Chp 6 : L'amitié est notre force
Pour les vacances de Noël, Mérida avait prévu une petite visite improvisée. Elle avait ruminé durant quelques jours et décidé de rejoindre Harold pour quelques explications. La rouquine avait demandé à Jack et à Raiponce de venir mais tous deux avait décliné. Apparemment Jack avait une soirée mondaine avec sa famille et la mère de Raiponce n'aurait pas apprécié qu'elle parte... C'était vraiment deux lâcheurs, pensait-elle.
Pour se rendre jusqu'à l'île d'Harold elle abandonna l'idée de prendre Angus et enfourcha son balai en pleine nuit. Depuis le jour où elle était partie chercher Raiponce en début de seconde année elle avait eu envie de repartir pour une nouvelle aventure nocturne. Surtout que sa mère préparait la fête de fin d'année et qu'elle était encore plus stricte qu'à l'ordinaire. Toute la journée par exemple, Elinor avait forcé Mérida à enfiler des tonnes et des tonnes de robes plus moches les unes que les autres. Trop de froufrous , trop de chichis et surtout trop serré! Au final, la rouquine avait choisi un compromis sur une robe ample de couleur bleu ciel et un maudit voile blanc accroché au cheveux. Bien sûr, elle l'enlèverait dès minuit sonné pour danser.
Mais pour le moment elle chassa ses mauvaises pensées et prit son sac, sa cape et son balai. Ses trois petits frères lui dirent au revoir par la vitre. Elle les avait corrompu avec des cookies, la maline. Sans plus attendre elle survola son domaine puis partit vers la mer. A fond, elle perça les nuages et hurla sa joie par-dessus l'étendue d'eau qui s'étalait sous son balai. Elle virevolta plusieurs fois avant d'arrêter pour cause de tournis. S'amusant comme une folle, la rouquine perdit son chemin. La jeune fille avait pourtant prit la carte qu'Harold lui avait fait. Le Poufsouffle aimait beaucoup voyager avec Krokmou et faire des cartes des environs, c'était un de ses passe-temps. Malgré tout se repérer sur l'eau n'était pas si simple. Ce n'est qu'après trois reprises qu'elle se repéra grâce à un rocher en forme de tête de mort. Elle retrouva l'île de Beurk comme dans son souvenir quand ils étaient revenus avec la blondinette.
Elle se posa sur la seule plage qu'elle connaissait. Au loin on voyait le village encore actif en pleine nuit avec des lumières de feu partout. Apparemment ils savaient faire la fête par ici. Relevant un peu sa cape, Mérida enjamba les premiers fourrés et s'enfonça dans la forêt. L'île en était recouverte en grande partie. Il n'y avait cependant pas de neige ici bas alors que chez elle on y mettait pas un pied dehors sans s'enfoncer dans le sol. Mérida avança par delà les bois quand un gros craquement se fit entendre. Elle se retourna et sortit son épée du dos. Un geste à gauche, un geste à droite, rien. Elle avait peut-être rêvé. La rouquine reprit son chemin un peu plus rapidement qu'avant.
Elle se retourna de nouveau quand une branche craqua tout près d'elle:
- Qui est là? Hurla-t-elle avec son épée.
Le son d'un souffle lui parvint:
- Je vous entends alors répondez-moi ou je vous tranche en deux!
Pour toute réponse elle entendit des bruits de pas se rapprocher. Sa respiration s'accéléra. Elle pensa d'abord que ce devait être un dragon quand elle se souvint qu'ils avaient fui l'île l'année d'avant...
- Allez montre toi!
Soudain deux grands yeux verts lumineux sortirent d'un buisson. La rouquine remarqua que ceux-ci n'était pas emplis de haine et abaissa son arme. La chose n'osa pas s'approcher de plus près.
- Tu n'as pas l'air menaçant toi... Montre-toi.
