Voici la suite :)
Je ne peux promettre malheureusement une assiduité constante dans mes posts de chapitres.
J'ai pu faire celui ci car je me suis cassé le pied et que j'ai eu du temps.
Bonne lecture
-Nyx-
CHAPITRE 9
Le conseil d'Elrond
partie 4
Le silence était tombait de nouveau. Frodon, même dans cette belle maison, qui donnait sur une vallée ensoleillée, emplie du gazouillis d'eaux claires, sentit son cœur envahi de ténèbres. Boromir s'agita, et Frodon tourna son regard vers lui. L'autre tripotait son grand cor, le sourcil froncé. Finalement, il éleva la voix.
- Je ne comprends pas tout cela, dit-il. Saroumane est un traître, mais n'avait-il pas une lueur de sagesse? Pourquoi parlez-vous toujours de cacher et de détruire? Pourquoi ne pas penser que le Grand Anneau est venu entre nos mains pour nous servir en cette heure même où nous sommes en peine? Avec lui, peuples libres peuvent sûrement défaire l'Ennemi. C'est là sa plus grande crainte, à mon avis. Les Hommes de Gondor sont vaillants, et jamais ils ne se soumettront, mais ils peuvent être défaits. La valeur exige d'abord la force, et puis une arme. Que l'Anneau soit votre arme, s'il a tout le pouvoir que vous dites. Prenez le, et allez à la victoire!
-Hélas, non! dit Elrond. Nous ne pouvons nous servir de l'Anneau Souverain. Cela, nous le savons trop bien à présent. Il appartient à Saurons il a été fait pour lui seul, et il est entièrement maléfique. Sa force est trop grande, Boromir, pour que quiconque puisse en disposer à son gré, hormis ceux qui ont déjà un grand pouvoir. Mais pour ceux là, il détient un péril encore plus mortel. Le désir même qu'on en a corrompt le cœur. Regardez Saroumane. Si l'un quelconque des Sages abattait à l'aide de cet Anneau le Seigneur de Mordor en se servant de ses propres artifices, il s'établirait sur le trône de Sauron, et un nouveau Seigneur Ténébreux apparaîtrait. Et c'est encore une raison pour la destruction de l'Anneau. Tant qu'il sera en ce monde, il représentera un danger même pour les Sages. Car rien n'est mauvais au début. Même Sauron ne l'était pas. Je redoute de prendre l'Anneau pour le cacher. Je ne le prendrai pas pour m'en servir.
- Ni moi non plus, dit Gandalf.
Boromir les regarda d'un air de doute, mais il s'inclina:
- Qu'il en soit ainsi, dit-il. Dans ce cas, en Gondor, il nous faut nous en remettre aux armes que nous avons. Et au moins, pendant que les Sages garderont cet Anneau, continuerons-nous à nous battre. Peut-être l'Épée qui fut Brisée pourra t'elle encore contenir le flux si la main qui la manie n'a pas hérité seulement un bien de famille, mais aussi le nerf des Rois des Hommes.
-Qui sait? dit Aragorn. Mais on la mettra à l'épreuve un jour.
-Souhaitons que ce jour ne soit pas trop longtemps différé, dit Boromir. Car, bien que je ne demande pas d'aide, nous en avons besoin. Il nous réconforterait de savoir que d'autres se battent aussi avec tous les moyens à leur disposition.
- Eh bien, soyez réconforté, dit Elrond. Il y a bien d'autres puissances et d'autres royaumes que vous ne connaissez pas, et ils vous sont cachés. Anduin la Grande longe bien des rives avant d'arriver à Argonath et aux Portes du Gondor.
-Tout de même, il pourrait être bon pour tous, dit Gloïn le Nain, que toutes ces forces soient unies et que les pouvoirs de chacune soient utilisés en ligue. Il peut exister d'autres anneaux, moins traîtres, dont on pourrait se servir dans notre besoin. Les Sept sont perdus pour nous si Balïn n'a pas trouvé l'anneau de Thrôr, qui était le dernier, on n'en a eu aucune nouvelle depuis la mort de Thrôr en Moria. En fait, je puis révéler à présent que c'était en partie dans l'espoir de trouver cet anneau que Balïn est parti.
- Balïn ne trouvera aucun anneau en Moria, dit Gandalf. Thrôr le donna à Thrâïn son fils, mais celui ci ne le transmit pas à Thorïn. L'anneau lui fut pris avec torture dans les cachots de Dol Guldur.
