THE BIGGER THEY ARE de LadyExcalibur2010
CHAPITRE 62
Bon flic/mauvais flic
C'était dimanche et le matin après que les garçons m'aient demandé pourquoi nous ne vivions pas encore tous ensemble. C'était une bonne question. Pourquoi ne vivions-nous pas tous ensemble? Je voulais que nous le fassions. Je pouvais admettre ça même si je ne l'avais jamais dit à Bella.
Au début j'avais écarté cette idée, peu importe ce que les garçons en disaient. Si Bella avait voulu que nous vivions ensemble elle aurait sûrement dit quelque chose. Après mûre réflexion je dus reconsidérer la chose. Il était tout à fait possible que Bella, tout comme moi, ait hésité à mettre ce sujet sur le tapis parce qu'elle avait peur de ce que les garçons allaient en penser.
C'est vrai qu'ils avaient raison lorsqu'ils disaient que vivre ensemble avant le mariage n'avait rien de 'scandaleux'. Ça avait du sens et de plusieurs manières, pratiques ou non. Du côté pratique on pourrait mettre la maison en vente plus vite ce qui nous donnerait plus de temps pour la vendre. Je savais que le printemps était la meilleure saison pour vendre une maison. Il y a longtemps que j'avais pris rendez-vous avec l'agent immobilier et elle avait partagé cette petite info avec moi. C'était presque le printemps alors c'était le bon moment. Il fallait aussi que je la prépare pour qu'elle soit prête à vendre. Refaire les peintures, de petites réparations, des choses comme ça.
Emménager ensemble dès à présent laisserait du temps pour que les garçons s'adaptent à leur nouvelle maison, à leurs nouvelles habitudes. Mon jardin était clôturé donc prêt à accueillir Emily. J'ai quatre chambres. Je peux facilement transformer mon bureau en une autre chambre pour l'un des garçons. Ils arrivent à un âge, spécialement Emmett et Seth, où ils apprécieraient d'avoir une chambre rien qu'à eux. Dès à présent ils pourraient l'avoir tandis que Jake et Sam continueraient à partager la leur. Je me posai la question de savoir si je ne pouvais pas utiliser la moitié du garage pour aménager une autre chambre. Peut-être qu'Emmett aimerait ça, son propre espace, quelque chose d'un peu éloigné du chaos de ses frères.
Loin d'être pratique mais encore plus important, c'est le fait que ma maison ne serait plus vide. Elle passerait de 'ma maison' à notre maison. Je voulais ça et je le voulais maintenant. Alors je décidai de jouer carte sur table et de laisser Bella réfléchir à tout ça. Elle n'allait pas se précipiter, peu importe comment elle se sentait avec ça. Elle devait étudier la question sous tous les angles. C'était bien. Je pouvais attendre. Bon, je devrais attendre.
Nous étions blottis dans le canapé regardant un documentaire sur la vraie vie des criminels. Bella était sacrément futée, ça faisait peur, même quand il s'agissait de trouver qui avait commis le crime. Elle en savait beaucoup sur la médecine légale et je la taquinai à de nombreuses reprises. "Tu pourrais me tuer, cacher mon corps et personne ne le saurait jamais."
"Souviens t'en," m'avertit-elle avec un baiser.
Alors maintenant je voulais aborder le déménagement et j'avais essayé de voir comment je pouvais faire. Fais-le et puis c'est tout, me disait ma petite voix intérieure. Ma bite était d'accord parce que ça me donnerait accès à Bella plus souvent.
"La nuit dernière les garçons m'ont dit quelque chose d'intéressant," murmurai-je finalement, me sentant comme un ado demandant à ses parents de rester dehors après le couvre-feu.
"Oui?" Elle était distraite par les indices que donnait le commentateur, elle les passait au crible. Elle s'approchait de la solution, je pouvais le dire à son regard.
"Euh... ils," je m'éclaircis la voix et elle se tourna vers moi, son travail de détective oublié pour un moment. "Ils m'ont demandé pourquoi nous ne vivions pas ensemble dès à présent."
Ses yeux s'écarquillèrent. "Vraiment?"
J'opinai. "Oui," dis-je. "Ils m'ont dit qu'ils étaient d'accord et ils étaient un peu surpris que nous n'ayons pas déjà abordé cette question."
"Ah," murmura-t-elle. Je pouvais voir son cerveau travailler à toute vitesse et j'avais le sentiment qu'elle n'essayait pas de comprendre pourquoi nous ne l'avions pas fait.