D'un abord hésitant la créature s'avança et se montra sous l'éclairage de la lune. C'était un grand loup noir aux yeux verts émeraude. Son pelage était impressionnant ainsi que ses crocs acérés. De ses pattes ils pouvait probablement courir rapidement et efficacement. En outre s'il avait été menaçant, Mérida aurait compris sa souffrance. La rouquine n'était pas à l'aise devant cet animal si imposant. Celui-ci la dépassa et partit en ligne droite, il grogna une fois invitant Mérida à le suivre. C'était de toute manière la direction du village... La rouquine garda son épée en main, au cas où , et se rendit au village.
Arrivant à la première cabane en bois, elle se sentit plus en sécurité. Elle se retourna pour regarder encore une fois la créature mais celle-ci avait disparue. Effrayant. La jeune Gryffondore souffla et se dirigea vers la hutte du chef. Les villageois la regardaient de travers. Une étrangère. Elle n'eut pas besoin de demander sa route et monta la grande colline jusqu'au chalet majestueux des Haddock. En frappant à la porte ce fut le père du garçon qui lui ouvrit:
- Tiens, qui es-tu toi?
- Je m'appelle Mérida Weasley Monsieur et j'aimerais voir votre fils, Harold, s'il vous plaît.
Elinor serait impressionnée de la voir si polie.
- Ah oui je me souviens de toi! Si tu cherches mon fils il se promène dans le village. Bonne chance pour le trouver ce galopin. Surtout qu'en ce moment je le trouve changé. Mais dis-moi comment es tu arrivée jusqu'ici?
- Oh je suis venu en balai, mes parents sont au courant bien sûr, ils ont l'habitude de mes sorties aussi. Comment ça changé?
Stoick Haddock se gratta la barbe, pensif:
- Je ne sais pas il est très fuyant et ça m'étonne qu'il se soit laissé pousser les cheveux comme ça. Enfin il grandit et j'ai du mal à l'admettre. Espérons qu'il veuille bien prendre ma succession plus tard.
Il fit la moue et Mérida se sentit de trop:
- Je comprends. Bon, et bien merci je vais le chercher alors.
D'un signe de main elle repartit dans le sens inverse sous le regard bienveillant du chef:
- Elle ira loin cette petite! Je l'aime bien. Harold devrait en prendre de la graine.
Il referma la porte en riant.
En pleine recherche dans le village, Mérida rencontra un petit groupe d'adolescents. Avec un peu de chance Harold était avec eux.
- Bonjour, je cherche Harold, il ne serait pas dans le coin? Demanda-t-elle en arrivant comme une folle.
Les cinq sorciers se retournèrent avec curiosité. Astrid, la belle blonde, s'approcha:
- Il n'est pas ici non. Mais on peut savoir qui le recherche au moins?
La rouquine n'aimait pas trop le ton employé par la blonde:
- Je m'appelle Mérida Weasley et je suis la meilleure amie d'Harold.
Astrid ce souvint de son prénom évoqué par Harold. Elle releva sa mèche et s'assit avec grâce:
- Il ne nous a pas parlé de toi désolée. Tu ferais bien de rentrer à la maison avant de te prendre un vent de sa part. Il n'a que faire des autres personnes en-dehors de l'île.
La rouquine fronça les sourcils:
- Qu'est-ce que tu en sais la blonde! Je te signale qu'il doit passer bien plus de temps avec moi qu'avec vous en deux mois.
Astrid se sentit piquée au vif, jalouse.
- Tu peux dire ce que tu veux la carotte mais il va venir à Durmstrang l'année prochaine alors tu peux d'ores et déjà l'oublier.
- Pardon!? Fulmina-t-elle par l'insulte et la révélation.
- Oh tu n'étais pas au courant, je ne comprend pas, je croyais que tu étais proche de lui?
Les sorciers regardèrent la dispute avec amusement pendant que les deux filles se lançaient des éclairs. Chacune jalouse l'une de l'autre.
Astrid allait sortir sa baguette quand une main se posa sur la sienne:
- Je peux savoir ce qu'il se passe ici? Déclara un Harold moqueur.
