendre chez Bella et je ne fus pas surpris de trouver Jake qui m'attendait. "Tu dors tout le temps?" demanda-t-il, clairement mécontent.

"Et toi est-ce que tu dors des fois?" répliquai-je. Ebouriffage. Froncement de sourcils. Remise en place.

"Seulement quand mes yeux ne veulent plus rester ouverts," répondit-il avec plus de franchise que je n'aurais cru.

"Pourquoi ça ne me surprend même pas?"

Il me prit la main et m'entraina à l'intérieur. "Maman m'a dit que je pouvais avoir des pop tarts* pour le petit-déjeuner," dit-il fièrement. Je supposais que c'était un excellent petit-déjeuner pour Jake. "Tu en voudrais?"

"J'ai déjà pris mon petit-déjeuner," lui expliquai-je en arrivant à la cuisine. Ce genre de choses me paraissait vraiment lourd pour moi, mais chacun ses goûts.

Bella apparut dans l'encadrement de la porte, évidemment déjà douchée et ayant pris ses cafés. Elle m'embrassa sur la joue et m'étreignit rapidement. Jake me sourit et secoua la tête.

Il s'assit sur un tabouret au comptoir du petit-déjeuner pendant que sa maman passait en revue les différentes saveurs des déesses pop-tarts. "Sucre roux cannelle, myrtilles, s'mores, cookies ou crème ou chocolat?" demanda-t-elle. Je n'avais aucune idée qu'il y en avait autant. Je me souvenais de chocolat et myrtilles et c'était déjà beaucoup.

Jake y réfléchit longuement. "Puis-je en avoir de deux sortes différentes?" Il était en mode négociation.

Bella démontra qu'elle était plus forte que moi parce qu'elle secoua la tête fermement. "Deux pop tarts, pas deux sortes. Je ne vais pas ouvrir deux paquets," lui dit-elle.

Il fronça les sourcils un instant essayant de savoir s'il pouvait insister ou pas. Bella commença à ranger les boîtes dans le placard. "S'mores!" lança-t-il rapidement.

Elle mit les "pâtisseries" dans le grille-pain et vint vers moi pour un autre baiser. Je pensais qu'elle avait bien meilleur goût que les pop-tarts. L'expression de Jake me priait d'arrêter ça.


Nous paressâmes toute la journée. Demain la folie allait passer à la vitesse supérieure et nous le savions tous les deux. Nous regardâmes de stupides films à la télévision. Les garçons coururent dehors, en haut puis en bas de l'escalier au moins un million de fois. Nous mangeâmes. Nous mangeâmes encore. Bella et moi nous endormîmes dans le canapé. Je me réveillai et la trouvai affalée sur moi. Ma bite aimait ça. Puis accidentellement elle me donna un coup dans les parties lorsqu'elle se réveilla. Ma bite n'aima pas ça et se retira pour bouder pendant un certain temps.

Elle rougit et s'excusa. J'essayai de faire comme si ça n'était rien mais mes boules me faisaient un mal de chien. Je ne pensais pas l'avoir convaincue. Elle se sentit mal et je me sentis mal qu'elle se sente mal. Il y avait beaucoup de malaise autour de nous de toute façon.

Nous devions vraiment être fatigués parce que nous nous endormîmes de nouveau, toujours sur le canapé. Je fus réveillé par une haleine chaude sur mon visage. J'aurais voulu croire que c'était Bella mais elle n'avait pas cette haleine de chien. Du moins, je ne l'avais pas remarqué. J'ouvris les yeux et Emily me fixait.

"Hey ma belle," marmonnai-je en tendant ma main pour la caresser.

Elle se frotta contre ma main. Bon chien. J'étais sur le point de m'assoupir de nouveau lorsque j'entendis les garçons courir dans l'escalier. Ils allaient vers la cuisine. Ils avaient probablement faim. Encore. Parfois ça ressemblait vraiment à jeter de la viande dans une fosse aux lions. Et Emily me lançait ce regard plein d'attente qui me disait qu'elle aussi voulait manger.

