THE BIGGER THEY ARE de LadyExcalibur2010
CHAPITRE 66
Appelez-moi...
Nous célébrâmes notre nouvelle acquisition par une petite soirée élégante avec caviar et le plus fin des champagnes ... D'accord tout ce que nous avons fait c'est de jeter des hamburgers et des hot dogs sur le grill, ouvrir quelques bières fraîches et discuter de nos équipes sportives préférées. C'était assez élégant pour nous. M. Hoyt me lança un sourire ravi lorsqu'Emmett l'invita. J'étais resté auprès d'eux tandis qu'ils discutaient de voitures. Il semblait que M. Hoyt aimait parler de vitesse et Emmett était dans son élément.
Le samedi matin les garçons nettoyaient le jardin ainsi que celui de M. Hoyt. Emmett avait déjà tondu sa pelouse et Seth allait commencer la nôtre. Jake arrachait les mauvaises herbes - enfin surtout les mauvaises herbes, quelques fleurs perdirent aussi la vie - sur un des parterres de fleurs de M. Hoyt tandis que Sam installait les chaises pour nos invités. Il ne faisait pas encore assez chaud pour profiter de la piscine mais il faisait bon à l'extérieur et le ciel était clair. Bien le beau temps signifiait plus de travail à l'extérieur mais j'avais plus d'aide cette fois-ci. Bella insista pour que les garçons participent et je n'étais pas trop réticent à partager tout ce qu'il y avait à faire. Masen et moi faisions beaucoup de tâches ménagères. Nous avions bien râlé à l'époque mais ça ne nous tuait pas .
Donc nous avions tous une journée bien chargée. Bella était plutôt à l'intérieur rassemblant tout ce qui était nécessaire pour la fête. Les garçons et moi nous concentrions sur l'extérieur, préparant le jardin pour le rendre agréable. C'était le travail de Seth de s'occuper de la piscine même pendant l'hiver. Sam devait s'occuper d'Emily. Jake des lessives - il déposait le linge propre et plié sur les lits et chacun était responsable de le ranger. La plupart du temps le linge restait sur le lit et même finissait quelquefois par terre. Emmett avait une pile propre et une autre pile 'on ne savait pas'. Je l'avais vu sentir les choses avant de les mettre. Febreze était son ami et remplaçait un lavage si ça l'arrangeait. Jake s'assurait également que des serviettes propres étaient dans les salles de bains ainsi que des draps dans les placards. Bella croyait fermement en ce vieil adage qui voulaient que "Plus de mains rendent le travail plus facile."
Jasper et sa famille arrivèrent en premier avant même Masen et Alyssa. Rose disparut en quelque sorte avec Emmett. Je remarquai que Bella envoya Jake auprès d'eux. Il était un chaperon génial parce qu'il était très bavard. J'allais auprès de Bella et elle poussa un petit soupir.
"C'est fou si je m'inquiète pour Emmett et Rose...?"
"Non," lui dis-je. "C'est un ado et elle est très belle."
Elle grimaça."Je ne peux pas croire qu'ils sont assez vieux pour que je m'inquiète déjà à ce sujet."
"C'est comme ça que ça arrive, "lui rappelai-je.
"Ça ne signifie pas que je sois d'accord," elle souffla. "Je me sens vieille."
Je la tirai contre moi et embrassai ses cheveux. "Tu es toujours magnifique et sexy et très très désirable."
Elle n'était toujours pas apaisée. "Continue."
"Tu vas à la pêche aux compliments?" plaisantai-je.
"Toujours."
"Eh bien je suis ton obligé," la rassurai-je. "Tu deviens de plus en plus magnifique chaque jour."
"Encore," m'incita-t-elle de sa voix douce et calme. "Tu peux faire beaucoup mieux, je sais que tu peux."
Et ensuite je me mis à lui murmurer de douces choses - et de vilaines choses aussi - à l'oreille. Elle rigola et me cajola, nous gardâmes ça convivial et familial compte tenu de notre public potentiel.