La blonde fut surprise et rougit un peu:
- Harold! On parlait justement de toi.
- Ah bon? Quel honneur. Mais je suis surpris de te voir ici Mérida.
La rouquine ne sut si il fallait qu'elle soit contente ou énervée.
- Est-ce qu'on pourrait parler seul à seul?
- Bien sûr. Viens on va au poste de garde, on sera tranquilles.
Ils montèrent dans la grande tour en bois et Mérida s'assit sur le rebord. Elle ne pipa mot.
- Je vois que tu t'es fait une amie ici, dit le garçon en riant.
- Cette blondasse? Ne te moque pas de moi elle pète plus haut que ses fesses, grogna-t-elle. Mais bon je m'en fiche bien. C'est plutôt ce qu'elle m'a dit qui m'énerve! Alors comme ça tu pars à Durmstrang l'année prochaine? Sans prévenir!
Le dragonnier baissa la tête et regarda le sol:
- Ce n'est pas encore décidé, j'y réfléchis c'est tout...
- Mais pourquoi! Hurla-t-elle excédée, tu n'es pas bien avec nous à Poudlard!? Mais bon sang il s'est passé quoi durant la sortie à Pré-au-lard, j'en ai par-dessus la tête de ton comportement!
Elle reprit son souffle pour se calmer. Harold sourit tristement:
- Je suis vraiment désolé Mérida... J'avoue j'agis en idiot depuis un moment mais j'ai un problème et j'ai besoin de temps avant de le régler...
- Parle-moi en alors.
Il leva les yeux et leur regard se croisèrent un instant:
- Laisse-moi un peu de temps s'il te plaît.
La rouquine se releva:
- Je te laisse du temps, ok. Mais en échange tu restes à Poudlard. Et tu t'excuseras aussi auprès de notre blonde à nous et de son ami le Serpentard.
Harold se sentit un peu plus léger:
- D'accord je vais leur envoyer un hibou dès demain. Tu...
Il hésita:
- Tu veux bien passer la nuit chez moi?
Mérida fut surprise et sautilla:
- Oh oui ! Et fais-moi visiter l'île! Mais je ne veux pas de cette blonde dans mes pattes hein. Et il faut aussi que je rentre avant l'aube... Ma mère n'est pas au courant, tu penses.
La dragonnier eut un fou rire incontrôlable:
- Oh ça ne m'étonne même plus! Allez viens je vais te montrer un de mes endroits préférés.
Mérida le suivit dans les escaliers boisés, de bonne humeur. Enfin elle retrouvait son bon vieux Harold. Mais il lui sembla en effet changé, ses cheveux était plus longs et son corps plus robuste. Ce n'était pas si mal.
Lorsque les fêtes furent passées et que la neige redoubla d'ardeur, les sorciers entamèrent le second semestre. De retour au château, les vacances leur avait fait du bien. Harold avait pu faire un peu le tri et s'excuser proprement à ses amis. Il n'avait toujours pas parlé de son problème mais le trio lui avait promis d'attendre s'il restait à Poudlard. Raiponce et Jack avaient pu se reposer aussi malgré leurs parents qui étaient collés à leur basques. Quant à Mérida après sa visite elle avait été punie par sa mère qui était tombée sur un lit vide à six heures du matin alors qu'elle venait pour lui choisir une coiffure de nouvel an... Mais cela ne changea pas la bonne humeur de la rouquine qui malgré sa rencontre avec Astrid avait pu enfin décoincer Harold.
Le quatuor n'eut même pas le temps de se remettre dans le bain qu'il eurent beaucoup de test de troisième année. Il fallait qu'ils ne perdent rien pendant les vacances. Ils n'eurent donc pas trop le temps de parler de Sirius qui était sur toutes les lèvres depuis l'attaque dans le château. Discrètement, Harold continuait aussi ses recherches du rat mais la fatigue toujours omniprésente l'empêchait de mener sa tâche secrète à bien. De plus il sortait le soir en cachette. Par chance il n'avait jamais été pris par un professeur.
