Quelques années plus tôt,

Square Grimmaurd

Cela faisait quelques mois qu'Harry ne vivait plus avec les Dursley. Il adorait sa vie avec l'école à la maison, ces livres d'animaux fantastiques et récits de cape magique et baguette épique. Il dessinait sa baguette de rêve et ne faisait que changer d'idée sur le hibou qu'il voulait dans le catalogue du Royaume des Hiboux.

Afin qu'il côtoie d'autres enfants sorciers de son âge sans le baigner dans des mondanités, Sirius et Remus allaient bruncher chaque dimanche chez leurs vieux amis les Weasley, les Jeudi ils recevaient le Club d'entraide des Sorciers Lycanthropes de Londres pour l'heure du thé et chaque mardi soir, cocktail chez les Malfoy avec ses bonnets de l'industrie.

Harry ne savait à l'époque les enjeux. Chez les Weasley, il pouvait jouer dans l'herbe haute, la boue et jouer au Quidditch 2 contre 2 avec tous ces grands garçons. C'était des souvenirs joyeux, simples, teintés des nuances des feux de foyer et de macramé coloré.

Chez les Malfoy, les adultes parlaient avec sérieux souvent en français ou en latin pour que lui , Draco et Mortabella Lestrange ne comprennent pas. Ils devaient rester dans la fastidieuse salle à dessin attenante à la bibliothèque sombre.

Mortabella ! Se rappela-t-il en levant les yeux.

Elle était aussi ennuyeuse et chignarde qu'une petite sorcière de famille aristocratique pouvait être. Harry et Draco s'étaient rapidement ligué contre elle au point qu'elle les supplier de jouer avec. Après de nombreux coups de malice, ils étaient devenus amis. Ils jouaient à des jeux de cartes ou aux échecs mais le plus souvent, ils sortaient en cachette en demandant à Dobby, l'elfe de maison, de les faire transplaner en dedans advenant que leurs parents venaient les chercher. Dobby était bien plus fidèle à son plus jeune maître qu'il ne l'avait jamais été à ses propriétaires.

C'était des souvenirs heureux, complexes, teintés d'une certaine froideur tant du marbre égyptien du plancher que des regards.

Harry sourit à lui-même.

Mortabella Lestrange… Il ne l'avait pas vu depuis son entrée à Durmstrang. Elle devait avoir 16-17 ans aujourd'hui.

Plus il avait pris de l'âge, plus il avait de questions et moins il comprenait. Ces discussions qui arrêtaient quand il approchait. Ces demi-sourires ou encore ces faux fascinés épris d'une forme de détresse parfois d'admiration, ces rendez-vous interminables et toujours ce refus de répondre à une question; « Comment mes parents sont morts? ».

IL n'aurait pas poussé advenant qu'on lui aurait pondu un mensonge ou négligé jusqu'à l'oublier. Mais non, il avait eu droit à un catégorique ; « Tu es trop jeune pour comprendre ». IL était assez vieux pour penser à faire une demande au Bureau des Aurores du Comté de Godric's Hallow et lire ce dossier macabre.

Il se souvenait avec quelle violence, il avait lancé le dossier sur la table de cuisine. Remus tournait un œuf. Sirius sirotait un London Fog, la Gazette dans la main. Tous deux pétrifiés pendant qu'un cri faisait éruption, détruisait les vitres du buffet, faisant tomber les précieuses tasses pendus par l'anse. Il n'avait pas entendu mais avait bien compris leurs regards effrayés, la baguette sortit aussi vite qu'ils s'étaient retournés, en peloton de combat, tous les deux.

-Harry, qu'est-ce qui t'arrive…Tes yeux…Avait dit Sirius.

En se retournant vers l'autre buffet derrière lui, Harry vit.

Ces yeux de serpent qui n'étaient pas siens mais pourtant si familier. C'était la première fois en 9 ans que l'âme de Voldemort se regardait en face. Pris d'un instinct, il avait su. Ce pendentif.

Hexagonal. Pierre ambrée. Lourd. Vieux. Il l'avait déjà vu. Avec un S dessus. Il savait où il était.

Il avait longé le sol dans un état fugace entre la transplanation et la métamorphose. Cet appel clair inaudible le poussait vers l'ancienne chambre de Regulus. Étagère. Coffre à potion.

IL était là.