Puis Masen arriva avec toute la famille. Kyle et Alex disparurent là-haut. Emmett allait être chaperonné par trois jeunes garçons et j'étais sûr qu'il était furieux. Mieux valait être furieux que père à l'adolescence. Je soupirai en y pensant. C'était une autre discussion à prévoir, comme si les rêves mouillés de Seth n'avaient pas été assez difficiles. Je savais que tous les garçons connaissaient toutes les bases. J'avais assez entendu leurs conversations pour le savoir. Emmett était définitivement à l'âge où on fait attention aux filles et Seth était juste après lui.
Mon père nous avait donné la leçon sur 'les mécanismes du sexe' mais il l'avait fait suivre par quelque chose d'au moins aussi important et trop souvent négligé, la discussion concernant les émotions qui vont avec le sexe. A cette époque j'avais en quelque sorte rejeté sa sagesse et même si je n'étais pas immédiatement parti dans les rapports sexuels, j'avais un peu joué à l'école secondaire une fois que Stacy Spanetty avait montré quelque intérêt. Pourtant je n'avais jamais eu vraiment d'idée de ce que cela signifiait pendant longtemps, plusieurs décennies. Cependant maintenant que j'avais Bella je comprenais mieux d'où mon père avait tiré cela. Je savais qu'Emmett roulerait beaucoup des yeux à ce que j'allais lui dire mais j'espérai qu'un jour, il s'en souviendrait. La répétition c'est ce qui marche le mieux... vous n'avez qu'à voir le Grand Canyon.
Dieu j'appréciais encore plus mes parents maintenant que j'en étais là. Je supposai que c'était un des petits tours de la vie. Et c'était probablement la façon dont les choses devaient être.
La sonnette retentit de nouveau et je pus mettre - heureusement - de côté la discussion avec Emmett. Je pus me concentrer sur des pensées joyeuses comme aller consulter pour un examen de la prostate.
En ouvrant la porte je découvris Karen et une dame plus âgée très attirante, elle avait la soixantaine bien passée. "Karen," dis-je en les faisant entrer. Je me tournai vers la dame. Et Karen me présenta. "C'est ma mère, Elizabeth Cameron," dit-elle. Puis elle regarda par dessus mon épaule. "Tout ... le monde est arrivé?"
"Non pas encore," répondis-je et à cet instant la sonnette retentit à nouveau. Ça c'était du timing.
J'ouvris et c'était M. Hoyt qui était là. Il avait amené un bouquet de fleurs - des gerberas si j'en croyais ma mère - et une bouteille de vin. Il était en train de rehausser le niveau de la fête. Je me tournai vers Karen et Elizabeth.
"Karen Bennett et Elizabeth Cameron, je vous présente M. Jedidiah Hoyt."
"Vous pouvez m'appeler Jed, je vous en prie..." dit-il en serrant la main d'Elizabeth. Elle lui fit un petit sourire. Il m'avait dit à moi aussi de l'appeler Jed la première fois que nous nous étions vus mais j'en avais été incapable. Il avait toujours été M. Hoyt pour moi. Je ne pensais pas que Elizabeth Cameron allait avoir le même problème que moi.
"Oh Jed j'adore les gerberas," murmura-t-elle. Ah ah! Ça a marché au premier coup. "Si beaux et si simples... pourtant intemporels et élégants, à leur manière, ne pensez-vous pas?" dit-elle. Elle lui fit un sourire qui l'éblouit. J'étais sûr d'avoir ce même regard stupide quelquefois avec Bella quand elle essayait de m'éblouir.
J'étais pourtant sûr que ces fleurs avaient été destinées à Bella mais M. Hoyt les fit passer dans les mains de la dame ...
"Alors elles peuvent être pour vous," dit-il galamment.
Elle hocha la tête gracieusement et puis fit passer son bras sous le sien. Karen et moi les regardâmes s'éloigner ensemble nos visages avec la même expression perplexe et stupéfaite. "Que vient-il de se passer là?"