Le samedi suivant nous allâmes au Garden club de Madame Hutchinson. C'était l'endroit qu'elle nous avait proposé. En entendant les remarques des autres personnes, je pouvais dire que Bella et moi avions peu de temps pour tout préparer, tout le monde le disait. Lorsque je lui posai la question, elle haussa les épaules et m'embrassa. "Ces choses là doivent se mettre en place presque seules," dit-elle doucement. "Tant que je t'ai toi, les garçons et nos familles et quelqu'un pour légaliser tout ça... ça me suffit."
Même Alyssa, qui ne semblait pas souvent perdre son sang-froid, était surprise par le calme de Bella. Quant à moi j'étais complètement largué pour tout ça et je faisais absolument confiance à Bella.
Puis cette semaine après la discussion avec 'Carolyn' Bella déclara qu'il était temps de prendre quelques décisions. Je me sentais bien un peu comme elle, donnez-nous nos amis, notre famille et le document officiel et je considèrerai que mon mariage serait un succès.
Je fus donc un peu surpris et me posai des questions sur l'endroit vers lequel nous nous dirigions. Il y avait un jardin qui, avait dit Mme Hutchinson, pourrait accueillir une soixantaine de personnes avec une salle de banquet pour la réception. Il y avait une petite scène et une piste de danse ainsi qu'une cuisine bien équipée.
Bella tomba amoureuse du jardin et nous décidâmes que, à moins que le temps ne veuille pas coopérer, nous aurions un mariage en extérieur. Ce n'était pas la peine de chercher plus loin parce que, comme l'avait dit Mme Hutchinson, c'était parfait.
Nous l'avions retrouvée là-bas et elle nous fit visiter et bavarda avec Bella. Il était évident qu'elles s'étaient parlé à plusieurs reprises. Je me demandai si le Major savait ça.
Lorsque Bella s'excusa pour aller aux toilettes, Mme Hutchinson se tourna vers moi et me fit un grand sourire. "Elle est magnifique, votre Bella," dit-elle.
Je hochai la tête et ne pus m'empêcher de sourire. "Oui."
"Vous la rendez très heureuse," nota-t-elle.
"Elle fait de même pour moi," admis-je avec un haussement d'épaule.
"Vous savez, vous êtes au centre des discussions sur la base," révéla-t-elle à voix basse.
"Vraiment?" C'était une surprise. Pas que je sois tout à fait surpris, ça se passait souvent comme ça mais je ne m'attendais pas à ce que notre relation ait provoqué un écho sur un quelconque radar.
Elle rit et secoua la tête. "Vous n'avez aucune idée de combien tout ça est romantique pas vrai?"
"Tous les mariages ne sont-ils pas supposés l'être?" demandai-je me sentant légèrement perdu.
Elle tapota mon bras me rappelant ma mère quand elle savait que je ne comprenais pas bien ce qu'elle essayait de me faire voir. "Oui, bien sûr mon cher, ils le sont... mais le vôtre..." elle fit un petit soupir et posa sa main sur son cœur. "Laissez-moi juste vous dire que le vôtre est très spécial."
Puis Bella revint et cette conversation s'acheva là.
Nous avions le lieu. Nous avions le fleuriste. Nous avions la date. Nous avions même, merci à mon pote Dewey, le traiteur. Il connaissait quelqu'un qui connaissait un gars qui avait un restaurant. Les choses s'arrangeaient seules finalement...
Trois jours plus tard, Bella m'envoya un texto. Peux-tu venir ce soir?
Comme si elle pouvait m'en empêcher. Bien sûr. Qu'y-a-t-il?
Rien de sérieux. Il faut que je te parle.
Tous les hommes savent que rien de bon ne sort de ces mots alors je passai le reste de la journée dans l'anxiété, la nervosité et la mauvaise humeur. L'un de mes jeunes gars me dit que je devenais comme ces femmes hystériques. Ça ne me fit pas rire. Future mariée inquiète et toujours de mauvaise humeur.
Une éternité me parut passer avant que je puisse me garer dans l'allée de Bella. J'attendis un instant espérant que Jake vienne m'accueillir. Euh... pas de Jake. Je sortis inquiet... et s'il était malade?
Eh bien s'il était malade, idiot, Bella l'aurait amené chez le médecin.
Vrai...
J'ouvris la porte et la maison était étrangement calme. Pas silencieuse, elle ne l'était jamais, pas avec quatre garçons. Mais je n'entendais que des bruits étouffés là-haut et Emily n'était nulle part, elle devait être avec Sam. Je supposais que les autres aussi. J'allais appeler Bella lorsqu'elle sortit de la cuisine, paraissant fatiguée.