Bella avait amené Sam avec elle pour aller acheter tout ce qu'il fallait pour Emily pendant que Jake et moi débarrassions le petit-déjeuner. Alors après que Sam m'ait expliqué comment la nourrir, je versai la quantité exacte dans son petit bol brillant et la regardai engloutir sa nourriture plus vite encore qu'Emmett.

J'étais impressionné.

Ensuite elle eut besoin de sortir. Et les garçons commencèrent à demander ce qu'il allait y avoir pour dîner. Il me regardaient comme des lionceaux affamés semblant dire que soit je leur fournissais un agneau soit ils m'arrachaient un bras ou une jambe. Bella dormait encore et j'avais quatre paires d'yeux braquées sur moi. Je savais que je pouvais choisir la facilité et commander une pizza mais quelque part au fond de moi je voulais leur montrer. Ouais, j'avais quelques compétences en cuisine et c'était peut-être le moment de dévoiler un peu mon jeu.

"Est-ce que maman aime le pain de viande?" leur demandai-je. Je pourrais peut-être en faire un.

Emmett haussa les épaules. "Je ne sais pas, elle en fait. Elle en mange. Je suppose que oui."

Seth et Sam acquiescèrent mais Jake avait plongé sa tête dans le placard et était à genoux sur le sol. "Jake? Qu'est-ce que tu fais?"

Il me regarda les cheveux tous ébouriffés. Il avait besoin d'une coupe de cheveux. "Maman cache les bonnes choses derrière les conserves de légumes sur l'étagère du bas. "Il me sourit. "Elle est très bonne pour ça, c'est la troisième cachette ce mois-ci."

"Est-ce que tu aimes le pain de viande?" lui demandai-je.

"Pas autant que les barres aux céréales et au chocolat," répondit-il sérieusement. "Mais ouais."

"Bien," dis-je avec un hochement de tête. "Sam, va au congélateur et amène de la viande pour les hamburgers."

"Nous devrions en avoir," m'assura-t-il et les trois autres opinèrent. Bon deux opinèrent et Jake hurla son accord la tête toujours dans le placard.

Une heure plus tard, j'avais réussi à décongeler la viande hachée et à faire un pain de viande présentable, il était au four. Jake avait sorti quelques boites de conserve dans sa chasse au sucre et j'en avais récupéré quelques-unes. Il y avait des pommes de terre rouges aussi que Seth et moi avions lavées et coupées en laissant la peau et nous les avions mises à cuire. La purée était l'un des plats préférés des garçons. Une conserve de sauce complèterait le tout.

Tout était fait lorsque Bella arriva dans la cuisine et souffla. "Hey," murmura-t-elle en frottant ses yeux. Elle paraissait épuisée. "Tu as cuisiné?" Elle avait l'air surprise mais heureuse.

Je l'embrassai. "Ouais mais ne sois pas impressionnée. Je dois savoir cuisiner quatre choses différentes. Et le pain de viande en fait partie."

"J'aime les hommes qui connaissent leurs limites," m'assura-t-elle. Puis sa voix baissa de volume. "Tu vas bien ... en bas?"

"Ce n'était que passager," lui dis-je. "Mais je serai heureux que tu puisses faire tes excuses en personne aux blessés, plus tard."

"Tu es un obsédé," chuchota-t-elle.

"C'est quelque chose qu'il faut que tu saches à présent," dis-je. "Considère-toi comme avertie."

"Avertie et prête."

Le dîner se passa étonnamment bien, même si Jake me dit que le pain de viande de maman était juste un petit peu meilleur. Il sembla surpris que j'aie géré ça aussi bien. Son peu de confiance en moi était quelque peu insultant. Je le lui dis. Il haussa les épaules. De toute évidence il n'allait pas flatter mon ego.

Les garçons et moi nettoyâmes la cuisine et ensuite elle leur dit d'aller promener le chien. "Et prenez des sachets avec vous au cas où elle ferait ses besoins!" leur dit-elle. Jake rigola et Sam enfonça des sachets dans sa poche.

"J'y avais déjà pensé," dit-il. Ensuite ils sortirent tous les quatre nous laissant seuls.