Le temps changea plus rapidement que prévu en cet hiver. Après la grande bourrasque de nouvel an, il y eut une période de redoux vers fin janvier. La neige fondit un peu laissant place à un petit air chaud. C'était un temps magnifique où l'on pouvait se promener dehors sans grelotter et apprécier le paysage encore à moitié neigeux.
C'est à cette période que Remus Lupin choisit d'offrir ses cours à Jack et ses amis. Il décida de leur donner tous les quatre ensembles. Durant une après-midi de libre le professeur les attendait avec du chocolat chaud. Le quatuor ne se fit pas prier pour s'asseoir et prendre une tasse avec quelques petits biscuits. Ce professeur savait recevoir. Celui-ci prit place entre les garçons en face des filles.
- Alors, vous avez pu vous détendre durant ces fêtes de noël? Et surtout trouver un souvenir heureux.
Mérida posa sa tasse fortement en souriant:
- Oh oui moi je suis contente! Bon j'ai été punie et forcée à faire une fête dans une robe trop serrée mais j'ai pu me réconcilier avec Harold! Et puis je me suis bien amusée à noël avec mes petits frères ah ah. Pour ce qui est du souvenir heureux j'ai déjà choisi mon arrivée à Poudlard.
Harold se renfonça dans son siège un peu rougissant. Jack prit à son tour la parole:
- Se détendre? Pas vraiment avec Lucius Malefoy. Et je n'ai pas de souvenir précis mais je pense comme Mérida. Mais mes petites journées à flâner dans la neige en-dehors du manoir m'ont fait du bien.
Lupin approuva. Raiponce se lança à son tour:
- Je me suis sentie un peu seule cet hiver mais je me suis amusée avec mes peintures et mes livres. J'ai aussi pu en apprendre plus sur les humains grâce à un livre que ma mère m'a acheté. Enfin que je l'ai forcée à me l'acheter , rit-elle. Oh et ta lettre Harold, elle m'a fait chaud au cœur. J'espère vraiment que tu ne partiras pas à Durmstrang...
Le dragonnier ne savait vraiment plus où se mettre:
- Ce n'est qu'une réflexion ne vous en faites pas... Et je tiens toujours à vous.
Lupin se leva en souriant:
- Vous faites une sacrée bande d'amis, c'est amusant à voir alors que vous n'êtes même pas dans les mêmes maisons.
Les quatre apprentis se regardèrent gênés mais se sourirent sincèrement.
- J'aime cet esprit et je pense que le Patronus ne devrait pas trop vous poser de problèmes. Enfin n'oubliez pas que c'est un cours de cinquième année donc ne vous en voulez pas si vous n'y arrivez pas.
- Le Patronus? Demanda Jack en haussant un sourcil.
- Oui c'est un sort contre les détraqueurs, répondit la blonde avant le professeur, je l'ai lu durant ces vacances j'étais curieuse. J'ai fais quelques recherches.
- Désolé professeur mais avec Raiponce vous êtes hors du coup, rit la rouquine.
Il rit aussi en s'adossant à une barrière:
- Au moins vous vous intéressez à tout , c'est prometteur miss. En effet le Patronus sert à éloigner les Détraqueurs mais vous savez au moins pourquoi?
- Car il dégage une force positive, répondit brillamment la Serdaigle.
- Tout à fait. Cela forme un bouclier que le détraqueur ne peut franchir avec ses ondes négatives et sa froideur. Entre autre c'est lutter contre de la tristesse avec de la joie et plus précisément un souvenir heureux.
- C'est ingénieux, répliquèrent les garçons ensembles.