- Ah, hélas! s'écria Gloïn. Quand viendra le jour de notre vengeance? Mais il y a encore les Trois. Qu'en est-il des Trois Anneaux des Elfes? Ce sont des Anneaux très puissants, à ce qu'on dit. Les Seigneurs Elfes ne les conservent-ils pas? Eux aussi pourtant furent fabriqués il y a longtemps par le Seigneur Ténébreux. Sont-ils inutilisés? Je vois des Seigneurs Elfes ici même. Ne veulent-ils pas parler?
Les Elfes ne répondirent pas.
- Ne m'avez-vous pas entendu, Gloïn? dit Elrond. Les Trois ne furent pas fabriqués par Sauron, et il ne les a même jamais touchés. Mais de ces Trois, il n'est pas permis de parler. C'est tout ce que je puis dire en cette heure de doute. Ils ne sont pas inutilisés, mais ils n'ont pas été faits comme armes de guerre ou de conquête: cela n'est pas en leur pouvoir. Ceux qui les ont faits ne désiraient ni la force ni la domination, non plus qu'un amas de richesses, mais l'entendement, la création et la faculté de guérir, afin de conserver toutes choses sans souillure. Ces qualités, les Elfes de la Terre du Milieu les ont acquises dans une certaine mesure, encore que non sans douleur. Mais tout ce qui a été fait par ceux qui se servent des Anneaux tournera à leur perte, et leurs pensées et leurs cœurs seront révélés à Sauron, s'il recouvre l'Unique. Mieux vaudrait que les Trois n'eussent jamais existé.
- Mais que se passerait-il, alors, si l'Anneau Souverain était détruit, comme vous le conseillez? demanda Gloïn.
- On ne le sait pas avec certitude, répondit tristement Elrond. Certains espèrent que les Trois Anneaux, que Sauron n'a jamais touchés, seraient alors libérés, et que ceux qui les régissent pourraient guérir les plaies qu'il a apportées au monde. Mais peut-être qu'à la disparition de l'Unique, les Trois feront défaut et que beaucoup de belles choses passeront et seront oubliées.
- Pourtant tous les Elfes sont disposés à courir ce risque, dit Glorfindel, si par-là le pouvoir de Sauron peut-être brisé et la peur de sa domination écartée à jamais.
- Nous revenons ainsi une fois de plus à la destruction de l'Anneau, dit Erestor, mais nous ne nous en approchons pas davantage. Quelle force avons-nous pour découvrir le Feu dans lequel il fut fait? C'est là la voie du désespoir. De la folie dirais-je, si la longue sagesse d'Elrond ne me l'interdisait.
- Du désespoir ou de la folie? dit Gandalf. Pas du désespoir, car celui ci n'appartient qu'à ceux qui voient la fin indubitable. Ce n'est pas notre cas. La sagesse est de reconnaître la nécessité après avoir pesé toutes les autres solutions, bien que cela puisse paraître de la folie à ceux qui s'accrochent à de faux espoirs. Eh bien, que la folie soit notre manteau, un voile devant les yeux de l'ennemi! Car il est très sagace, et il pèse toutes choses avec précision dans la balance de sa malice. Mais la seule mesure qu'il connaisse est le désir, le désir du pouvoir, et c'est ainsi qu'il juge tous les cœurs. Dans le sien n'entrera jamais la pensée que quiconque puisse refuser ce pouvoir, qu'ayant l'Anneau, nous puissions chercher à le détruire. Si c'est notre but, nous déjouerons ses calculs.
- Au moins pour un temps, dit Elrond. II faut prendre cette route, mais elle sera très dure à parcourir. Et ni la force ni la sagesse ne nous mèneront bien loin. Les faibles peuvent tenter cette quête avec autant d'espoir que les forts. Mais il en va souvent de même des actes qui meuvent les roues du monde: de petites mains les accomplissent parce que c'est leur devoir, pendant que les yeux des Grands se portent ailleurs.
Le silence s'était abattu sur le conseil quand Bilbon se leva brusquement faisant grincer sa chaise.
- C'est bon, c'est bon, Maître Elrond! dit soudain Bilbon. N'en dites pas davantage! Le but de votre discours est clair. Le stupide Hobbit Bilbon a commencé cette affaire, et Bilbon ferait bien de l'achever l'affaire ou lui-même. J'étais très bien ici, poursuivant la composition de mon livre. Si vous voulez le savoir, je suis précisément en train d'écrire une conclusion. J'avais pensé mettre: Et il vécut ensuite heureux jusqu'à la fin de ses jours. C'est une bonne fin. Maintenant, il me va falloir la changer, cela ne semble pas devoir se réaliser, et de toute façon il faudra manifestement encore plusieurs chapitres, si je vis assez pour les écrire. C'est terriblement ennuyeux. Quand dois-je me mettre en route?