-Le voici. Avait dit une voix qui n'avait du garçon de 9 ans qu'il était.

Éblouis par une magie si dense, si réconfortante et délicieuse, tel une première bouchée de pains après avoir eu faim durant des jours : lourd, moelleux, rempli de promesses.

C'était à ce moment qu'était confirmée une théorie que l'Ordre du Phoenix avait voulu tordre à leur avantage. Harry n'avait pas seulement annihilé Voldemort, il l'avait absorbé.

En consommant ce horcruxe, il avait retrouvé une part de lui, nourri une racine desséchée des coins inexplorés de son être, l'avait réveillé d'outre-tombe.

Les mains remplis d'une poussière argentée. Il avait su que ce pendentif était un horcruxe, comme si Voldemort avait pu crier à travers sa colère et alors raviver dans sa mémoire, ce besoin de se compléter.

Harry avait passé une semaine entière muet derrière les mots de Voldemort. Ses yeux fendus comme une vipère, la voix rauque, l'esprit embrumé de souvenirs. IL avait acquis le statut officiel que les officieuses rumeurs rêvaient. On l'appelait « Honorable » maintenant mais seulement dans l'ombre.

À l'aide de Sirius, Remus mais surtout des philtres, poudres et potions de Rogue, il avait retrouvé une forme d'équilibre.

Voldemort avait su que pour bien vivre dans Harry, il lui fallait combler ses souvenirs. Réacquérir les premiers horcruxes.

C'est pourquoi il avait demandé à Lucius de lui redonner son Journal. Celui-ci étant depuis une quinzaine d'années dans le ventre du basilic endormi, il avait monté un bateau à ses amis et étaient descendu l'affronter. C'était audacieux et astucieux : digne du descendant de Serpentard dans la Maison Gryffondor qu'il était.

Cette Ginny qui avait un béguin sur lui. Il l'avait suivi jusque-là, avec une discrétion de souris.

Assez discrète pour échapper à son attention mais pas assez calme pour empêcher le basilisk de la traquer. Hermione qui avait plongé entre la bête millénaire avec un bout de bois magique et un instinct hautement rodé pour une jeune fille de son âge.

Il voyait encore bien Fumseck, arrivé de sa gauche tel un nuage de flamme. Draco l'avait distrait avec quelques insultes en fourchelangue. Hermione avait reçu le Choixpeau mais c'est en l'ouvrant qu'Harry aperçu l'épée.

Il lui avait transpercé l'œil jusqu'à avoir la paupière contre la garde. C'était arrivé si vite. Ginny était tombé en premier, puis Harry qui avait encore un croc dans le bras.

Juste en y pensant, il sentait son bras pétiller. Une blessure de la sorte, ne guérit jamais vraiment*.

Après cela, un plan s'était construit de lui-même. Il avait embarqué dans les pantalons trop grands de son rôle. Il fallait trouver les horcruxes, tous, se compléter, diluer Potter. Mettre à jour les crimes du gouvernement, remettre un juste dirigeant à la tête du Ministère puis le Monde entier. Briser le vœu de secret et dominer ses faibles créatures.

Aussi, dissoudre, les Mangemorts, utiliser toutes les ressources à sa disposition, surtout ne pas laisser les ténèbres triompher pendant qu'il les utilisait, manger sain, faire ses devoirs, vaincre Voldemort à l'intérieur de lui-même et obtenir son diplôme.

« Et baiser Malfoy avant de mourir » Se dit-il. C'était un objectif que les deux partis appuyaient.

Néville se leva en se craquant le dos. 6h30. Aussi prévisible qu'un clocher.

Il fallait qu'il dorme mais la nostalgie l'emportait si facilement. Quand sa chair était épuisée, Voldemort avait tendance à faire surface sans préavis et aucune des deux ne pouvait se permettre cela maintenant.

Il était trop tôt.

« 6hrs31. oh oui, bien trop tôt. »

référence à la blessure de Frodon. LOTR… je sais…trop nerd.

Note de l'auteure: Je suis en cours de transcription d'une fic écrite à la main. Après coup,il aurait un plus grand délais entre chaque publication.

Refresh: j'ai recorriger certaines typo. J'ai in style volontairement lyrique et évasif. Un style qui laisse beaucoup de place à l'imagination plutôt qu'imposer une narration ferme et détaillée qui est plus commune.