Je haussai les épaules. "Diable si je le savais," admis-je. "Mais je pense pouvoir dire que nous ne sommes plus indispensables en ce moment."
Elle me fixa un moment et puis nous éclatâmes de rire.
Le dîner fut bruyant et agité. Quelques-uns des garçons, je n'étais pas sûr de qui, se battirent avec de la nourriture ce qui les conduisit à devoir nettoyer leurs dégâts et débarrasser les tables. Ils se plaignirent beaucoup et ils se firent presque renvoyer dans leurs chambres. Leur attitude s'améliora même si leur expression ne le fit pas.
M. Hoyt - appelez-moi Jed - fut très attentif à Elizabeth - appelez-moi Lis cher monsieur - toute la soirée. Ils étaient tous les deux dans un coin, dans leur petit monde, nous ignorant quasiment tous. Bella pensait que c'était adorable ainsi que Lys et Alice. Masen dit qu'il n'aimait pas penser que les personnes âgées puissent baiser, un avis qui fit recracher sa bière à Karen. Je pensai que c'était ... évident. Ils se jettent dessus comme s'ils n'avaient pas eu d'amour depuis très longtemps ou quelque chose de ce genre.
Nous portâmes des toasts : à travailler longtemps, à notre dette, aux agents immobiliers patients, à la retraite, aux enfants qui jouaient avec la nourriture et au mariage ... et pas nécessairement dans cet ordre.
Jasper, Masen et moi nous éloignâmes pour jeter un coup d'œil à la fenêtre. C'était officiel. Le petit trou dans le mur était devenu "Chez Mac" et il était à nous ... Je regardai ces mot surpris par la boule dans ma gorge. Le voir ici, deux simples mots rendaient tout ceci plus réel.
Le bar, ma retraite de l'armée, Bella, les garçons... notre mariage imminent et ma famille toute prête. J'essayai de revoir ma vie un an en arrière - juste avant d'avoir rencontré Bella. Je n'avais aucune idée de comment ma vie allait complètement changer. Je fus saisi de m'apercevoir que si j'avais quitté mon travail cinq minutes plus tôt ou cinq minutes plus tard - je ne serais pas là actuellement. Je serai un homme différent, le même mec que j'avais été pendant des années - et ma vie serait vide et je ne le saurais même pas.
Comme il le faisait toujours Jasper perçut mes sentiments et je sentis sa main se poser sur mon épaule. Pour les gars c'était l'équivalent d'une étreinte. Il serra fort puis enleva sa main. "Ça souffle fort là dedans, hein?"
J'acquiesçai. Il n'en avait pas la moindre idée. Ou peut-être que si.. Jasper était beaucoup plus perspicace et sensible qu'il n'y paraissait. La plupart des gens se laissait avoir par sa voix trainante et ses manières détendues du sud, mais je le connaissais bien mieux que ça.
J'avais déjà discuté de ce que je voulais faire avec Jasper et Masen. J'avais amené tout ce dont j'avais besoin pour une sorte de pique-nique. J'irai à la maison où je récupérerai les garçons et Bella. Nous retournerions au bar pour une petite fête tranquille. Je voulais qu'ils voient l'enseigne pour la première fois sans public - sauf moi bien sûr.
Jasper et Masen y jetèrent un coup d'œil une dernière fois. "Tu as fait du bon boulot, mec," dit Jasper à Masen.
Masen haussa juste les épaules. Il savait qu'il avait du talent mais pour une fois il ne nous le jetait pas au visage. Quelque part le fait de voir Masen plus souvent avait fait diminuer notre besoin de nous asticoter sans arrêt. Nous aimions toujours le faire, c'était sûr. Nous le ferions toujours. Certaines choses ne changeraient jamais.