Boromir regarda Bilbon avec surprise, mais le rire mourut sur ses lèvres quand il vit le grave respect avec lequel tous les autres considéraient le vieux Hobbit. Seul Gloïn sourit, mais son sourire était dû à des souvenirs de jadis.
- Bien sûr, mon cher Bilbon, dit Gandalf. Si vous aviez réellement commencé cette affaire, on pourrait s'attendre à vous la voir terminer. Mais vous savez assez bien à présent que le commencement est une revendication trop grande pour quiconque, et que tout héros ne joue qu'un petit rôle dans les grandes actions. Nous ne doutons pas que sous la plaisanterie vous fassiez une offre valeureuse. Mais une offre qui dépasse vos forces, mon ami. Vous ne pouvez reprendre cette affaire. Elle a passé à d'autres. Si vous avez encore besoin de mon avis, je dirai que votre rôle est terminé, hormis comme chroniqueur. Achevez votre livre et laissez la fin sans modification! Il y a encore de l'espoir qu'il en soit ainsi. Mais soyez prêt à écrire une suite à leur retour.
Bilbon rit:
- Je ne vous ai jamais entendu jusqu'à présent me donner un avis agréable, dit-il. Comme tous vos avis désagréables ont toujours été bons, je me demande si celui ci n'est pas mauvais. Mais je suppose qu'il ne me reste plus assez de force ou de chance pour m'occuper de l'Anneau. Mais, dites-moi: qu'entendez-vous par leur retour?
- Celui des messagers qui seront envoyés avec l'Anneau.
- Exactement! Et quels seront-ils?
- Il me semble que c'est ce que ce Conseil a à décider. fit alors Shandriz qui c'était tu jusqu'alors.
Ne pouvons-nous penser à des noms dès maintenant? Ou remettre cela à après dîner? Le Hobbit a hâte de se retrouver devant son repas et les nains sont exténués. Ils n'ont même pas pu prendre une once de repos depuis qu'ils sont arrivé plus tôt.
Personne ne répondit. La cloche de midi sonna. Personne ne parla davantage. Frodon jeta un regard circulaire sur tous les visages, mais ils n'étaient pas tournés vers lui. Tous les membres du Conseil baissaient les yeux, comme plongés dans une profonde réflexion. Une grande peur l'envahit, comme dans l'attente d'une condamnation qu'il avait depuis longtemps prévue et dont il espérait vainement qu'après tout elle ne serait jamais prononcée. Un désir irrésistible de se reposer et de demeurer en paix au côté de Bilbon à Fondcombe emplissait son cœur. Enfin, par un grand effort, il parla, étonné d'entendre ses propres mots, comme si quelque autre volonté se servît de sa petite voix:
- Je vais le faire! J'emporterai l'Anneau, dit-il, bien que je ne connaisse pas le moyen. Elrond leva les yeux vers lui, et Frodon se sentit le cœur transpercé par l'acuité de son regard.
- Cette tâche vous est malheureusement dévolue, Frodon, et si vous n'en trouvez pas le moyen, personne ne le trouvera. C'est maintenant l'heure de ceux de la Comté, où ils vont se lever de leurs champs paisibles pour ébranler les tours et les conseils des Grands. Mais c'est un lourd fardeau. Si lourd que personne ne pourrait l'assigner à un autre. Je ne le fais pas pour vous. Mais si vous l'assumez librement, je dirai que votre choix est bon, et dussent tous les puissants amis des Elfes de jadis, Hador et Hûrïn, et Tûrïn et Beren lui-même être assemblés, votre place devrait être parmi eux.
- Mais vous n'allez sûrement pas l'envoyer tout seul ? s'écria Sam, qui, incapable de se contenir plus longtemps, bondit du coin où il était tranquillement assis par terre.
- Non, certes non! dit Elrond, se tournant vers lui avec un sourire. Vous au moins l'accompagnerez. Il n'est guère possible de vous séparer de lui, même lorsqu'il est convoqué à un Conseil secret et vous non. Sam se rassit, rougissant et grommelant
- Dans quel beau pétrin on s'est fourrés, monsieur Frodon! dit-il, avec un hochement de tête.