"Quelque chose ne va pas?" demandai-je en l'attirant près de moi. Je me penchai et l'embrassai et mon corps se tendit en réponse. Calme-toi mon gars, rappelai-je à ma bite. Bella avait quelque chose en tête et ce n'était pas sexuel en tous cas tant que nous n'aurions pas trouvé de solution à ce problème. J'avais appris ça il avait des mois.
"Non," dit-elle puis elle soupira. "En quelque sorte, mais ce n'est pas grave..."
Je me dirigeai vers le canapé et l'installai sur mes genoux et la laissai se pelotonner contre moi pendant un moment. Enfin elle soupira, fouilla dans l'une de ses poches et en sortit un papier. "Qu'est-ce que c'est?'
"Lis-le?" dit-elle.
Je commençai à me sentir vraiment nerveux mais je dépliai le papier.
Après que j'aie lu je voulais rire de soulagement. Mais un regard vers Bella me dit que ce n'était pas une bonne réaction. "Alors .. nous devons juste résoudre ce problème, non?"
Elle soupira légèrement et prit le papier de mes mains. "Ça dit juste que Jake ne fait pas attention en classe, qu'il est trop bavard, qu'il gêne les autres et qu'il rêve toute la journée."
"Et on ne peut pas arranger ça?" Je n'étais pas sûr de ce qu'elle voulait que je dise — ou fasse.
Son expression se radoucit. "Désolée, j'aurais dû m'en occuper. Nous ne pouvons rien y faire. C'est à Jake de le faire. Mais nous avons besoin de comprendre ce qu'il se passe et pourquoi ça se passe comme ça."
"Il peut le faire?"
Elle sourit et m'embrassa. "Oui, il peut le faire. Mais ...notre putain de travail est de comprendre pourquoi Jake se comporte comme un gros âne."
"C'est beaucoup de gros mots tout ça," la taquinai-je. "Je ne suis pas sûr que nous devions nous exprimer comme ça face à Jake." Je commençai à me lever espérant qu'elle allait glisser de mes genoux. En lui jetant un coup d'œil je me rassis. C'était plus compliqué que ce à quoi je m'étais attendu, mais je me sentais bien qu'elle m'en parle.
"Pas si vite cowboy," se moqua-t-elle. "Nous devons d'abord décider ce que nous allons dire et choisir la punition."
"Punition?" Je n'aimais pas du tout ça. C'était Jake. Merde. Pourquoi n'était-ce pas Emmett? Il ne faisait pas les yeux de chiot battu. Il était hargneux, grincheux et roulait des yeux. Ça je pouvais le supporter. Mais les yeux de chien battu? J'eus le sentiment que ça allait être plus douloureux pour lui que pour moi.
"Il ne peut pas se comporter comme ça à l'école," fit-elle remarquer.
J'y réfléchis et tout ce que je voulais dire c'était qu'il pouvait bien agir comme il le voulait à l'école tant qu'il ne me faisait pas ses yeux de chien battu mais je ne le fis pas. Je soupirai. "Tu as raison."
"Mais nous devons trouver pourquoi il agit comme ça," me rappela-t-elle.
Je fis une pause. J'avais une horrible pensée. "Tu penses que c'est à cause de nous? Tu crois ça?"
Elle secoua immédiatement la tête. "Non je l'ai entendu parler à mon père et à mon frère et le petit gars est très excité pour nous." Elle fronça les sourcils. "Il y a autre chose."
Elle avait un instinct maternel très développé. Elle pouvait déceler un mensonge de très loin et voir à travers les murs. Je lui faisais confiance. Elle me regarda. "Je pense qu'une semaine sans jeu vidéo serait une bonne chose à moins que ce ne soit purement et simplement qu'une rébellion." Elle tapota sa lèvre. "Auquel cas nous devrons être plus sévères."
Je vous en prie pas pire qu'une semaine sans jeux vidéo. Je serai incapable de le supporter. "Il va détester ça," murmurai-je. Un Jake triste était difficile à supporter. C'était un peu comme voir un basset Hound maltraité il n'y avait rien de plus triste au monde.
J'essayai de faire moi aussi mes yeux de chien battu mais Bella les ignora. Bon sang elle était vraiment bonne. Elle rit. "Oui il va détester. Et c'est le but. Il faut qu'il se souvienne pourquoi ce n'est pas une bonne idée de paresser ou de causer des problèmes en classe."
"D'accord," grommelai-je. Je ne voulais pas vraiment faire ça. Mais je savais qu'il fallait que je le fasse. Ça faisait entièrement partie du boulot de parent. La mauvaise partie mais c'était inévitable. Je savais que Bella ne me laisserait pas me soustraire à cela. Elle attendait que je sois un participant actif et que nous présentions un front uni.