Mais avoir Masen aussi près de moi me le faisait apprécier... la plupart du temps. Je voyais Kyle et Alex souvent et j'aimais mieux les connaitre. J'avais une relation avec eux que je n'avais pas avant d'avoir les garçons. Si Kyle et Alex n'étaient chez nous alors quelques-uns des nôtres étaient chez eux. Ils avaient trouvé un raccourci en passant par une clôture et par dessus un fossé. Et bien sûr c'était excitant de faire ça. Bella leur demanda de s'assurer que tout était ok s'il s'agissait de traverser des pelouses et de s'aider pour sauter par dessus les clôtures et de faire attention aux serpents dans les fossés et de ne jamais partir seuls. Ils le prirent à la rigolade en se cachant pour rouler des yeux et faire des grimaces. J'ajoutai mes propres avertissements et ils se tinrent tous droits et répondirent "oui monsieur." Bella me dit que tout était dans la voix et qu'une grosse voix mâle marchait mieux avec les petits mâles têtus. Je l'embrassai et ça mit fin à la 'discussion'.
Les garçons avaient pris l'habitude de dire Tante Alyssa et Oncle Masen tandis que Kyle et Alex n'avait pas de problème et disaient Tante Bella. Et comme nous nous rapprochions de plus en plus je savais que bientôt nous entendrions Oncle Jasper et Tante Alice.
Une fois encore la vie changeait de façon inespérée et merveilleuse.
"Bon les gars j'y vais. Je vais chercher Bella et les garçons," dis-je.
"Appelle-moi demain pour me dire comment ça s'est passé," cria Masen en se dirigeant vers sa voiture.
"Je le ferai!"
"Ouais, nous voulons les détails," ajouta Jasper avec un petit sourire.
Je roulai des yeux mais je souriais comme un idiot en me voyant dans le rétroviseur. La vie était belle... enfer non, efface ça. La vie était géniale.
Je leur demandai à tous de fermer les yeux avant que nous passions l'angle d'où ils pourraient voir la fenêtre avec le logo 'Chez Mac" fièrement disposé. Nous nous tenions les mains, formant une chaine humaine. Emmett grommela un peu parce qu'il fallait qu'il tienne la main de Seth, "il a les mains moites,' se plaignit-il.
"C'est toujours mieux que ce qu'il y a sur les tiennes," répliqua le concerné. Bella les fit taire tous les deux et rougit un peu.
Je dus me retenir de rire alors que Bella grognait, les yeux toujours fermés.
La vie n'était pas seulement géniale. Je savais que je ne m'ennuierai plus jamais avec tout ce monde autour de moi.
Je les alignai face à la vitrine. Jake se tortillait et n'arrêtait pas de gigoter déjà prêt à en finir. " Okay ... vous pouvez ... ouvrir les yeux..."
Je regardai l'expression sur leur visage. Le logo était simple et presque austère, pas de fioritures ou de choses compliquées. Chez Mac... les couleurs, vert et noir, profondes et sombres sur la vitrine. C'était exactement comme je l'avais imaginé.
La main de Bella alla jusqu'à sa bouche et elle avait les yeux un peu humides mais dans le bon sens. Je la connaissais bien maintenant pour le savoir. Emmett déglutit et cligna des yeux, les lèvres serrées. Mais une fois encore je savais que sa réaction était positive. Emmett était devenu plus facile à comprendre. Nous avions bien travaillé tous les deux pendant un an. Il trouva mes yeux et me fit un petit signe de tête. Ça me suffisait.
Seth s'avança et toucha les lettres avec révérence. "C'est ... bien," dit-il enfin.
Sam approuva et souleva Jake pour qu'il voit de plus près, lui tenant la main comme s'ils s'apprêtaient à traverser la rue.
Jake lut les mots, "Chez Mac..." Il me regarda par dessus son épaule. "Chez nous..." son sourire était énorme et éclatant.
Et voilà.
J'opinai et ouvrit la porte. Les garçons rirent lorsqu'ils virent la couverture installée par terre. Bella sourit. "Un pique-nique?"demanda-t-elle.