Le professeur sourit et s'approcha d'une malle. Il donna une petite tape dessus:
- Dans cette malle se trouve un Détraqueur dont j'ai eu le droit de contrôle par Dumbledore. Il m'a explicitement demandé de ne l'utiliser qu'avec vous et uniquement vous. Apparemment il a une grande confiance en vos capacités. Cependant, avant d'entamer un essai , j'aimerais que vous testiez le Patronus dans cette salle.
- Comment doit-on faire alors? Demanda la Rouquine avec sa baguette de prête.
- Que de motivation mademoiselle Weasley, apprécia Remus. J'aimerais pour commencer que vous fermiez tous les yeux.
Le quatuor se plaça en ligne et s'exécuta.
- Vous allez vous détendre. Ensuite vous imaginez un souvenir heureux et vous le visualisez le plus possible. Qu'il soit net et joyeux.
Jack eut du mal de visualiser quoique ce soit. Il sentit son passé vouloir refaire surface, qu'il calma en respirant. Il chercha son admission à Serpentard et son arrivée dans le train. ce n'était pas spécialement joyeux mais il n'avait rien d'autre. Les trois autres se cherchaient aussi. Tantôt ils pensaient à leur arrivée dans leur maison, tantôt à de petits moments fugaces. Raiponce se surprit même à penser à sa mère et aux examens. Les visions étaient floues.
- Etes-vous prêts?
Il y eut de petit oui peu convaincants.
- Lorsque vous le serez, vous ouvrirez les yeux. Il suffira ensuite de prononcer la formule, Expecto Patronum. D'accord ?
- Oui, dirent-ils.
Mérida se lança la première. Elle se souvint de son excitation sur le quai neuf trois quart:
- Expecto Patronum.
La rouquine l'avait dit fermement mais un faible petit ramassis de lumière jaillit pour retomber au sol et disparaître.
- Oh non...
- C'est déjà très bien pour un premier essai! Continuez.
Raiponce ouvrit à son tour les yeux, pensant à une soirée au calme avec ses amis. Elle prononça la formule maladroitement. Le sort sorti comme un petit éclair et disparut.
- Joli, les filles sont douées ici , attention à vous les garçons, rit Lupin. Par contre Mademoiselle Gothel essayez de le dire avec plus de conviction.
- Oui...
- De la conviction j'ai dit!
- Oui!
La blonde se reboosta. Les filles s'entraînaient dans leur coin. Lupin attendait avec impatience les deux hommes en qui il savait leurs secrets et leur problèmes. Harold et Jack se sentirent enfin prêts et pointèrent leur baguette. De concert ils lancèrent le sort de Patronus. Et comme prévu rien n'apparut. Lupin n'était pas le moins du monde surpris:
- Ce n'est rien, ils vous suffit de vous entraîner. Voilà pourquoi je préfère attendre pour le détraqueur.
Au bout d'une heure, Lupin stoppa le cours:
- Ce n'est pas trop mal, les filles vous commencez presque à réussir alors persévérez. Quant à vous les garçons, il va falloir changer de souvenir ou oublier ceux qui vous préoccupent sinon ça ne marchera pas. On se retrouve la semaine prochaine. Bonne chance.
Le quatuor partit tristement sous le cerisier gelé. La blonde soupira:
- Je suis nulle, nulle , nulle! Comment puis-je régresser à ce point...
- Hey c'est un sort de cinquième année, s'offusqua Harold, estime-toi heureuse de produire un truc. Moi que du vent...
- C'est vrai mais je n'ai pas l'habitude.
- Moi je l'ai mais pourtant ce n'est pas agréable, déclara la rouquine les bras sur sa tête.
- Vous pensez que nos souvenirs sont trop faibles? demanda le Serpentard. Je n'ai déjà pas grand-chose...
- Peut-être, dit Harold, mais ce n'est pas simple comme chose à faire. Entraînons-nous encore!
Tout sourire le Big Four se remit au travail sous les yeux protecteurs de Lupin, qui au loin, approuvait le choix de Dumbledore.