Je n'avais pas hâte d'y être.
Puis nous allâmes vers la chambre de Jake et frappâmes à la porte. "Entrez," dit-il. Il avait l'air triste. Je m'encourageai à m'endurcir.
Quand je jetai un coup d'œil je vis que c'était pire que ce à quoi je m'étais attendu. Il avait pleuré. J'étais fichu. Je jetai un coup d'œil à Bella pour suggérer un sursis mais elle me fit un minuscule hochement de tête. Je pouvais pratiquement voir ses pensées. Allez Cullen!
Je ne voulais pas être l'homme. Je voulais enrouler Jake dans mes bras et lui dire que nous allions changer de professeur et le retirer de cette classe. Je le fis presque. Je regardai Bella et je sus que c'était le bon moment de mettre les pieds dans le plat ou passer le reste de notre vie à attendre. Je pris une profonde inspiration.
Ne te laisse pas influencer par ses yeux. Ne te laisse pas avoir, ne te laisse pas...
Merde, on ne voyait que ça, ses yeux.
"Jake," commença Bella gentiment. J'avais le sentiment que son ton doux était pour moi pas pour lui. J'appréciai son effort. "Que se passe-t-il à l'école mon cœur?"
L'enseignant est bête et ne mérite pas l'honneur d'apprendre des choses à notre Jake. D'accord, c'était un peu extrême.
Jake me regarda. Je lui fis un sourire d'encouragement. "Je ne sais pas," répondit-il enfin avec un haussement d'épaule. Puis il nous regarda. Il me détestait. Je pourrais aller à l'école et leur dire de laisser Jake tranquille, c'est ce que j'allais faire.
"Jake," l'avertit-elle clairement. "Que dit-on à propos des mensonges ici?"
Il leva ses yeux bruns vers elle puis vers moi. "On ne les aime pas," dit-il.
"C'est ça," dit-elle. "Même quand quelque chose nous cause des problèmes ou même nous blesse peut-être, nous devons dire la vérité, pas vrai?"
Il haussa les épaules. Il n'était pas vraiment sûr. Moi non plus. J'essayai d'être sûr de moi et de paraitre absolument d'accord.
Bella le tira contre elle. Si nous jouions au bon flic/ mauvais flic alors c'était moi le mauvais flic. Je n'aimais pas ça. Je regardai Bella. Elle lui embrassa le sommet de la tête alors je tendis le bras et ébouriffai ses cheveux. Il cacha son visage dans l'épaule de Bella.
Merde? J'étais vraiment le méchant.
Puis sa petite main vint tapoter mon bras comme s'il savait que j'étais en train de douter. Ce prof allait charger.
"Jakey," chuchota Bella. "Parle-moi ... Parle nous..."
"Je n'aime pas l'école?" dit-il.
Il allait étudier par correspondance. D'autres familles le faisaient. Pas vrai? Par correspondance jusqu'à l'université. Problème résolu.
"Jake pourquoi n'aimes-tu pas l'école?"
Je ne sais pas, juste parce que c'est l'école? Je gardai cette constatation pour moi.
"C'est..." Il soupira et releva la tête, donnant à sa mère un regard suppliant. Bella était bien plus forte que Hulk quand il s'agissait de régler ce genre de choses. Elle lui lança un autre regard d'avertissement. "Je m'ennuie," dit-il pour finir en fronçant les sourcils. "Quand j'ai fini mon travail il faut que j'attende que les autres finissent et c'est très long..." Il plissa son front encore plus. "Je m'ennuie alors eh bien je ..." Il haussa les épaules. "Je m'occupe comme je peux parce que je m'ennuie et que je déteste m'ennuyer."
C'était vrai. Il détestait s'ennuyer. Je me demandais s'il fallait que je le dise à Bella mais un regard suffit pour me faire taire. Je restai silencieux un moment et décidai qu'il fallait y aller et essayer de trouver une solution. "Jake?" demandai-je tranquillement. "Pourquoi tu t'ennuies?"
"Il y a beaucoup de choses que nous avons appris l'an dernier ou l'année d'avant..." répondit-il. "Nous refaisons toujours les mêmes vieilles choses... encore et encore..."
Bella était de plus en plus pensive. "D'accord, Jake, je vais te dire," dit-elle. "J'en parlerai avec ton prof." Il sourit. Et moi aussi. "Mais..."
Son sourire se fana, le mien aussi.
"Tu ne dois pas gêner la classe, peu importe que tu t'ennuies," lui dit Bella en prenant son petit visage triste entre ses mains. "Que dirais-tu si l'un de mes élèves me rendait la vie impossible?"