Je haussai les épaules. "Ouais rien d'extravagant," admis-je. "Juste des quantités déraisonnables de nourriture grasse et sucrée."
"Toi tu sais comment toucher directement le cœur des femmes," dit-elle.
"Je fais ce que je peux."
Elle me serra fort dans ses bras et nous nous embrassâmes ... chez Mac... chez nous.
En me rasant je regardai mes cheveux. Ils étaient beaucoup plus longs qu'ils ne l'avaient été en vingt ans. Depuis que j'avais rejoint l'armée on m'avait coupé les cheveux tous les quinze jours, une régularité d'horloge. Alors pendant deux décennies mes cheveux avaient toujours été de la même longueur. Mais j'avais sauté ma dernière séance coiffeur avant de partir à la retraite dans un accès de rébellion. Maintenant plus d'un mois après avoir signé ce papier je voyais un homme avec les cheveux les plus longs qu'il n'ait jamais eus.
Je me tournai pour me regarder et pour essayer de m'habituer à ce nouvel homme... ce civil dans mon miroir. Mes cheveux étaient plus roux à cause de leur longueur, ce qui était à cocher dans la colonne des choses négatives. Quoi qu'il en soit Bella avait l'air de les préférer ainsi, elle aimait bien s'y agripper et ça, ça allait du côté positif de la colonne. Elle disait que ça lui donnait plus de force et plus de facilité pour me "diriger". Elle avait l'air terriblement méchante mais adorable lorsqu'elle le dit. Ma bite réagit en conséquence ce qui nous avait amené à une séance pratique.
Je regardai le mec dans le miroir. Il semblait ... heureux. Il avait des rides mais n'était pas laid. Ce n'était pas un visage qui allait faire peur aux petits enfants. Il ressemblait à un homme qui tondait sa pelouse le samedi et qui buvait quelques bières avec des amis en regardant leurs enfants jouer. C'était un gars qui ronchonnait à propos du prix du carburant et espérait que ses enfants n'auraient pas besoin de l'orthodontiste parce que son budget était serré.
Et il avait les cheveux longs. Bon... long selon le modèle militaire. C'était étrange. C'était un étranger. Il n'était plus le gars qu'il avait été un an auparavant.
Et en plus maintenant je parlais de moi à la troisième personne. Je me souris. "Tu es un putain de chanceux, tu le sais ça?"
Il hocha la tête. Il le savait.
Nous étions en mai et Jasper et moi étions désormais civils. C'était une sensation étrange de ne pas avoir à se présenter à la base chaque jour. Si je n'avais pas eu le bar pour me tenir occupé je serais devenu fou. Chaque matin nous nous y retrouvions, nous nettoyions et planifions, discutions ce de que nous allions faire ensuite. Les désaccords n'étaient jamais sérieux mais ils étaient inévitables, nos visions ne concordant pas tout à fait.
Mais bon nous y travaillions.
Nous demandâmes à M. Hoyt de nous accompagner chez les fournisseurs de matériels de restauration. Il avait été barman quelque temps après sa retraite puis il avait aidé son frère à diriger un restaurant parce qu'il avait fait comme moi, il s'était ennuyé. C'était quelque chose dont il m'avait déjà parlé. Je savais que son frère était mort quelques années plus tôt mais je n'avais pas réalisé qu'ils dirigeaient une affaire ensemble.
Il avait de bonnes idées et il connaissait encore pas mal de monde. Nous n'obtenions pas de remises mais on nous donnait de bons conseils sur quoi acheter ou pas. Jasper et moi devions utiliser toute l'aide que nous pouvions obtenir. Dewey m'appela pour me dire qu'il avait entendu dire que j'allais ouvrir un bar. Je n'avais pas la moindre idée de qui le lui avait dit mais je savais que le bouche à oreille dans l'armée n'allait certainement pas s'arrêter juste parce que je n'y étais plus.