La semaine suivante les résultats ne furent pas bien différents. Les filles réussirent presque un semblant de Patronus. Harold réussit tout de même , en pensant a Krokmou, à faire jaillir un jet de lumière blanche. Lupin approuva leur travail mais Jack pédalait dans la semoule. A la fin du cours il resta avec son professeur préféré.
- Monsieur... Je ne pense pas que j'y arriverais c'était couru d'avance...
- C'est justement parce que vous êtes trop négatif que vous n'y arrivez pas. Ne savez-vous pas vous détendre? Vous êtes toujours tout crispé.
Jack bouda:
- C'est vrai mais je suis comme ça.
Lupin lui fit un regard compréhensif:
- Votre passé n'est pas simple je le conçois mais vous vous faites du mal tout seul. Pourtant je sent qu'il y a encore autre chose que vous me cachez, non?
Jack se mordit la lèvre:
- J'ai peur...
Lupin haussa un sourcil.
- J'ai peur de perdre le contrôle avec ce sort... Je ne me sens pas de taille.
Le professeur hocha de la tête:
- Problème radical de confiance en soit. Mais si ça peut vous aider, j'ai quelque chose qui pourrait vous aller.
Il sortit de son bureau une ficelle avec deux petites boules noires en acier. Il s'approcha de Jack et lui accrocha au poignet:
- Ceci m'a été donné quand j'étais plus jeune à Poudlard pour mon contrôle également. Ce sont des aimants qui permettent de prendre le contrôle de soi plus facilement. Si vous êtes stressé vous pouvez même jouer avec.
Jack toucha l'objet et sourit sincèrement:
- Merci professeur, c'est vraiment trop...
- Ca me fait plaisir, sur ce point vous me faites vraiment penser à mon ancien moi. Pour ce qui est d'un souvenir heureux ne cherchez pas midi à quatorze heure. Pensez au plus simple et vous verrez, avec votre force vous y arriverez sans problème.
Jack regarda le professeur droit dans les yeux. Il réfléchit à sa phrase durant le cours normal suivant.
Le troisième cours contre les détraqueurs débuta. Le quatuor semblait de plus en plus motivé à réussir car il y a peu des détraqueurs avaient franchi une zone proche du château et s'était automatiquement approché d'eux sous leur arbre fétiche. Il était temps de pouvoir se protéger correctement et de ne plus vivre dans la peur.
Dans son coin, Jack chercha un souvenir avant de se lancer. Il tournait les paroles de Lupin en boucle essayant d'y voir de l'aide. Il s'amusa aussi avec les petites boules aimantées qui l'apaisaient vraiment. Au fond, le Serpentard avait vraiment envie de réussir ce sort pour se prouver à lui-même et au professeur ce qu'il avait dans le ventre. Il parcourut la salle du regard, pensif. Il vit Mérida s'acharner sur la formule dont sortaient des lignes de lumières blanches. Lignes qui tombaient sur le sol comme un tas de neige fondu. Il retint un rire. Son regard passa ensuite sur Raiponce qui tenait sa baguette droit devant elle et qui tentait de parler avec conviction. Ca se ressentait qu'elle forçait, la pauvre. Il tourna ensuite la tête vers Harold qui, il le savait , pensait à Krokmou. Son sort n'était pas mal du tout il avait vraiment progressé depuis le dernier cours. Jack sourit devant les efforts de ses amis et regarda la professeur donner des conseils avec foi.
Il eut enfin le déclic.
- Mais c'est bien sûr.
Jack se releva d'un bond sous le regard des autres. Il tendit sa baguette droit devant lui et dicta la formule avec conviction. Il y eut comme un flash dont tout le monde s'émerveilla. Il ne s'arrêta pas là. Il ferma les yeux et respira un grand coup. Il visualisa un souvenir et rouvrit instantanément les yeux:
- Expecto Patronum !