Je soupirai et l'entrainai sur le canapé de nouveau. Je commençai à me sentir comme une limace mais je savais que c'était mon dernier jour bienheureux de paresse. Nous nous câlinâmes et nous embrassâmes pendant quelques minutes mais je pouvais dire qu'elle était fatiguée. Malheureusement je savais que je devais rentrer ou bien j'allais la faire coucher tard et l'encourager à se servir de ses compétences ninja pour défaire mes boutons.

Alors je rentrai chez moi vers vingt-deux heures et je me sentis très seul. Mon lit était immense et vide. Je tournai et retournai dans l'espoir de m'endormir, de plus en plus contrarié.


Le lundi à l'heure du déjeuner j'appelai Bella pour voir comment s'était passée sa visite chez le vétérinaire. Elle était en route pour la maison et j'entendis Emily aboyer dans le fond. "Alors je devine que c'est une bonne gardienne, hein?"

"Oui, on dirait," me répondit Bella. "Hey Sam! Reprends la avec toi d'accord?" Elle soupira puis revint vers moi. "Désolée pour ça."

"Alors comment ça s'est passé?

"Alors d'abord laisse-moi te dire que quand je me suis levée ce matin, Sam m'attendait au bas de l'escalier. La laisse à la main et prêt à partir," me raconta-t-elle.

"Sam était debout le premier?" Ça devait être une première.

"Pas seulement ça, il ne voulait pas que je prenne mon café," continua-t-elle incrédule. "En me disant que nous n'avions pas le temps," ricana-t-elle. "Qui n'a pas le temps pour prendre un café? Qui ne le prendrait pas? Et quel genre de personne voudrait me refuser mon café?"

"Scandaleux," dis-je.

"Je sais. Pas vrai? C'est tout simplement dangereux ce genre de trucs subversifs," murmura-t-elle "Puis il a boudé quand je lui ai dit que je devais prendre ma douche et m'assurer que la vétérinaire pourrait effectivement nous recevoir."

"Vous les mères faites toujours des choses idiotes comme prendre des douches ou des rendez-vous. Les garçons ont des choses à faire, tu sais."

"Ne l'encourage pas," dit-elle. "La prochaine fois c'est toi qui t'en occupe."

"D'accord." J'étais vraiment impatient d'y être.

"Puis dès que la vétérinaire est arrivée, Sam lui a demandé toutes sortes d'explications concernant ses diplômes," me dit-elle sèchement.

J'essayai de ne pas rire, vraiment. Mais c'était impossible parce que je pouvais parfaitement imaginer l'expression sincère de Sam alors qu'il mettait la vétérinaire sur le gril. "Et alors?"

Bella soupira. "Tu penses que c'était drôle mais tu aurais dû voir sa tête lorsque Sam lui a demandé pourquoi elle avait fait une école en Caroline du Nord au lieu d'aller à Cornell. Cornell au cas où tu te le demanderais est la première école du pays quand il s'agit d'études vétérinaires, alors que la Caroline du Nord n'est que cinquième, alors tu peux voir l'intérêt de la chose."

Ça me fit rire puis je dis à voix haute. "Eh bien, tu ne peux pas lui reprocher d'être prudent."

"La prochaine fois c'est toi qui seras gêné alors n'oublie pas ça, veux-tu?" rétorqua-t-elle. "Ensuite une fois qu'elle fut remise de ses émotions, elle a fait du bon boulot, en rassurant Sam qu'elle était qualifiée et qu'elle allait bien s'occuper de sa précieuse Emily," dit-elle. "Elle a dit qu'elle allait bien mais qu'il fallait bien la nourrir . Elle a la gale noire des oreilles, donc elle nous a donné les médicaments pour soigner ça. Elle n'est pas tatouée, donc on ne retrouvera pas son ancien propriétaire." C'est un soulagement. "Elle est stérilisée donc pas de souci avec ça. Et maintenant elle est à jour de ses vaccinations aussi." Bella se mit à rire. "Je te jure, c'est comme avoir un autre enfant. Mais je l'aime bien, la vétérinaire, et Sam aussi. " Elle pouffa de rire. "Il n'y a qu'Emily qui ne soit pas convaincue."

"Ouais je me souviens qu'aucun de nos chiens n'aimaient vraiment aller au vétérinaire," dis-je.

"Et elle est vraiment très gentille si jamais j'entends dire que tu as flirté avec elle, je verrais si on peut te stériliser aussi. C'est juste pour t'avertir."