"Hey, si jamais tu as besoin d'un barman n'oublie pas que j'ai les diplômes et l'expérience. D'accord?" m'offrit-il à la fin de la conversation. Je dus rire parce que c'était vrai. S'il y avait bien une chose que nous savions faire c'était boire.
"Ouais, nous le savons," lui assurai-je.
Maintenant je me projetais sur l'année à venir. Bella et moi allions nous marier le mois prochain mais mon esprit était déjà parti plus loin. L'an prochain... quand je l'espérais - beaucoup plus que je l'aurais imaginé - nous aurions un bébé en route.
C'était étrange ce moment où je commençai à remarquer les bébés. Par le passé je les avais juste ignorés. Ils ne faisaient pas partie de mes préoccupations. Ils étaient bruyants et totalement le problème de quelqu'un d'autre. Alors d'où cette nouvelle obsession pouvait-elle venir? Ça n'avait pas de sens.
Je découvris qu'il y avait des femmes enceintes et des bébés partout. Je n'avais jamais fait attention ou c'est qu'il y avait une croissance de population mais où que je regarde il y en avait.
Il y avait de jolis bébés et de moins jolis bébés. Il y en avait même qui étaient charmants toujours mignons. Des bébés avec des tonnes de cheveux et d'autres, chauves qui ressemblaient à Charlie Brown. Il y avait les grincheux et les heureux, les bruns et les roses. Il y en avait aux yeux bleus ou bruns, aux yeux ronds ou en amande qui me rappelaient mes neveux. Je n'étais entouré que de bébés. Où que je me tourne il y en avait.
Et ça n'aidait pas que Jake semble avoir compris ce qu'il m'arrivait.
Il me montrait ceux que je n'avais pas vus. Il était fasciné par eux. Il aimait les observer. Il voulait savoir à quel âge ils marchaient et parlaient, et couraient et dansaient. Il aimait essayer d'imaginer et de deviner à quoi ils pensaient. Il leur 'parlait' même, imaginant des conversations hilarantes sur ce qu'ils pouvaient bien penser s'ils pouvaient le dire.
Un petit gars malheureux coiffé d'un chapeau grenouille dont les pattes pendaient sur ses épaules? "Mec... tu me fais porter ce chapeau ridicule? Je suis presque sûr que c'est de la maltraitance sur enfant."
Une mère qui faisait jouer son bébé en le faisant 'voler'? "Mam' je jure si que si tu me lances encore une fois je vais gerber. Attention à toi!"
Une fillette minuscule enterrée sous des couches et des couches de dentelle rose avec un serre-tête énorme sur sa tête minuscule? "Je déteste ça. Je déteste le rose. Je déteste tous ces froufrous. Je veux un tee-shirt de Dark Vador."
Un bébé qui mangeait une purée verte? "Je préférerai avoir du McDo, merci et ne lésinez pas sur les frites."
Ce gamin me faisait mourir de rire mais ses petites habitudes ne m'aidaient pas du tout. La vérité c'était que je voulais que le destin me soit favorable et nous donne un bébé. Pas parce que j'en voulais un à moi mais parce que je voulais être là depuis le début. Je voulais savoir ce que ça faisait d'avoir un petit corps contre moi et savoir que c'était mon travail de le garder en sécurité, heureux et protégé. Je voulais voir son premier sourire et son premier pas. Ce n'était pas non plus la transmission de mes gènes, l'adoption m'aurait convenu parfaitement mais c'était regarder un enfant dès ses débuts, le voir grandir et changer et devenir la personne qu'il était destiné à être. Mais c'était ce sentiment d'être là, de voir et d'expérimenter tout ça.
Cette aspiration s'était immiscée en moi tout comme mes sentiments pour Bella et les garçons. Je ne savais pas que c'était exactement ce que je voulais, avant que le destin ne soit intervenu et me l'ait montré. Une fois de plus je n'avais pas réalisé que quelque chose me manquait et quelque chose que je voulais vraiment.
Et c'était le fait pur et simple que je voulais être appelé papa.
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