Il réfléchit un moment. "Ça ne plairait pas," admit-il calmement.
Bella sourit. "Je sais," dit-elle. "Alors... pour aider à te souvenir qu'il faut que tu te conduises bien en classe, Edward et moi avons discuté." Ses yeux croisèrent les miens et j'essayai de garder comme Bella une expression ferme mais aimante. Je devais sembler malade mais je lui rendis son regard. "Nous prenons tes jeux vidéos pendant une semaine."
Pour être honnête je m'étais attendu à une explosion de protestations et de bouderies. A la place Jake soupira et ses petites épaules s'affaissèrent. Je m'efforçai de me rappeler que c'était une leçon et qu'il fallait que Jake l'apprenne. Il y aurait beaucoup de fois dans sa vie où il devrait faire quelque chose sans vraiment en en avoir envie. J'avais souvent vu les effets du manque de discipline dans l'armée. Certains enfants n'avaient jamais connu de véritable disciple ni les conséquences qui en résultaient, et les parents étaient surpris que leurs bébés aient du mal à s'adapter à cette vie militaire, ses habitudes et l'obéissance qui sont nécessaires. Je ne voulais pas de réveil brutal pour Jake peu importe ce qu'il ferait dans la vie. J'avais vu ces enfants patauger quand ils arrivaient dans le monde réel.
Tout à coup je compris. Je compris pourquoi Bella avait cette discussion avec Jake et pourquoi elle lui prenait les jeux vidéo. Je compris pourquoi elle supportait ce petit visage triste et l'inévitable bouderie. C'était vraiment pour son bien. Je me souvins de ma mère me disant cela et ça me dépassait. Mais à présent en essayant d'être le père de ce gamin - et de toutes les autres façons possibles - je comprenais.
Et ça rendait tout cela plus facile. J'allais devenir son père et j'allais tout faire comme il fallait. On m'avait confié une énorme responsabilité et j'étais prêt pour ça. Ils avaient besoin de moi et j'avais besoin d'eux et quelquefois ils auraient besoin que je fasse les choses bien pour eux, même si ce n'était pas facile pour nous. Il n'étaient plus seulement les enfants de Mac, ils étaient aussi les miens et j'étais responsable d'eux et je devais faire mon boulot. Il fallait que je montre quelle était ma place. Il fallait que je fasse ma place dans cette famille. C'était autant mon droit que mon devoir. J'avais voulu l'assumer volontairement et il était temps que je rentre dans ce jeu.
Je tapotai son dos. "Maman a raison, Jake. Nous savons tous que tu es un gentil gars et nous t'aimons. Rien ne pourra changer ça. Mais il faut que tu te comportes bien. Tu comprends?" J'imitai mon père lorsqu'il nous expliquai une chose ou une autre, à Masen ou à moi. Je lui faisais savoir qu'on l'aimait mais que ça ne changerait rien à notre décision.
Il observa mon expression puis celle de sa mère et finalement opina. "D'accord," murmura-t-il morose.
Bella l'étreignit et moi aussi. "Je t'aime mon gars," chuchotai-je.
Puis nous refermâmes la porte derrière nous, Bella poussa un soupir de soulagement. Pour la première fois je vis la tension apparaitre sur son visage. Elle me regarda. "Ouais, au cas où tu te le demanderais, ça n'est jamais plus facile."
Je secouai la tête et me penchai pour l'embrasser. "Tu es une mère merveilleuse, Bella. Je suis très, très reconnaissant que tu m'ais appris à gérer ça. Parce que si j'avais dû gérer ça tout seul ça aurait été un échec complet."
Elle me sourit et me tira à elle pour un baiser. "Non... tu aurais su. Tu es un gars intelligent. Tu nous as bien trouvés, n'est-ce pas?"
Je ris. "La meilleure chose que j'aie jamais faite," affirmai-je.
"Viens là," dit-elle. "Et embrasse-moi encore."
Et je le fis.
Nous avions survécu à notre première crise en tant que parents et c'était sacrément bon.
Le jour suivant je reçus un texto. L'un de ces petits messages qui, bien qu'il paraisse insignifiant au premier abord, change toute votre vie.
Rencontré agent immobilier. Mis la maison en vente. Tu veux des colocataires?
C'était typiquement du Bella, plaisanter avec une décision importante. J'aimais beaucoup ça chez elle même quand ça me rendait fou et me faisait sortir de mes gonds. Je souris et poussai un cri de joie. Les gars me regardèrent comme si j'étais fou. Mais je m'en fichais. Ma baby venait vivre avec moi.
La prochaine fois il sera question du déménagement, de la prof de Jake etc... etc...