"Je me conduirais bien," promis-je.

"J'espère que ça te fera réfléchir."

Je regardai ma montre et soupirai. "Ecoute je vais être coincé ici très tard, vraiment tard. Donc je n'aurais aucune chance de passer ce soir."

"Oh," dit-elle. Puis elle soupira. "Je suppose que je me suis habituée à t'avoir près de moi. Tu vas me manquer."

"Pas autant que vous me manquez tous, les gars," admis-je. "Mais à demain, j'espère."

"Avec un peu de chance," dit-elle doucement.

"Ecoute il faut que j'y aille, mais je t'appellerai plus tard si tu es d'accord," dis-je.

"Tu as intérêt."

"Oui madame."

Notre coup de fil ce soir-là fut rapide et peu satisfaisant. J'avais beaucoup de gens à gérer près de moi au travail et je pouvais entendre les garçons en arrière plan. Ils paraissaient en grande forme et pour une fois j'étais presque content de ne pas être là-bas. Honnêtement je ne savais pas que des enfants pouvaient être aussi bruyants et avoir autant d'énergie. Et les enfants de Bella étaient de bons gosses. Et si ça n'avait pas été le cas? Comment faire pour supporter de rester auprès d'eux?

Elle me demanda si j'avais dîné et je mentis en quelque sorte. Je dis oui. Et c'était vrai, j'avais mangé quelque chose mais je ne pense pas que Bella considère qu'une barre chocolatée, des bretzels et un soda light soit un dîner acceptable.

Je rentrai chez moi juste avant minuit et j'eus tout juste assez d'énergie pour tomber dans mon lit après avoir enlevé mes bottes et mon uniforme. Je m'endormis dans mon tee-shirt sale et mon boxer mais ça m'était égal.

Le mardi fut à peu près pareil mais je pensai pouvoir m'esquiver assez tôt pour passer chez Bella. Je l'appelai au déjeuner et lui confirmai. C'était spaghetti et boulettes de viande au menu ce soir et j'avais quelque chose à espérer. Les garçons furent turbulents et Bella vit que j'étais perdu.

"Ils sont toujours comme ça quand l'école va reprendre," me dit-elle.

"Ah, ils savent que le bon temps est fini," observai-je.

"Quelque chose comme ça."

Après le repas nous nous assîmes dans le canapé et regardâmes la télévision. Rien de spécial. Un peu d'ennui sûrement. Mais j'aimais ça. Bella était blottie contre moi et Jake était assis de mon autre côté. Emmett était étalé par terre comme d'habitude. Seth était là-haut et s'entrainait à la guitare avec quelques DVD et autres livres que mes parents lui avaient acheté. Sam jouait avec Emily. Lorsqu'elle s'endormit il se coucha contre elle, utilisant son flanc comme un oreiller et se mit à lire son livre.

Nous étions aussi ennuyeux que la famille moyenne américaine.

Et j'aimais ça.

J'avais eu une vie excitante. J'avais vu des endroits que la plupart des gens ne verrait jamais. J'avais été terrifié et ravi par de nouvelles expériences que la plupart des gens ne vivrait jamais. J'en avais profité. Beaucoup. Et je pouvais dire honnêtement que j'étais content d'avoir passé deux décennies à voyager à travers le monde et à faire ce que j'avais fait.

Mais comme le reste, ce temps de ma vie avait été une saison et cette saison était maintenant terminée. Il était temps à présent de planter ses racines, de s'installer dans une vie de famille, d'avoir une routine confortable avec les gens que j'aimais et qui m'aimaient en retour. Je voulais plus que de nouvelles expériences et de nouveaux endroits. Je voulais toute cette merde ennuyeuse que je n'avais jamais voulu avant.

Je voulais une maison.

Je voulais Bella.

Que Dieu me vienne en aide, je voulais même les garçons.

Sans parler du chien.

Et un diadème. J'aimais cette idée d'un diadème.

...

*pop tarts : pâtisseries au fourrage sucré enfermé entre deux couches de croûte pâtissière mince, à passer au grille-pain ; en vente uniquement aux Etats-Unis au Canada ou au Royaume-Uni.