La baguette noire et blanche du sorcier trembla dans sa main et un énorme jet de lumière jaillit devant les yeux obstinés du Serpentard. Cela formait comme un bouclier réconfortant, comme une neige inexplicablement chaude. Son Patronus prit forme devant un Lupin aux anges qui dut s'asseoir pour admirer le résultat. Un énorme loup blanc entouré de neige apparut. Le loup parcourut la salle, s'approcha du trio et leur tourna autour pour enfin disparaître comme il étai venu en hurlant à la lune.
Par la force du sort Jack recula et se sentit tourner. Il dut reprendre sa respiration et s'asseoir. Lupin applaudit à tout rompre avec le trio:
- Bravo Jack, un grand bravo! Je ne sais pas à quoi vous avez pensez mais c'était efficace! Je vous l'avais dit , vous avez de la force en vous. Je suis vraiment fier.
Le Serpentard sourit et mangea un bout de chocolat que lui tendit le professeur. Raiponce ne cessa de taper dans ses mains:
- A quoi as-tu donc pensé , c'était merveilleux Jack. Oh oui merveilleux!
Le Serpentard tourna la tête vers la sol avec un petit sourire inexplicable:
- C'est tout bête mais quand vous m'avez dit Monsieur que je devais ne pas chercher très loin, j'ai vraiment pas cherché loin. C'était sous mon nez. J'ai simplement pensé à ce moment. Et à des autres sous notre cerisier... Vous , moi , Krokmou... Des sorties... C'est peut-être un peu bizarre mais en pensant à notre amitié, j'ai... Réussi...
Jack rougit comme une tomate et n'osa pas croiser le regard du trio qui semblait avoir une révélation. Le professeur dans son coin approuva d'un hochement de tête:
- L'amitié. C'est le lien le plus fort que je connaisse avec celui de la famille.
Les quatre paires d'yeux se fixèrent. Puis ils se sourirent. Pour la première fois le Big Four s'acceptèrent comme tel, c'était les meilleurs amis du monde et pour rien au monde il ne se sépareraient. Mérida acceptait pleinement Jack et inversement. Ce moment intense et cette prise de conscience les aida.
Quelques minutes après, chacun réussit à sortir son Patronus. C'était tellement simple à présent qu'ils en rirent. Mérida fut la seconde à réussir avec un énorme ours qui fit trois fois la taille des sorciers. Lupin était impressionné, il n'avait jamais vu un Patronus si imposant. L'ironie de la situation fit rire Mérida puisque ses parents détestaient les ours. Elle pourrait leur faire peur, se dit-elle. Puis ce fut au tour de Raiponce et Harold qui de concert sortirent leur Patronus. Celui d'Harold ressembla sans surprise à un Dragon. Il ressemblait cependant plus à un Magyard à pointes qu'au gentil Krokmou... Effrayant de beauté! Le dragon s'entoura autour de celui de Raiponce qui arriva comme une bouffée de lumière reposante. C'était un phœnix. Un beau phœnix lumineux qui emplit la pièce de bonheur. Jamais un Patronus n'avait été aussi beau, l'oiseau libre qui voulait sortir de sa cage. Voilà ce que pensait Raiponce en le regardant.
Remus Lupin ne cessa d'applaudir les yeux grand ouverts:
- Incroyable! En à peine trois séances vous nous sortez de superbes Patronus et cela grâce à Jack. Je suis très fier de vous. Je pense que vous êtes fin prêts pour le détraqueur.
- C'est grâce à vos précieux conseils Monsieur.
Il regarda joyeusement son bracelet aimanté. Lupin leur sourit et s'approcha de la fameuse malle gelée:
-Ne perdons pas de temps. Vous en sentez-vous capables à vous quatre?
Ils se regardèrent puis hochèrent la tête. Ils se mirent en position avec leur baguette bien tendue. Harold, Mérida, Jack et Raiponce dans cet ordre se préparaient au Patronus comme une barrière infranchissable. Lupin ouvrit la boite en fer et rapidement la créature sortit dans un froid glacial et un souffle rauque. A peine sortie la créature s'approcha de Jack et voulut l'embrasser.
- Expecto Patronum, hurlèrent les quatre amis ensembles.
Le loup, L'ours et Le dragon arrivèrent pour faire bloc. Raiponce se sentit trop mal pour réussir et paniqua. Jack lui prit la main et l'incita à les suivre.
- Tu ne crains rien.
La blonde le regarda puis serra fort sur sa main. Elle recommença son sort d'où le phœnix vint entourer les trois autres. Un vrai tableau d'un beauté indescriptible. La chaleur repoussa le Détraqueur qui s'acharnait contre la barrière. Le Big Four avança ensembles et repoussa la créature jusque dans sa malle. Lupin referma tout de suite le crochet et ne put contenir sa joie:
- C'est incroyable, vraiment incroyable! Je n'ai plus rien à vous enseigner!
Les amis se félicitèrent et se prirent dans les bras en formant un cercle soudé. Lupin eut une petite larme de joie et repensa à son ancien cercle d'amis. Il espérait vraiment que ceux-ci allaient rester ensemble, pas comme les maraudeurs... Pour fêter ça Remus Lupin les invita à prendre un bon chocolat et à manger des gâteaux. Ils purent donc enfin se détendre pleinement ne se doutant pas qu'ils allaient bientôt affronter plus de détraqueurs qu'on ne pouvait en compter.
L'exploit qu'ils avaient fourni les rendit euphoriques. Ils en parlèrent des jours durant. Jack se sentit enfin apte à pouvoir se contrôler et avec le bracelet de Lupin, il se sentait invincible. Plus jamais la tragédie de son passé ne recommencerait, tout du moins il l'espérait. Les cours normaux reprirent leurs bons droits et Raiponce était surbookée de devoirs. Tous les soirs elle se rendait à la bibliothèque pour étudier. Quand elle en avait fini elle était heureuse de pouvoir retrouver le trio qui traînait par ci par la discrètement dans le château.
Malgré toute cette bonne humeur, Raiponce qui venait de rejoindre ses amis, apprit une triste nouvelle.
- Comment ça? Buck va être exécuté!
Harold approuva la mine sombre:
- Lucius Malefoy à fait en sorte qu'il soit condamné à mort comme étant une créature trop dangereuse... Le pauvre hippogriffe et tout ça c'est de la faute de Drago. J'ai envie de pleurer.
Mérida s'accroupit pour lui donner des petites tapes dans le dos. Jack regarda le ciel nuageux tristement:
- Ca ne m'étonne même pas. Tout ce que Drago veut , il l'obtient et Lucius a trop de poids pour qu'Hagrid y fasse quoique ce soit. J'en sais quelque chose.
- Je ne sais pas comment tu fais pour vivre avec eux, déclara la rouquine. Ils sont mesquins et fiers comme pas possible.
- Je n'ai pas le choix je te le rappelle.
- Je sais.
Harold essuya quelques larmes:
- J'imagine pas si Krokmou devait être exécuté. Je préfère encore qu'il puisse vivre libre et loin d'ici que de devoir le voir mort. Je déteste vraiment les Malefoy.
Mérida le serra contre elle:
- Ca nous fait un point commun.
Raiponce regarda Jack:
- Ne t'en fais pas on ne te considère pas comme un Malefoy mais comme un Frost.
- Merci, dit-il en s'asseyant.
Le Big Four passa voir l'hippogriffe un peu puis ils partirent voir Krokmou. Harold espérait que Dumbledore et Hagrid allaient garder le secret de son dragon, il ne voulait pas que les Malefoy l'apprennent! Et son père aussi...
Harold retomba un peu dans la tristesse après ça. Il décida d'oublier Buck et les Malefoy pour un temps. Il se souvint alors de sa promesse. Avec tout ça il en avait oublié ce rat... Il fallait s'y remettre une bonne fois pour toutes et le trouver pour son nouvel ami. Cette personne qui l'avait tant aidé. Le soir venu il passerait à l'action. L'heure était venue de payer sa dette!
